Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est nucléaire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nucléaire. Afficher tous les articles

lundi 25 avril 2016

Tchernobyl : trente ans plus tard, un passé toujours plus d'actualité

Le 26 avril 1986, un concours de circonstances où les erreurs humaines ont largement contribué à transformer en grande catastrophe ce qui aurait pu n'être qu'un incident, a fait sauter le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Située tout au nord de l'Ukraine, presque à la frontière avec la Biélorussie,  cette centrale au graphite (et non à l'eau pressurisée comme en France) a couvert l'Europe entière d'un nuage de particules hautement radioactives.

L'Europe s'est mobilisée de façon terriblement dispersée. Autant certains pays ont alerté (la Norvège la première), réagi en aidant à circonscrire la diffusion de produits contaminés (légumes, lait, champignons, plantes aromatiques), autant d'autres se sont défendus de toute mesure pour des raisons idéologiques. La France en premier, où "les élites" sont les grands-prêtres de la religion du Nucléaire, a refusé toute mesure, parce que.... eh bien parce que pour elle il ne s'est rien passé et Superdupont a repoussé le nuage juste au-delà de la frontière. La lavande de Provence et les fromages corses en savent quelque chose.

Peut-on faire un bilan ? Il n'est pas aisé, car certaines statistiques n'ont jamais été publiées, certaines analyses non plus. Lobby du nucléaire oblige. Malgré tout on peut considérer que trois cent mille personnes au minimum sont décédées assez rapidement de contaminations externes  (pour avoir touché des zones contaminées), comme internes (par inhalation de poussière ou ingestion de fruits, légumes ou produits laitiers). Parmi ces personnes, et en première ligne, les "liquidateurs" (ils étaient un million, par roulements) furent aux premières loges pour manipuler souvent sans protection les substances dangereuses. S'y ajoutent tous les cas moins facilement associés à ce risque, et qui peuvent être très nombreux. Il faut penser aussi aux enfants qui sont nés avec des anomalies, ou aussi aux nombreuses fausses couches en raison de fœtus non viables.

Cela n'empêche pas " les Autorités ", encore aujourd'hui, de déclarer que tout va très bien, Madame la marquise. L'École Polytechnique (dont on peut admirer l'humour à considérer le nucléaire comme une énergie durable, alors que ce sont les EFFETS qui sont durables) s'y entend, pour couvrir les traces, par la rétention d'information, par les menaces, par la révocation de trublions "indiscrets". Les différents organismes ad hoc dont les noms changent souvent - sans doute pour brouiller les pistes - ne communiquent que le moins possible de données, voire des données tronquées ou biaisées. Il est heureux que des citoyens responsables, eux, aient réussi à monter la CRIIRAD. Ce centre où les bénévoles compétents sont très motivés nous en a appris beaucoup. Précisément parce que le monde politique a tout nié en bloc, c'est sa détermination qui en a rendu la présence si utile. Sa compétence a d'ailleurs été précieuse à Fukushima : là encore les autorités nippones, très frileuses en ce qui concerne le nucléaire, en ont dit le moins possible, et se sont ingéniées à apporter des informations erronées, tronquées, manipulées.

Pour qui veut plus de précisions, nous ne saurions passer sous silence une remarquable étude, sous forme de bande dessinée, que l'Association Française des Malades de la Thyroïde vient de publier. Elle s'appelle Tchernobyl, le nuage sans fin.

Tchernobyl, Fukushima, et le reste. A chaque fois, le puissant lobby international du nucléaire barre le chemin au besoin de comprendre. Qui dit nucléaire, dit militaire, toujours. Toujours. Doit-on rappeler  que l'Organisation Mondiale de la Santé, à Genève, est même officiellement sous la coupe de l'Agence Internationale de l'Énergie Nucléaire, de Vienne ? (et non l'inverse) Cela en dit long. En été 2011, à la suite du désastre de jour en jour plus grave de Fukushima, le Premier Ministre Naoto Kan a limogé son très pro-nucléaire ministre de l'énergie. Presque aussitôt une motion de censure l'a renversé, et aujourd'hui c'est le très pro-nucléaire  et très autoritaire Abe qui le remplace.

Et demain ? Désormais notre Terre tout entière est sous le risque à la fois des conséquences de ces deux catastrophes, l'une il y a trente ans aujourd'hui, l'autre cinq ans depuis le 11 mars. On n'ose même pas évoquer les autres catastrophes moins graves sans doute, mais dont insidieusement les effets s'ajoutent. Je pense en particulier "à l'incident" de Maïak de 1957, tout de même à l'échelon 6... mais dont on n'a su la nouvelle que très longtemps après. Maïak est un peu au nord de Tcheliabinsk, soit pas très loin du Kazakhstan.  Il ne reste plus qu'à espérer que cette accumulation de radiations ne compromette pas trop l'avenir de l'humanité.

vendredi 11 mars 2016

Fukushima : le début de la fin du monde a cinq ans

Cela se passe le vendredi 11 mars 2011 à h 46 min 23 s UTC, soit 14 h 46 min 23 s heure locale ou 6 h 46 min 23 s heure officielle française d'hiver. Un tremblement de terre de force 9,0 le plus violent enregistré au Japon, où pourtant il s'en produit des dizaines chaque jour, se déclenche à 130 Km à l'est de Sendai, ville sur la côte est du Japon, à 303 Km au nord de Tokyo. Déjà cette secousse rare provoque de nombreux dégâts, dont le violent incendie dans la raffinerie d'Ichihara, un peu au nord de Tokyo. Ce jour-là on ne parle guère aux infos que de cet accident-là.

Le séisme provoque un gros tsunami, une vague gigantesque de 14,5 mètres de hauteur, qui va balayer toute la côte du Tohoku, donc la région nord-est de l'île de Honshù.  Des navires se retrouveront à vingt kilomètres à l'intérieur des terres. Tout sera détruit. Même aujourd'hui cette région redémarre à grand-peine.

C'est au sud de cette côte que se déclenchera la catastrophe la plus pérenne. Le séisme a déjà endommagé des liaisons électriques, malmené des pompes à la centrale électrique Fukushima Daiichi. Quand l'immense vague arrive, en noyant tout elle parachève le travail. Les réacteurs 1, 2 et 3 ne peuvent plus être refroidis par l'apport continuel d'eau de refroidissement. Vers 17 heures, heure locale, la tragédie est déjà en place, et le directeur (décédé quelques mois plus tard d'un cancer) en est conscient même si à Tokyo on n'a pas encore pris la mesure des évènements.  D'ailleurs les infos n'en parlent pas du tout.

A partir de là, les explosions vont se succéder dans les journées suivantes, le plus souvent en raison de l'hydrogène de l'eau décomposée par la chaleur, qui la recompose à la moindre étincelle. Mais aussi le 15, sur le réacteur 3 une montée violente de gaz en feu, de débris et autres indique un accident de criticité assez caractéristique (le réacteur est chargé au MOX) : un peu comme une bombe nucléaire larvée.

On voit là les réacteurs 1, 2 et 3 après nettoyage

Les hommes tentent ce qu'ils peuvent, avec des camions de pompiers, avec de l'eau de mer qu'ils pompent directement. La radioactivité très importante empêche d'approcher, ce qui oblige à inventer chaque jour de nouveau gadgets (on peut vraiment le dire ainsi) pour tenter quelque chose. On peut dire que cinq ans plus tard, on en est pratiquement à ce stade-là.

Actuellement, chaque jour l'eau des nappes phréatiques pénètre un peu dans la centrale, et s'y souille. Chaque jour les 3000 employés pompent des eaux de refroidissement, qui seront contaminées, un peu décontaminées, stockées. Un mur de glace édifié à grand-peine tente de détourner les eaux de source pour qu'elles ne touchent pas les matières irradiées. Chaque jour malgré tout, 300 tonnes d'eau dangereuse s'écoulent à la mer sans qu'on n'y puisse rien. Chaque jour des vapeur pour le moins suspectes s'échappent des cauchemars que sont devenus les 3 réacteurs éventrés. Quant au combustible qu'ils contenaient, nul ne sait désormais où est passé le corium (cœur en fusion) en quoi il s'est transformé. Il a percé les enceintes de béton durci, et erre quelque part dessous, rencontrant de l'eau qui le refroidit et le régénère en même temps.

