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mercredi 30 avril 2014

De l'humour aux persécutions, des Dragonnades au déni de Nantes

Le 29 avril un procès avait lieu, un de plus.... (oui, c'est bien le 29)




Ce sera à chacun de juger..... pour ma part, j'avoue avoir du mal à admettre que le pays de Mirabeau et de Gambetta se retrouve englué dans des situations dignes des Dragonnades, pour le MOINS : le peuple s'est éduqué bien mieux depuis, pourtant toujours les mêmes coteries qu'au temps de la Ligue se font fortes de diriger un pays entier, voire bien plus, selon LEURS volontés néfastes.

Non, si je comprends bien, ce ne sont pas quelques "quenelles" anti- $¥$T€M€, requalifiées autrement par des haineux que cela arrange ainsi, qui dérangent ceux-là : il s'agit tout simplement d'une opposition politique, qui pour eux est inadmissible. Seul LEUR dessein a droit de cité, et ce dessein se résume à la dictature de quelques banquiers (une poignée, pas plus) sur le monde entier.

Les moyens paraissent détournés, les procédures s'efforcent de se cacher derrière des paravents depuis longtemps percés à jour, mais les réflexions aboutissent toujours aux mêmes conclusions. Pour couronner celles-ci, les menaces voilées font savoir que TOUS les moyens seront bons pour que cette ploutocratie mondiale conserve l'avantage.




Le déni de la Justice nantaise par une haute juridiction aux ordres, le 9 janvier, a sonné le glas de l'échafaudage du Droit. Déjà le législatif s'était totalement compromis le 4 février 2008. Que reste-t-il ? Nous autres le Peuple. Certes, quelqu'un n'avait-il pas lancé, par boutade, "Si le peuple n'est pas d'accord, il faut dissoudre le peuple" (je n'ai plus la citation exacte) ?

mercredi 26 juin 2013

Liban-France : Georges Ibrahim Abdallah : Contre l’oubli (Le Grand Soir - René Naba)

C'est un rappel nécessaire. Un homme est en prison en France, au mépris de tout le Droit, pour complaire à des assassins politiques étrangers et à des politiciens dits "français". La plus haute juridiction  s'est de fait déjugée,  la séparation des Pouvoirs est gravement bafouée, le peu de légitimité qui restait dans hautes sphères est définitivement piétiné. D'où ce billet à charge passé aujourd'hui dans Le Grand Soir.


Liban-France : Georges Ibrahim Abdallah : Contre l’oubli.


Militant pro palestinien d’origine libanaise, emprisonné en France depuis 29 ans, Georges Ibrahim Abdallah est l’objet d’un invraisemblable déni de droit de la part de la France, dans l’indifférence générale de l’opinion arabe et internationale, particulièrement libanaise...
I – Une justice à la Kafka
Paris – Un homme libre en captivité. Tel est le paradoxe de cet homme de conviction et de rare courage, victime des contradictions françaises. Pleinement Libre, mais retenu en otage de considérations politiques françaises où le ministère de l’intérieur fait capoter une remise en liberté, non au nom de la raison d’état, mais pour des considérations électoralistes, où la duplicité tient lieu de posture morale en ce que le principe de la séparation des pouvoirs, hautement proclamé surtout depuis le scandale Jérôme Cahuzac, est subrepticement bafoué par des arguties de basse manœuvres politiques.

La Cour d’appel avait ordonné la libération de Georges Ibrahim Abdallah en subordonnant sa remise en liberté à un arrêté d’expulsion du territoire du ministre de l’intérieur. Beaucoup y ont vu dans cette décision de justice une double peine déguisée infligée au prisonnier. Un principe prohibé par le droit français. D’autres, tout aussi nombreux, ont considéré que le fait de subordonner, à tout le moins de conditionner la mise en application d’une décision de justice, à une décision administrative du ministère de l’intérieur, a constitué un cas flagrant d’atteinte aux principes généraux du droit, un principe constitutionnel, le principe de la séparation des pouvoirs.

