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mardi 11 juin 2013

Tout est truqué : le plus grand scandale de manipulation de prix de tous les temps (Rolling Stone)

Chacun se doute que le monde de la finance est pourri. Seule difficulté, on n'imagine pas, on ne peut pas imaginer à quel point c'est vrai. Car c'est vrai.

Qu'est-ce qui est concerné ? C'est simple, tout. Tout ? Tout. De la boîte de soja aux prêts accordés à des collectivités publiques, en passant par les bénéfices des fonds de pension. Même les financiers chevronnés ouvrent de grands yeux devant la manipulation.

C'est un billet du Grand Soir qui ouvre le bal - le bal ? le coin toilettes d'un bouge plutôt. Lisez l'article : c'est renversant. Et les contrevenants sont intouchables - ou du moins pour le moment considérés comme tels.  Accrochez-vous.



Tout est truqué : le plus grand scandale de manipulation de prix de tous les temps (Rolling Stone)

Illustration by Victor Juhasz

Les illuminati étaient des amateurs. Le deuxième monstrueux scandale financier de l’année révèle la véritable conspiration internationale : il n’y a pas de prix que les banques ne puissent manipuler.
Théoriciens de la conspiration de ce monde, croyants en l’influence secrète de la famille Rothschild, des francs maçons et des illuminati, nous autres sceptiques vous devons des excuses. Vous aviez raison. Les acteurs sont peut-être légèrement différents, mais vos prémisses étaient fondées. Le monde est truqué. Nous l’avons découvert ces derniers mois, quand toute une série d’histoires de corruption a éclaboussé le secteur financier, laissant supposer que les plus grandes banques du monde auraient manipulé les prix de, voyons, à peu près tout.

Vous avez peut-être entendu parler du scandale du Libor dans lequel au minimum trois – mais peut-être jusqu’à seize – des banques désormais connues sous la dénomination de « trop grandes pour faire faillite » ont manipulé les taux d’intérêt globaux. Et par la même occasion, tripatouillé les prix d’instruments financiers à hauteur de 500 mille milliards de dollars (oui, milliers de milliards, avec 14 zéros !). Quand cette vaste escroquerie a éclaté dans le domaine public l’année dernière, elle s’est révélée de très loin le plus grand scandale financier de toute l’histoire – le professeur Andrew Lo du Massachussetts Institute of Technology (NdT : université américaine très réputée et spécialisée dans la science et la technologie) a été jusqu’à dire qu’elle « rendait dérisoire en comparaison n’importe quel scandale financier de toute l’histoire des marchés »

La situation était déjà suffisamment pourrie, mais désormais, il se pourrait que le Libor ait un frère jumeau. L’information a filtré que la société ICAP, basée à Londres, le plus grand intermédiaire au monde de swaps sur les taux d’intérêt, fait l’objet d’une enquête des autorités américaines pour des comportements qui rappellent étrangement ceux du merdier du Libor. Les régulateurs cherchent à savoir si oui ou non, un petit groupe de courtiers de l’ICAP aurait pu travailler de concert avec jusqu’à 15 des plus grandes banques mondiales afin de manipuler l’ISDAfix, un indicateur étalon utilisé à travers le monde pour calculer les prix des swaps de taux d’intérêt.

Les swaps de taux d’intérêt sont des instruments utilisés par les grandes villes, les grandes entreprises et les gouvernements souverains pour gérer leur dette. L’ampleur de leur utilisation est quasiment impossible à imaginer tant elle est vaste. C’est un marché d’environ 379 mille milliards de dollars, ce qui signifie en clair que toute manipulation aurait porté sur des actifs pesant à peu près 100 fois la valeur du budget fédéral des Etats-Unis

Personne ne sera surpris d’apprendre que, parmi les joueurs impliqués dans ce dispositif de manipulation des prix des swaps de taux d’intérêt, figurent les mêmes mega-banques – telles que Barclays, UBS, Bank of America, JP Morgan Chase et la Royal Bank of Scotland – celles-là même qui participent au panel Libor fixant les taux d’intérêt à l’échelle mondiale. En réalité, ces dernières années, beaucoup de ces banques ont déjà payé des amendes se comptant en centaines de millions de dollars pour des manipulations anti-concurrentielles sous une forme ou une autre (en sus de l’affaire du Libor, certaines ont été prises la main dans le sac alors qu’elles truquaient les enchères des services de dettes municipaux, comme détaillé dans Rolling Stone l’an dernier).

Bien que la foison d’acronymes financiers sonne comme du charabia à l’oreille du citoyen lambda, le fait qu’il puisse y avoir des scandales impliquant aussi bien le Libor que l’ISDAfix laisse présager d’une conspiration unique, géante, tentaculaire de collusions et de manipulations des prix se dissimulant sous le vernis de concurrence (NdT libre et non faussée) dont se revendique la culture de Wall Street.

Pourquoi ? Parce que le Libor exerce déjà une influence sur le prix des swaps de taux d’intérêt, faisant de ce scandale une manipulation dans la manipulation. Si les soupçons sont avérés, cela signifiera que les clients de swaps ont payé pour deux couches distinctes de manipulation de prix. Si vous pouvez imaginer payer 20 biftons pour un malheureux PB&J (NdT : Peanutt, butter and Jelly : un sandwich au beurre de cacahuètes et à la confiture.), parce qu’une cabale de sociétés agroalimentaires diaboliques a conspiré pour manipuler les prix aussi bien des cacahuètes que du beurre de cacahuète, alors vous touchez du doigt la folie des marchés financiers au sein desquels les taux d’intérêts et les swaps de taux d’intérêt sont manipulés en même temps, souvent par les mêmes banques.

« C’est une double conspiration » explique, ébahi, Michael Greenberger, un ancien directeur de la division du marché et des échanges à la Commodity Futures Trading Commission (Commission des marchés à terme sur les matières premières) à présent professeur à l’Université du Maryland. « C’est le summum de la criminalité »

Les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas aux swaps et aux taux d’intérêts. En mars, nous avons appris que deux instances de régulation – la CFTC aux Etats-Unis et l’Organisation Internationale des Commissions de Valeur à Madrid – galvanisées par les révélations de l’affaire du Libor, enquêtent sur la possibilité d’une manipulation des prix de l’or et de l’argent. « Etant donnée l’ampleur des manipulations que nous avons pu découvrir dans les indicateurs Libor, j’envisage que d’autres indicateurs – de nombreux autres indicateurs – constituent des terrains d’enquête tout à fait légitimes, » explique le Commissaire Bart Chilton de la CFTC.

Mais le choc le plus important est venu d’une cour fédérale à la fin du mois de mars – quoi que, si vous suivez ces affaires de près, cela ne devrait pas vous choquer outre mesure – lorsque qu’une poursuite au civil dans le cadre d’une class-action portant sur les crimes liés aux banques qui sont intervenues dans l’affaire du Libor a été classée sans suite. Dans cette affaire, un juge fédéral a jugé recevable les arguments incroyables des avocats des banques : si les villes, les communes et autres investisseurs ont perdu de l’argent à cause de la manipulation du Libor, c’était de leur propre faute pour avoir cru un seul instant que les banques étaient réellement en concurrence

« C’est une farce ». Telle a été la réaction d’un avocat anti-trust en réponse à cette étonnante fin de non recevoir.

« Incroyable » dit quant à elle Sylvia Sokol, un procureur de Constantine Cannon, un cabinet spécialisé dans les affaires d’antitrust.

Toutes ces histoires pointent collectivement vers la même conclusion : ces banques, qui possèdent déjà un pouvoir énorme, ne serait-ce qu’en vertu de leurs actifs financiers – aux Etats-Unis, les 6 banques les plus importantes, dont beaucoup portant les noms que vous voyez dans les panels du Libor et de l’ISDAfix, possèdent des actifs équivalent à 60% du PIB de la nation – sont en train de réaliser l’étendue des possibilités qu’elles auraient pour augmenter leur profit et leur poids politique, en magouillant ensemble plutôt qu’en se concurrençant. De surcroît, il apparaît de plus en plus clairement que le système judiciaire et les tribunaux civils sont incapables de les arrêter, même lorsqu’elles sont prises en flagrant délit de collusion.

Si cela se révélait vrai, cela signifierait que nous vivrons dans une époque de conspiration avérée, sans masque, dans laquelle le prix des monnaies, des marchandises, telles que l’or et l’argent-métal, et même les taux d’intérêt et la valeur de l’argent lui-même, peuvent être et sont d’ores et déjà décidés d’en haut. Et ceux qui le font peuvent le faire en toute quiétude. Oubliez les illuminati – là, on est dans la vraie vie, et ce n’est pas un secret. Vous l’avez sous le nez et pouvez le regarder en face à chaque fois que vous le souhaitez.

La banque a trouvé une faille, un défaut de principe de la machine. D’un bout à l’autre du système financier, il y a des endroits où les prix ou les indices officiels sont fixés sur la base de données non vérifiées fournies par les banques et les firmes privées. En d’autres termes, nous avons donné aux joueurs tentés de truquer le système un rôle institutionnel dans l’infrastructure économique.

Le Libor, qui mesure les prix auxquels les banques se prêtent de l’argent entre elles, est un exemple parfait, non seulement de ce défaut de principe du système de fixation des prix, mais de la faiblesse du cadre réglementaire qui est censé y faire la police. Combinez un principe de déclaration spontanée avec un statut de trop-grosse-pour-faire-faillite et un système légal de portes à tambours, et vous obtenez une corruption impossible à arrêter.

Chaque matin, dix-huit des plus grandes banques du monde communiquent des données à un bureau londonien au sujet du montant qu’elles croient devoir payer pour emprunter aux autres banques. Les dix-huit banques ensemble s’appellent « le panel Libor », et quand toutes les données du panel Libor ont été collectées, on en fait la moyenne. Ce qui en ressort, chaque matin à 11 h 30, heure de Londres, ce sont les chiffres Libor pour la journée.

Les banques communiquent des chiffres relatifs aux emprunts dans dix devises différentes, sur quinze durées différentes, par exemple aussi courtes que un jour et aussi longues que un an. Cette montagne de données présentées par les banques est utilisée chaque jour pour créer les taux de référence qui affectent tous les prix, des cartes de crédit jusqu’aux prêts hypothécaires, aux prêts commerciaux (court et long termes), aux swaps.

