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dimanche 6 mai 2018

La catastrophe (15 mai 1948 — 15 mai 2018)

Les Palestiniens la nomment ainsi, la Nakba.



Le 15 mai 1948 marque le basculement. Avant cette date, des hordes de terroristes nommées Hagana, Irgoun, Palmach, Lehi, groupe Stern s'attaquent périodiquement, mais avec une grande violence, aux villages de la Palestine. La Palestine, c'est le nom de ces terres qui s'étendent entre la Méditerranée et le Jourdain.

Ce jour-là, dès minuit passé, certains de ces terroristes s'auto-proclament État, sous la bienveillante compréhension des autorités anglo-saxonnes, reines du coin depuis les accords Sykes-Picot du 16 mai 1916. Aujourd'hui encore ce n'est pas plus : cet "État" n'a ni constitution (juste deux lois d'orientation), ni frontières reconnues par la communauté des nations. C'est d'ailleurs pratique : cela permet de continuer à s'étendre sans autorisation, d'où l'occupation illégale et illégitime du plateau du Golan à partir du 5 juin 1967.

A partir de ce jour-là, les Palestiniens sont pourchassés de toutes les façons possibles, afin de donner un soupçon de vraisemblance à ce slogan choquant "une terre sans peuple pour un peuple sans terre". Beaucoup sont tués par ceux qui étaient des terroristes, et qui deviennent par un coup de baguette magique "l'armée". Beaucoup sont obligés de fuir (on parle de neuf cent mille). Malgré tout, il en reste encore beaucoup, sur leur terre qui désormais, là encore par enchantement, n'est plus la leur. Documents notariés, ou pas.

Qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit aucunement d'une affaire religieuse. Aujourd'hui encore, de nombreux juifs refusent cet état de fait, y compris certains qui vivent depuis très longtemps dans un quartier de Jérusalem, Mea Shearim.  Mais aussi d'autres, qui manifestent souvent à Paris, à Washington...

Il ne s'agit aucunement de "race" comme disaient certains, puisque cette notion n'existe tout simplement pas.  Il est d'ailleurs probable que des recherches d'ADN montreraient (et montrent, parce que quelques recherches ont effectivement eu lieu dans ce sens) que les vrais descendants de ceux qui vivaient là il y a mille, deux mille ans, sont ceux-là même que des intrus ont voulu chasser.

Donc, le 15 mai 1948 est le pivot de cette appropriation par des gens venus d'ailleurs, de la terre mise en valeur avec ferveur par ses habitants séculaires. Il s'agit bien entendu d'une affaire politique, concrétisée dès le 2 novembre 1917 par la déclaration Balfour, une lettre adressée par le ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, à un autre Lord, banquier, qui s'appelle déjà Rothschild. Celui-ci est le descendant de celui qui, en 1815, se fit un joli coup de bourse le 18 juin grâce à la bataille de Waterloo.



Cet « État » imposé aux forceps par les vainqueurs de l'époque est bien entendu sans aucune valeur, hormis la force qui le maintient encore pour le moment.  Il est la simple cristallisation en Asie du Sud-Ouest d'une sorte d'hyper-base turbulente, mais essentielle pour les maîtres de Londres et de Washington. Ceux qui ont le vrai pouvoir, bien entendu, pas les présidents, premiers ministres et autres personnalités au pouvoir très incertain. Et quand ceux-ci veulent apporter du bien, "des forcenés" tout surpris par le geste qu'on leur attribue sont accusés de les avoir retirés du peuple des vivants.



Quand cet état de fait révoltant finira-t-il ? La communauté des nations va-t-elle se réveiller, maintenant que les empires de la mer commencent à devenir moins puissants (qu'ils le veuillent ou non)  ? Les descendants des cruels seigneurs Khazars qui s'étaient convertis au judaïsme par intérêt aux alentours du XVe siècle (souvent convertis – encore une conversion – aujourd'hui en banquiers) vont-ils enfin cesser de nuire au monde entier ?

Citoyens de toute la Terre, n'oublions pas cette date funeste : le 15 mai 1948. C'était il y a septante ans, c'était hier, c'est encore aujourd'hui. Car aujourd'hui encore, des Palestiniens tout ordinaires sont chassés de leurs maisons (aussitôt détruites le plus souvent) pour laisser la place à d'autres venus d'ailleurs. D'autres dates furent tout aussi funestes, ailleurs : le 11 septembre 1974 au Chili, le 20 mars 2003 en Irak, le 13 février 2011 en Libye... toutes initiée par les mêmes : des banquiers aux dents hypertrophiées de morses.

On se souviendra que souvent, au plus jeune de la famille ainsi privée de sa demeure séculaire est remise la clef de celle-ci, à transmettre à ses enfants.




Un jour, ces familles reviendront, quand l'Empire anglo-saxon du Grand Capital se sera écroulé sous sa suffisance, sa morgue et sa violence. Dans vingt ans ? Probablement guère plus. Peut-être moins.


samedi 6 janvier 2018

Ahed ou le droit du plus faible : Palestine, "Ils" te tuent !

Les doucereuses organisations humanitaires (sic) ont une façon très sélective de voir les choses. Dès que c'est un régime qui a l'aval de certains "grands pays" ou présentés comme tels, tout est permis à ce régime qui serait accueilli avec les hauts cris des vertueux "grands journaux de la planète" (ceux qui sont détenus par certains multimilliardaires) si c'était une levée de citoyens excédés par l'ingérence "des grands pays".

C'est ainsi que Ahed Tamimi, jeune Palestinienne de seize ans, armée seulement de sa voix et ses poings, est "mise au trou" pour longtemps, peut-être même toute sa vie, parce qu'elle a eu l'outrecuidance de riposter avec ces pauvres armes aux hyperarmés soudards d'un régime qui a envahi la terre de ses ancêtres. Nulle "organisation humanitaire" ayant pignon sur rue ne relève cette "anomalie". Tout est normal au pays du déni du normal.



Si "nos gouvernants" ne font rien, ne disent rien, ils seront considérés comme complices, et traînés dans la même boue. Permettre ce fait-là, c'est permettre tous les autres faits similaires dans le monde, de l'Orénoque au Mali, des escadrons de la morts mis en place par "l'École des Amériques" de sinistre mémoire un peu partout en Amérique du Sud, aux pseudo-islamistes entraînés et armés par les mêmes.

Citoyens, restons du côté de ceux qui luttent pour leur survie ensemble, face à l'arbitraire d'une engeance qu'il faudra bien un jour éradiquer.

bab

samedi 26 juillet 2014

La Palestine comme métaphore (Mahmoud Darwich)

Grâce au Citoyen Veilleur, je viens de découvrir ce magnifique entretien de Mahmoud Darwich, ponctué d'un poème sublime. Merci.

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"J'ai de multiples images de l'Autre israélien. Multiples et variées. Il n'existe pas chez moi une vision unique et définitive de l'Autre.
Celui qui m'a éduqué était juif, celui qui m'a persécuté l'était aussi. La femme qui m'aima était juive. Celle qui me détesta aussi.
La guerre de 1967 a rompu les relations affectives entre les jeunes hommes arabes et les jeunes filles juives.
L'idée d'ennemi avait en fait pénétré la relation; l'homme et la femme s'enlaçaient, mais l'ennemi était tapi sous leur lit. Dans mon poème "Un soldat qui rêve de lys blanc", j'ai raconté l'histoire de cet ami qui, après la guerre, vint me trouver pour m'annoncer sa décision de quitter Israël pour toujours.
Il ne voulait plus être un rouage dans une machine de guerre. C'était un humaniste, et son éducation était fondée sur le pluralisme et l'ouverture.
Venu en Israël avec des idées idéalistes, il avait découvert que la réalité était bien différente. Il est alors parti.
Le poème le décrit ainsi: un individu qui se réfugie en lui-même, qui reprend son individualité à son groupe, mais la pression collective est puissante et dure.
Nous avons appris l'hébreu en même temps que l'arabe. Toute ma génération maîtrise l'hébreu. La langue hébraïque est pour nous une fenêtre donnant sur deux mondes.
Celui de la Bible d'abord, celui de la littérature traduite ensuite: ma première lecture de Lorca se fit en hébreu.
De même pour Neruda. Je ne peux que reconnaître ma dette envers l'hébreu pour ce qui est de ma découverte des littératures étrangères.
Je considère que la Bible est partie intégrante de mon héritage, alors que l'islam ne fait pas partie, à ses yeux, de l'héritage de l'Autre.
Je n'ai aucun problème à me considérer comme le produit, le métis, de tout ce que cette terre palestinienne a dit, de tout ce que l'humanité a dit.
Mais l'Autre refuse de faire de même, m'interdisant de m'associer à son identité culturelle et humaine. c'est lui qui réduit sa propre identité et la rend sélective.
Le problème est que nous autres, les Arabes, nous nous sentons obligés de nous rattacher à nos racines et ce, pour fortifier nos défenses.
Les autres nous y contraignent, bien plus que nous en avons envie ou le voulons.
Je ne crois pas qu'il y ait au monde un seul peuple à qui on demande tous les jours de prouver son identité comme les Arabes.
L'Arabe doit en permanence présenter ses papiers d'identité, parce qu'on cherche à le faire douter de lui-même. La seule identité dont je me revendique est celle de ma langue de poète."