Il est maintenant admis que le tiers des océans est désormais pollué plus ou moins gravement par cet évènement. Loin de se résorber, cette pollution va s'étendre. Sa source est toujours là, qui l'alimente jour après jour.   Malgré les précautions, un accident de ce type peut advenir à n'importe quel moment dans une centrale. Le Japon n'a plus que deux réacteurs en fonctionnement, la France en a 54. Sur le lieu statistiquement probable d'une autre tragédie, nul besoin de faire un dessin.

jeudi 6 août 2015

6 août 1945, le Phare du monde autoproclamé (les USA, quoi) assassine 300 000 personnes

9 août 1945, le même phare récidive. Le cauchemar porté par le projet Manhattan devient deux fois coup sur coup réalité. 

Ce projet, qui eut un coût pharamineux pour l'époque (près de 2 milliards de dollars américains de 1945, soit environ 26 milliards de dollars de 2013), mit au point plusieurs filières pour la fabrication d'armes de destruction massive, filières qui toutes fonctionnèrent. D'ailleurs les deux bombes qui furent lancées "pour de vrai" provenaient de deux moyens différents pour le même résultat. Little Boy sur Hiroshima était à l'uranium enrichi, Fat Man sur Nagasaki utilisa le plutonium.




Ces deux lancers n'avaient pour but que de stopper l'avance russe en extrême orient, en obligeant le Japon à signer la fin de la guerre immédiatement, sans réfléchir. Cette signature ne fut donc qu'avancée de quelques jours, puisque les Japonais étaient déjà à genoux. Mais l'arrogance de Washington n'admet pas de délais, tant elle aime s'étendre comme un organisme maléfique partout.

Cela vaut bien 5 ou 600 000 cadavres, n'est-ce pas ? Oh, ils ne moururent pas tous en même temps, certains malgré les séquelles sont encore survivants aujourd'hui. Mais qu'importe, les Dieux qui possèdent la Réserve Fédérale, donc la planche à dollars, sont contents.

Le cartel qui fait la pluie et le beau temps à Washington jouit donc de l'honneur d'avoir accompli le plus grand crime simultané de l'histoire des hommes. Cela valait bien la peine, pour quelques dollars, et pour la satisfaction de voir un rival russe stoppé dans une prétendue hégémonie (vue par l'optique déformante de la diplomatie (oh, le gros mot) du Secrétariat d'État, puisque c'est ainsi que s'appelle le Quai d'Orsay version Potomac).

On retrouve là " l'esprit du Far West " tel que se sont appliqués à le présenter les propagandistes de Hollywood. Tu tires d'abord, tu négocies ensuite. Soixante-dix ans après ce carnage voulu et ordonné, rien n'a changé dans la vision du monde des ignares du Midwest. Ceux qui placent Paris dans la botte italienne. Il est vrai qu'ils ont fait des émules dans notre pays, où un département de la République Une et Indivisible est soudain transporté par un des plus grands édiles des Mascareignes en Polynésie. Joli saut.

Qu'on ne s'étonne pas si l'industrie nucléaire, dénoncée en son temps par Albert Einstein, est toujours aussi florissante aujourd'hui. Et dans le monde entier. L'organisme de coordination de Vienne n'est là que pour la galerie, puisque le désert du Néguev en attend toujours la première visite. Cela implique que, un jour ou l'autre, les atrocités peuvent reprendre sur un coup de tête d'un exalté comme il y en a tant.

Pendant ce temps-là, merci le nucléaire ! Merci l'absence - apparente - de pollution qu'il véhicule, tout en accomplissant en silence son œuvre de mort. Cela ne date pas d'hier, la liste est longue. Cela commence dès 1957 au centre civil-militaire Maïak, en pleine Sibérie, puis plus tard celui de Three Miles Island (Pennsylvanie) fait très peur au moment où par hasard sort un film qui retrace des circonstances assez ressemblantes.

Cela continue en crescendo (hormis Maïak, qui bien que peu connu fut un accident particulièrement majeur) avec Tchernobyl en 1986, toujours assez mal maîtrisé encore aujourd'hui, et Fukushima en 2011, où la catastrophe est encore en devenir face à des humains impuissants à la maîtriser. Pour rappel, un scénario "à la Fukushima" fut évité vraiment de justesse en France à la centrale du Blayais, le 28 décembre 1999. Cela n'empêche pas en 2015 (eh oui) qu'en toute opacité un avion saoudien lance une bombe à neutrons sur les résistants yéménites.

Le nucléaire nous envahit de toutes parts. C'est pourquoi, insidieusement, se développent des maladies autrefois inconnues, ou fort rares. Pas forcément des cancers. Le bombardement des cellules peut occasionner tant de dérèglements, que tenir des statistiques des causes est fort difficile. Le seul résultat est là : si des bactéries autrefois redoutables sont aujourd'hui contenues - et malgré leur apprentissage à la résistance aux antibiotiques - ce sont de nouveaux maux qui prennent la relève, plus insidieux parce que très aléatoires. Oui, vraiment, merci au nucléaire, et à ceux qui en font la promotion comme si c'était la panacée. L'École Polytechnique est une pépinière de ces dangereux propagandistes. Qu'elle aussi en soit remerciée à sa juste valeur.


jeudi 23 avril 2015

POUR UNE INSURRECTION ARTISTIQUE, INTELLECTUELLE, SCIENTIFIQUE ET POPULAIRE CONTRE LA POURSUITE DE LA CONTAMINATION RADIOACTIVE DE LA PLANÈTE

Note de Bab : je répercute cet appel, parce que je considère que c'est mon devoir de contribuer à ce que chacun soit conscient de notre avenir..

(vu sur :  http://blogs.mediapart.fr/edition/revoltes/article/220415/insurrection-artistique-intellectuelle-scientifique-et-populaire-contre-la-poursuite-de-la

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-


Billom, le 22 avril 2015
 Bonjour,
 Vous allez lire ci-après l’appel:
POUR UNE INSURRECTION ARTISTIQUE, INTELLECTUELLE, SCIENTIFIQUE ET POPULAIRE CONTRE LA POURSUITE DE LA CONTAMINATION RADIOACTIVE DE LA PLANÈTE.
Comme nos aînés depuis 70 ans, Frédéric Joliot-Curie, Günther Anders, Bertrand Russel, Alice Stewart, Rosalie Bertell, Solange Fernex, Bella et Roger Belbéoch… nous considérons que la contamination radioactive est ce qui arrive de pire pour les générations actuelles et surtout futures.
Nous ne sommes pas dans une période historique durant laquelle de « grandes voix » s’élèvent contre la folie des hommes.
Aujourd’hui la circulation des « alertes », des idées, des prises de position, des rassemblements et autres occupations de sites se fait au niveau des réseaux sociaux sans véritable leadership.
C’est dans cet esprit que nous (compagnie théâtrale engagée depuis plus de 15 ans dans la prise de conscience que l’« hiver nucléaire » est en marche) lançons cet appel.

À vous de vous en saisir, d’y répondre si vous vous sentez concerné et de le diffuser le plus largement possible.