Dès le début des années quatre-vingt-dix, les traders et d’autres à l’intérieur de ces banques appelaient parfois les geeks responsables de la communication des chiffres Libor (les « Libor submitters ») pour leur demander de manipuler les chiffres. Habituellement, le truc était que le trader avait pris un pari sur quelque chose – un swap, des devises, autre chose – et il voulait que le responsable fasse en sorte que les chiffres paraissent inférieurs (ou à l’occasion supérieurs) pour l’aider à gagner son pari.

Il est bien connu qu’un trader de Barclays a trafiqué les présentations Libor en échange d’une bouteille de champagne Bollinger, mais dans certains cas, c’était encore plus minable que ça. Voici l’extrait d’un échange entre un trader et un responsable Libor à la Royal Bank of Scotland :
SWISS FRANC TRADER : peux-tu décoter 6 millions libor suisse stp ?…
PRIMARY SUBMITTER : qu’est-ce que j’y gagne ?
SWSISS FRANC TRADER : me reste des sushi d’hier ?…
PRIMARY SUBMITTER : ok décote 6 millions, juste pour toi
SWISS FRANC TRADER : wooooooohooooooo. . . Ça serait terrible


Bidouiller les taux d’intérêts mondiaux qui affectent des milliards de gens pour des sushi de la veille – difficile d’imaginer une meilleure peinture de la folie morale du secteur des services financiers actuels.

Des centaines d’échanges similaires ont été découverts quand des régulateurs comme ceux de la Financial Services Authority britannique et le Ministère de la Justice américain ont commencé à creuser dans les entrailles malpropres du Libor. Les documents prouvant la manipulation anti-concurrentielle qu’ils ont trouvés étaient si accablants qu’en les lisant on se trouvait presque gêné pour les banques. « C’est juste effarant de voir comment la manipulation du Libor peut vous faire prendre autant d’argent. » couinait un trader de yen. « La manipulation totale continue », écrivait un autre.

Pourtant, malgré tous ces cas avérés de manipulation et au moins autant de tentatives, la plupart des banques s’en sont tirées. Barclays s’en est sortie avec une amende relativement faible, de l’ordre de 450 millions de dollars, l’UBS a morflé avec 1,5 milliard de dollars de pénalités et la Royal Bank of Scotland a dû lâcher 615 millions de dollars. À part quelques sous-fifres à l’étranger, aucun individu impliqué dans cette escroquerie, qui a touché quasiment tout un chacun dans le monde industrialisé, n’a été ne serait-ce que menacé de poursuites pénales.

Deux des responsables au plus haut niveau de l’exécution de la loi aux États-Unis, le procureur général Eric Holder et l’ancien chef du service criminel du Ministère de la Justice, Lenny Breuer, ont confessé qu’il est dangereux de poursuivre les banques délinquantes, simplement parce qu’elles sont trop grosses. Procéder à des arrestations, selon eux, pourrait avoir des « conséquences collatérales » sur l’économie.

Les sommes d’argent relativement modestes tirées de ces transactions n’ont pas servi à dédommager les agglomérations, villes et autres victimes qui ont perdu de l’argent à cause des manipulations du Libor Au lieu de cela, elles sont parties sans arrière-pensée dans les coffres du gouvernement. Ainsi, c’est à des agglomérations et des villes comme Baltimore (qui a perdu de l’argent dans les fluctuations des investissements municipaux du fait de la manipulation du Libor.), aux fonds de pension comme la mutuelle des pompiers et policiers de New Britain, Connecticut, à d’autres fondations et même à des particuliers (le milliardaire de l’immobilier Sheldon Solow, qui a engagé une action en février, affirme que sa compagnie a perdu 450 millions de dollars à cause des manipulations du Libor qu’il revient d’attaquer les banques pour obtenir des réparations.

L’un des plus gros procès Libor se déroulait normalement quand, début mars, une armée d’avocats super-stars représentant les banques s’est abattue sur la juge fédérale Naomi Buchwald dans le district sud de New-York pour défendre une motion extraordinaire de récusation. La dream team judiciaire des banques provenait de firmes poids lourds liées aux autorités, telles que Boies Schiller (rappelez-vous que David Boies représentait Al Gore), Davis Polk (refuge d’ex-régulateurs de haut rang comme l’ancien chef de l’exécutif de la SEC Linda Thomsen) et Covington & Burling, le cabinet libéral qui employa à la fois Holder et Breuer.

La présence au procès de Covington & Burling – représentant – accrochez-vous – de Citigroup, l’ancien employeur du Secrétaire au Trésor actuel Jack Lew – était particulièrement provocante. Au moment même où le procès Libor était classé sans suite, la firme avait embauché Lenny Breuer lui-même, le même Lenny Breuer qui, à peine quelques mois plus tôt, en tant qu’adjoint de l’avocat général, s’était dégonflé au moment de poursuivre l’UBS au pénal au sujet du Libor, en disant : « notre but n’est pas de détruire une institution financière majeure ».

Quoi qu’il en soit, cet escadron-vedette d’avocats en chaussures blanches s’est présenté devant Buchwald pour avancer le plus audacieux des arguments. Robert Wise de Davis Polk, représentant la Bank of America, dit à Buchwald que les banques ne pouvaient pas être coupables de collusion anti-concurrentielle parce que personne n’avait jamais dit que la création du Libor était concurrentielle. « Il est essentiel pour notre argumentation que ceci n’est pas un processus concurrentiel », dit-il. « Les banques ne sont pas en concurrence entre elles dans la déclaration du Libor. »

Si vous louchez super fort et que vous regardez le problème à travers un miroir, de préférence la tête en bas, vous pouvez à peu près visualiser ce que dit Wise. Dans un sens très théorique et technique, le vrai processus par lequel les banques communiquent leurs données Libor – 18 geeks qui envoient tous les matins des chiffres au bureau de l’association des banquiers britanniques à Londres – n’est pas très concurrentiel en soi.

Mais ces chiffres sont supposés refléter les prix du crédit interbancaire établis dans un marché réel et concurrentiel. Dire que le processus de communication au Libor n’est pas concurrentiel, c’est un peu comme souligner que des braqueurs de banque ont respecté les limites de vitesse sur le chemin de leur hold-up. C’est la variété la plus stupide de sophisme légal.

Mais Wise arriva même à dépasser cet argument, disant en gros que s’il est vrai que les banques avaient pu mentir et tromper leurs clients, elles n’étaient pas coupables de ce crime particulier de collusion anticoncurrentielle. C’est comme la vieille blague de l’avocat qui va au tribunal et prétend que son client est forcément innocent puisqu’il était en train de commettre un crime dans un autre Etat au moment des faits qui lui sont reprochés.

« Je crains que les demandeurs confondent une plainte pour une tromperie supposée », dit-il, « avec une plainte pour infraction à la concurrence »

La juge Buchwald goba totalement cet argument de dingue, et laissa tomber la majeure partie du dossier. Le Libor, dit-elle, était un « travail coopératif », qui n’a « jamais eu pour but d’être concurrentiel ». Sa décision « ne reflète pas la réalité de ce business, où toutes ces banques agissaient en tant que concurrentes dans tout le processus », dit l’avocate antitrust Sokol. Buchwald prit sa décision en dépit du fait que tant les gouvernements américain que britannique avaient déjà transigé avec trois banques pour un montant qui se chiffre en milliards de dollars pour manipulation frauduleuse, manipulation que ces compagnies avaient reconnues dans leurs conclusions.

Michael Hausfeld de Hausfeld LLP, l’un des premiers avocats des plaignants dans le procès du Libor, a refusé de commenter spécifiquement ce rejet. Mais il s’est exprimé sur la signification de l’affaire du Libor et sur d’autres manipulations qui sont maintenant dans les tuyaux.

« Il est désormais évident qu’il y a une culture ubiquiste chez les banques pour s’entendre et tromper leurs clients à chaque fois qu’ils le peuvent et ce de toutes les manières qu’ils peuvent inventer », dit-il. « Et ce n’est pas une simple supposition. C’est juste basé sur les raisons pour lesquelles ils se sont fait attraper. »

Greenberger dit que l’absence de conséquences sérieuses pour le scandale du Libor a juste rendu inévitables d’autres types de manipulations. « Il n’y a pas de meilleure thérapie que d’envoyer ceux qui portent des chaussures Gucci en prison », dit-il. « Mais quand le procureur général dit, ‘je ne veux pas condamner les gens’, c’est le Far West. Il n’y a pas de loi. »

Le problème est qu’un certain nombre de marchés possèdent les mêmes faiblesses structurelles qui ont failli dans le bordel du Libor. Dans le cas des swaps de taux d’intérêts et de l’indicateur ISDAfix, le système est très similaire à celui du Libor, bien que l’enquête sur ces marchés se fût plutôt concentrée sur d’autres types d’irrégularités.

Même si les swaps de taux d’intérêts ne sont pas largement compris à l’extérieur du monde de la finance, en réalité le concept de base n’est pas si compliqué. Si vous pouvez imaginer de contracter un crédit immobilier à taux variable puis de payer une banque pour rendre vos mensualités fixes, vous avez compris l’idée de base d’un swap de taux d’intérêts.

En pratique, ce pourrait être un pays comme la Grèce ou un gouvernement régional comme le comté de Jefferson dans l’Alabama, qui emprunte de l’argent à un taux d’intérêt variable, avant de se rendre dans une banque pour « échanger » (NdT : « swap ») ce crédit contre un taux fixe plus prévisible. Dans la forme la plus simple d’un contrat de swap, le client paie une prime pour avoir la sécurité des taux d’intérêts fixes, alors que la firme qui vend le swap parie généralement qu’elle en sait davantage que ses clients sur les futures variations de taux d’intérêts.

Les prix des swaps de taux d’intérêts sont souvent basés sur l’ISDAfix qui, comme le Libor, est encore un de ces indicateurs calculé de manière privée. Les taux de l’ISDAfix pour le dollar US sont publiés tous les jours à 11h30 et 15h30, après qu’une bande composée des mêmes banques « connues de la police » (NdT : « usual suspect ») (Bank of America, RBS, Deutsche, JPMorgan Chase, Barclays, etc…) ont envoyé leurs informations sur l’offre et la demande pour les swaps.