(Mahmoud Darwich, La Palestine comme métaphore, entretiens traduits de l'arabe par Elias Sanbar et de l'hébreu par Somone Bitton, éditions Actes-sud Babel)
il rêve de lis blancs
d'un rameau d'olivier
de la floraison de ses seins au soir
il rêve – m'a-t-il dit –
de fleurs d'orangers
il ne cherche pas à philosopher autour de son rêve
il comprend les choses
uniquement comme il les sent, hume
il comprend – m'a-t-il dit – que la patrie
c'est de boire le café de sa mère
et de rentrer au soir

je lui ai demandé : Et la terre ?
il a dit : Je ne la connais pas
et je ne sens pas qu'elle soit ma peau ou mon pouls
comme il en va dans les poèmes
Soudainement, je l'ai vue
comme je vois cette boutique, cette rue ou ces journaux
je lui ai demandé : L'aimes-tu ?
il répondit : Mon amour est une courte promenade
un verre de vin ou une aventure
— Mourrais-tu pour elle ?
— Que non !
tout ce qui me rattache à la terre
se limite à un article incendiaire, une conférence
On m'a appris à aimer son amour
mais je n'ai pas senti que son cœur s'identifiait au mien
je n'en ai pas respiré l'herbe, les racines, les branches
— Et son amour
était-il brûlant comme le soleil, la nostalgie ?
il me répondit avec nervosité :
— Ma voie d'accès à l'amour est un fusil
l'avènement de fêtes revenues de vieilles ruines
le silence d'une statue antique
dont l'époque et le nom ont été perdus


il m'a raconté l'instant des adieux
comment sa mère pleurait en silence
lorsqu'il fut conduit quelque part sur le front
et la voix affligée de sa mère
gravant sous sa peau une nouvelle espérance :
Ah si les colombes pouvaient grandir au ministère de la Défense
si les colombes pouvaient grandir !

il tira sur sa cigarette, puis ajouta
comme s'il fuyait une mare de sang :
J'ai rêvé de lis blancs
d'un rameau d'olivier
d'un oiseau embrassant le matin
sur une branche d'oranger
— Et qu'as-tu vu ?
— J'ai vu l'œuvre de mes mains

un cactus rouge
que j'ai fait exploser dans le sable, les poitrines, les ventres
— Combien en as-tu tué ?
— Il m'est difficile de les compter
mais j'ai gagné une seule médaille
Je lui ai demandé, me faisant violence à moi-même :
Décris-moi donc un seul tué
il se redressa sur son siège
caressa le journal plié
et me dit comme s'il me faisait entendre une chanson :
Telle une tente, il s'écroula sur les gravats
il étreignit les astres fracassés
sur son large front, resplendissait une diadème de sang
il n'y avait pas de décoration sur sa poitrine
il était, paraît-il, cultivateur ou ouvrier
ou alors marchand ambulant
telle une tente, il s'écroula sur les gravats
ses bras
étaient tendus comme deux ruisseaux à sec
et lorsque j'ai fouillé ses poches
pour chercher son nom
j'ai trouvé deux photos
l'une... de sa femme
l'autre de sa fille

je lui ai demandé : T'es-tu attristé ?
il m'interrompit pour dire : Ami Mahmoud, écoute
la tristesse est un oiseau blanc
qui ne hante guère les champs de bataille, et les soldats
commettent un péché lorsqu'ils s'attristent
Là-bas, j'étais une machine crachant le feu et la mort
transformant l'espace en un oiseau d'acier

il m'a parlé de son premier amour
et après cela
de rues lointaines
des réactions d'après guerre
de l'héroïsme de la radio et du journal
et lorsqu'il cacha un crachat dans son mouchoir
je lui ai demandé : Nous reverrons-nous ?
il répondit : Dans une ville lointaine

lorsque j'ai rempli son quatrième verre
j'ai dit en plaisantant : Tu veux émigrer ? Et la patrie ?
il me répondit : Laisse-moi
je rêve de lis blancs
d'une rue pleine de chansons et d'une maison illuminée
je veux un cœur tendre, non charger un fusil
je veux un jour ensoleillé
non un moment fou de victoire intolérante
je veux un enfant adressant son sourire à lumière du jour
non un engin dans la machinerie de guerre
je suis venu pour vivre le lever du soleil
non son déclin

il m'a quitté, car il cherche des lis blancs
un oiseau accueillant le matin
sur un rameau d'olivier
car il ne comprend les choses
que comme il les sent, hume
il comprend – m'a-t-il dit – que la patrie
c'est de boire le café de sa mère
et rentrer, en paix, avec le soir

Mahmoud Darwich
Introduit par A.Amri
24.04.2013

mercredi 23 juillet 2014

A Barbès, la manifestation pacifiste et solidaire a bien eu lieu, et nous y étions ! (témoignages citoyens via Le Grand Soir)

A Barbès, la manifestation pacifiste et solidaire a bien eu lieu, et nous y étions !

Des militants du Parti de Gauche dénoncent « le traitement partial et mensonger » de la manifestation pour Gaza du 19 juillet à Paris et veulent « rétablir la vérité d’une réussite populaire face à la désinformation et aux manipulations politiques ».
Alors que les bombardements israéliens ont redoublé d’intensité et que le bilan des victimes, côté palestinien, s’élève à près de 500 morts, suite à la journée la plus meurtrière depuis le début de l’offensive israélienne, le traitement médiatique de la situation en Israël-Palestine relève du scandale. La plupart des médias présentent l’attaque israélienne comme un conflit entre deux puissances égales et coresponsables tout en occultant la réalité de l’occupation du territoire palestinien par Israël et son régime d’apartheid. Mais cette lecture idéologique qui sape la solidarité avec le peuple palestinien ne s’arrête pas là.

Nous, militant-e-s du Parti de Gauche, avons décidé de nous rendre à la manifestation du 19 juillet à Paris non autorisée par le gouvernement Valls. Comme de très nombreux citoyen-e-s, nous avons voulu exprimer notre soutien au peuple palestinien et protester contre cette interdiction scandaleuse. Est-il nécessaire de rappeler que la France a été le seul pays à interdire une telle manifestation de solidarité internationale ?

Un traitement médiatique partial et mensonger
Dès l’après-midi, les médias ont repris les poncifs de la communication gouvernementale : « explosion de violences » pour Le Figaro, manifestation qui « dégénère » pour Le Monde et Libération. Les images retenues sont bien entendu celles de casseurs, on évoque des pavés jetés, des violences, le drapeau israélien brûlé, des slogans antisémites, etc. La palme de l’article-poubelle revient certainement à Rue89 : hésitant entre le micro-trottoir ridicule qui mêle des extraits sans contexte et laissant affleurer des généralités fallacieuses et un parti pris grossier, il présente les policiers comme des hommes courtois (certainement entre deux tirs de flash-ball tendus et coups de barres de fer de policiers en civil). Pour de tels journalistes les manifestants seraient au mieux des imbéciles, au pire des personnes violentes et vulgaires, et bien entendu toutes plus ou moins antisémites. Les journalistes de Mediapart semblent, eux, avoir fait un réel travail d’investigation et de croisement des sources.

Tout ceci fournit autant d’arguments à Valls pour justifier son interdiction a posteriori : les violences montreraient bien qu’il a eu raison d’interdire cette manifestation. Comme l’indique le communiqué des organisateurs, « c’est la décision politique, pour ne pas dire idéologique, du gouvernement usant d’une violence disproportionnée qui a créé les conditions des troubles à l’ordre public, dont le gouvernement porte donc la totale responsabilité ».

Nous dénonçons le traitement partial et mensonger de ce qui s’est passé à Barbès. Nous protestons également contre cette inimaginable cécité médiatique : non, il n’est pas vrai que, comme il est écrit dans l’article de Libération, une fois les affrontements commencés à Barbès, « c’en était fini de toute manifestation ». Aucun média ne semble mentionner les rassemblements pacifistes à gare du Nord des manifestants qui n’ont pas pu se rendre à Barbès. Et encore moins cette incroyable réussite populaire d’un cortège ayant défilé avec calme et détermination pendant des heures dans les rues de Paris passant par la gare du Nord, la gare de l’Est pour arriver jusqu’au niveau des Halles (Châtelet), plusieurs milliers de manifestants ont scandé leur solidarité avec le peuple palestinien, une liberté que le gouvernement français voulait censurer. La police, débordée par les événements et ne prévoyant pas cette marche spontanée d’un peuple reprenant ses rues, était obligée de suivre le cortège en constatant une dispersion dans le calme en fin de défilé à Châtelet. La manifestation décrite par les journalistes n’a pas existé. Nous y étions et pouvons en témoigner.