Comme la plupart des lanceurs d’alerte, nous n’avons aucun moyen financier pour faire connaitre cet appel.
Nous comptons sur vous, sur les réseaux sociaux, les médias, et les associations d’éducation populaire (parmi lesquelles syndicats et partis politiques) pour élargir son audience.
Nous proposons de coordonner et de tenir informé chaque personne qui nous donne son adresse mail à partir du bulletin de liaison de notre compagnie: QU’EST CE QU’ON FAIT MAINTENANT?
Avec ses 58 réacteurs et 1100 sites renfermant des déchets nucléaires, la France détient le record du pays le plus nucléarisé au monde par rapport au nombre d’habitants.
À ce titre, nous avons une responsabilité particulière et historique.
Nous nous donnons une année pour inverser irrémédiablement le cours des choses.
Bien à vous.
Pour Brut de béton production, Bruno BOUSSAGOL, metteur en scène.



texte de l'appel :
Pour une insurrection artistique, intellectuelle, scientifique et populaire contre la poursuite de la contamination radioactive de la planète. 

" Ce qu'il y a encore d'infernal dans ce temps, c'est de s'attarder artistiquement sur des formes au lieu d'être comme des suppliciés que l'on brûle et qui font des signes sur leur bûcher" Antonin Artaud

Préambule 
L’avenir contaminé de la planète par la radioactivité n’est pas une possibilité mais une réalité dont nous pouvons seulement décider d’en interrompre le cours. L’alternative étant de poursuivre sur cette voie et de nous préparer à de nouveaux accidents statistiquement annoncés.
Deux catastrophes nucléaires ont traumatisé les populations puis ont été intégrées au cours des choses: depuis le 26 avril 1986 celle de Tchernobyl et depuis le 11 mars 2011 celle de Fukushima.
Ces catastrophes comme celles qui menacent ont la particularité de commencer le jour de l’accident pour ne s’arrêter qu’après des dizaines d’années voire des millénaires suivant la durée de vie (on dit demi-vie ) des radionucléides « libérés »  dans l’atmosphère, la mer et les sols.

aynx_18433231_1.jpg
Sacs de déchets radioactif entreposés à proximité de Fukushima (photo d’archive)

Nous n’allons pas faire le récit de ces catastrophes qui sont largement exposées sur le net.
Nous voulons juste rappeler que les industries nucléaires civiles et militaires ont causé des millions de cancers et de morts depuis 70 ans.
Il y aura effectivement 70 ans le 6 août prochain explosait Little boy (la première bonne atomique) sur Hiroshima puis le 9 août Fat man sur Nagasaki. Dés lors 2077 bombes (élégamment nommés « essais nucléaires ») exploseront dont 520 dans l’atmosphère dispersant des particules radioactives notamment à « vie longue » qui se sont disséminées depuis au gré des vents dans toute l’atmosphère terrestre. 80% sont toujours en suspension. Sans parler de l’utilisation des déchets nucléaires dans les bombes de dernière génération ni des accidents importants survenues depuis 58 ans (Windscale en 1957) dans plusieurs centrales nucléaires en Angleterre, Suisse, France, URSS et USA.
Quant aux mines d’uranium actuellement exploitées ou abandonnées, aux déchets des centrales enfouis ou immergés dans les mers, aux sous marins nucléaires échoués ou coulés, aux déchets industriels, militaires ou médicaux, leur ravage sur le vivant croît inexorablement.
Et que dire de la vie à l’orée des centrales.

aynx_hiroshimaaftermath_1.jpg
Hiroshima après l’explosion de la première bombe atomique (photo d’archive)
Nous partons de l’hypothèse que la plupart des habitants informés voudraient sortir de cet avenir contaminé mais qu’ils ne savent pas comment s’y prendre. On les comprend d’autant plus que nous-mêmes qui ne faisons que suivre nos ainés (Frédéric Joliot-Curie, Günther Anders, Bertrand Russel, Alice Stewart, Rosalie Bertell, Solange Fernex, Bella et Roger Belbéoch…) n’avons pas su interrompre cette course lente vers la contamination radioactive de l’ensemble de notre planète.

Une compagnie théâtrale lance cet appel : pourquoi?
La compagnie théâtrale Brut de béton production travaille le tragique depuis 35 ans. Tragique qui se décline depuis les années 50 comme théâtre de la catastrophe (une formule d’ Howard Barker).
À l’automne 1998, nous découvrions le livre de Svetlana Alexievitch:
LA SUPPLICATION. livre majeur du XXe siècle, livre bouleversant entre tous.
Depuis 16 ans, nous avons réalisé 10 mises en scène de cette Epopée dantesque, en France, en Biélorussie et en Ukraine et initié plusieurs festivals et « évènements » relatifs à l’art en prise avec la contamination radioactive, avec la collaboration d’artistes ukrainiens, biélorusses, allemands, suisses, italiens, anglais, français, arméniens.

aynx_Vannereau_5.jpg
ELENA ou la mémoire du futur d’après Svetlana Alexievitch (photo Sophie Leleu)

En 2006, pour les 20 ans du début de la catastrophe de Tchernobyl, nous avons  produit LA DIAGONALE DE TCHERNOBYL, une « caravane » rassemblant jusqu’à 50 artistes, de Tcherbourg à Tchernobyl et retour au festival d’Aurillac.
Nous sommes restés un mois sur place pour participer aux commémorations et partager la vie des habitants vivant dans ou à la lisière des zones contaminées.

En mars 2011, la catastrophe de Fukushima nous a sidéré.
Mais notre détermination à refuser la perspective probable d’autres  accidents nous a amenés à « inventer » pour les Journées d’étude pour sortir du nucléaire  de Clermont-Ferrand en octobre 2012 un accident majeur dans une centrale française (celle du Blayais en Gironde) en vue d’offrir le procès des responsables à la sagacité des citoyens. C’est depuis 2 ans la tournée sans fin de L’IMPOSSIBLE PROCES.

Du 11 au 15 mars de cette année, nous avons coordonné à la Maison de l’Arbre à Montreuil LE BOULEAU, LA VIGNE ET LE CERISIER (sous-titré Tchernobyl, Le Blayais, Fukushima).
4 spectacles, un film, un bal, plusieurs expositions et débats, relayés par une cinquantaine de structures.

aynx_VroniqueBoutrouxladiagonaledetchern
 26 avril 2006: La diagonale de Tchernobyl à Tchernobyl (photo Véronique Boutroux)

Plus le temps passe, plus l’impression que nous glissons dans « l’hiver nucléaire » est tangible.
Aucune instance démocratique ni bureaucratique, aucun tribunal, aucune université n’ont été en mesure depuis 70 ans d’arrêter la folie prométhéenne des nucléocrates. Rien ne saurait les ébranler.
Ni les accidents majeurs, ni la menace d’une guerre nucléaire, ni les pertes financières faramineuses, ni les chantiers sans fin, nil’accumulation des déchets, ni les études scientifiques contredisant leurs affirmations péremptoires.
ALORS QUE FAIRE ?
Lappel
Il est temps que les individus éclairés de notre temps, conscients de l’imminence d’une nouvelle catastrophe nucléaire civile ou/et militaire aient du courage et se lèvent.
L’année 2016 devrait être l’année d’une prise de conscience populaire.
Le 11 mars 2016 sera la journée de commémoration (5 ans après) du début de la catastrophe de Fukushima et le 26 avril (30 ans après) celle du début de la catastrophe de Tchernobyl.
Partout dans le monde ces dates seront célébrées.
Il n’est pas acceptable que le lobby nucléaire décide de ce qu’il faudra penser, diffuser, dire et écrire.
Dès aujourd’hui nous: artistes, journalistes, enseignants, photographes, musiciens, comédiens, bibliothécaires, artistes de rue, scientifiques, danseurs, chercheurs, documentaristes, circassiens, poètes, responsables de salles de spectacle et de cinéma, directeurs de festival, militants anti nucléaires, mettons nous au travail pour favoriser l’insurrection des consciences contre l’avenir contaminé, produire et accueillir des lectures, colloques, spectacles, conférences, expositions, projections…

Entre le 11 mars et le 26 avril 2016, durant sept semaines que des textes soient mis en scène , d’autres lus simultanément dans plusieurs lieux, des films projetés, des photos exposées, des débats et des colloques programmés dans les amphithéâtres des Facultés, sur les places publiques, les espaces alternatifs, dans les théâtres municipaux, MJC, les Centres dramatiques et les Scènes nationales, dans les écoles et bibliothèques, dans les mairies, dans les friches.
Quune insurrection des artistes, intellectuels et scientifiques convainque les citoyens den finir avec notre avenir contaminé par la radioactivité.
Et que mille spectacles, livres, tableaux, ballets, concerts, reportages, colloques, poèmes, expositions et recherches s’épanouissent.