Et voilà ce que l’on sait jusqu’ici : la CFTC a assigné l’ICAP et pas moins de quinze banques de ses membres, et projette de les interroger sur une douzaine d’employés de l’ICAP travaillant au bureau de la société à Jersey City dans le New Jersey. De plus, l’association internationale des swaps et des produits dérivés (ISDA), qui travaille avec l’ICAP (pour les transactions en dollars) et Thomson Reuters pour calculer l’indicateur ISDAfix, a engagé la firme de consultance Oliver Wysman pour réviser le processus qui préside au calcul de l’ISDAfix. Oliver Wyman est la même compagnie qui avait été engagée par l’association des banquiers britanniques pour réviser le processus de soumission du Libor après la révélation du scandale l’année dernière. Le résultat de tout ça, c’est qu’on dirait vraiment que l’ISDAfix ressemble au Libor à son tout début.

« Ca rappelle de manière éclatante l’affaire de la manipulation du Libor », dit aux reporters Darrell Duffie, un professeur de finance à l’université de Stanford. « Les gens ont pu être assez naïfs pour croire que la publication de ces taux était suffisante pour éviter la manipulation ».

Et de la même manière que pour le Libor, les victimes potentielles d’un scandale de manipulation des swaps de taux d’intérêts seraient la même bande de pauvres couillons des agglomérations, villes, sociétés et autres entités non-bancaires qui n’ont aucun moyen de savoir si elles paient le vrai prix des swaps ou un prix manipulé à leur profit par les initiés des banques. De plus, l’ISDAfix ne sert pas seulement à calculer le prix des swaps de taux d’intérêts, mais aussi à fixer la valeur d’un montant de 550 milliards d’obligations liées à de l’immobilier commercial, et affecte également le paiement des annuités de certaines retraites d’Etat.

Alors même s’il n’est pas tout à fait aussi répandu que le Libor, l’ISDAfix a un pouvoir de nuisance suffisant dans l’infrastructure financière mondiale pour que toute manipulation du taux soit catastrophique, et qu’une classe étendue de victimes qui inclurait n’importe qui, des retraités de l’État aux grandes villes en passant par les investisseurs fortunés en produits structurés, ne se doute pas qu’elle se fait voler.

« Comment une municipalité à Cleveland ou n’importe où va-t-elle savoir si elle se fait escroquer ? », demande Michael Masters de Masters Capital Management, un gestionnaire de fonds qui a longtemps plaidé pour une plus grande transparence dans le monde des dérivés. « La réponse est qu’elle ne le saura pas ».

Pire encore, l’enquête de la CFTC n’est apparemment pas limitée à une possible manipulation du prix des swaps en bidouillant l’ISDAfix. Selon les rapports, la commission cherche également à savoir si oui ou non les employés de l’ICAP pourraient avoir intentionnellement retardé la publication du prix des swaps, ce qui en théorie pourrait donner à quelqu’un (des banquiers, hum, hum) une chance de faire des transactions anticipées.

Les prix des swaps sont publiés lorsque les employés de l’ICAP entrent manuellement les données sur un ordinateur appelé « 19901 ». Quelque 6000 clients s’abonnent à un service qui leur donne accès aux données qui apparaissent sur l’écran 19901.

La combine ici, c’est que contrairement à un marché plus transparent et régulé comme la bourse de New York, où le résultat des échanges d’actions est calculé à peu près instantanément et où tout le monde peut immédiatement voir l’impact de la transaction sur le cours des actions, dans le marché du swap le monde entier est dépendant du fait qu’une poignée de courtiers saisissent rapidement et honnêtement les données des transactions à la main sur un écran d’ordinateur.

Tout retard dans la saisie des données des prix fournit aux banques impliquées dans les transactions une occasion unique de faire du business avant la publication. Une manière d’imaginer cela serait de se représenter un champ de courses dans lequel un rideau géant serait tiré devant la piste quand les chevaux entrent dans la dernière ligne droite – et où on annoncerait aux spectateurs le cheval gagnant deux minutes plus tard. Tous ceux qui sont du bon côté du rideau pourraient alors faire un paquet de paris pertinents avant que les spectateurs n’apprennent le résultat de la course.

A l’ICAP, le bureau des swaps de taux d’intérêt et l’écran 19901 étaient contrôlés par un petit groupe d’une vingtaine de courtiers, dont certains gagnaient des millions de dollars. Ces courtiers prenaient tellement d’argent pour leur pomme que l’unité était surnommée « l’Ile au Trésor ».

D’ores et déjà, des rapports indiquent que les courtiers de l’Ile au Trésor ont provoqué de tels retards de manière intentionnelle. Bloomberg a interviewé un ancien courtier qui a déclaré qu’il avait été témoin du retard des courtiers ICAP lorsqu’il fallait communiquer le prix des swaps. « Cela permet aux vendeurs de dire aux courtiers de rentrer en retard les échanges dans le système au lieu de le faire en temps réel », écrit Bloomberg, notant que l’ancien courtier avait « été témoin oculaire de telles pratiques ». Un porte-parole de l’ICAP n’a pas fait de commentaire sur cette histoire, quoique la compagnie eût publié une déclaration selon laquelle elle « coopère » avec l’enquête de la CFTC et qu’elle « applique des politiques qui interdisent » le comportement déviant décrit dans les rapports.

L’idée que les prix sur un marché de 379 mille milliards de dollars puissent être dépendants d’un bureau d’environ 20 types dans le New Jersey devrait en dire long à propos de l’absurdité de notre infrastructure financière. Toute l’affaire, en fait, intègre des éléments d’humour noir. « C’est presque hilarant dans l’ironie », déclare David Frenk, directeur de recherche pour Better Markets, un groupe partisan de la réforme de la finance, « qu’ils aient appelé ça ISDAfix » (NdT : jeu de mot sur la signification de fix en anglais : réparer, corriger)

Après les scandales impliquant le Libor et peut-être l’ISDAfix, la question qui devrait causer la panique chez tout le monde est celle-ci : quels autres marchés alentour portent-il en eux le même potentiel de manipulation ? La réponse à cette question est loin d’être rassurante, parce que ce potentiel est quasiment universel. De l’or au gaz en passant par les swaps et les taux d’intérêt, partout dans le monde, les prix dépendent de petites cabales privées d’initiés machonneurs de gros cigares à qui nous sommes obligés de faire confiance

« Dans tous les marchés hors cote, on n’a pas vraiment de prix, sauf ceux d’une bande de types qui s’entendent », note Master désabusé.

Cela inclut les marchés de l’or (dans lequel les prix sont fixés par cinq banques suivant une procédure de téléconférence à la Libor, procédure qui, ironie de l’histoire, a été créée en partie par N M Rothschild & Fils) et de l’argent métal (dont les prix sont sont fixés par seulement trois banques), de même qu’un certain nombre d’indicateurs dans de nombreux autres marchés – le kérosène, le diesel, l’électricité, la charbon, tout ce que vous voulez. Le problème dans chacun de ces marchés est le même : nous sommes obligés de nous reposer sur l’honnêteté de sociétés telles que Barclays (déjà reconnue coupable et qui a dû payer une amende de 453 millions de dollars dans l’affaire du Libor) ou JP Morgan CHase (qui a payé un arrangement de 228 millions de dollars dans l’affaire du trucage des enchères des obligations municipales) ou encore UBS (condamnée à une amende de 1,66 milliards de dollars pour la manipulation du Libor ET le trucage des enchères d’obligations) et la communication sincères des vrais prix des choses telles que taux d’intérêts, swaps, devises ou matières premières…

Tous ces indicateurs basés sur la communication volontaire sont sous le coup d’investigations par les régulateurs de par le monde, et Dieu sait ce qu’ils vont trouver. La Fédération Européenne des usagers de Services Financiers a écrit dans un rapport officiel l’été dernier que tous ces systèmes sont mûrs pour des manipulations. « En général » écrit-elle, « ces marchés qui sont basés sur la remontée d’informations volontaire et déclaratives par des ‘agents dont les profits dépendent de tels indicateurs sont particulièrement vulnérables aux abus et aux distorsions ».

Traduction : quand les prix sont fixés par des compagnies qui peuvent bénéficier de leur manipulation, nous sommes baisés.

« Prenez celui que vous voulez », dit Frenk, « chacun de ces indicateurs est un potentiel de corruption »

La seule et unique raison pour laquelle ce problème n’a pas reçu l’attention qu’il mérite est que son ampleur est tellement inimaginable que le péquin ne peut tout simplement pas la concevoir. Ce n’est pas seulement voler en mettant la main dans votre poche et en piquant l’argent, mais c’est du vol dans lequel les banques n’ont que quelques boutons à pousser pour que, par magie, ce qui se trouve dans votre poche perde de sa valeur. C’est une corruption au niveau moléculaire de l’économie, un vol du 21ème siècle – et ça ne fait que commencer…

Article original publié sur le site de Rolling Stone USA le 25 avril 2013 http://www.rollingstone.com/politics/news/everything-is-rigged-the-big...
Traduction : Laetsgo, SuperNo, Touchatout (par ordre alphabétique !) http://www.banksters.fr/2013/05/tout-est-truque-le-plus-grand-scandale...
* http://www.banksters.fr/2013/05/tout-est-truque-le-plus-grand-scandale...
 
URL de cet article 20930

lundi 10 juin 2013

Une nouvelle affaire Bradley Manning, ou une nouvelle affaire Washington Inc. ?

 
WASHINGTON (Reuters) - Le département américain de la Justice a confirmé dimanche l'ouverture d'une enquête criminelle sur les fuites ayant permis à la presse de révéler l'existence d'un vaste programme de surveillance des communications aux Etats-Unis.
Edward Snowden, un ancien technicien de la CIA qui a travaillé comme sous-traitant pour la National Security Agency (NSA), a révélé dimanche soir en être à l'origine, en invoquant la nécessité de protéger les libertés fondamentales.
Agé de 29 ans, cet informaticien a transmis à deux quotidiens, le Guardian et le Washington Post, les éléments établissant l'existence du programme PRISM, un programme de surveillance hautement confidentiel des services secrets américains qui permettent, dit-il, de surveiller tous les Américains.