Ce sont les forces de l’ordre qui ont ouvert les hostilités
La désinformation ambiante va même jusqu’à travestir ce qui s’est passé à Barbès, lieu initial du rassemblement. Dès 14 heures, l’ambiance était plutôt calme et les drapeaux français étaient brandis à côté des drapeaux palestiniens. Des personnes de tous horizons étaient réunies, aussi bien des adultes, que des jeunes, des enfants, des personnes âgées – et on pouvait noter une présence féminine particulièrement forte. Puisque certains journalistes ne semblaient pas être dans le même cortège, précisons que nous n’avons pas entendu une seule injure antisémite mais que nous avons pu voir des panneaux « Antisémites non, Humanistes oui ». Les slogans politiques les plus repris : « Israël assassin, Hollande complice », « Nous sommes tous des Palestiniens », « Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine ». Face à des citoyens révoltés de se voir confisquer leur liberté d’expression, ce sont les forces de l’ordre qui ont fait le choix d’ouvrir les hostilités : charges, utilisation massive et répétée de gaz lacrymogènes, matraques, etc.

Alors que les forces de l’ordre sont censées disperser les manifestants et permettre leur évacuation, nous avons été bloqués avec l’ensemble des manifestants sur le boulevard ou dans les rues adjacentes. Asphyxiés par les gaz, les manifestants cherchaient à fuir le boulevard mais étaient repoussés par les CRS postés en amont. Cette stratégie répressive faisait des rues adjacentes de véritables souricières. Certains d’entre nous ont même dû se cacher dans les halls d’immeubles, portes cochères, pour éviter les violences policières et essayer de trouver une atmosphère respirable. Des foules ont ainsi été vigoureusement refoulées dans le métro, rappelant de sombres heures de l’histoire de France. Notons également que plusieurs manifestants ont tenté de répondre aux tirs par des sit-ins, pour bien souligner leurs intentions pacifiques. Cependant, on ne voit aucune photo des manifestants à terre devant la police… Cette police cherchait-elle à empêcher la manifestation et à la disperser, ou plutôt à provoquer affrontements et violences pour pouvoir ainsi justifier son autoritarisme et donner du grain à moudre aux manipulations politiques ? La réaction de Manuel Valls (qui pendant ce temps-là se promenait le long du tour de France pour satisfaire son plan de communication) est claire : l’ordre, la répression et la privation de liberté de manifester.

Une belle manifestation populaire
Au-delà de cette violence policière initiale, il faut souligner, dire et répéter ce que les médias ont choisi de taire : les manifestants, bien qu’ayant été dispersés, gazés, voire frappés, se sont regroupés spontanément et la manifestation a eu lieu, plusieurs heures durant, sur un vaste espace, dans les rues de Paris. Ces dernières n’avaient pas été bloquées, pas plus que le cortège, par une préfecture de police débordée, et pourtant aucune violence, aucun heurt, aucun incident. Mais les médias n’en parlent pas, à l’exception notable du Nouvel Observateur : « Manif pro-Gaza : partie de cache-cache dans les rues de Paris », article qui s’étend sur les trois cortèges de manifestation spontanée, et qui souligne leur réussite et leur pacifisme. Citons la fin de l’article : « A Barbès, le principal rassemblement de la journée, la manif spontanée a pris fin de façon beaucoup plus musclée. (…) Mais, ailleurs, toute la journée, de la gare du Nord aux Halles en passant par la place de Clichy, des cortèges plus ou moins spontanés, déterminés sans être violents, auront tourné la tête aux vieux routards du maintien de l’ordre de la préfecture de police, plus rompus à la surveillance de cortège organisés qu’à la partie de cache-cache inhérente aux manifestations soi-disant “interdites”. »

Pourquoi, à part au Nouvel Observateur, les journalistes ne parlent-ils pas de ces manifestations ? Pourquoi les journalistes ont-ils choisi de rester place Barbès et de photographier ou de filmer quelques jeunes lançant des pavés plutôt que de mettre par écrit et en images ce fait : une fois libérés de l’assaut policier, nous avons marché dans Paris dans la plus grande tranquillité. Ne serait-ce pas parce qu’il serait ennuyeux pour le gouvernement de constater que, sans pression policière, les manifestants pro-palestiniens de Paris sont tout à fait capables de manifester dans le calme, comme cela a été fait à Londres et à Marseille par exemple ? Ne serait-ce pas parce que Valls serait alors forcé d’avouer que cette interdiction n’avait pas lieu d’être et qu’elle n’était qu’un coup de force scandaleux et liberticide ? Pourquoi ne voyons-nous aucune photo de ces milliers de manifestants pacifistes, qui s’excusent auprès des automobilistes coincés et qui expliquent leur démarche aux touristes attablés aux terrasses des cafés ? De même, l’épisode qui vit les manifestants reformer le cortège en haut de la butte Montmartre, reprendre les drapeaux avec détermination, et entamer une descente pour le moins audacieuse, a été passé sous silence. Tous les mensonges médiatiques ne pourront pas faire oublier le véritable enseignement de cette manifestation : le peuple est capable de braver les interdictions et les violences policières pour se réapproprier les rues de sa ville et défendre l’intérêt général. Gageons que ce qui s’est passé hier n’est qu’un début, et que les manœuvres du gouvernement n’auront pas raison de l’immense enthousiasme populaire qui soutient la lutte des Palestiniens contre la colonisation.

Nous demandons à ce que les médias ne se comportent pas comme des chiens de garde à la botte d’un pouvoir à la déroute. Et qu’une rigueur journalistique effective leur permette de revenir sur ce traitement biaisé de la réalité et de réellement faire état de ce que nous et l’ensemble des manifestants avons vécu. Après nous être vus privés de la liberté fondamentale de manifester, nous citoyen-ne-s, nous voyons bafouer le droit à une information indépendante. Nous refusons l’odieux chantage à l’antisémitisme du gouvernement pour faire taire notre voix et celle du peuple palestinien Il faut faire savoir ce qu’il s’est vraiment passé à Barbès : la manifestation libre, populaire et pacifiste et solidaire a bien eu lieu, et nous y étions !

Les auteurs sont militants du Parti de Gauche :
Danièle Atala
Daoud Baccouche
Boris Bilia
Fethi Chouder
Julie Dusseaux
Guillaume Etiévant
Bruno Fialho
Annick Flageollet
Hugo Hanry
Nourredine Kaddouri
Ramzi Kebaili
Bylal Khellouf
Djordje Kuzmanovic
Mathilde Larrère
Nathalie Levallois
Hugo Lycurgue
Maximilien Perret
Christian Rodriguez
Aissa Terchi
Jean-Sébastien Thirard
Laélia Véron
»» http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/210...
 
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mardi 19 novembre 2013

Étiquetage de la viande : une sénatrice française menacée de mort (La Voix de la Russie)

Vu cette info grâce aux Moutons Enragés. Toujours cet amalgame pour cacher une occupation,  une discrimination en vue de la possession d'un territoire.

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Étiquetage de la viande : une sénatrice française menacée de mort

17 novembre 2013, posté par Benji


Par La Voix de la Russie |



 L’affaire se passe dans le domaine de l’alimentaire et a plus exactement rapport à l’abattage rituel des animaux en France, et notamment la question de l’étiquetage des produits venant des territoires occupés par Israël.


Sylvie Goy-Chavent, UDI, a été nommée rapporteur de la mission filière viande au Sénat. Cette mission, qui avait pour intitulé « État des lieux de la filière viande en France et comment restaurer la confiance des consommateurs », a été mise en place au lendemain du scandale de la viande de cheval trouvée dans les lasagnes. Sylvie Goy-Chavent se met au travail et demande une réglementation sur la viande pour que les consommateurs soient informés sur son origine, sur la manière par laquelle les animaux sont tués et si un rite religieux a été appliqué. Sylvie Goy-Chavent sera menacée par rapport à sa carrière politique (« vous êtes finie ») et menacée de mort. La justice française et les médias français ne diront rien sur ces menaces proférées à l’encontre d’une élue de la nation qui de surcroît se trouve mandatée par le Sénat. Aujourd’hui, Sylvie Goy-Chavent se pose des questions sur la France, cette grande démocratie et ce symbole des droits fondamentaux.



Silence général en France. Sylvie Goy-Chavent est maire de la commune de Cerdon, dans le département de l’Ain, depuis 25 ans et sénatrice depuis 2008. Elle s’intéresse aux questions de droit international, et notamment à l’étiquetage des produits venant de Cisjordanie, des territoires occupés par Israël.


« Des extrémistes se disant de culture juive m’ont menacé de mort.
 