La Cour de cassation a, elle, rendu un arrêt sans renvoi à propos de Georges Ibrahim Abdallah. Une décision qui coupe la voie à tout recours ultérieur possible devant une juridiction française. Un arrêt à la Kafka en somme en ce que le doyen des détenus politiques de France a déjà purgé sa peine et sa libération a été ordonnée. La cour de cassation le renvoie à sa case départ : La prison sans fin, sans issue.

II – Une possible saisine de la justice administrative contre Manuel Valls
Les positions du ministre de l’intérieur, M. Manuel Valls, sur son attachement inaliénable « au peuple juif et à Israël » en raison de sa matrimonialité nouvelle pourrait poser la question du bien-fondé d’une action en suspicion légitime à son encontre en ce que son positionnement personnel et affectif, légitime tant que d’ordre privé, est en contradiction avec ses responsabilités politiques, dès lors qu’elles sont affichées publiquement.

Le ministre de l’intérieur est chargé du maintien de l’ordre, mais en sa qualité de ministre des cultes, il a aussi en charge le maintien de la concorde nationale. Sauf à y voir la marque d‘un procédé dilatoire, se pose d’une manière sous-jacente, la question de savoir en quoi le refoulement vers son pays d’origine d’un prisonnier constitue-t-il une atteinte à l’ordre public français ?. Manuel Valls devait entériner administrativement une décision judiciaire et non se substituer à la justice d’autant que son arrêté d’expulsion revenait à expédier hors du territoire national un prisonnier sexagénaire jugé dangereux pour la sécurité nationale. Sa crédibilité aurait été plus grande si la politique des pouvoirs français avait été frappée d’une plus grande cohérence en s’abstenant par exemple de soutenir des djihadistes à la dangerosité autrement plus grande que le prisonnier libanais, en soutenant d’abord les dictatures arabes, puis en favorisant la prise de pouvoir par la frange la plus extrême du djihadisme erratique en Libye, en Syrie et en Tunisie.

Militant pro palestinien d’origine libanaise, emprisonné en France depuis 29 ans, Georges Ibrahim Abdallah est l’objet d’un invraisemblable déni de droit de la part de la France, dans l’indifférence générale de l’opinion arabe et internationale, particulièrement libanaise. Incarcéré depuis 1984, il a battu le record détenu jusque-là par Nelson Mandela (24 ans), le chef du combat nationaliste sud-africain, et revendique désormais le titre de « Doyen des prisonniers politiques dans le Monde », au même titre que Moumia Abou Jamal.

L’homme, il est vrai, est atypique en ce que son parcours transcende les traditionnels clivages ethnico religieux qui constituent les habituelles grilles de lecture du conflit israélo-palestinien. Militant communiste issue d’une famille chrétienne du Nord-Liban, ancien élève des congrégations religieuses chrétiennes françaises au Liban, Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à la peine maximale prévue par la loi, pour l’exécution d’un responsable du Mossad israélien et celle d’un attaché militaire américain à Paris en 1982.

Au-delà du bien-fondé de sa condamnation sur la base de preuves sujettes à caution, l’homme a purgé sa peine. Libérable depuis 10 ans, il a été maintenu en détention sur ordre direct des États-Unis, aiguillonnées en sous-main par Israël. Pour l’exemple, au prétexte qu’un « crime de sang » a été commis à l’encontre de personnes représentant des autorités publiques. Au-delà du débat sur la matérialité de ce crime, en dépit de l’inégalité des rapports de force, en raison précisément de cette inégalité des rapports des forces exigeons la déportation de cette affaire et la saisine de la Cour européenne des droits de l’Homme.

Que la France respecte ses lois, l’expression de la volonté générale représentée par l’Assemblée nationale, artisan du Code Pénal. Une peine a été accomplie dans sa totalité. Elle implique la libération du détenu. Une libération qui n’est pas une faveur, mais une application du principe de la légalité des délits et des peines. La peine, accomplie de manière exemplaire, c’est-à-dire en conformité avec les règles de bonne conduite, ouvrait droit à une libération anticipée. Cela n’a pas été le cas. Mais cela ne doit pas se compenser pour autant par une détention sinon illégale, à tout le moins arbitraire.