La suite de la dépêche est ici.


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la Maison Blanche, 1600 Pennsylvania Avenue, Washington
Malgré les risques qu'ils savent encourir, des citoyens de l'Empire US décident de "lâcher le morceau", et de révéler les turpitudes et les crimes des insensés qui sévissent à Washington, que ce soit à la CIA, à la NSA, au Pentagone, et ailleurs sans doute. Bien entendu la Maison-Blanche est largement éclaboussée, car soit elle n'a plus aucun contrôle sur ses propres services, soit elle couvre leurs agissements afin d'asseoir sa domination sans fausses notes partout. Il est assez probable que les deux cas de figures existent.

Tromperies ?
Quant au Congrès, il a sa part de responsabilité probablement, aiguillonné par des lobbies très efficaces et capables de faire pression largement sur des sénateurs clefs. Mais aussi, il est est fort probable que les budgets qui sont votés chaque année ne recouvrent qu'imparfaitement les véritables destinations de certaines dotations.

Pour qui a lu in extenso les romans très documentés de Tom Clancy, on retrouve les méthodes non qui ont été utilisées (on ne le sait généralement pas), mais qui pourraient l'être. Comme parfois la réalité dépasse la fiction... Bien entendu ces romans ne sont effectivement que des fictions, probablement écrites par un personnage que l'on peut décrire comme relativement proche des Républicains, et assez conservateur. C'est un fil rouge qui suit les récits les uns après les autres. Ceux-ci donnent une certaine idée de l'atmosphère qui règne au bord du Potomac.

Annoncer, dénoncer, appeler à résister

Pour que des personnes comme Bradley Manning et Edward Snowden osent braver les foudres de la Justice US (ou ce qu'elle est devenue depuis la manipulation sauvage du 11 septembre 2001), c'est que la situation est grave. Il est nécessaire qu'un maximum de personnes dans le monde soient au courant du maximum de choses. Quand on sait que la simple liste de déposants dans les paradis fiscaux, à part un ou deux noms, n'a pas été divulguée au grand public, cela montre à quel point tous les gouvernements occidentaux sont complices. Et une complicité à cette échelle (il s'agit tout de même de centaines de milliards de dollars) est tout simplement criminelle.

Une nouvelle donne nécessaire, dans notre pays aussi
Face à ce vaste projet de tout contrôler, partout, quitte à faire appel à des supplétifs comme en Libye ou en Afghanistan (dont l'armée française), il est nécessaire de développer un contrepoint, un contrepoids. Les BRICS s'y emploient, mais sera-ce suffisant ? Il est désolant de voir que notre pays se retrouve embrigadé par ce Moloch sans scrupules (voir la façon dont est traité Bradley Manning, jeune homme particulièrement inoffensif). Nos "élites" marchent main dans la main avec un tyran détestable, donc déjà ce sont ces "élites" qu'il faudra démocratiquement écarter pour ériger une nouvelle démocratie. L'ancienne était imparfaite, mais elle est morte.

dimanche 9 juin 2013

Hollande : la France et le Japon pour des liens approfondis (NHK)


Le président français François Hollande a mis l'accent sur un partenariat avec le Japon sur les questions d'efforts en antiterrorisme pour le développement du nucléaire.

Hollande a conclu une visite de trois jours au Japon samedi à Tokyo. Il a déclaré aux reporters que le premier ministre Shinzo Abe et lui s'étaient entendus pour tenir des discussions bilatérales régulières. Il a ajouté que si la politique économique de Abe revitalise l'économie japonaise, ce sera dans l'intérêt de l'Europe. Mais il a précisé espérer que l'assouplissement monétaire au Japon n'est pas un mouvement intentionnel en vue de dévaluer le Yen.

Hollande a aussi fait référence à un consortium de sociétés françaises et japonaises qui aurait remporté le marché d'un projet de centrale électronucléaire en Turquie. Il a assuré que la France avait la technologie nucléaire la plus éprouvée au monde. Et il a ajouté vouloir se joindre au Japon pour promouvoir un développement nucléaire sûr.


(avec les approximations de traduction habituelles)

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Tout va pour le mieux, le Nucléaire va grandir, grandir pour le bien de l'Humanité (du moins celle des riches qui ne pensent qu'à l'être encore plus).  Soyons tous heureux de ces accords, dansons de joie avant de périr.

piscine 4 - haute technologie (1)
L'association des OGM, des pesticides, du nucléaire civil ET militaire, des armes chimiques, de la recherche en virus résistants aux traitements (pour qu'ils le soient toujours plus) nous assure un avenir serein et heureux pour tous. Enfin pour tous ceux d'un certain milieu très élitiste et qui se prend pour l'élite.

Bizarrement, il existe des humains qui contestent preuves à l'appui ce modèle dit "de développement" qui développe surtout les difficultés pour un nombre de plus en plus grand non seulement d'humains, mais d'êtres vivants en général. Comment ne pas être reconnaissants envers ces politiciens qui œuvrent chaque jour, chaque seconde, au bien-être de tous et de leurs descendants ? Nous sommes vraiment des ingrats. Et nous le revendiquons.



(1) On découvre cet assemblage insolite près de la piscine N°4 de Fukushima. De l'eau est évacuée à l'aide de l'un de ces cônes qu'on emploie pour signaler un obstacle routier par exemple. Le cône sert d'entonnoir et est relié à un vague tuyau grâce à... du scotch.

En revanche sur un côté de la piscine les photos sont trafiquées pour qu'on ne voie pas la base. Y a-t-il là un trou béant, ou ?..... La photo est tirée du dernier billet de Pierre Fetet dans son blog sur Fukushima.

samedi 8 juin 2013

Marie-Monique Robin s'est fait remettre la légion d'honneur

Elle avait bien hésité, cette femme pourtant décidée habituellement. Quand elle a appris la nouvelle, elle a cru à une erreur. Et puis chez Arte, qui travaille souvent avec elle, on l'a conseillée d'accepter, selon ses paroles, "en honneur de ceux qu('elle a) décrits dans (s)es études". Il le fallait, pour les enfants privés d'yeux en Colombie dans un trafic ignoble, pour ceux qui meurent des pesticides qu'ils ont eux-mêmes répandus sans protection.

Marie-Monique Robin, prix Albert Londres 1995,  a donc ce matin reçu des mains de Dominique Méda la médaille de chevalier de la Légion d'Honneur. Elle a choisi un lieu mythique pour cette cérémonie : cette grange de la Vache Rit où alternèrent tant d'espoirs toujours présents, tant de ferveurs, tant de désarrois parfois, et où même se répandit le sang des victimes des violences policière d'octobre 2012 : elles furent souvent soignées là dans des conditions sans doutes plus délicates que dans un hôpital, mais entourées de leurs amis.


Nous étions nombreux ce matin dans cette assemblée qui attendait la future récipiendaire, un peu retardée avec le car de ses amis par de petits ennuis de circulation. Ce sont ses parents, anciens agriculteurs de la Gâtine deux-sèvrienne proche, qui l'ont accueillie à la descente du véhicule. Moments très émouvants que j'ai eu la chance de saisir.  Dominique Méda a su ensuite retracer toute la carrière déjà prometteuse de celle qu'elle a décorée à l'issue de son panégyrique. Une carrière de travail patient, acharné, aussi bien sur Internet que sur le terrain pour recouper des informations, partout, en Colombie comme en Argentine ou ailleurs.

Puis, à l'intérieur de la grange, nous avons eu le bonheur de voir chanter son père, sur des couplets et une musique de sa composition. Et Dominique Loquais a suivi avec la chanson de Notre-Dame des Landes, reprise par tous les présents. De nombreux discours ont suivi, comme celui de l'atypique sénateur EELV du Morbihan, Joel Labbé.

Devaient suivre un pique-nique en commun,  puis après celle de la bande-annonce de son futur dossier "Sacrée croissance !" la projection de son film "Les moissons du futur".




Ne laissons pas à Marie-Monique Robin la rude tâche de dénoncer, fustiger, faire bouger les politiciens : chacun à son modeste niveau peut y contribuer, en discutant, en argumentant. Non seulement les décideurs "officiels", mais tout le monde a une part de responsabilité dans cette catastrophe planétaire, écologique, climatique, mais aussi économique et sociale.

P.S. j'ajoute ici un lien  vers le bel hommage qu'a su apporter Jacinte Grenier, l'elfe incontournable de la Gazette de la Presqu'île.

jeudi 6 juin 2013

Premières impressions (sur la terre géographique nommée Palestine) par Michèle Sibony

Un témoignage est un témoignage. Il en est de poignants. Celui-ci vous serre la gorge. D'autant plus qu'il est malséant d'en faire part, trop souvent. Merci une fois de plus à Cap 2012 qui a répercuté ce billet à lire et faire passer. Il s'agit de ce qui se passe dans un lieu géographique nommé depuis des siècles Palestine.

Sur UJFP

Premières impressions

jeudi 6 juin 2013 par Michèle Sibony
 
Compte rendu 1 – Michèle Sibony

Première période du 20 au 30 mai

Pour qui penserait que la question du sionisme, c’est-à-dire la nature juive de l’Etat, n’est plus d’actualité, masquée ou liquidée par la perspective des 2 Etats ouverte par Oslo, il suffirait de lire la presse israélienne quotidienne afin de découvrir combien cette question est revenue en force avec la fin du fameux processus.
Ainsi le Haaretz de ces jours-ci foisonne d’articles sur cette question. A titre d’exemple, voici le résumé d’un article du 28 mai de Jonathan Lis intitulé « Une proposition de loi du Likoud place le judaïsme au dessus de la démocratie » : Yariv Levin député likoud membre de la coalition gouvernementale vient de proposer une loi qui subordonnerait l’identité démocratique d’Israël à son identité d’Etat juif. (comme si ce n’était pas déjà le cas d’ailleurs ! ndlt) Mais ce faisant il reprend à peu de choses près deux propositions antécédentes déposées par Avi Dichter député Kadima lors de la précédente législature. Bien sûr Levin ajoute à ces projets des recommandations supplémentaires et controversées : légaliser par exemple la notion de « Eretz Israël » (la terre d’Israël de la mer au Jourdain auquel se réfèrent les colons Bible en main ) et affirmer les liens juifs exclusifs à cette terre)
Et la loi propose aussi : le « droit d’autodétermination nationale dans l’Etat d’Israël n’appartient qu’au peuple juif »

Le projet recommande que l’hébreu devienne la seule langue officielle du pays (alors qu’aujourd’hui l’arabe et l’hébreu sont les deux langues officielles) . Mais le parlement pourrait ensuite légiférer pour garantir un statut secondaire à l’arabe et l’anglais.