PS : Cet appel est lancé dès aujourd’hui afin que chacun(e) puisse réfléchir, lire, communiquer, trouver  des appuis, des financements, des forums, des lieux de représentation et d’exposition.
Brut de Béton Production se propose de coordonner cet appel à partir de sa lettre mensuelle « QU’EST CE QU’ON FAIT MAINTENANT? » .
Vous pouvez nous joindre à brut-de-beton@orange.fr
Adresse postale: BP9 6310 BILLOM
Téléphone: 06 08 22 79 71
Le 26 avril 2016
Pour Brut de béton production
Bruno Boussagol

Je signe cet appel:  
     
 Nom…………………………………Prénom………………………………………....
Structure (s’il y a lieu)……………………………………………………………..
Mail…………………………………N° de téléphone……………………………….

Je me propose de participer avec le projet suivant: 
………………………………………………………………………………………………………………….......................

………………………………………………………………………………………………………………….......................

………………………………………………………………………………………………………….............................

.......................................................................................................................

......................................................................................................................

.....................................................................................................................



Brut de béton production, metteur en scène Bruno Boussagol
Téléphone: 06 08 46 69 44 / brut-de-beton@orange.fr / www.brut-de-beton.net
Adresse courrier Brut de béton production, BP9, 63160 Billom
Siège social 25 rue Montlosier, 63000 Clermont-Ferrand Licence n° 2-107808 Code APE 9001Z
Brut de béton production bénéficie  du soutien financier du Conseil régional d'Auvergne dans le cadre du programme "Education artistique" et du Ministère de la Culture et de la Communication -  DRAC Auvergne pour l'animation des ateliers d'écriture et de lecture à voix haute du collectif "Parce qu'on est là".
Conformément à la loi Informatique et Liberté n°78-17 du 06 janvier 1978, modifiée, vous disposez à tout moment d'un droit d'accès, de modification, de rectification, d'actualisation et de suppression des données personnelles vous concernant.

mercredi 6 août 2014

Hiroshima, il y a 69 ans, LA BOMBE

Des centaines de milliers de morts plus tard, des fous vont-ils recommencer ?

A entendre de nombreux vautours de Washington ce jours-ci, il faut s'y attendre. Ils savent pourtant que Moscou n'attaquera pas, mais sera ferme sur la réponse. On sait fort bien ce que cela signifie, et l'Europe pourrait bien en faire les frais.

L'explosion de Hiroshima, le 6 août 1945 à 8h 16 mn


Les centrales nucléaires française les plus récentes sont toutes chargées au MOX, on me l'a confirmé récemment.  Cela signifie que le mélange de carburants contenu dans les barres d'uranium comporte 6 ou 7% du métal le plus diabolique qui existe : le plutonium.  Si un projectile frappe une de ces centrales (la France à elle seule possède la moitié des réacteurs nucléaires chargés au MOX dans le monde),  la puissance létale de ce projectile hors l'explosion initiale sera multipliée par cent. Répandu dans l'atmosphère, le plutonium ira partout. Si ses poussières sont inhalées, 10 mg tuent un homme en un mois. Des quantités beaucoup plus faibles continueront à tuer, en plus de temps.

Sans doute est-ce que veulent les successeurs de Truman et son entourage.  Assassiner les habitants de la Terre, humains, animaux, végétaux aussi..... pour la plus grande gloire de leur Puissance.

Dénonçons ces évidentes prétentions à nettoyer notre planète de tout ce qui n'est pas UNE NOUVELLE RACE (on finit par se demander si ce n'est pas cela)  complètement insensible (une race de bipèdes fous)...... et qui finira par y passer à son tour, ah ! ah ! ah !

mardi 11 mars 2014

Fukushima Daiichi : le décompte de la fin de l'Humanité a commencé

Il est 5 heures 46 minutes 23 secondes, le 11 mars 2011, temps universel (heure de Greenwich), soit 14 h 46 min 23 s au Japon, ou 6h 46 min 26 s en France. Une date dont il faudra se souvenir.

Sur un front de 400 kilomètres, au large de la côte pacifique du Japon, une faille se décale de 10 mètres en quelques secondes.  Elle occasionne à la fois un tremblement de terre de magnitude 9, d'une violence rare, sur la côte du Tohoku ; et un raz de marée d'une hauteur exceptionnelle. 

La centrale Fukushima Daiichi, plus au nord que sa compagne Fukushima Daini, reçoit de plein fouet le choc du séisme, qui bouscule les installations, coupe des câbles, plonge en état de choc les employés. Déjà l'installation est pratiquement ingouvernable. Un peu plus tard, la monstrueuse masse d'eau (14 mètres de haut, alors que les protections ne dépassent pas 4 mètres) vient noyer les moteurs déjà endommagés, créer des courts-circuits....

Les réacteurs 1 à 4 sont de loin les plus touchés. Le numéro 4 est en maintenance, donc un arrêt de refroidissement du confinement n'a pas de conséquences dramatiques. En revanche le combustible est alors dans la piscine de service, à 30 mètres de haut. Une fissuration de celle-ci serait catastrophique. Les choses sont encore en l'état aujourd'hui, même si des barres neuves ont commencé à être évacuées. C'est un processus très long.

Pour les réacteurs 1 à 3, en revanche, c'est la débâcle. Plus de refroidissement du cœur, donc celui-ci s'échauffe. L'eau de refroidissement est décomposée, de l'hydrogène s'accumule. Le 11, le 12, le 15, d'énormes détonations confirment que le gaz a explosé. Pire, le 15 c'est la machine numéro trois qui saute à son tour. Elle est chargée au MOX, ce mélange d'uranium ordinaire, et de plutonium à 7%. Instable et terriblement délétère, ce métal diabolique entre en masse critique et provoque une explosion nucléaire spontanée. La vidéo montre très nettement, juste après un éclair, la montée très haut d'un mélange de gaz et de matériaux pulvérisés.  Les plus lourds retombent sur le site. Pour les autres, on a appris tout récemment que les masses de poussières noires retrouvées assez loin du site, proviennent de cette explosion. Empoisonnement garanti, pour tout organisme ayant été en contact avec les résidus.

Pendant ce temps-là, les cœurs de plus en plus chauds s'enfoncent dans le sol, fondant les matériaux et le sol rencontrés, risquant à tout moment de déclencher de nouvelles explosions par contact avec les nappes phréatiques. Trois ans plus tard, personne ne sait exactement où sont ces cœurs, ni s'ils ne vont pas avoir un retour de criticité occasionnant de nouvelles explosions plus profondes.

Les hommes de la centrales ne peuvent qu'arroser comme ils peuvent, avec de l'eau douce, mais très vite de l'eau de mer aussi, pour parer au plus pressé et refroidir comme ils le peuvent le désastre. Le mélange de ces eaux de refroidissement, des eaux de pluie qui tombent sur les réacteurs torturés, de la nappe phréatique partout présente, est stocké en masse sur le site. Les réservoirs, les canalisations, les réacteurs fuient : une proportion importante de cette eau, malgré tous les efforts, s'en va jusqu'à la mer. Les poissons en sont très affectés, de plus en plus loin de la centrale.