L’application d’un droit ne constitue pas une faveur, mais une obligation morale. Le Droit applicable en France par la France pour l’honneur de la France. Son incarcération prolongée signe une forme de forfaiture, le propulsant par contrecoup, au rang du symbole du militantisme intégral.

Pourquoi ne pas concevoir un recours percutant devant la CEDH, (le Comité des droits de l’homme de l’ONU), les rapporteurs spéciaux de l’ONU, ou mieux, un recours en responsabilité civile pour faute de l’État ? Pourquoi accepter l’impunité de l’État ? Certes, Le Droit reste majoritairement un instrument de la domination. Oui, mais pourquoi s’en remettre à un rebouteux, alors qu’une équipe hospitalière peut le guérir ?

Certes, il existe une part de méconnaissance en ce que le droit est fort complexe et même incertain. Soit, Mais il importe de briser la volonté d’utiliser l’embrouillamini du droit pour bloquer des affaires où l’action juridique pourrait permettre de belles avancées. Grave. Penser qu’ Israël juge tous les jours illégalement des Palestiniens, et qu’en soixante ans, la Palestine n’a conduit aucun procès sérieux contre Israël, ni en Palestine, ni ailleurs.

Une condamnation de la France par les instances européennes serait une victoire éclatante de grande portée stratégique et psychologique en ce qu’elle aura sanctionné un déni de droit d’un pays se réclamant abusivement comme étant le « Pays des Droits de l’Homme »… qui se serait rendu coupable d’abus de droit.

III- Le parcours atypique d’un homme de conviction
Georges Ibrahim Abdallah, doyen des prisonniers politiques arabes, est l’honneur des Arabes, la conscience des révolutionnaires, le remord vivant des militants de tous bords.

Né le 2 avril 1951 à Al Qoubaiyat (Nord-Liban), militant communiste pro palestinien il a été blessé lors de la première invasion israélienne du Sud Liban en 1978. Il passe pour avoir été le chef des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises) dont il aurait dirigé depuis Lyon les opérations en France sous les pseudonymes Salih al-Masri et Abdu-Qad.

En 1982, les FARL revendiquent l’assassinat de Charles R.Ray, attaché militaire américain à Paris, le 18 janvier 1982, ainsi que Yacov Barsimentov, diplomate israélien (le 3 avril 1982, et blessent gravement Robert Onan Homme, consul américain à Strasbourg.

Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, il a été condamné le 10 juillet 1986 à perpétuité par la Cour d’assises spéciale, sous les pressions conjuguées des États-Unis et d’Israël pour complicité d’assassinat le 28 février 1987.

Georges Ibrahim Abdallah, doyen des prisonniers politiques à travers le Monde au même titre que Moumia Abou Jamal, est l’honneur des Arabes, la conscience des révolutionnaires, le remord vivant des militants de tous bords. Né libre et demeuré tel. Fidèle à son engagement. Fidèle à lui-même. Fidèle à sa liberté, sa compagne de captivité, durant sa période d’incarcération.

En 30 ans de captivité, l’homme n’a jamais renié ses convictions, jamais déserté le combat politique, jamais été intimidé par le comportement dilatoire de son geôlier, le ministre socialo néo-conservateur de l’Intérieur, Manuel Valls, relai fidèle des pressions américaines et israéliennes. Dans l’adversité, il a vaincu ses adversaires fielleux qui, au déni de droit, lui ont superposé un abus de pouvoir. L’arbitraire dans le »Patrie des Droits de l’Homme ». Quelle infamie. Quelle forfaiture. La marque d’un nanisme de la politique.