Un autre article du projet prévoit la destination exclusive des fonds à la construction pour les communes juives. Cependant l’État serait autorisé à approuver la construction de communes non juives.

En même temps le projet utilise aussi un vocabulaire démocratique, soulignant que chaque résident d’Israël indépendamment de sa religion ou nationalité est autorisé à agir pour préserver sa culture, son héritage, sa langue, son identité.

Autre sujet dont les journaux s’emparent tous les jours : Le boycott qui suscite une grande inquiétude , et dont la stratégie de défense israélienne est de dire qu’il est « individuel » et donc raciste. Hawkins est un hypocrite proclame ainsi Daniel Abraham (entrepreneur américain fondateur du centre de Washington pour la paix au Proche Orient) dans le Haaretz toujours « Nous pouvons toujours dénoncer S. Hawkins pour son hypocrisie (qu’il détaille abondamment) mais au bout du compte le plus important est que nous réalisions combien il est mauvais d’occuper un peuple dont le leader Mahmoud Abbas veut faire la paix avec nous. » Un sioniste de gauche, sans doute.

13 ans après l’Affaire Muhamad El Dura revient en force dans la société israélienne, par la voix d’un comité spécialement constitué pour réviser toute l’affaire et qui statue que l’enfant tué devant la caméra d’antenne 2 n’est pas mort. Comme s’il s’agissait de laver l’armée israélienne de tous ses crimes en revendiquant son innocence sur celui ci, fondateur il est vrai , puisque survenu au 2e jour de la seconde Intifada.

Le père de l’enfant tué à fini par envoyer le message suivant à travers la presse israélienne, « si mon fils est vivant et que vous ne l’avez pas tué, alors rendez le moi ! »

Nombre de Palestiniens s’expriment sur cette question en rappelant au comité qui étudie avec autant de sérieux l’affaire Al Dura, qu’il pourrait aussi se pencher sur les conditions de la mort de 13 enfants palestiniens dont douze de citoyenneté israélienne, survenue pendant la même période. Sans parler des 951 enfants tués depuis 2000 (chiffres Btselem) . Il faudra plus qu’une lessiveuse pour laver tout ce sang.

Explosion dans le train :
Mes premiers jours ici sont toujours durs à encaisser. Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je lis, tout me rappelle l’injustice, l’arrogance et la bêtise profondes du dominant privilégié. Et parfois une étincelle de trop provoque l’explosion incontrôlée. Dommage. Si j’arrivais à garder mon calme au lieu de me mettre à hurler, peut-être serais-je plus convaincante ? J’en doute. La propagande israélienne a cela de très fort qu’elle rencontre des gens qui l’adorent et ne demandent qu’à en être abreuvés afin de mieux justifier leur droit à l’existence contre les autres.. Briser un tel cercle vicieux demande un long travail patient et surtout des contextes sociaux, politiques, internationaux, très différents. En l’état actuel tout concourt à renforcer cette inertie nauséabonde.

Dans le train Tel Aviv à Benyamina où m’attend une amie afin de m’emmener à Kfar Kara dans le Triangle (zone de forme triangulaire demeurée à forte population arabe après la Naqba) dans sa famille palestinienne d’Israël :

En face de moi, une femme assez belle d’une cinquantaine d’année m’intrigue, juive orientale, palestinienne, espagnole peut-être ? Sur les 4 places en carré à ma gauche, deux jeunes soldates, 18-19 ans déjeunent, et près d’elles un couple âgé qui échange en hébreu aussi bien qu’en français, avec pour la femme un clair accent juif égyptien. Arrive une jeune fille qui se présente comme étudiante en psycho et propose à tout le monde de remplir un questionnaire qui alimente son mémoire de fin d’études. La dame à l’accent égyptien accepte « à condition , dit-elle, que ce ne soit pas contre Israël » Je dresse l’oreille.

L’étudiante lui répond : qu’est ce que tu veux dire par là, ce sont tes réponses libres qui m’intéressent... je repasserai dans un moment ramasser les questionnaires.

Et la dame commence la lecture à haute voix. Des statistiques sur l’état des hôpitaux en Cisjordanie sont présentées et le questionnaire demande de choisir entre les sentiments qu’elles éveillent chez le lecteur. -Ah ! Vous voyez ! J’avais raison, c’est contre Israël. Qu’est ce qu’on en a à faire des hôpitaux palestiniens, comme si on avait pas nos propres problèmes de santé ! C’est contre Israël . Je ne veux pas répondre ! Une jeune soldate intervient : C’est sûr : tu n’as qu’à répondre à l’envers , le contraire de ce que tu penses, pour fausser ses résultats et bousiller son enquête ...

La femme placée en face de moi prend alors la parole , avec un accent yéménite ou oriental aux gutturales très marquées :- Pourquoi ne pas répondre ? C’est pour ses études, quel est le problème de dire ce que cela éveille chez vous. Cela ne vous menace pas...

Et l’analyse détaillée du questionnaire de continuer, émaillée de rires de connivences entre la jeune soldate l’égyptienne et son époux. Rires sur ces Palestiniens qui nous emmerdent et qui n’ont qu’à se débrouiller, et qui ne sont pas humains ils n’ont qu’à aller ailleurs ici c’est chez nous...

J’explose : c’est vous qui n’êtes pas humains, où est passée votre humanité ? Et votre judaïsme alors, n’en parlons pas ! Vous êtes des brutes ignares et sans conscience. Vous êtes cruels et hermétiques aux autres. Et vous vous permettez de les juger en plus !

La femme à l’accent oriental renchérit : mais enfin avec qui voulez vous faire la paix ou discuter ! Avec les Russes ou les Américains ? C’est avec vos voisins qu’il faut parler quand même.

L’Égyptienne me jette un regard noir et m’interpelle : on voit bien que tu n’as pas grandi dans un pays arabe et que tu ne sais pas comment ils traitent les gens là bas.

- Je suis née et j’ai grandi au Maroc, cherchez l’erreur. Mais en quoi cela justifierait-il ta propre cruauté ? La soldate, très brune, ricane : ah ! elle est marocaine celle là ? (j’ai bien envie de la gifler) Je continue, - mais pourquoi regarder dans les pays arabes, regarde ici ce que vous faites, quelle société dégueulasse raciste et haineuse vous fabriquez, vous devriez avoir honte. La juive orientale opine du chef satisfaite de mes propos, mais avec un regard de reproche sur mon ton et ma rage que je contrôle de moins en moins.

La soldate continue de ricaner : je lui suggère de la fermer et de continuer à tirer sans état d’âme sur les enfants palestiniens..la soldate imite alors le bruit d’une carabine qui tire en visant de petits enfants imaginaires. Elle se moque de moi. Une agitation s’est éveillée dans tout le wagon derrière moi... attention, j’ai été trop loin. L’orientale me le signifie clairement : Alors ce coup ci c’est toi qui exagères.

Malheureusement je sais que je n’exagère pas.

Mais je suis obligée de me calmer. Mâchoires serrées pour réprimer mon tremblement, je suis au bord des larmes. Le couple âgé me regarde avec stupéfaction, et la dame me reprend presque gentiment sur le mode de la démocratie : Pourquoi t’énerves tu comme çà ? On n’est pas obligé d’avoir les mêmes opinions mais on peut parler calmement, tu peux même dire ce que tu dis sans problème, c’est çà la démocratie. Je lui propose de ne pas parler de ce qu’elle ne connaît pas ce dont elle n’a pas la moindre idée : La démocratie c’est l’égalité.

Le train arrive à Benyamina. Dans la famille de Manal un festin nous attend à l’ombre du mûrier dans la cour. Les rires et la gentillesse de sa mère, ses tantes, ses sœurs, auront raison de ma colère et de mon tremblement.

Gideon Lévy dans la rue en plein Tel Aviv, s’est fait insulter et cracher dessus ainsi que sa compagne. Parce qu’il fait partie de « ceux qui haïssent » Israël. Il a la triste charge en effet de rapporter chaque semaine à cette société les actes commis pour la « protéger « dans les territoires occupés. Et en effet c’est insupportable. Une famille dans un village de Cisjordanie, le fils tué de plusieurs balles dans le dos, en s’enfuyant après avoir jeté des pierres contre le mur : l’armée elle même reconnaît que l’incident était problématique. Quelques jours plus tard l’armée intervient en pleine nuit, avec des dizaines de soldats, des chiens et des hurlements, dans la maison familiale endeuillée. Ils viennent arrêter le second fils. Dans la maison les parents, huit filles, tous battus, frappés, la mère huit points de suture, et deux des filles à l’hôpital, la terreur à l’état pur. L’officier qui a dirigé l’opération a indiqué à ses soldats : dans cette maison là pas de pitié...

Tout ceci mérite bien un crachat sur celui qui le relate..

Des colons ont mis le feu aux champs de leurs voisins palestiniens. Le feu a trop bien pris et fini par menacer la colonie elle même. Ils ont alors appelé l’armée au secours pour qu’elle vienne éteindre les flammes. Aujourd’hui ils prétendent que les Palestiniens ont provoqué un 2e feu...

En tous cas dans la schizophrénie ambiante, si l’on ne voit ni n’entend ni ne parle de ce que l’on fait subir aux Palestiniens, tout le monde est secoué par l’attaque d’une banque qui a fait 4 morts. Or il s’avère que le meurtrier avait été renvoyé de l’armée pour comportement violent et brutalités injustifiées (c’était çà ou la décoration) . Mais l’armée n’avait pas jugé utile de donner ses raisons ou de signaler ce cas. Ainsi l’homme a continué dans le civil. De même c’est le fait divers de Qiriat Ata où un jeune homme a tué sa mère et envoyé à l’hôpital sa petite amie ainsi que deux passants, qui occupe les esprits. Mais pourquoi tant de violence ? Bonne question.