Les courants, en trois ans, ont déjà réussi à transporter une partie de cette eau jusque sur les côtes pacifiques du continent américain. Déjà les saumons pêchés sur la Côte Ouest présentent un taux de radioactivité suspect. Cela s'ajoute encore aux effluents provenant des installations nucléaires US de l'Arizona ou de l'Utah. Il ne faut pas oublier, bien entendu, les poussières soulevées par les explosions, qui si elles sont assez légères ne se gênent pas pour faire en altitude le tour de la Terre.

Trois ans plus tard, quel est le bilan ? Déjà, malgré le manifeste blocage d'information par les autorités japonaises, il est évident que " l'addition " est lourde. Fukushima a déjà expédié trois fois plus de débris dangereux que Tchernobyl, et cela continue, jour après jour. En quelles quantités ? Les chiffres sont incertains, mais très élevés. Les enfants de la région commencent à présenter des cancers, déjà. Dans cinq ans, ce sera bien entendu beaucoup plus lourd. La pollution, loin d'être stoppée, se sera étendue en quantité et en superficie. Rien ni personne ne peut la stopper désormais.

Naoto Matsumura
Le Japon possède 54 réacteurs. Ils sont à l'arrêt, mais certains supplémentaires sont en construction, comme à Oma tout au nord de l'île principale de Honshü, à 25 kilomètres de la ville de Hakodate, principal port de l'île de Hokkaido. Pire, il est prévu de charger le réacteur.... au MOX ! Le maire de la ville de Hakodate, soutenu par ceux des cités environnantes, bataille pour faire interdire une pareille menace si près de sa ville de 300 000 habitants. Les profiteurs n'ont-ils toujours pas compris ?

Ce 11 mars 2014, pour le troisième anniversaire du début de la catastrophe, le dernier homme ayant refusé de quitter la zone dangereuse de Fukushima (il continue à y soigner les animaux qui restent dans le région) va être accueilli au Parlement de Strasbourg, afin de témoigner. Naoto Matsumura a bénéficié d'une solidarité internationale pour venir ainsi expliquer les dangers immenses du nucléaire. Souhaitons-lui d'être entendu ! Lui, sait qu'à moyen terme il est condamné. Mais à 54 ans il sait avoir l'essentiel de sa vie derrière lui. Au contraire, ce sont les plus jeunes, qui risquent de payer le prix fort les premiers.


-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

Précisions : sur la carte, la centrale est située sur les communes d'Okuma et Fubata.  Naoto Matsumura est originaire de Tomioka, juste au sud de ces villages.





Explosion du réacteur N°3


samedi 1 mars 2014

La City est en guerre

Le journal des Banksters de la City de Londres a encore frappé ! Je vous conseille d'aller voir ce qu'il annonce chez les Moutons Enragés.

Un extrait remarque :

The Economist de Londres, l’hebdomadaire réputé exprimer sans complexe le point de vue des banquiers de la City, exhibe une fois de plus son agenda impérial. Alors qu’en Europe plusieurs voix tentent d’éteindre le feu de la crise ukrainienne, le magazine britannique insiste que, « bien que ce soit difficile », un affrontement nucléaire avec la Russie est plus que jamais nécessaire.



C'est clair, depuis très longtemps notre grand ennemi est là. Il a des tentacules partout, dont l'un particulièrement virulent à New York, dans DownTown Manhattan. Les banques y sont un peu moins voisines que dans la City originale, 2,9 Km², la taille de l'île de Bréhat, mais 350 banques, presque autant que d'habitants sur l'île. 

Ne nous leurrons pas, s'il fallait utiliser le nucléaire pour sauver notre planète, c'est bien ce petit rectangle qu'il serait nécessaire de cautériser. C'est là qu'aboutissent toutes les  filières de l'argent sale, des paradis fiscaux. C'est là que "blanchit" complètement cette finance (ou du moins c'est ce que se figurent ceux qui en ont l'usage, alors que c'est au contraire le fruit du vrai labeur des humains qui est ainsi sali à jamais). Ce petit État dans l'État qui bien entendu, nous sommes en Angleterre, n'est pas officiellement considéré comme vraiment tel, a plus de puissance que l'Empire Britannique, précisément sans doute parce qu'officiellement, il n'existe pas vraiment.

Il est dommage de penser que les autres quartiers placés autour de celui-là, généralement bien plus populaires, souffriraient beaucoup d'une telle opération d'éradication. Un jour ou l'autre, avec d'autres moyens donc, il faudra bien que ce chancre purulent disparaisse. Et qu'avec lui sans doute, disparaissent ces informelles assemblées périodiques de "grands de ce monde" que sont le club Bilderberg, la commission Trilatérale ou plus prosaïquement "le dîner du Siècle" où se discutent entre la poire et le fromage des destinées d'États et de dirigeants démocratiquement élus : la plaie pour des Maîtres du Monde particulièrement dirigistes.

Œuvrons tous pour qu'enfin arrive cette époque bénie, où ce ne seront plus des souverains pleins de morgue, des administrateurs de sociétés géantes, des "communicateurs" rodés aux méthodes de Bernays, qui décideront de l'avenir de chacun sur cette Terre.  Qu'on ne s'y trompe pas : si nous, simples "citoyens" réduits pratiquement au rôle d'esclaves, ne bougeons pas, ce sera toujours pire jusqu'à l'extinction de la race humaine.



R É A G I S S O N S



vendredi 10 janvier 2014

Le monde contaminé ? Merci Fukushima

Rappelons les faits. Le 11 mars 2011 un séisme de très forte magnitude : 9,0, ce qui est parmi les plus forts connus, a largement secoué la côte du Tohoku,  région nord-est de Honshü (île principale du Japon) . Ce séisme sous-marin, en déplaçant brutalement la lèvre d'une longue faille de 4 ou 500 kilomètres de long sur une distance de 10 mètres, a déclenché un énorme tsunami, avec des vagues atteignant 30 mètres. Le résultat en a été catastrophique pour toute la région de Sendai. Sur le moment, les informations faisaient surtout état de l'incendie monstrueux d'une raffinerie, qui fut très difficile à éteindre.

En fait, le plus grave s'est passé au niveau des centrales nucléaires. La plus touchée fut celle de Fukushima Dai Ichi, au sud de Sendai. Une autre, Fukushima Dai Ni, n'eut que des dégâts mineurs parce que plus loin encore vers le sud. A Fukushima Dai Ichi, les installations déjà très malmenées par le séisme ont reçu le coup de grâce avec la vague de 14 mètres qui les ont submergées. Totalement hors contrôle, plus du tout refroidis, les réacteurs N°1 à 3 ont subi pleinement l'échauffement de leur cœur, qui a fondu (formation d'un corium) et a percé l'enveloppe de confinement. Cela explique des explosions, dues au gaz, l'hydrogène libéré par l'eau résiduelle de refroidissement, sur les réacteurs 1 et 2. Cela explique que le réacteur 3, chargé au MOX (mélange de plutonium et d'uranium appauvri), a pour sa part complètement divergé, comme on dit, et s'y est produite une explosion spontanée de type nucléaire. Le réacteur 4 étant déchargé, n'a pas explosé, mais sa piscine de travail contient toujours les barres de chargement qui ne doivent surtout pas manquer d'eau. Les réacteurs 5 et 6, plus au nord, ont en revanche peu souffert.

En raison des vents et des pluies, une grande partie de l'île de Honshü a été arrosée par les émanations de la centrale, jusqu'à Tôkyô et au-delà. Voilà le danger. Le second danger provient de l'eau des nappes phréatiques, et de celle qui a servi à arroser  les installations pour éviter le pire. Toute cette eau, bien que stockée en partie, a souvent du fait de fuites inévitables dans les canalisations provisoires, réussi à joindre la mer, et elle continue à le faire à raison de 400 litres par jour. Il s'agit d'eau largement contaminée. Déjà son action se fait sentir sur des saumons pêchés au nord-ouest des États-Unis.