 Fin juillet 2013, j’ai porté plainte mais je n’ai pas de nouvelles de ma plainte. Je me demande ce qu’il se passe en France. Les médias ne relaient pas cette affaire. Tout le monde reste silencieux. Les médias sont très orientés en France et je cherche à trouver des moyens pour médiatiser cette affaire car on ne peut plus aujourd’hui travailler sereinement ». Sylvie Goy-Chavent souhaite qu’on réponde enfin au droit international car, selon la sénatrice maire, cette occupation des territoires est illégale et plusieurs acteurs sont alertés sur la question, y compris la communauté internationale. « J’aurais voulu qu’on arrête d’importer des produits venant des territoires occupés avec des étiquettes estampillées Israël. »


Le lobby. « J’ai envoyé à mes collègues, aux 348 sénateurs, un document de travail qui est confidentiel et très rapidement j’ai été contactée par le député des Français à l’étranger qui est basé en Israël. Il était très fâché que je fasse des choses pareilles. Les 27 sénateurs de cette mission, des communistes, des UDI, des PS, des UMP des non inscrits, des Verts… ont pourtant tous voté cette mission ». Sylvie Goy-Chavent explique que les sénateurs avaient 40 propositions, que deux ont été votées, celle consistant à étiqueter les pays d’origines pour les produits à base de viande dans le but de protéger l’élevage français et à mettre un étiquetage signalant de quelle manière les animaux sont abattus.



 « Cette dernière mesure a agacé la communauté juive et ce fut le prétexte pour m’attaquer », dit Sylvie Goy-Chavent. « C’est une question d’argent. Je ne comprends pas cette excitation de la communauté juive. C’est quelque chose d’intolérable d’être menacée de mort tout l’été, d’être traitée d’antisémite sur les sites extrémistes, d’être traînée dans la boue. C’est intolérable ».



La justice française n’est pas intervenue répète la sénatrice, qui n’en revient pas que malgré son statut et sa mission, la justice et les médias ne fassent pas leur travail. La sénatrice souhaite, comme elle le souligne, « de manière non stigmatisante » et simplement dans un souci de transparence, que les mots casher ou halal soient indiqués sur les produits pour que tous les consommateurs en soient informés. On apprend que les sénateurs ou que les élus de l’UDI, contrairement à la base de l’UDI qui est outrée, ne soutiennent pas Sylvie Goy-Chavent franchement.



Argent et religion. « Les conditions des religions ne sont même pas observées car toutes les 40 secondes, un bovin est tué. On ne laisse pas mourir l’animal tranquillement ». Cela serait donc une question d’argent et sa mission aurait énormément énervé les communautés qui ont beaucoup à perdre. Pour Sylvie Goy-Chavent, cet acharnement contre elle sur la question de l’abattage religieux est l’arbre qui cache la forêt. Sa demande d’étiquetage des produits des territoires occupés par Israël serait la véritable question : « Le rapport sur la viande a été publié le 19 juillet c’est le 10 juillet que j’ai été insultée. Il y a donc un problème. » Le président du Sénat tenterait, selon les dires de la sénatrice, de la faire taire en lui donnant des conseils. « La communauté musulmane est en phase avec moi. C’est une minorité de la culture juive qui provoquerait tout ça. Le fond du problème est de discréditer une personne qui dénonce l’occupation des territoires par Israël. »



Casher-halal. « Aujourd’hui, nous avons à peine 1 % de la population française qui consomme de la viande casher contre 5 % de la population musulmane qui consomme de la viande halal », explique Sylvie Goy-Chavent. « Et 80 % des moutons et plus de 50 % des bovins sont abattus selon un rituel religieux en France ». Le but de la mission de Sylvie Goy-Chavent est que le consommateur puisse savoir comment a été abattu un animal, que le mode d’abattage soit inscrit sur le paquet d’emballage. Sylvie Goy-Chavent soulève une question importante. Comment expliquer que les animaux soient abattus à plus de 50 % pour les bovins et à 80 % pour les moutons selon un rituel religieux sans que la population française en soit avertie, voire même informée ? Et comment se fait-il qu’une minorité puisse dicter à la majorité ce qu’ils doivent manger, et comment ? Des millions de Français se demandent, tout comme cette sénatrice, où va la France. Plus que jamais, la base de la société commence à partager les inquiétudes de certains nos élus.



Source: french.ruvr.ru Merci à Alain pour l’info

jeudi 24 octobre 2013

Lettre d'infos BDS France - octobre 2013

Aujourd'hui j'ai trouvé ce site, et je m'empresse de répercuter ses informations ici.


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Lettre d'infos BDS France - octobre 2013

Cliquez ici pour visualiser la Lettre en ligne
Bandeau_en-tete_newsletter_BDS_Franceoctobre 2013
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L'Europe est un terrain symbolique de la campagne BDS, Israël étant un partenaire privilégié de diverses institutions du continent, et participant en outre à de gros programmes européens. Israël est même directement membre de grandes organisations symboliques européennes, telles l'UEFA ou l'Eurovision. Privilèges économiques, culturels, géopolitiques, universitaires, sportifs... au-delà des frontières, la revendication européenne de l'Etat israélien ne semble n'avoir qu'une seule limite : celle de la Charte des droits fondamentaux de l'Europe ! 
puce  Les succès de la Campagne
puceMobilisation procès puce Ça bouge !
  • Ecrivez à vos députés européens pour leur demander de soutenir les nouvelles règles sur la participation d'Israël aux programmes européens : quelques clics suffisent !
  • 51 eurodéputés ont déjà interpellé directement Catherine Ashton, Haut représentant à l'UE à appliquer les lignes directrices écartant les colonies israéliennes
  • La campagne de boycott sportif "Carton rouge pour Israël" continue en interpellant la FFF (Féd. Française de Football) sur la rencontre de l'équipe israélienne dans le cadre des qualifications du Championnat d'Europe des moins de 17 ans de l'UEFA.
  • Une action originale et sympathique de sensibilisation et de banalisation du BDS auprès du public de Strasbourg, à vélo !
puce  Boîte à outils
puce  En images
videoparodie
puce  Du fond
  • L'Israfrique, c'est le nom donné à la politique israélienne vis-à-vis de l'Afrique qui, en dehors de contrats discrets de ventes d'armes et de matériel d'espionnage passés avec de nombreux gouvernements africains, passe aussi par l’invitation, depuis peu, d’artistes africains en Israël. Heureusement, certains d'entre eux ont rejoint la campagne BDS, tels que les Maliens Oumou Sangaré et Salif Keita, l’Egyptienne Natacha Atlas ou les Sud-africains Ladysmith Black Mambazo, Andy Kasrils ou Ewok.
puce  Les pendules à l'heure
  • Certains disent : « La cause du peuple palestinien est juste, mais ce qui se passe aujourd'hui dans d'autres pays arabes, surtout en Syrie, ainsi qu'en Egypte, est bien pire. »
  • Nous répondons : « La libération du peuple palestinien reste un enjeu crucial pour tout le Proche et Moyen-Orient et pour la paix dans le monde. Dans l'enchaînement des situations dramatiques dans les pays arabes, la politique d'Israël et de ses alliés a souvent été une origine ou un prétexte majeurs. La cause palestinienne concentre depuis longtemps des enjeux internationaux phares, tant en ce qui concerne la conception du droit international, des droits des peuples à vivre libres, qu'en ce qui concerne la conception du "vivre ensemble" dans l'égalité et la justice. »
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lundi 14 octobre 2013

Une confirmation de l'empoisonnement d’Arafat remet en cause le règlement au Proche-Orient (Ria Novosti)

Ria Novosti, l'agence russe, délivre un message terrible pour le Proche-Orient.

Yasser Arafat pourrait avoir été empoisonné (cela semble confirmé) en raison des dissensions entre les factions palestiniennes de l'époque.

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Une confirmation de l'empoisonnement d’Arafat remet en cause le règlement au Proche-Orient

Dossier: L'hypothèse de l'empoisonnement de Yasser Arafat

Yasser Arafat. (Аrchive)
17:21 14/10/2013
MOSCOU, 14 octobre – RIA Novosti
Le règlement du conflit israélo-palestinien pourrait se retrouver définitivement dans l'impasse si l'empoisonnement au polonium du chef de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat était confirmé, pense Vladimir Sotnikov, expert russe  de l'Insitut d'études orientales.
La revue britannique le Lancet a publié hier les résultats d’une étude suisse confirmant la version selon laquelle Arafat aurait été empoisonné au polonium-210, un élément radioactif.

"De nombreuses spéculations apparaîtraient si ces informations étaient confirmées. Les accusations visant les renseignements israéliens pourraient alors dériver vers des spéculations concernant l'implication de certaines fractions de l'Organisation de libération de la Palestine, qui n'étaient pas d'accord avec la politique du défunt Arafat concernant la création de l'Autorité palestinienne. Cela pourrait, au final, enrayer tout le processus de paix", a déclaré Vladimir Sotnikov à RIA Novosti.

D'après lui, le nombre de spéculations serait trop important et le fait qu’Israël devrait alors se justifier rendraient "impossibles" des négociations sérieuses.