300 000 permis de ports d’armes en Israël et dans les colonies ; on peut peut-être imaginer qu’ils ne s’en serviront pas ?

Nathan Blanc :
Jeune homme de bonne famille , comme on dit, n’est pas le premier refusnik en Israël. Mais il vient de gagner son bras de fer contre l’armée : après 170 jours de rétention en prison militaire,reconduite toutes les 3 semaines, il a été libéré du service militaire pour objection de conscience et rien d’autre. Il a refusé tout compromis avec ses convictions et son refus de porter les armes. L’armée lui a proposé une baisse de profil pour raisons psychiatriques, des arrangements multiples pour éviter d’avoir à créer un précédent sur l’objection de conscience. Elle a surtout peur de l’usage que pourraient en faire les religieux que l’on veut obliger à « partager la charge » du pays en faisant l’armée. Nathan Blanc indique dans tous ses interviews qu’il lui semble très important pour tous ceux qui le suivront, de ne pas accepter le déguisement de leur refus et d’en d’assumer les vraies raisons. En effet l’armée a très peur des refus frontaux elle préfère négocier des raisons qui ne la remettent pas en cause, et masquent finalement la réalité du nombre important des refusniks.

Jérusalem :
Je prends un taxi collectif et non le bus pour aller à Tel Aviv. Cela m’évite l’enfer de la gare routière centrale et de ses contrôles. C’est ce que font beaucoup de palestiniens aussi. Le chauffeur est palestinien et une grande partie des voyageurs. Ils discutent en arabe parlent au téléphone, tranquillement.

A l’arrivée, l’un d’eux l’air gêné demande discrètement au chauffeur en arabe, puis dans un hébreu hésitant, puis en arabe à nouveau : dis moi comment je fais pour aller à la mer ? L’autre : quelle mer ? Je ne sais pas... la mer, Bahr.. Haïfa ? Quel taxi prendre ? Le chauffeur lui lance un numéro de ligne...

Traduction : il vient sans doute des territoires occupés, et n’a pas vu la mer depuis longtemps... envie de pleurer.

Michèle Sibony

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Fukushima : provocation de l’ONU et des médias (le blog de Fukushima)

Absent pendant deux jours, je découvre à mon retour cette dénonciation de Pierre Fétet et de son indispensable Blog de Fukushima. A diffuser au maximum. Les enfants de Fukushima meurent, les ouvriers de Fukushima meurent, mais à Vienne, au siège de l'AIEA, tout va pour le mieux, les actionnaires de boîtes de mort (celle qui sont dans le nucléaire comme d'autres sont dans les gaz de combat, ceux dont personne n'a le droit de se servir) font de gras bénéfices, alors tout est pour le mieux.

Ici, on tue. A petit feu, c'est plus drôle.

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5 juin 2013

Alors que le nombre de cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima augmente (12 cancers confirmés et 15 suspectés), une nouvelle étape de désinformation massive a été franchie le 31 mai 2013 : la diffusion en masse de dépêches de l’AFP ou de REUTERS intitulée « Fukushima: pas de risque pour la santé après les émissions radioactives ». Ça me rappelle la mi-décembre 2011 quand le gouvernement japonais avait décidé que la centrale de Fukushima était en « arrêt à froid », et que les médias du monde entier avaient repris cette information en chœur. On se souvient, suite à cet « arrêt à froid de l’information », que la centrale crachait en fait toujours de la vapeur radioactive en 2012… On sait maintenant ce que vaut ce genre de dépêche expéditive. Le titre est trompeur, mais tout le monde le reprend ! Cherchez l’erreur. Honneur aux publications et aux journalistes qui reviendront sur ce sujet majeur qu’est la santé des populations, car tout est fait pour taire la vérité.

Quand je tape le titre de cette dépêche, mon moteur de recherche propose 143 000 résultats le 1er juin, 225 000 le 2 juin, 608 000 le 5 juin ! Quel buzz ! Et pourtant, il est facilement démontrable qu’il s’agit d’une supercherie. Honte à cette « équipe de chercheurs » de l’UNSCEAR (=United Nations Scientific Comittee on the Effects of Atomic Radiation, organe de l’ONU) supervisée par Wolfgang Weiss. Car la réalité est toute autre.

En fait, cette conférence de presse de l’UNSCEAR est faite pour contrer les derniers rapports de l’OMS et de l’ONU qui n’étaient pas assez complaisants avec l’AIEA, organisme qui n’existe que pour faire la promotion du nucléaire dans le monde.

D’une part, un rapport de l’OMS a indiqué en mars 2013 que les radiations provoqueraient un surnombre de cancers dans la région de Fukushima, d’autre part Anand Grover, représentant de l’ONU, a établi un rapport accablant téléchargeable ici et dont il fait état dans cette vidéo sous-titrée en français :
Manifestement, il y a des forces contraires au sein de l’ONU. Il y a des gens à la base qui font le boulot pour lequel ils ont été embauchés, c’est-à-dire qu’ils informent les populations des dangers de la radioactivité, et il y a les dirigeants qui souhaitent étouffer le crime en cours au bénéfice des objectifs de l’AIEA toute puissante.

Voici des extraits du communiqué de l’AFP et mes commentaires :

« Les émissions radioactives après la catastrophe à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 ne devraient pas avoir de conséquences sur la santé à l’avenir, a estimé vendredi un comité de chercheurs de l’ONU à Vienne. »

Hormis Wolfgang Weiss, le communiqué ne donne pas les noms des autres chercheurs, les voici : Fred Mettler, Malcom Crick, Carl-Magnus Larsson et Janos Tisovszky. A moins que ces gens reviennent sur leur communiqué indigne de leurs fonctions, on retiendra bien ces noms quand la catastrophe sanitaire prendra de l’ampleur et qu’on recherchera des responsables pour non assistance à personne en danger.
Fred Mettler, Wolfgang Weiss, Malcom Crick, Carl-Magnus Larsson et Janos Tisovszky.
« L’exposition aux radiations qui a suivi l’accident nucléaire à Fukushima-Daiichi n’a pas entraîné d’effet immédiat sur la santé. »

Manifestement, ces experts sont mal renseignés. Ce n’est pas l’avis de la population qui a constaté de nombreux troubles suite à la contamination radioactive : diarrhées, saignements de nez, nausées, goût de métal dans la bouche, conjonctivites, pneumonies, etc. Tout cela n’est que fables pour l’UNSCEAR.

« Il est peu probable de pouvoir y attribuer à l’avenir des conséquences sur la santé pour la population globale et la grande majorité des travailleurs, pour qui l’historique de l’exposition aux radiations a été établi. »

C’est très bien rédigé ! L’UNSCEAR est très subtil car Tepco traine les pieds pour communiquer les listes des personnes qui travaillent à la centrale de Fukushima Daiichi. Il y a de nombreux oubliés et disparus, ceux-là ne seront jamais comptabilisés. L’Asahi Shimbun a rapporté le 28 février 2013 que Tepco n’a pas transmis les données concernant les doses reçues par 21 000 travailleurs à la centrale de Fukushima Daiichi. Ces données devaient pourtant être fournies à la Radiation Effects Association, une société d'intérêt public qui gère les données de dose des travailleurs de centrales nucléaires. L’UNSCEAR est-il au courant de cette pratique honteuse ?

« Les mesures prises par les autorités pour protéger la population (évacuation et protection sous abri) ont réduit de manière significative l’exposition aux radiations, qui aurait été dans le cas contraire multipliée par 10. »

Le rapport officiel de la commission d’enquête de la Diète sur la catastrophe de Fukushima n’expose pas ces choses de la même manière. L’UNSCEAR ignore totalement les conclusions de ce rapport dont voici un extrait :
Des ordres d'évacuation chaotiques

L'enquête de la commission a révélé que de nombreux habitants n'ont pas été informés qu'un accident s'était produit ou qu'il s'aggravait rapidement et que des fuites radioactives avaient lieu, et cela, même après que le gouvernement et certaines municipalités en aient été informés.

Lorsque les conséquences de l'accident ont commencé à s'aggraver, les destinations d'évacuation et d'autres aspects de l'évacuation ont été souvent modifiés. Mais, même durant la période d'aggravation, la plupart des habitants proches sont restés dans l'ignorance de la catastrophe ou de sa gravité, sans parler du risque accru.

Un total de 146 520 habitants ont été évacués à la suite des ordres d'évacuation du gouvernement. Pourtant, de nombreux habitants proches ont été évacués sans informations précises. Dans l'ignorance de la gravité de l'accident, ils pensaient ne partir que pour quelques jours et n'ont emporté que le strict nécessaire. Les ordres d'évacuation ont été régulièrement révisés tandis que les zones d'évacuation passaient du rayon initial de 3 km à 10 km, puis 20 km, tout cela en une seule journée. A chaque fois que la zone d'évacuation était étendue, les habitants devaient se déplacer. Certains évacués n'ont pas été informés qu'ils avaient été envoyés sur des sites de forte radioactivité. Les hôpitaux et les crèches dans la zone des 20 km se sont débattus pour assurer des moyens de transport et trouver des hébergements ; 60 patients sont morts en mars de complications liées à l'évacuation. L'exaspération a monté parmi les habitants.

Le 15 mars, les habitants de la zone entre les 20 et 30 km ont reçu l'ordre de se calfeutrer. Comme cette mesure a duré plusieurs semaines, ces habitants ont été victimes d'un grand manque d'information et de moyens. L'ordre de calfeutrage a été en conséquence revu en évacuation volontaire. Mais là aussi, l'information sur cette modification a été tristement déficiente et les habitants se sont retrouvés à devoir évacuer sans posséder les informations indispensables. La Commission conclut que le gouvernement a de fait abdiqué sa responsabilité envers la sécurité publique.

Le fait que certaines parties de la zone des 30 km subissaient de forts niveaux de radiation a été connu avec la publication du Système pour la Prédiction de l'Information environnementale sur la dose d'urgence (SPEEDI), le 23 mars. Mais ni le gouvernement ni le Centre de Réponse d'Urgence nucléaire n'ont pris de décision rapide pour l'évacuation des résidents de ces zones qui n'ont été évacuées qu'un mois plus tard. »
(source)

« Aucune mort liée à l’exposition aux radiations n’a été observée auprès des quelque 25.000 travailleurs envoyés sur le site de l’accident. Au vu du faible nombre de travailleurs très exposés, il est peu probable de pouvoir détecter dans les prochaines années une augmentation des cas de cancers de la thyroïde dû aux radiations ».