Une autre partie des poussières et gaz s'échappant des réacteurs endommagés a pris la route aérienne au-dessus du Pacifique. Certes, avec la distance cette partie s'est diluée, mais une dizaine de jours après le début du sinistre toute la côte ouest de l'Amérique du Nord a été touchée. Cela explique que même en Californie, des nourrissons en quantité anormale présentent des anomalies thyroïdiennes graves. Ce sont ceux qui ont subi des atteintes faibles. Pour les atteintes fortes, le diagnostic a été plus terrible : ces enfants ont subi un décès prénatal. Le diagnostic a été plus long à établir, mais il a pu être confirmé. Ce genre de constat a été fait jusqu'au Québec, en raison surtout des neiges qui pouvaient emporter des particules plus importantes.

Ce processus n'est pas terminé. Des gaz continuent toujours à s'échapper des réacteurs condamnés, en particulier du N°3 : la radioactivité intense qui l'entoure interdit toute approche, même avec des engins automatiques ou télécommandés. Le bombardement intense des particules détruit les circuits électroniques.  Comme on ne sait pas où sont réellement les coriums, une reprise de criticité est encore possible, en particulier au N°3. Donc une autre explosion est envisageable. Ajoutons que la piscine du N°4, pleine de barres, est perchée pour des raisons techniques à 30 mètres de hauteur. Un autre fort séisme, une autre explosion du N°3 pourraient disjoindre la structure avant qu'elle ne soit vidée - il faudra au moins un an - et les barres surtout usagées, non refroidies, pourraient devenir un terrible danger de contamination planétaire.

Il ne s'agit pas de paniquer, mais de rappeler les faits. La routine fait qu'on finit par oublier ces dangers. Dès à présent il faut en tenir compte, tenter de prévenir les risques, de les anticiper avec méthode. Bien entendu, le danger nucléaire est maintenant démontré amplement. Cela n'empêche pas les "fondus" du nucléaire de continuer à préconiser ce mode de production d'énergie, sans tenir compte du coût très important de celui-ci quand il faut démonter une centrale en fin de vie. En fait, c'est tout simple : ces beaux Messieurs sortis d'écoles dites prestigieuses ne savent pas le faire.

centrale de Fessenheim
En revanche, de juteux contrats pour la construction de nouvelles unités se signent encore fréquemment, comme en Arabie Saoudite récemment. Pour les centrales en service, on se contente artificiellement d'augmenter leur durée "administrative" de vie. Un peu plus de profit sur des mécaniques "rentabilisées", mais affaiblies par le bombardement incessant des particules ; et puis, cerise sur le gâteau, pendant ce temps-là la question du démantèlement est suspendue. Excepté que, si une catastrophe intervient, l'addition sera colossale, voire impossible à régler. C'est pourtant ce qui a failli arriver le 27 décembre 1999 à la centrale du Blayais, de fort peu, quand les bâtiments ont été envahis par l'eau et que par hasard deux pompes sur une dizaine ont tenu le coup. C'est ce qui pourrait arriver, en pire, si une crue de l'Ill venait à causer l'inondation de l'installation de Fessenheim, la plus vétuste, et que le Rhin soit contaminé jusqu'à son embouchure (quatre pays concernés).

Alors, Messieurs les nucléaristes, toujours flamboyants ? Toujours prêts à en remettre une couche, quand la situation actuelle est déjà plus que dramatique ? Il est grave que les politiciens, ceux qui décident,  soient de connivence au niveau international.  L'AIEA n'est qu'un lobby de plus, au lieu de jouer son rôle de policier du nucléaire hors de toute considération financière ou idéologique. Le Japon, le vrai, l'authentique, est en train tout simplement de s'effacer de la carte, mais rien n'y fait.  Faudra-t-il instituer (mais qui oserait le faire ?) un tribunal international pour juger tous ces malfaiteurs AVANT qu'il ne soit tout-à-fait trop tard ?

mercredi 8 janvier 2014

Je l'appelle Quenelle, parce qu'elle me fait de l'effet

Est-ce aussi de l’humour ? Selon le Gorafi (déjà un doute entre, s’installe, commande un panaché sans alcool, renverse son verre...) le nommé M’Bala M’Bala serait selon ses dires un provocateur du Mossad depuis 2003. Paraît-il pour agglutiner des "antisémites" incités à donner, en même temps que de l’argent, leurs coordonnées. Amusante, l’opération. D’autant plus que, effectivement, dans ce cas de figure c’est exactement ce qu’il aurait fait, avec le succès que l’on sait.

Pendant ce temps-là, l’Élysée roule les mécaniques du côté de Bamako, avec l’argent qui aurait pu contribuer à diminuer le chômage (des mercenaires français ?). Tout le monde trouve cela trrèèèès bien, et retourne se taper une quenelle aux champignons garantis Mururoa.



.

dimanche 10 novembre 2013

"le dernier homme de Fukushima", Naoto Matsumura viendra en France en 2014 (Pierre Fetet)

Dans les environs de Fukushima, un homme est resté. C'est grâce à lui que des animaux, sur place, auront une fin de vie décente. Il va venir en France, j'en avais déjà entendu parler il y a deux mois. Voici, grâce à Pierre Fetet bien entendu, des détails sur cette mémorable visite.


-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

9 novembre 2013
« Le dernier homme de Fukushima », comme l’a dénommé Antonio Pagnotta, viendra en France en mars 2014, et plus particulièrement à Fessenheim lors des manifestations qui se tiendront sur le Rhin pour le troisième anniversaire du début de la catastrophe de Fukushima.

Ardent défenseur de la vie, Naoto Matsumura a choisi de rester en territoire contaminé pour ne pas abandonner les animaux laissés à eux-mêmes après l’évacuation de leurs maîtres. Aujourd’hui, il souhaite témoigner de l’horreur nucléaire directement aux Français et aux Européens, afin qu’ils saisissent réellement ce que veulent dire des mots comme « territoire contaminé », « exode », « abandon », « séparation », « désert », « désolation », « maladie », « mort », mais aussi « combat », « solidarité », « espoir ».

Naoto Matsumura face à la centrale de Fukushima Daiichi (© Koji Harada, agence Kyodo)
Naoto Matsumura face à la centrale de Fukushima Daiichi (© Koji Harada, agence Kyodo)

Si vous aussi, vous pensez que ce témoignage est important à faire passer dans le pays le plus nucléarisé du monde par habitant, alors je vous encourage à soutenir ce projet. Il ne se réalisera que si les organisateurs réussissent à collecter la somme de 5000 euros.




Un site entièrement dédié au voyage de Naoto Matsumura en Europe a été créé. Voici ses principales entrées, n’hésitez pas à les consulter :

   - Qui organise ?

   - Pourquoi soutenir le voyage de Naoto Matsumura en France ?

   - Quel sera le périple de Naoto ?

   - Quelles sont les missions de Naoto ?

   - Pourquoi une collecte ?
Naoto Matsumura en juin 2013 (© Antonio Pagnotta)
Naoto Matsumura en juin 2013 (© Antonio Pagnotta)

dimanche 9 juin 2013

Hollande : la France et le Japon pour des liens approfondis (NHK)


Le président français François Hollande a mis l'accent sur un partenariat avec le Japon sur les questions d'efforts en antiterrorisme pour le développement du nucléaire.

Hollande a conclu une visite de trois jours au Japon samedi à Tokyo. Il a déclaré aux reporters que le premier ministre Shinzo Abe et lui s'étaient entendus pour tenir des discussions bilatérales régulières. Il a ajouté que si la politique économique de Abe revitalise l'économie japonaise, ce sera dans l'intérêt de l'Europe. Mais il a précisé espérer que l'assouplissement monétaire au Japon n'est pas un mouvement intentionnel en vue de dévaluer le Yen.

Hollande a aussi fait référence à un consortium de sociétés françaises et japonaises qui aurait remporté le marché d'un projet de centrale électronucléaire en Turquie. Il a assuré que la France avait la technologie nucléaire la plus éprouvée au monde. Et il a ajouté vouloir se joindre au Japon pour promouvoir un développement nucléaire sûr.