Concernant l’influence de telles révélations sur le processus de paix, Evgueni Satanovksi, président de l'Institut du Proche-Orient et d'Israël, a déclaré que ce problème était "exclusivement palestinien" et que les Israéliens n'y avaient "aucun intérêt". Selon l'expert, le thème de l’empoisonnement d'Arafat au polonium intéresse uniquement les forces palestiniennes qui luttent pour le pouvoir à l’intérieur du pays.

Yasser Arafat, fondateur et premier chef de l'Autorité palestinienne qui a reçu le prix Nobel de la paix pour sa participation aux négociations avec Israël, est décédé le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire en région parisienne. L'enquête officielle sur les causes de sa mort a commencé en été 2012 quand la chaîne qatarie Al Jazeera a annoncé la découverte, dans les effets personnels d'Arafat et dans son organisme, de l'élément radioactif polonium-210. Les journalistes avaient alors demandé aux chercheurs de l'Institut de radiophysique (IRA) auprès du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) de Lausanne d'effectuer des analyses : ils travaillent actuellement sur la demande des autorités palestiniennes. Les Palestiniens ont évoqué à de nombreuses reprises l'implication d'Israël dans la mort de Yasser Arafat. L’Etat hébreu a toujours nié ces accusations.

samedi 28 septembre 2013

« Monsieur mon Président vous êtes un lâche. » par Serge Grossvak

Aujourd'hui j'ai appris un fait, et tout aussitôt j'ai lu la réaction indignée d'un homme qui en a savouré toute l'horreur. J'ai pensé que mon devoir était de répandre un peu plus loin cette indignation, que je fais mienne tout en n'étant pas, comme lui, descendant de personnes qui ont fait honneur à la France en souhaitant s'y intégrer, venant d'ailleurs.

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« Monsieur mon Président vous êtes un lâche. »

vendredi 27 septembre 2013, par Serge Grossvak
Monsieur mon Président, j’éprouve un profond regret d’avoir à vous le dire. Regret pour mon pays, regret pour l’espoir de paix. Vous vous conduisez comme un lâche, rien d’autre, lorsque bafoué vous demeurez sans un mot.

Celle qui représente notre pays par notre ambassade est arrachée d’un véhicule, jetée à terre, mise en joue. Et vous ne prononcez mot. Vous ne prononcez mot parce que cela se passe en Palestine sous occupation Israélienne. Monsieur mon Président, si notre ambassadrice était là, dans ce véhicule de secours, c’est que des demeures avaient été dévastée, qu’une population millénaire était chassée de ses terres.

Cela en infraction au droit international sur un territoire occupé.

Monsieur mon Président, vous qui vous montrez si sourcilleux de la justice et des droits de l’homme dans vos mots, pourquoi, là, en avez-vous manqué ? Pourquoi là, demeurez-vous coi, alors qu’un véhicule transportant des tentes, des vivres est intercepté en infraction du Droit ? Pourquoi, alors que de multiples ambassades européennes avaient dépêché leurs diplomates pour apporter leur protection abandonnez-vous ces représentants européens qui ont fait leur devoir avec dignité ? Pourquoi, monsieur le Président ? Pourquoi, alors que des humanitaires sont saisis par la soldatesque, jetés à terre, immobilisés, maltraités, pourquoi ne dites vous rien ?

Ah, il parait que vous êtes gêné, que vous allez vous excuser, que vous allez déplacer-sanctionner cette ambassadrice. Ah oui, tout de même, cette ambassadrice quinquagénaire après avoir été extirpé du véhicule, jetée à terre aurait osé filer une beigne à un solide soldat casqué. Au moins est-ce ce qu’affirme avec indignation ce pays qui ne respecte pas la loi internationale. Vous allez vous excuser. Vous allez baisser la tête. Monsieur, vous êtes un Président rampant.

Vous avez pris vos fonctions il y a peu, avec l’aide de mon modeste vote pour nous débarrasser de l’autre, votre prédécesseur. Il y a peu mais c’est déjà la seconde fois que vous vous comportez comme un couard sur le sujet. Dimanche 2 juin, devant le « Congrès des Communautés juives » et l’Ambassadeur d’Israel, vous aviez fait le tour du monde des remontrances et pas un mot, pas un seul mot concernant la situation infligée au peuple palestinien par l’unique gouvernement représenté dans l’assistance. Pas un mot, pas un petit mot. Rien, vous ne saviez plus rien de ce drame. Rien, vous ne saviez plus rien du nécessaire engagement de notre pays pour donner une chance à la paix par le respect des frontières de 67. Rien, vous ne dites jamais rien sur ce sujet parce qu’il y faut du courage et que vous n’en avez point.

La France, cette France que vous êtes censé incarner monsieur le Président, mes grand parents ont fait le choix d’y immigrer. Cette France d’espoir qui affichait fièrement au côté du mot « Liberté » les mots « Egalité », « Fraternité » leur avait donné envie d’être français, de résister lorsqu’elle était occupée, de défendre ses idéaux lorsqu’ils étaient négligés. Cette France dont ils m’ont transmis l’attachement. Cette terre fut d’émancipation pour des juifs échappant au lourd poids des Shtetls, à la menace quotidienne du pogrom. Et bien ce n’est pas seulement l’effort de paix que votre silence trahit, mais aussi cette identité nouvelle que la Révolution avait apporté à la France et qui avait attiré mes grands parents. Votre silence piétine tout cela, avec les mots « Egalité » et « Fraternité ».

Monsieur le Président, vous soumettez la France à l’en faire mépriser par un gouvernement d’extrême droite. Vous qui êtes de « gôche », vous devriez savoir qu’une extrême droite juive est aussi ignoble et soudard que toutes les extrêmes droites. Par cet oubli et ce lâche silence, dans quelle indignité vous jetez notre pays, dans quel renoncement à la paix vous consentez à être complice !

Monsieur, je suis triste pour mon pays, je suis triste pour les misères ainsi encouragées contre le peuple palestinien.

Serge Grossvak
juif autrement Yid
27 septembre 2013

jeudi 6 juin 2013

Premières impressions (sur la terre géographique nommée Palestine) par Michèle Sibony

Un témoignage est un témoignage. Il en est de poignants. Celui-ci vous serre la gorge. D'autant plus qu'il est malséant d'en faire part, trop souvent. Merci une fois de plus à Cap 2012 qui a répercuté ce billet à lire et faire passer. Il s'agit de ce qui se passe dans un lieu géographique nommé depuis des siècles Palestine.

Sur UJFP

Premières impressions

jeudi 6 juin 2013 par Michèle Sibony
 
Compte rendu 1 – Michèle Sibony

Première période du 20 au 30 mai

Pour qui penserait que la question du sionisme, c’est-à-dire la nature juive de l’Etat, n’est plus d’actualité, masquée ou liquidée par la perspective des 2 Etats ouverte par Oslo, il suffirait de lire la presse israélienne quotidienne afin de découvrir combien cette question est revenue en force avec la fin du fameux processus.
Ainsi le Haaretz de ces jours-ci foisonne d’articles sur cette question. A titre d’exemple, voici le résumé d’un article du 28 mai de Jonathan Lis intitulé « Une proposition de loi du Likoud place le judaïsme au dessus de la démocratie » : Yariv Levin député likoud membre de la coalition gouvernementale vient de proposer une loi qui subordonnerait l’identité démocratique d’Israël à son identité d’Etat juif. (comme si ce n’était pas déjà le cas d’ailleurs ! ndlt) Mais ce faisant il reprend à peu de choses près deux propositions antécédentes déposées par Avi Dichter député Kadima lors de la précédente législature. Bien sûr Levin ajoute à ces projets des recommandations supplémentaires et controversées : légaliser par exemple la notion de « Eretz Israël » (la terre d’Israël de la mer au Jourdain auquel se réfèrent les colons Bible en main ) et affirmer les liens juifs exclusifs à cette terre)
Et la loi propose aussi : le « droit d’autodétermination nationale dans l’Etat d’Israël n’appartient qu’au peuple juif »

Le projet recommande que l’hébreu devienne la seule langue officielle du pays (alors qu’aujourd’hui l’arabe et l’hébreu sont les deux langues officielles) . Mais le parlement pourrait ensuite légiférer pour garantir un statut secondaire à l’arabe et l’anglais.

Un autre article du projet prévoit la destination exclusive des fonds à la construction pour les communes juives. Cependant l’État serait autorisé à approuver la construction de communes non juives.

En même temps le projet utilise aussi un vocabulaire démocratique, soulignant que chaque résident d’Israël indépendamment de sa religion ou nationalité est autorisé à agir pour préserver sa culture, son héritage, sa langue, son identité.