C’est faux. Des morts ont été observées. Mais l’UNSCEAR détourne les yeux. Il suffit de se limiter aux données officielles et c’est bon : il n’y en a aucune concernant les décès directement liés aux radiations nucléaires émanant de la centrale : des morts sont observées depuis deux ans, mais le gouvernement et Tepco refusent systématiquement de les lier à la radioactivité. Quand un crime a lieu et que le suspect nie, normalement on mène une enquête pour rechercher la vérité. Au Japon, qui mènera cette enquête puisque le déni officiel est permanent ?

« Les doses (de radiations) reçue après Tchernobyl, en particulier dans le cas des enfants et de la thyroïde, étaient beaucoup plus élevées que celles que nous avons mesurées à Fukushima. »

Il est manifeste que l’UNSCEAR va à l’inverse des conclusions d’Anand Grover, rejetées par le Japon : « Les autorités Japonaises ont finalement établi des zones radioactives bien plus restreintes que celles établies consécutivement à l'accident de Tchernobyl, M. Grover estime ainsi que le seuil de contamination de la Zone Rouge de Fukushima est "environ 4 fois plus élevé qu'en Ukraine". » (source)

Enfin, le communiqué de l’UNSCEAR d’origine parle aussi de la santé des enfants, l’AFP oublie de le mentionner, est-ce un hasard ou une volonté ? Le communiqué complet de l’UNSCEAR est disponible ici (langue anglaise).


Pour terminer, voici une vidéo qui va dans le même sens que le communiqué de l’UNSCEAR, produite par la préfecture de Fukushima : tout va bien dans le meilleur des mondes. Moi quand je visionne cette vidéo, j’ai des frissons, je vois les poussières radioactives qui volent partout, je vois les gens qui décontaminent sans protection, je vois les enfants jouer innocemment, c’est de la grande propagande…

Pierre Fetet
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Photo d’entête : décontamination sans protection des sols de Fukushima (source)

lundi 3 juin 2013

Deffense & illuftration de la langue française - ne pas se tromper de cible

Entretien de Manuel Valls dans Corse Matin de ce 3 juin.

"Depuis la loi portée par Lionel Jospin, la République a donné sa place à la langue corse et l'a reconnue. Mais il n'y a qu'une langue de la République, c'est le français. Il n'est pas concevable qu'il y ait sur une partie du territoire, une 2e langue officielle", dit M. Valls dans cet entretien.

La Sorbonne - grand amphithéâtre
L'Université française est une partie du territoire

Monsieur Valls, nous prenons acte de cette affirmation.  Nous vous exhortons de la répéter à Madame Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Elle au contraire veut faire entrer sans vraie justification dans des enseignement universitaires (hors Lettres Modernes naturellement) un anglais abâtardi qui, au lieu de rehausser le prestige de nos enseignements, les rendra livresques et mal maîtrisés. D'ailleurs les enseignants du supérieur sont très rarement de vrais bilingues, ce qui est logique hors des Lettres Modernes. Les résultats seront pitoyables, et très contre-productifs.

Défense et illustration langue française
L'enjeu est peut-être justement là. Il s'agit, par un moyen détourné, de rendre les universités françaises non attractives, et d'inciter les futurs diplômés français ou étrangers à se tourner vers les établissements anglo-saxons. Cela renforcera ceux-ci, donc par contrecoup l'économie des pays considérés. D'autant que les droits d'entrée sont très élevés, conceptions libérales obligent. Ce moyen fera entrer des devises dans des pays qui n'en manquent guère, devises souvent ponctionnées sur d'autres pays qui en manquent déjà beaucoup.

La proportion d'étudiants étrangers en France est pourtant importante : cela signifie qu'ils sont convaincus de trouver là un enseignement adapté, performant et enrichissant. Le nombre de médailles Field et de prix Nobel dans notre pays plaide d'ailleurs dans ce sens.



Rappelons à ceux qui l'ont oublié l'article 2 de la Constitution de 1958.

ARTICLE 2.
La langue de la République est le français.

L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.

L'hymne national est « La Marseillaise ».

La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.


Rien que cet article 2 est très souvent malmené par ceux qui sont censés l'appliquer, parce qu'ils ont été élus ou nommés pour cela.  Que dire des alinéas 4 et 5, foulés aux pieds par la représentation nationale ? Mesdames, Messieurs, reprenez-vous. Vous êtes au service du peuple, et non l'inverse.


Le Nouvel Ordre Mondial ne se repaîtra pas de notre avenir

Il est plus que temps, pour que tous et chacun nous dénoncions les manœuvres de lointains lobbies (que l'on peut traduire par groupes de pression et de coercition) en vue de transférer la richesse de notre pays, son sol et ses habitants, sous la propriété brutale du Capital international - on appelle cela esclavage, plus justement. Il faut dire que certaines personnes, assez rares, se considèrent comme très au-dessus du lot, et s'imaginent que la propriété et le droit de vie et de mort  sur toute créature leur échoit naturellement. Ce ne sont que des infirmes, privés de l'empathie, mais ce manque leur ôte tout scrupule. D'où leur acharnement à poursuivre une chimère toujours plus lointaine, nommée Le Pouvoir Absolu. Ils en mourront, mais le reste de l'humanité avec eux s'ils ne sont pas mis hors d'état de nuire.

Ajoutons que, pour brouiller les pistes, des personnes peut-être à leur solde font courir les bruits que ce seraient des juifs qui seraient derrière tout cela. Avec le risque de faire déverser sur des innocents les ressentiments. Parmi ces détraqués, effectivement il se peut que des personnes de cette religion se cachent, mais dans la proportion de leur population, c'est-à-dire quelques unités. Le capitalisme se rit des religions, il en est une lui-même, la plus exigeante, la plus dangereuse.

Luttons, mes amis, luttons. C'est le salut de tous qui en dépend, et en particulier le salut de nos descendants.

"Touche pas à mon poste", ce qui s'est vraiment passé jeudi dernier

Remettre les choses en place, dénoncer les approximations et les interprétations plus que suspectes des médias, et de ceux qui ont l'honneur d'y causer, voilà une tâche essentielle quand le cinquième pouvoir n'est plus qu'un moyen de plus pour l'oligarchie financière de garder la mainmise sur les opinions des gens.

N'ayant pas la télévision, je n'ai pas eu  l'occasion d'assister à ce cri, et à ce que des personnes trop peu indépendantes ont travesti pour en effacer l'acuité. Mais relayer la bonne information non tronquée est un devoir, oui, un devoir.


Jeudi dernier, Jean-Luc Mélenchon participait à l’émission Touche pas à mon poste sur D8 (je n’analyserai pas ici sa prestation, ceci à déjà été très bien fait). Quelques minutes après son arrivée, une salariée de la chaine est intervenue en direct, afin de dénoncer les baisses de salaire imposées par la direction aux intermittents du spectacle. Le lendemain, Bruno Roger-Petit, chroniqueur sur le Plus du Nouvel Observateur, décidait de consacrer son billet hebdomadaire à cet événement. Cependant, plutôt que de relayer le message de l’intermittente et de dénoncer à son tour les conditions de travail sur la chaine du groupe Canal +, celui-ci a préféré s’attaquer de façon éhontée à Jean-Luc Mélenchon. Probablement dans le but de faire parler de lui, le journaliste a consacré un article entier à accuser le coprésident du Parti de gauche d’être resté silencieux face à la détresse de cette salariée précaire. Pourtant, la réalité fut bien différente…

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« La direction de D8, notre employeur, nous a traité avec beaucoup de mépris »
L’intermittente ayant interrompu l’émission de Cyril Hanouna est Sophie Tissier, une mère célibataire âgée de 34 ans. Depuis plus de deux ans, elle est opératrice prompteur sur D8. Elle travaille pour l’émission Touche pas à mon poste depuis le mois d’octobre. Interrogée par les Inrocks, elle est revenu sur sa prise de parole afin d’expliquer ce qui l’a poussé à intervenir et surtout de dénoncer le sort réservé aux intermittentes sur D8.


Révoltée par cette situation, elle avoue avoir jugée la venue de Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de l’émission phare de la chaine comme « le bon moment » pour intervenir. « Touchée » par son discours sur le monde des médias au début de l’émission, elle s’est alors lancée et est intervenue quelques minutes après son arrivée.

Pour le Nouvel Observateur, Jean-Luc Mélenchon est resté muet face à la détresse de l’intermittente

La suite, voilà comment Bruno Roger-Petit et le Plus du Nouvel Obs la présentent le lendemain. Dans son billet, le journaliste reproche à Jean-Luc Mélenchon ne pas être intervenu, de ne pas avoir demandé la parole, d’avoir abandonné la jeune intermittente qui espérait « peut-être, un mot de soutien ».

Le journaliste y voit une « faute politique ». « Mélenchon ne peut rien. Jean-Luc Mélenchon, dénonciateur des travers du système dont il est pour un soir l’acteur objectivement complice ». Le coprésident du Parti de gauche serait donc, non seulement impuissant, mais surtout insensible à la cause des salariés précaires. Pire, il serait le complice d’un système qu’il avait lui-même dénoncée (« le monde des médias est une machine à broyer »), quelques minutes avant l’intervention de la salariée de D8.

Voilà donc comment le Nouvel Observateur fait du journalisme. Il sort deux minutes d’un passage télé qui en fait cinquante ; les analyse avec un objectif précis (ici, s’attaquer à Jean-Luc Mélenchon) ;  ne fait jamais référence à ce qui s’est passé avant, ni à ce qui se passera ensuite ; et surtout, se garde bien de recueillir le témoignage des acteurs de la scène. Voilà ce qu’on appelle le journalisme version Petit journal. Un journalisme mensonger basé sur la manipulation.

Car en réalité, Jean-Luc Mélenchon n’est pas resté insensible à l’intervention de la jeune intermittente. Bien au contraire. Il suffit pour cela de regarder la suite de l’émission, ce que Bruno Roger-Petit n’a visiblement pas fait !