Qu’on se le dise et que cela se sache : Georges appartient à la race des hommes libres. Pas plus « Uncle Ben’s » que « Bounty ». Ni un « native informant » (1) ou un « rented negros » (2) qui peuplent malheureusement nos lucarnes et polluent nos esprits.

Qu’on se le dise et que cela se sache : Entre Georges Ibrahim Abdallah, Doyen des prisonniers politiques à travers le Monde, Samir Kantar, ancien Doyen des prisonniers politiques arabes en Israël et la version moderne de l’opposition arabe, désormais invariablement off-shore, invariablement dans les rets de l’ancien pouvoir colonial, il existe une différence d’échelle : Une différence de sature. « Y’a pas photo ». La même différence de stature entre Shirine Ebadi, Prix Nobel de la Paix, militante des Droits de l’Homme en Iran même, sur le territoire de son propre pays, et les mondaines de l’opposition cathodique de Syrie et d’ailleurs. « Y‘ a pas photo » non plus. C’est parure de diamants contre peanuts.

Georges Ibrahim Abdallah est le parfait contre-exemple des opposants modernes arabes qui se déploient off-shore téléguidés depuis les chancelleries des anciennes puissances coloniales, en costume cravate et des golden-cartes de crédit alimentées par les pétrodollars monarchiques.

Le doyen des prisonniers politiques arabes est l’honneur des Arabes, la conscience des révolutionnaires, le remord vivant des militants de tous bords. Son incarcération prolongée signe une forme de forfaiture, le propulsant par contrecoup, au rang du symbole du militantisme intégral. Inclinons nous devant Georges Ibrahim Abdallah et Samir Kintar, son compère dans la captivité et la dignité. Deux hommes de conviction qui ont transcendé leur clivage ethnico-confessionnel qui gangrène le Monde arabe pour maintenir vivante la flamme de la Résistance et l’empêcher de sombrer dans la reptilité.

Longue vie à Georges Ibrahim Abdallah. Que son exemple serve de référence à la génération de la relève.

Que les hommes épris de paix et de justice dans le Monde nous rejoignent dans ce combat pour le respect de la parole de la France tant il importe que la France respecte sa parole pour que le monde puisse continuer à respecter la parole de la France.

René Naba
1- Native informant : personnes qui accaparent la parole d’une communauté sans en être représentatif, dont le discours plait à son auditoire dominant.
2- « Rented négros » : Noirs américains qui monopolisent le paysage médiatique pour donner un « visage noir pour une opinion de blancs ».
Pour l’histoire et pur information des lecteurs ci joint la notice de Manuel Valls,
Manuel Valls, ministre de l’intérieur, a volontairement retardé la signature du décret d’expulsion de Georges Ibrahim Abdallah, exigé par la justice française pour sa sortie de prison, prolongeant ainsi arbitrairement de deux mois la détention du militant pro palestinien qui avait purgé sa peine depuis dix ans. Dans l’attente d’une décision de la Cour de cassation

Retour sur ce personnage « lié d’une manière éternelle à Israël » cf. à ce propos Daniel Schneidermann Arrêt sur images 09/11/2012

Dans les trous noirs de Wikipédia où le Fondateur d’@rrêt sur images relate une opération de gommage dont le ministre socialiste de l’intérieur en a été bénéficiaire de la part de Wikipédia : « En France, ils sont plusieurs « patrouilleurs », qui consacrent du temps à y traquer les liens douteux, par exemple vers les sites pédophiles. Un de ses derniers coups de gomme en date, dans la page de Manuel Valls, il a supprimé une citation du ministre à Radio Judaïca à Strasbourg : « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ». « Totalement anecdotique », assure un patrouilleur. « Quelqu’un comme Valls qui a une grande envergure, qui a fait des choses, prendre une citation sur une radio qui en plus n’est pas très connue, ça n’apporte pas grand-chose à l’article », dit Wikipédia Notons bien que le « gendarme » ne dit pas que la citation est fausse, mais simplement qu’elle est « anecdotique », alors que Manuel Valls est ministre de l’Intérieur et des Cultes.