Autre sujet dont les journaux s’emparent tous les jours : Le boycott qui suscite une grande inquiétude , et dont la stratégie de défense israélienne est de dire qu’il est « individuel » et donc raciste. Hawkins est un hypocrite proclame ainsi Daniel Abraham (entrepreneur américain fondateur du centre de Washington pour la paix au Proche Orient) dans le Haaretz toujours « Nous pouvons toujours dénoncer S. Hawkins pour son hypocrisie (qu’il détaille abondamment) mais au bout du compte le plus important est que nous réalisions combien il est mauvais d’occuper un peuple dont le leader Mahmoud Abbas veut faire la paix avec nous. » Un sioniste de gauche, sans doute.

13 ans après l’Affaire Muhamad El Dura revient en force dans la société israélienne, par la voix d’un comité spécialement constitué pour réviser toute l’affaire et qui statue que l’enfant tué devant la caméra d’antenne 2 n’est pas mort. Comme s’il s’agissait de laver l’armée israélienne de tous ses crimes en revendiquant son innocence sur celui ci, fondateur il est vrai , puisque survenu au 2e jour de la seconde Intifada.

Le père de l’enfant tué à fini par envoyer le message suivant à travers la presse israélienne, « si mon fils est vivant et que vous ne l’avez pas tué, alors rendez le moi ! »

Nombre de Palestiniens s’expriment sur cette question en rappelant au comité qui étudie avec autant de sérieux l’affaire Al Dura, qu’il pourrait aussi se pencher sur les conditions de la mort de 13 enfants palestiniens dont douze de citoyenneté israélienne, survenue pendant la même période. Sans parler des 951 enfants tués depuis 2000 (chiffres Btselem) . Il faudra plus qu’une lessiveuse pour laver tout ce sang.

Explosion dans le train :
Mes premiers jours ici sont toujours durs à encaisser. Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je lis, tout me rappelle l’injustice, l’arrogance et la bêtise profondes du dominant privilégié. Et parfois une étincelle de trop provoque l’explosion incontrôlée. Dommage. Si j’arrivais à garder mon calme au lieu de me mettre à hurler, peut-être serais-je plus convaincante ? J’en doute. La propagande israélienne a cela de très fort qu’elle rencontre des gens qui l’adorent et ne demandent qu’à en être abreuvés afin de mieux justifier leur droit à l’existence contre les autres.. Briser un tel cercle vicieux demande un long travail patient et surtout des contextes sociaux, politiques, internationaux, très différents. En l’état actuel tout concourt à renforcer cette inertie nauséabonde.

Dans le train Tel Aviv à Benyamina où m’attend une amie afin de m’emmener à Kfar Kara dans le Triangle (zone de forme triangulaire demeurée à forte population arabe après la Naqba) dans sa famille palestinienne d’Israël :

En face de moi, une femme assez belle d’une cinquantaine d’année m’intrigue, juive orientale, palestinienne, espagnole peut-être ? Sur les 4 places en carré à ma gauche, deux jeunes soldates, 18-19 ans déjeunent, et près d’elles un couple âgé qui échange en hébreu aussi bien qu’en français, avec pour la femme un clair accent juif égyptien. Arrive une jeune fille qui se présente comme étudiante en psycho et propose à tout le monde de remplir un questionnaire qui alimente son mémoire de fin d’études. La dame à l’accent égyptien accepte « à condition , dit-elle, que ce ne soit pas contre Israël » Je dresse l’oreille.

L’étudiante lui répond : qu’est ce que tu veux dire par là, ce sont tes réponses libres qui m’intéressent... je repasserai dans un moment ramasser les questionnaires.

Et la dame commence la lecture à haute voix. Des statistiques sur l’état des hôpitaux en Cisjordanie sont présentées et le questionnaire demande de choisir entre les sentiments qu’elles éveillent chez le lecteur. -Ah ! Vous voyez ! J’avais raison, c’est contre Israël. Qu’est ce qu’on en a à faire des hôpitaux palestiniens, comme si on avait pas nos propres problèmes de santé ! C’est contre Israël . Je ne veux pas répondre ! Une jeune soldate intervient : C’est sûr : tu n’as qu’à répondre à l’envers , le contraire de ce que tu penses, pour fausser ses résultats et bousiller son enquête ...

La femme placée en face de moi prend alors la parole , avec un accent yéménite ou oriental aux gutturales très marquées :- Pourquoi ne pas répondre ? C’est pour ses études, quel est le problème de dire ce que cela éveille chez vous. Cela ne vous menace pas...

Et l’analyse détaillée du questionnaire de continuer, émaillée de rires de connivences entre la jeune soldate l’égyptienne et son époux. Rires sur ces Palestiniens qui nous emmerdent et qui n’ont qu’à se débrouiller, et qui ne sont pas humains ils n’ont qu’à aller ailleurs ici c’est chez nous...

J’explose : c’est vous qui n’êtes pas humains, où est passée votre humanité ? Et votre judaïsme alors, n’en parlons pas ! Vous êtes des brutes ignares et sans conscience. Vous êtes cruels et hermétiques aux autres. Et vous vous permettez de les juger en plus !

La femme à l’accent oriental renchérit : mais enfin avec qui voulez vous faire la paix ou discuter ! Avec les Russes ou les Américains ? C’est avec vos voisins qu’il faut parler quand même.

L’Égyptienne me jette un regard noir et m’interpelle : on voit bien que tu n’as pas grandi dans un pays arabe et que tu ne sais pas comment ils traitent les gens là bas.

- Je suis née et j’ai grandi au Maroc, cherchez l’erreur. Mais en quoi cela justifierait-il ta propre cruauté ? La soldate, très brune, ricane : ah ! elle est marocaine celle là ? (j’ai bien envie de la gifler) Je continue, - mais pourquoi regarder dans les pays arabes, regarde ici ce que vous faites, quelle société dégueulasse raciste et haineuse vous fabriquez, vous devriez avoir honte. La juive orientale opine du chef satisfaite de mes propos, mais avec un regard de reproche sur mon ton et ma rage que je contrôle de moins en moins.

La soldate continue de ricaner : je lui suggère de la fermer et de continuer à tirer sans état d’âme sur les enfants palestiniens..la soldate imite alors le bruit d’une carabine qui tire en visant de petits enfants imaginaires. Elle se moque de moi. Une agitation s’est éveillée dans tout le wagon derrière moi... attention, j’ai été trop loin. L’orientale me le signifie clairement : Alors ce coup ci c’est toi qui exagères.

Malheureusement je sais que je n’exagère pas.

Mais je suis obligée de me calmer. Mâchoires serrées pour réprimer mon tremblement, je suis au bord des larmes. Le couple âgé me regarde avec stupéfaction, et la dame me reprend presque gentiment sur le mode de la démocratie : Pourquoi t’énerves tu comme çà ? On n’est pas obligé d’avoir les mêmes opinions mais on peut parler calmement, tu peux même dire ce que tu dis sans problème, c’est çà la démocratie. Je lui propose de ne pas parler de ce qu’elle ne connaît pas ce dont elle n’a pas la moindre idée : La démocratie c’est l’égalité.

Le train arrive à Benyamina. Dans la famille de Manal un festin nous attend à l’ombre du mûrier dans la cour. Les rires et la gentillesse de sa mère, ses tantes, ses sœurs, auront raison de ma colère et de mon tremblement.

Gideon Lévy dans la rue en plein Tel Aviv, s’est fait insulter et cracher dessus ainsi que sa compagne. Parce qu’il fait partie de « ceux qui haïssent » Israël. Il a la triste charge en effet de rapporter chaque semaine à cette société les actes commis pour la « protéger « dans les territoires occupés. Et en effet c’est insupportable. Une famille dans un village de Cisjordanie, le fils tué de plusieurs balles dans le dos, en s’enfuyant après avoir jeté des pierres contre le mur : l’armée elle même reconnaît que l’incident était problématique. Quelques jours plus tard l’armée intervient en pleine nuit, avec des dizaines de soldats, des chiens et des hurlements, dans la maison familiale endeuillée. Ils viennent arrêter le second fils. Dans la maison les parents, huit filles, tous battus, frappés, la mère huit points de suture, et deux des filles à l’hôpital, la terreur à l’état pur. L’officier qui a dirigé l’opération a indiqué à ses soldats : dans cette maison là pas de pitié...

Tout ceci mérite bien un crachat sur celui qui le relate..

Des colons ont mis le feu aux champs de leurs voisins palestiniens. Le feu a trop bien pris et fini par menacer la colonie elle même. Ils ont alors appelé l’armée au secours pour qu’elle vienne éteindre les flammes. Aujourd’hui ils prétendent que les Palestiniens ont provoqué un 2e feu...

En tous cas dans la schizophrénie ambiante, si l’on ne voit ni n’entend ni ne parle de ce que l’on fait subir aux Palestiniens, tout le monde est secoué par l’attaque d’une banque qui a fait 4 morts. Or il s’avère que le meurtrier avait été renvoyé de l’armée pour comportement violent et brutalités injustifiées (c’était çà ou la décoration) . Mais l’armée n’avait pas jugé utile de donner ses raisons ou de signaler ce cas. Ainsi l’homme a continué dans le civil. De même c’est le fait divers de Qiriat Ata où un jeune homme a tué sa mère et envoyé à l’hôpital sa petite amie ainsi que deux passants, qui occupe les esprits. Mais pourquoi tant de violence ? Bonne question.