(avec les approximations de traduction habituelles)

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-


Tout va pour le mieux, le Nucléaire va grandir, grandir pour le bien de l'Humanité (du moins celle des riches qui ne pensent qu'à l'être encore plus).  Soyons tous heureux de ces accords, dansons de joie avant de périr.

piscine 4 - haute technologie (1)
L'association des OGM, des pesticides, du nucléaire civil ET militaire, des armes chimiques, de la recherche en virus résistants aux traitements (pour qu'ils le soient toujours plus) nous assure un avenir serein et heureux pour tous. Enfin pour tous ceux d'un certain milieu très élitiste et qui se prend pour l'élite.

Bizarrement, il existe des humains qui contestent preuves à l'appui ce modèle dit "de développement" qui développe surtout les difficultés pour un nombre de plus en plus grand non seulement d'humains, mais d'êtres vivants en général. Comment ne pas être reconnaissants envers ces politiciens qui œuvrent chaque jour, chaque seconde, au bien-être de tous et de leurs descendants ? Nous sommes vraiment des ingrats. Et nous le revendiquons.



(1) On découvre cet assemblage insolite près de la piscine N°4 de Fukushima. De l'eau est évacuée à l'aide de l'un de ces cônes qu'on emploie pour signaler un obstacle routier par exemple. Le cône sert d'entonnoir et est relié à un vague tuyau grâce à... du scotch.

En revanche sur un côté de la piscine les photos sont trafiquées pour qu'on ne voie pas la base. Y a-t-il là un trou béant, ou ?..... La photo est tirée du dernier billet de Pierre Fetet dans son blog sur Fukushima.

jeudi 6 juin 2013

Fukushima : provocation de l’ONU et des médias (le blog de Fukushima)

Absent pendant deux jours, je découvre à mon retour cette dénonciation de Pierre Fétet et de son indispensable Blog de Fukushima. A diffuser au maximum. Les enfants de Fukushima meurent, les ouvriers de Fukushima meurent, mais à Vienne, au siège de l'AIEA, tout va pour le mieux, les actionnaires de boîtes de mort (celle qui sont dans le nucléaire comme d'autres sont dans les gaz de combat, ceux dont personne n'a le droit de se servir) font de gras bénéfices, alors tout est pour le mieux.

Ici, on tue. A petit feu, c'est plus drôle.

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

5 juin 2013

Alors que le nombre de cancers de la thyroïde des enfants de Fukushima augmente (12 cancers confirmés et 15 suspectés), une nouvelle étape de désinformation massive a été franchie le 31 mai 2013 : la diffusion en masse de dépêches de l’AFP ou de REUTERS intitulée « Fukushima: pas de risque pour la santé après les émissions radioactives ». Ça me rappelle la mi-décembre 2011 quand le gouvernement japonais avait décidé que la centrale de Fukushima était en « arrêt à froid », et que les médias du monde entier avaient repris cette information en chœur. On se souvient, suite à cet « arrêt à froid de l’information », que la centrale crachait en fait toujours de la vapeur radioactive en 2012… On sait maintenant ce que vaut ce genre de dépêche expéditive. Le titre est trompeur, mais tout le monde le reprend ! Cherchez l’erreur. Honneur aux publications et aux journalistes qui reviendront sur ce sujet majeur qu’est la santé des populations, car tout est fait pour taire la vérité.

Quand je tape le titre de cette dépêche, mon moteur de recherche propose 143 000 résultats le 1er juin, 225 000 le 2 juin, 608 000 le 5 juin ! Quel buzz ! Et pourtant, il est facilement démontrable qu’il s’agit d’une supercherie. Honte à cette « équipe de chercheurs » de l’UNSCEAR (=United Nations Scientific Comittee on the Effects of Atomic Radiation, organe de l’ONU) supervisée par Wolfgang Weiss. Car la réalité est toute autre.

En fait, cette conférence de presse de l’UNSCEAR est faite pour contrer les derniers rapports de l’OMS et de l’ONU qui n’étaient pas assez complaisants avec l’AIEA, organisme qui n’existe que pour faire la promotion du nucléaire dans le monde.

D’une part, un rapport de l’OMS a indiqué en mars 2013 que les radiations provoqueraient un surnombre de cancers dans la région de Fukushima, d’autre part Anand Grover, représentant de l’ONU, a établi un rapport accablant téléchargeable ici et dont il fait état dans cette vidéo sous-titrée en français :
Manifestement, il y a des forces contraires au sein de l’ONU. Il y a des gens à la base qui font le boulot pour lequel ils ont été embauchés, c’est-à-dire qu’ils informent les populations des dangers de la radioactivité, et il y a les dirigeants qui souhaitent étouffer le crime en cours au bénéfice des objectifs de l’AIEA toute puissante.

Voici des extraits du communiqué de l’AFP et mes commentaires :

« Les émissions radioactives après la catastrophe à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 ne devraient pas avoir de conséquences sur la santé à l’avenir, a estimé vendredi un comité de chercheurs de l’ONU à Vienne. »

Hormis Wolfgang Weiss, le communiqué ne donne pas les noms des autres chercheurs, les voici : Fred Mettler, Malcom Crick, Carl-Magnus Larsson et Janos Tisovszky. A moins que ces gens reviennent sur leur communiqué indigne de leurs fonctions, on retiendra bien ces noms quand la catastrophe sanitaire prendra de l’ampleur et qu’on recherchera des responsables pour non assistance à personne en danger.
Fred Mettler, Wolfgang Weiss, Malcom Crick, Carl-Magnus Larsson et Janos Tisovszky.
« L’exposition aux radiations qui a suivi l’accident nucléaire à Fukushima-Daiichi n’a pas entraîné d’effet immédiat sur la santé. »

Manifestement, ces experts sont mal renseignés. Ce n’est pas l’avis de la population qui a constaté de nombreux troubles suite à la contamination radioactive : diarrhées, saignements de nez, nausées, goût de métal dans la bouche, conjonctivites, pneumonies, etc. Tout cela n’est que fables pour l’UNSCEAR.

« Il est peu probable de pouvoir y attribuer à l’avenir des conséquences sur la santé pour la population globale et la grande majorité des travailleurs, pour qui l’historique de l’exposition aux radiations a été établi. »

C’est très bien rédigé ! L’UNSCEAR est très subtil car Tepco traine les pieds pour communiquer les listes des personnes qui travaillent à la centrale de Fukushima Daiichi. Il y a de nombreux oubliés et disparus, ceux-là ne seront jamais comptabilisés. L’Asahi Shimbun a rapporté le 28 février 2013 que Tepco n’a pas transmis les données concernant les doses reçues par 21 000 travailleurs à la centrale de Fukushima Daiichi. Ces données devaient pourtant être fournies à la Radiation Effects Association, une société d'intérêt public qui gère les données de dose des travailleurs de centrales nucléaires. L’UNSCEAR est-il au courant de cette pratique honteuse ?

« Les mesures prises par les autorités pour protéger la population (évacuation et protection sous abri) ont réduit de manière significative l’exposition aux radiations, qui aurait été dans le cas contraire multipliée par 10. »

Le rapport officiel de la commission d’enquête de la Diète sur la catastrophe de Fukushima n’expose pas ces choses de la même manière. L’UNSCEAR ignore totalement les conclusions de ce rapport dont voici un extrait :
Des ordres d'évacuation chaotiques

L'enquête de la commission a révélé que de nombreux habitants n'ont pas été informés qu'un accident s'était produit ou qu'il s'aggravait rapidement et que des fuites radioactives avaient lieu, et cela, même après que le gouvernement et certaines municipalités en aient été informés.