« Une personne payée avec un lance-pierre, n’est pas en état de se rebeller »

 En effet, le co-président du Parti de gauche a passé plusieurs minutes après le départ de la jeune précaire à dénoncer les conditions de travail des intermittents et donc à relayer son message.

 « Le système repose sur une exploitation terrifiante des gens. C’est terrible ce qui est fait aux intermittents du spectacle, cette espèce de vie à crédit, où on vous tient(…), jusqu’à des femmes qui ont du cacher leur maternité parce que sinon elles n’accédaient pas aux droits auxquels elles avaient droit ».

« Dans les rédactions vous avez une proportion considérable d’intermittents du spectacle, de gens qui sont en stage, qui sont payés avec dans lance-pierres. (…) Beaucoup de gens vivent avec des toutes petites payes. (…)  Une personne payée avec un lance-pierre, n’est pas en état de se rebeller. Quand tu as besoin de manger tu te tais, quand ton chef est là tu lui dis oui chef, sinon tu manges pas ».

« La pauvreté, la précarité, l’étranglement des gens, génèrent un produit médiatique globalisé. Voilà comment se fabrique le nivellement vers le bas. (…) Si on paye bien les gens, si on stabilise leur statut social, on peut espérer avoir une information de meilleur qualité, plus respectueuse des gens et des points de vue différents ».

Voilà ce que le Nouvel Obs appelle rester muet ? Voilà ce que Bruno Roger-Petit appelle une « faute politique » ? Ce n’est en tout cas pas l’avis la principale intéressée, la jeune intermittente Sophie Tissier. « Je ne suis pas membre du parti de gauche de monsieur Mélenchon mais j’espérais qu’il soutienne mon propos et la cause des intermittents. Et il l’a fait ! Il a dénoncé avec force notre précarité et nos conditions difficiles de travail ».

Cette affaire, est une nouvelle preuve, s’il en fallait une, du traitement lamentable réservé à Jean-Luc Mélenchon par certains médias. Comme Patrick Cohen et bien d’autres, Bruno Roger-Petit participe à la campagne de diabolisation du co-président du Parti de gauche. Une opération qui se fait en parallèle de la dédiabolisation de Marine Le Pen et de la banalisation de son discours. Tant d’attitudes qui ne font que renforcer la défiance d’une partie des français envers les médias.
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Syrie : deux poids deux mesures. Partout dans le monde, même constat

Citation d'un extrait de dépêche de l'agence Ria Novosti.

Barack Obama a annoncé que l'usage d'armes chimiques était une "ligne rouge" à ne pas franchir par le régime syrien, sous peine d'une réaction des États-Unis.


Voilà bien au grand jour la duplicité du régime scélérat de Washington.  La même dépêche annonce une découverte, qui, bizarrement, ne provoque aucune réaction sur les bords du Potomac.

15:55 02/06/2013
MOSCOU, 2 juin - RIA Novosti 
Les militaires syriens ont annoncé la saisie d'un lot de gaz toxique sarin lors d'une opération contre les combattants armés dans la ville de Hama (ouest de la Syrie), rapporte dimanche la chaîne Press TV.
Des conteneurs remplis de sarin, une substance inodore extrêmement toxique même à très faible dose, ont été découvert dans des caches du quartier d'al-Faraieh, théâtre dernièrement de combats acharnés entre les troupes gouvernementales de Bachar el-Assad et les groupes armés d'opposition, indique un communiqué de la chaîne.

On se croirait revenus, pour des raisons similaires d'ailleurs, au temps (5 février 2003, il y a dix ans) où Colin Powel brandissait  un tube sensé contenir des germes d'anthrax.





Tout le monde sait aujourd'hui qu'il n'y avait rien de tout cela, et que tout a été inventé par un mystificateur, dont le Pentagone et le 10 Downing Treet (Tony Blair à l'époque) se sont  emparés d'affirmations non vérifiées par d'autres sources.

Aujourd'hui des accusés africains à la CPI  se plaignent que celle-ci  se concentre toujours sur leur continent, alors que des criminels de bien plus haut vol continuent impunément à se prélasser au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France, etc... sans être inquiétés le moins du monde. Il est temps que cesse ce scandale, et que les vrais responsables des guerres qui déchirent çà et là la planète soient enfin traînés devant des tribunaux indépendants et motivés. Nul doute que même des têtes couronnées ou leur entourage proche pourraient bien en faire les frais.

samedi 1 juin 2013

Oligarchie financière: La City de Londres, le nid de l’hydre à éliminer…

Un billet significatif et bien explicite sur Résistance71, trouvé ce matin par hasard (merci Cap 2012). Faisons-le suivre : on comprend tout. Pas de nom d'auteur.


Oligarchie financière: La City de Londres, le nid de l’hydre à éliminer…

Rien ne se fait dans le monde, du moins pour sûr dans le monde occidental, sans l’aval de la City et son cartel banquier. Son influence sur le politico-économique a atteint son paroxysme et perdure depuis au moins les guerres napoléoniennes lorsque la banque Rotschild finançait les deux côtés de la belligérance. De fait, Wall Street n’existerait pas sans la city de Londres. Wall Street est inféodé à la City et non pas l’inverse. Les Rockefeller et autres Morgan, Warburg etc, sont les agents de la city au "nouveau monde", dans une Amérique soit disant "indépendante" de l’influence britannique. Le cartel des banques privées des banques centrales, incluant la Banque d’Angleterre et leur QG de la Banque des Règlements Internationaux de Bâle prennent leurs ordres à la City de Londres. La couronne d’Angleterre et sa banque sont inféodées à la City de Londres et non pas l’inverse.

La City de Londres est le nid de l’hydre, le mettre à bas serait un bon début…
– Résistance 71 –

La City de Londres capitale de la mafia planétaire !

Pierre Hillard

30 Mai 2013

url de l’article original:
http://www.bvoltaire.fr/pierrehillard/la-city-de-londres-capitale-de-la-mafia-planetaire,23788

Depuis 2007, la crise ne fait que s’accentuer. La récession s’impose et les États étouffent sous le poids de l’endettement. Cependant, il existe un monde parallèle qui agit comme une sève pour irriguer la gouvernance mondiale en formation : les paradis fiscaux. Ils sont définis par le journaliste économique Nicholas Shaxson comme un « lieu qui se propose d’attirer des activités économiques en offrant à des particuliers ou à des entités un cadre politiquement stable permettant de contourner les règles, les lois et les réglementations édictées dans les autres pays ». Appelés aussi « juridictions du secret », ces paradis fiscaux s’emploient à manipuler les mouvements d’argent internationaux.

On dénombre environ une soixantaine de ces « juridictions du secret » au cœur de la globalisation, qui se subdivisent en trois groupes :


1) Les paradis fiscaux européens comme le Luxembourg, le Liechtenstein ou Monaco ;


2) Les États-Unis, ses États fédérés (en particulier le Delaware) et les dépendances sous influence américaine (les îles Vierges, Panama, …) ;


3) la City de Londres organisée en 3 cercles concentriques : les dépendances de la Couronne (Jersey, Guernesey et l’île de Man), les quatorze territoires britanniques d’outre-mer (les îles Caïmans, les Bermudes, Gibraltar…) et des États entretenant des relations étroites avec l’ancien colonisateur : Hong Kong, Singapour, Dubaï…). Ces centres offshore combinent le secret bancaire et la non-imposition.

La capitale britannique est constituée de deux villes. La première est un vaste centre urbain de plusieurs millions d’habitants dirigé par un maire disposant de peu de pouvoirs. La deuxième est un espace de 3,16 km², appelé « City of London Corporation » ou « Square Mile », subdivisé en 25 quartiers appelés « wards » dont seuls quatre sont réellement habités, tandis que les autres regroupent les bureaux. Dirigée par un Lord-maire, véritable ambassadeur de tous les services financiers, la City est dotée d’un gouvernement (le « Guildhall »). Outre les 9.000 résidents de la City à voter, les représentants d’entreprises (23.000 personnes) ont aussi le droit de vote. Ainsi, Goldman Sachs, la banque Narodny de Moscou ou encore la Bank of China participent à la vie « démocratique » de la City. Ajoutons que des citoyens d’honneur anglais et étrangers appartiennent à ce corps électoral très particulier. Nous pouvons relever les noms de George Bush, Jr. et de Vladimir Poutine. La famille mondialiste est très variée.

La City est un véritable État dans l’État disposant d’un pouvoir total sans avoir de compte à rendre au Parlement de Westminster. Cette politique est rendue possible entre autres grâce au rôle du remembrancer (« remémoreur »), véritable lobbyiste et non-élu, qui est un relais entre la City de Londres et le Parlement anglais. Il est chargé de vérifier que les représentants du gouvernement ainsi que les différents ministères n’élaborent pas de mesures pouvant contrer la toute-puissance et l’indépendance de la City. Il est vrai que celle-ci concentre des intérêts jalousement gardés. Sur ce petit territoire, on trouve près de 550 banques, la moitié des assureurs de la planète — plus que ceux de New York, Paris et Francfort réunis — un volume d’affaires journalier cinq fois supérieur au PNB anglais, la moitié des entrées en bourse dans le monde et près de 80 % des hedge funds (fonds spéculatifs) européens. Comme l’a résumé joliment le député anglais Tony Benn, la City « est une île offshore amarrée sur la Tamise ».

Sachant que la quasi-totalité des investissements internationaux se fait via les centres offshore, en profitant au passage d’avantages fiscaux et de contraintes juridiques bien allégées, les multinationales s’en donnent à cœur joie. Pareille à une araignée au milieu de sa toile, la City de Londres régente tous ces flux financiers. La dérégulation des marchés qui s’est accélérée à partir des années 1980 a conduit à des volumes financiers colossaux transitant dans les paradis fiscaux. Selon l’économiste John Christensen, ils sont évalués à plus de 20.000 milliards de dollars (3). Une telle situation montre clairement que les politiques n’ont plus le pouvoir et que la finance a en main des atouts majeurs pour imposer un monde se rapprochant de l’idéal orwellien.

Vidéo en français sur la city de Londres:
http://www.youtube.com/watch?v=QNf78pfAYsg