300 000 permis de ports d’armes en Israël et dans les colonies ; on peut peut-être imaginer qu’ils ne s’en serviront pas ?

Nathan Blanc :
Jeune homme de bonne famille , comme on dit, n’est pas le premier refusnik en Israël. Mais il vient de gagner son bras de fer contre l’armée : après 170 jours de rétention en prison militaire,reconduite toutes les 3 semaines, il a été libéré du service militaire pour objection de conscience et rien d’autre. Il a refusé tout compromis avec ses convictions et son refus de porter les armes. L’armée lui a proposé une baisse de profil pour raisons psychiatriques, des arrangements multiples pour éviter d’avoir à créer un précédent sur l’objection de conscience. Elle a surtout peur de l’usage que pourraient en faire les religieux que l’on veut obliger à « partager la charge » du pays en faisant l’armée. Nathan Blanc indique dans tous ses interviews qu’il lui semble très important pour tous ceux qui le suivront, de ne pas accepter le déguisement de leur refus et d’en d’assumer les vraies raisons. En effet l’armée a très peur des refus frontaux elle préfère négocier des raisons qui ne la remettent pas en cause, et masquent finalement la réalité du nombre important des refusniks.

Jérusalem :
Je prends un taxi collectif et non le bus pour aller à Tel Aviv. Cela m’évite l’enfer de la gare routière centrale et de ses contrôles. C’est ce que font beaucoup de palestiniens aussi. Le chauffeur est palestinien et une grande partie des voyageurs. Ils discutent en arabe parlent au téléphone, tranquillement.

A l’arrivée, l’un d’eux l’air gêné demande discrètement au chauffeur en arabe, puis dans un hébreu hésitant, puis en arabe à nouveau : dis moi comment je fais pour aller à la mer ? L’autre : quelle mer ? Je ne sais pas... la mer, Bahr.. Haïfa ? Quel taxi prendre ? Le chauffeur lui lance un numéro de ligne...

Traduction : il vient sans doute des territoires occupés, et n’a pas vu la mer depuis longtemps... envie de pleurer.

Michèle Sibony

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vendredi 3 mai 2013

Google : "Territoires palestiniens" devient " #Palestine "

Une bonne nouvelle........ merci Assawra. Pourquoi le voisin de Tel Aviv ne se réjouit-il pas de l'arrivée de fait d'un nouveau voisin officiel ?



Google : "Territoires palestiniens" devient "Palestine"

vendredi 3 mai 2013, par La Rédaction

Le moteur de recherche Google a remplacé la mention "Territoires palestiniens" par "Palestine" sur sa page palestinienne www.google.ps , une modification déplorée vendredi par Israël, mais saluée par la direction palestinienne, à la suite de l’accession de Palestine au statut d’État observateur. Le changement est intervenu le 1er mai, a précisé un porte-parole de Google, Nathan Tyler, dans un communiqué. "Nous changeons le nom de Territoires palestiniens en Palestine dans tous nos produits. Nous consultons une série de sources et d’autorités pour nommer les pays. Dans ce cas, nous suivons l’ONU, l’Icann (régulateur des noms de domaine sur Internet, NDLR) l’ISO (Organisation internationale de normalisation, NDLR) et d’autres organisations internationales", a-t-il expliqué.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor a regretté cette décision. "Ce changement soulève des questions sur les raisons derrière cette implication surprenante d’une entreprise internet privée dans la politique internationale, et d’une manière controversée", a-t-il déclaré. Le conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas pour les télécommunications et l’Internet, Sabri Saïdam, a salué "un pas dans la bonne direction", y voyant un "résultat du vote des Nations unies". "Nous espérons que Google Maps montrera aussi les terres palestiniennes confisquées par la colonisation israélienne", a-t-il dit.

L’Assemblée générale de l’ONU a accordé le 29 novembre 2012 à la Palestine le statut d’"État observateur" au sein des Nations unies, où elle siégeait jusqu’alors en tant qu’"entité" observatrice, par un vote à 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions. Les autorités palestiniennes ont en conséquence commencé à se désigner comme "État de Palestine" dans leurs correspondances diplomatiques, pour lesquelles des timbres à cet intitulé ont même été émis.

(03-05-2013 - Avec les agences de presse)

dimanche 13 janvier 2013

Israël évacue des Palestiniens occupant le site d’un projet de colonie (Assawra)

Israël évacue des Palestiniens occupant le site d’un projet de colonie

dimanche 13 janvier 2013, par La Rédaction d'Assawra

Des centaines de policiers israéliens ont évacué tôt dimanche matin un campement de militants palestiniens installés depuis deux jours sur le site d’un projet de colonisation juive controversé en Cisjordanie occupée, selon des témoins et l’AFP.

"Les forces israéliennes sont entrées dans le camp", dressé vendredi matin sur le site du projet E1, entre la Cisjordanie et Jérusalem-Est occupées, a confirmé à l’AFP une des organisatrices de cette manifestation, Abir Copty.

Environ 500 policiers et gardes-frontière, accompagnés de bulldozers, ont participé à l’opération qui a débuté vers 02H30 (00H30 GMT), a précisé la police.

Selon Moustafa Barghouti, membre du Conseil législatif palestinien, présent sur place, "des centaines de policiers israéliens sont arrivés de toutes les directions, encerclant tous ceux qui étaient dans les tentes, et les arrêtant un par un".

Le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, a toutefois affirmé que les protestataires palestiniens avait été "escortés" hors du site mais pas mis aux arrêts. L’évacuation n’a fait aucun blessé, a dit M. Rosenfeld à l’AFP.

Plus de 200 Palestiniens assiégés refusaient d’obtempérer à un ordre israélien de quitter leur campement en dépit des menaces d’expulsion.

Samedi soir, à la fin du repos hebdomadaire juif, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en pleine campagne électorale, avait ordonné aux forces de sécurité d’expulser immédiatement les Palestiniens qui sont rassemblés entre (la colonie de) Maalé Adoumim et Jérusalem".

M. Netanyahu avait requis la fermeture de toutes les routes d’accès au site du campement composé d’une vingtaine de tentes et installé dans la zone ultra-sensible E1, où le gouvernement israélien a récemment relancé un important projet de colonie. La région avait été décrétée "zone militaire interdite".

Les activistes palestiniens avaient dressé ce camp de tentes, baptisé "Bab al-Chams" (La porte du soleil), dans le cadre d’une stratégie "créative" de résistance non violente aux implantations et à l’occupation israéliennes. Il se voulait une réplique palestinienne des colonies sauvages israéliennes.

Vendredi, la police israélienne avait distribué des ordres d’expulsion aux militants, déclarant le secteur "zone militaire interdite". Mais les Palestiniens ont obtenu, par l’intermédiaire de leur avocat, une injonction de la Cour suprême israélienne gelant l’ordre.

Tout au long de la journée de samedi, dans une atmosphère bon enfant, les militants tentaient de se réchauffer en buvant du thé et du café. Ils brandissaient des drapeaux palestiniens et scandaient des slogans comme "La Palestine est libre" ou "A bas l’occupation".

"Israël défie le droit international depuis des décennies en érigeant des colonies illégales sur des terres volées et en rasant des maisons palestiniennes. Nous avons le droit de bâtir et de vivre sur notre terre", a commenté Abdallah Abou Rahmah, responsable du comité de coordination de lutte populaire, à l’origine de l’initiative.

"Nous, les Palestiniens, sommes toujours pessimistes mais cette initiative nous donne des raisons d’être optimistes", a déclaré à l’AFP Omar Jhassan, 27 ans, venu de Ramallah passer la journée dans le camp. "C’est un nouveau type de résistance différent de la résistance armée ou des jets de pierres".

Le projet dans la zone E1 relierait l’implantation israélienne de Maalé Adoumim à des quartiers de colonisation juive à Jérusalem-Est et couperait en deux la Cisjordanie, compromettant la viabilité d’un Etat palestinien.

La communauté internationale considère illégales toutes les colonies israéliennes et ne reconnaît pas l’annexion en 1967 de Jérusalem-Est, où les Palestiniens veulent établir la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

(13 janvier 2013 - Avec les agences de presse)

mercredi 19 décembre 2012

Boycott d’israël : La voix d’un opposant israélien

Vu chez Jocelyne

 

Boycott d’israël : La voix d’un opposant israélien

mercredi 19 décembre 2012 

Ronnie Barkan, juif israélien, opposant la colonisation et à l’occupation israéliennes, et partisan du Boycott de l’Etat qui les pratique souligne dans un article le rôle de la cour suprême israélienne, qui loin d’être indépendante, entérine les décisions les plus injustes et arbitraires dès qu’il s’agit de donner raison à l’occupant. Il explique également en quoi les tentatives de répression d’Israël ou d’autres gouvernements contre la campagne de boycott ne peuvent que renforcer celle-ci au niveau international.