Lorsque les conséquences de l'accident ont commencé à s'aggraver, les destinations d'évacuation et d'autres aspects de l'évacuation ont été souvent modifiés. Mais, même durant la période d'aggravation, la plupart des habitants proches sont restés dans l'ignorance de la catastrophe ou de sa gravité, sans parler du risque accru.

Un total de 146 520 habitants ont été évacués à la suite des ordres d'évacuation du gouvernement. Pourtant, de nombreux habitants proches ont été évacués sans informations précises. Dans l'ignorance de la gravité de l'accident, ils pensaient ne partir que pour quelques jours et n'ont emporté que le strict nécessaire. Les ordres d'évacuation ont été régulièrement révisés tandis que les zones d'évacuation passaient du rayon initial de 3 km à 10 km, puis 20 km, tout cela en une seule journée. A chaque fois que la zone d'évacuation était étendue, les habitants devaient se déplacer. Certains évacués n'ont pas été informés qu'ils avaient été envoyés sur des sites de forte radioactivité. Les hôpitaux et les crèches dans la zone des 20 km se sont débattus pour assurer des moyens de transport et trouver des hébergements ; 60 patients sont morts en mars de complications liées à l'évacuation. L'exaspération a monté parmi les habitants.

Le 15 mars, les habitants de la zone entre les 20 et 30 km ont reçu l'ordre de se calfeutrer. Comme cette mesure a duré plusieurs semaines, ces habitants ont été victimes d'un grand manque d'information et de moyens. L'ordre de calfeutrage a été en conséquence revu en évacuation volontaire. Mais là aussi, l'information sur cette modification a été tristement déficiente et les habitants se sont retrouvés à devoir évacuer sans posséder les informations indispensables. La Commission conclut que le gouvernement a de fait abdiqué sa responsabilité envers la sécurité publique.

Le fait que certaines parties de la zone des 30 km subissaient de forts niveaux de radiation a été connu avec la publication du Système pour la Prédiction de l'Information environnementale sur la dose d'urgence (SPEEDI), le 23 mars. Mais ni le gouvernement ni le Centre de Réponse d'Urgence nucléaire n'ont pris de décision rapide pour l'évacuation des résidents de ces zones qui n'ont été évacuées qu'un mois plus tard. »
(source)

« Aucune mort liée à l’exposition aux radiations n’a été observée auprès des quelque 25.000 travailleurs envoyés sur le site de l’accident. Au vu du faible nombre de travailleurs très exposés, il est peu probable de pouvoir détecter dans les prochaines années une augmentation des cas de cancers de la thyroïde dû aux radiations ».

C’est faux. Des morts ont été observées. Mais l’UNSCEAR détourne les yeux. Il suffit de se limiter aux données officielles et c’est bon : il n’y en a aucune concernant les décès directement liés aux radiations nucléaires émanant de la centrale : des morts sont observées depuis deux ans, mais le gouvernement et Tepco refusent systématiquement de les lier à la radioactivité. Quand un crime a lieu et que le suspect nie, normalement on mène une enquête pour rechercher la vérité. Au Japon, qui mènera cette enquête puisque le déni officiel est permanent ?

« Les doses (de radiations) reçue après Tchernobyl, en particulier dans le cas des enfants et de la thyroïde, étaient beaucoup plus élevées que celles que nous avons mesurées à Fukushima. »

Il est manifeste que l’UNSCEAR va à l’inverse des conclusions d’Anand Grover, rejetées par le Japon : « Les autorités Japonaises ont finalement établi des zones radioactives bien plus restreintes que celles établies consécutivement à l'accident de Tchernobyl, M. Grover estime ainsi que le seuil de contamination de la Zone Rouge de Fukushima est "environ 4 fois plus élevé qu'en Ukraine". » (source)

Enfin, le communiqué de l’UNSCEAR d’origine parle aussi de la santé des enfants, l’AFP oublie de le mentionner, est-ce un hasard ou une volonté ? Le communiqué complet de l’UNSCEAR est disponible ici (langue anglaise).


Pour terminer, voici une vidéo qui va dans le même sens que le communiqué de l’UNSCEAR, produite par la préfecture de Fukushima : tout va bien dans le meilleur des mondes. Moi quand je visionne cette vidéo, j’ai des frissons, je vois les poussières radioactives qui volent partout, je vois les gens qui décontaminent sans protection, je vois les enfants jouer innocemment, c’est de la grande propagande…

Pierre Fetet
___________
Photo d’entête : décontamination sans protection des sols de Fukushima (source)

jeudi 9 mai 2013

Jour #férié , #guerre , #paix ? et #laïcité : des valeurs bafouées

Hiroshima - l'explosion vue du sol - 6 août 1945
Et voilà. Deux jours dits "fériés" de suite.

 L'un est censé commémorer, sur le front ouest, la cessation des hostilités de la guerre mondiale la plus meurtrière, où les combats de loin les plus dévastateurs se sont déroulés en fait à des milliers de kilomètres, et où la signature du cessez-le-feu n'aura lieu que le 9 mai. En fait les "Grands Chefs" des troupes qui ont "pris le train en marche" seulement après Pearl Harbour craignaient bien davantage la Rodina (patrie) de Staline que cet exalté de Hitler avec lequel ils avaient fait auparavant de si fructueuses affaires.

En fait ce cessez-le-feu ne consacra que l'arrêt de certains combats, puisque dans la tête de Truman l'ennemi restait l'URSS. C'est même pour hâter la capitulation japonaise, et ainsi bloquer l'avancée russe en Mandchourie, que furent lancées deux bombes nucléaires. Il n'y eut aucune autre raison. Le Japon aurait levé le pouce quelques jours plus tard, de toute façon. En ce sens l'ordre d'allumer deux fois le soleil de mort ne fut qu'un crime contre l'humanité, et rien d'autre.

Pour ces raisons, commémorer le 8 mai est une véritable imposture, puisque la guerre continua sous d'autres formes, en d'autres lieux, de façon aussi violente. La bombe a explosé à Hiroshima le 6 août 1945, à Nagasaki le 9 août. La "guerre de Corée",  celle du Viêt Nam après Diên Bien Phû et la reprise en main par les GI's, ne sont que des épisodes de cette guerre continue de l'autoproclamé gendarme du monde contre ses ennemis du moment (puisque ce pays si harmonieux ne concrétise un semblant d'unité qu'en se créant des fantômes à combattre à l'extérieur). D'où ce changement de fusil d'épaule quand l'URSS s'est écroulée, pour très vite inventer un SPECTRE à pourfendre nommé Al Qaeda. La guerre continue. Quand cet hétéroclite amas d'États aussi dissemblables que le Texas et le New Hampshire va-t-il enfin avouer "On arrête, je cesse de fabriquer des armes au lieu de lutter contre la faim sur mon propre territoire" ? Là, un " 8 mai" salutaire pourra enfin intervenir.

Le lendemain, donc aujourd'hui, UNE religion a imposé une autre "fête fériée", que même la République du Petit Père Combes n'a pas osé toucher. Une fête en pleine semaine, sans signification, qui perturbe gravement chaque année un mois d'avril ou de mai déjà bien chargé. Quelle mascarade ! Cette fête ne concerne aujourd'hui qu'une frange insignifiante (mais virulente) de la population. Qui, dans les hautes sphères, empêche de supprimer ce boulet inutile ?  C'est encore bien pire que ces deux lundis dits "fériés" eux aussi, qui ne signifient rien non plus, et interviennent également en fin d'année scolaire, peu avant les examens. Quel gâchis ! Qu'on supprime tout cela, et qu'on n'en parle plus ! Quitte par exemple et en compensation, à magnifier la Fête de la Musique, bien plus utile.

Dans le même ordre d'idées, remplacer le premier novembre, fête d'encore la même religion (décidément) par le lendemain, qui est le jour où nous commémorons nos défunts, serait fort judicieux. Cela ne coûterait pas un centime. Qui freine la laïcisation, qui ? ? ?

Nous sommes dans une République laïque. Eh bien, assumons-la.