"Exiger l’égalité : en quoi est-ce illégal ?

Si la loi anti-boycott est jamais appliquée, les premiers cas peuvent donner encore plus d’élan au mouvement BDS.

Tandis qu’Israël ne cesse d’annoncer la construction de nouvelles colonies dans les territoires palestiniens occupés, et notamment dans une zone politiquement et géographiquement sensible dénommée zone E-1 (EPA), des ONG israéliennes ont fait appel à la Cour Suprême d’Israël pour abroger la loi de juillet 2011 qui criminalise les militants israéliens qui participent à la campagne "Boycott from Within" (Boycott de l’intérieur)


Ces ONG soulignent que cette loi va à l’encontre des libertés de parole et d’opinion, de la liberté d’expression politique et du droit à s’organiser. Un procès a début le 5 décembre dernier à Jérusalem-ouest et la Cour doit rendre son jugement dans les prochains jours.

D’un point de vue moral, la Cour suprême israélienne est un axe important de l’occupation israélienne et de l’Apartheid. C’est cette même Cour qui refuse systématiquement de s’occuper des violations israéliennes de la loi internationale alors que dans le même temps elle autorise Israël à continuer le nettoyage ethnique non seulement dans les Territoires occupés mais aussi à l’intérieur d’Israël.

Le processus consistant à pousser dehors les gens du pays, qui a commencé par la force brute dès la création de l’état est appliqué aujourd’hui par des moyens légaux et ayant l’apparence de loi. Telle est la situation dans Jérusalem-est occupé et dans les villages non reconnus du Naqab (désert du Néguev).

La Cour de Justice s’est prononcée à plusieurs reprises en faveur du siège de Gaza qui est illégal et des politiques criminelles qui sont responsables du rationnement des citoyens de Gaza et du fait que 95% de l’eau à Gaza est impropre à la consommation.

En conséquence, faire appel à une cour qui a elle-même légalisé dans le passé la torture et tout ce qui s’en approche —faisant d’Israël le seul pays au monde qui ait légalisé cette pratique— n’est pas une décision à prendre à la légère. D’un point de vue pratique, faire appel peut très bien avoir l’effet contraire à celui qu’on espérait.

Comme il est arrivé dans le passé, la Cour peut très bien invalider certaines clauses de la loi tout en réaffirmant le reste ; sanctionnant ainsi une version révisée de la loi avec un sceau d’approbation.

Affectés par les lois israéliennes
Moi en tant que militant juif-israélien du boycott qui travaille pour mettre fin à l’Apartheid israélien, je pense que la loi en fait sert notre lutte.

Il y a une longue liste de lois discriminatoires contre les non-juifs ou ceux qui sont affectés par les lois israéliennes.

La plupart de ces lois ont été promulguées durant les premiers jours de l’Etat d’Israël suite au nettoyage ethnique qui visait à créer artificiellement une majorité juive sur cette terre. De telles lois racistes furent mises en place pour légaliser ainsi que pour institutionnaliser ce crime.

Puis vint l’occupation militaire de 1967 qui a marqué un tournant radical dans des lois militaires répressives visant principalement les palestiniens sous occupation. Des Tribunaux militaires, avec un taux écrasant de 99,7% de condamnations, sont présents jusqu’à ce jour.
C’est pourquoi la loi anti-boycott a été reçue avec une telle violence lorsqu’elle est passée l’année dernière avec de fortes critiques venant des défenseurs mêmes d’Israël comme AIPAC. Ce jour-là, « Boycott de l’Intérieur », un groupe de citoyens israéliens qui approuve et soutient le BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) publia une déclaration « Nous ne resterons pas silencieux ».

Dans cette déclaration, nous réitérons notre engagement dans la lutte pour les droits fondamentaux des Palestiniens –droit au retour, égalité des droits à l’intérieur d’Israël et fin de l’occupation- ainsi que rendre Israël responsable de ses actions.

La loi est en fait un signe de succès puisqu’elle montre l’efficacité du BDS, une campagne menée par les palestiniens qui a obtenu une reconnaissance internationale et qui est devenue un mouvement de conscience mondial directement inspiré du succès obtenu par la lutte anti-apartheid contre le régime d’Afrique du Sud.

De telles actions législatives menées par le régime israélien servent seulement à mettre en lumière le vrai visage de l’état dit « juif démocratique » et rassemble la communauté internationale ainsi que des personnes mondialement connues.

Plutôt que d’analyser les finasseries de la loi anti boycott, il vaut mieux clarifier le caractère de l’Etat qui fait de telles lois. Ce n’est ni une loi « anti démocratique » ni une loi « anti constitutionnelle » comme beaucoup voudraient nous le faire croire, pour la simple raison que cet Etat n’est pas une démocratie et n’a pas de constitution.

L’état, en fait, est profondément opposé aux valeurs démocratiques telles que l’égalité, et les droits des minorités. Une constitution ne serait d’aucun service puisque cet état s’oppose aux droits de tous. C’est dans ce but que l’Etat me définit comme appartenant à la nationalité « juive », cherchant ainsi à donner des privilèges à un groupe élu par rapport à ceux qui sont privés de droits. S’il existait une nationalité « israélienne » il ne serait pas possible, en théorie, de légaliser les différences entre citoyens.

Etant donné les violations de la loi internationale, le non respect absolu des droits humains universellement reconnus et la mobilisation du public à travers le monde contre de telles violations, la question qui se pose est comment les gouvernements peuvent continuer de traiter avec Israël comme si de rien n’était.

Législation israélienne anti boycott
La législation israélienne anti boycott qui consiste à étouffer toute tentative qui pourrait la rendre coupable de violations de la loi internationale, est un problème sérieux. C’est pourquoi il est inquiétant que tout récemment encore plusieurs gouvernements européens aient essayé de couvrir Israël en refusant de le tenir responsable de ses actions. Leur vote aux Nations unies s’est fait en niant aux Palestiniens le droit de recourir à la Cour Pénale Internationale auprès de laquelle les Palestiniens peuvent se mettre sous la protection de la loi internationale.

Depuis lors cependant, de nouvelles voix se font entendre parmi quelques pays européens. Ils expriment leur colère devant la dernière décision d’Israël qui vise à construire une nouvelle colonie dans les Territoires occupés de la Palestine, c’est à dire dans une zone politique et géographique très sensible connue comme zone E-1.

De telles voix, que l’on pourrait considérer comme les premiers signes d’un changement, menacent de rappeler leurs ambassadeurs en Israël et mentionnent même de sanctionner ou de geler les précédents accords commerciaux avec Israël. De tels actes signifieraient plus qu’une simple critique de l’expansionnisme israélien.

Un exemple de la complicité en cours de tous les états membres de l’UE peut être trouvé dans l‘Accord d’Association entre l’UE et Israël qui comporte une clause d’engagement, article 2 de l’Accord, disant que les « relations entre les parties ainsi que les clauses de l’Accord lui-même sera basé sur le respect des droits humains et des principes démocratiques,… et constitue un élément essentiel de l’Accord ».

La nature légale de cette clause est consciencieusement expliquée dans un rapport du Professeur Takis Tridimas qui affirme que les gouvernements européens sont obligés de geler l’Accord selon les lois de la CE et les régulations en plus de leurs autres obligations imposées par la loi internationale.

Roger Waters, qui a fait partie du jury du quatrième Tribunal Russel en Palestine s’est adressé récemment à l’Assemblée Générale des Nations Unies pour discuter les verdicts du tribunal qui conclut qu’Israël est coupable d’une longue liste de violations de la loi internationale y compris celle du crime d’apartheid.

Waters a également évoqué la nécessité d’un changement parmi les instances internationales, incluant les Nations Unies elles-mêmes, de façon à ce que de telles organisations maintiennent leur légitimité et soient capables de représenter la volonté du peuple.

Si la loi anti boycott est un jour appliquée, les premiers cas peuvent donner un plus grand élan au BDS. Il incombera alors aux gouvernements du monde de mettre en application ce que beaucoup des citoyens ont compris depuis longtemps : le fait qu’il est non seulement légitime de prendre le train du BDS mais qu’il convient d’attendre de ces mêmes citoyens qu’ils soient au coude à coude avec tous ceux qui parmi nous se battent pour l’égalité, la liberté et la justice pour tous. "

Ronnie Barkan

Publié en anglais sur : http://www.aljazeera.com/indepth/op...
*objecteur de conscience et co-fondateur de « Boycott de l’Intérieur »(« Boycott from Within »), un groupe de citoyens israéliens et de résidents qui soutiennent l’appel des palestiniens pour le boycott.
Follow him on Twitter : @ronnie_barkan

(Traduit par Annie et Pedro pour CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine
 
Posté par Jocegaly à 15:38