Pour aller plus loin : La vidéo que tente de faire disparaître
Par Hicham Hamza | le 12 décembre, 2012 : http://oumma.com/15107/decouvrez-video-valls

URL de cet article 20982

dimanche 20 janvier 2013

USA - Un activiste du libre accès aux données, mort à 26 ans (Le Grand Soir)

La famille accuse les États-Unis d’avoir contribué au suicide d’Aaron Swartz

Un activiste du libre accès aux données, mort à 26 ans

 
 
Aaron Swartz, pionnier de l’internet, militant en faveur de l’accès libre aux données sur internet et de la justice sociale, a été retrouvé mort vendredi 11 janvier, à Brooklyn, New York, apparemment par suicide. Bien que les détails précis sur sa mort à l’âge de 26 ans soient encore en train d’émerger, il est clair que Swartz était victime d’une procédure de mise en examen retorse et agressive de la part des autorités fédérales.

En juillet 2011, Swartz a été mis en examen pour des délits fédéraux d’accès illégal au service payant JSTOR en 2010 en passant par l’intermédiaire du réseau du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Les autorités ont déclaré qu’il avait téléchargé illégalement 4,8 millions d’articles universitaires scientifiques et littéraires et s’apprêtait à distribuer ces textes protégés par le droit d’auteur gratuitement sur des sites de partages de données.
Swartz était confronté à des accusations fédérales de fraude informatique qui pouvaient le condamner au maximum à 35 ans de prison et 1 million de dollars d’amendes. Il était également accusé par le district du Middlesex d’être entré par effraction dans un local du MIT.

Swartz et ses défenseurs ont maintenu une position ferme en plaidant non coupable tout au long des deux dernières années, la bataille judiciaire se déroulant jusqu’au dernier jour de sa vie. D’après son principal avocat, Elliot Peters, Swartz avait récemment refusé une offre d’accord faite par la procureur Carmen Ortiz qui aurait évité un procès mais l’aurait mis derrière les barreaux pour six mois en échange d’une reconnaissance de culpabilité sur 13 chefs d’accusation fédéraux.

D’après une déclaration du bureau de la Médecine légale de New York, Swartz s’est pendu lui-même vendredi soir dans son appartement sur Crown Heights à Brooklyn. Le New York Times a indiqué qu’un oncle, Michael Wolf, avait confirmé que Swartz est apparemment mort par suicide et qu’un ami a découvert le corps.

M. Wolf a dit que son neveu, qui avait lutté contre la dépression et les pensées suicidaires par le passé et les avait même mises par écrit, « regardait le monde et avait une certaine logique dans son cerveau, et le monde ne correspondait pas nécessairement à cette logique, et c’était parfois difficile. »

Dans une déclaration publique, la famille de Swartz a dit, « la mort d’Aaron n’est pas simplement une tragédie personnelle. Elle est le produit d’un système judiciaire criminel qui suinte l’intimidation et les excès de pouvoir des procureurs. » Ils ont ajouté que, si JSTOR avait refusé de porter plainte contre Aaron, « des décisions prises par des responsables du bureau du procureur fédéral du Massachusetts et au MIT ont contribué à sa mort. »
Swartz avait 14 ans lorsqu’il avait co-écrit RSS (Really Simple Syndication) qui permet aux lecteurs de s’abonner à des journaux et autres sources d’information en ligne. Il était aussi le fondateur d’Infogami qui a ensuite fusionné avec le site d’information Reddit bien connu, qui classe les informations données par les membres d’après les recommandations des lecteurs.

Aaron a quitté Reddit en 2006, après que l’éditeur Condé Nast l’a racheté, et s’est consacré au libre accès aux informations sur internet et à l’opposition à la censure sur internet. Peu après, il a co-fondé Demand Progress, un groupe qui fait la promotion des campagnes sur internet contre les injustices sociales.

En 2008, il a publié « le manifeste de la guérilla de l’accès libre, » qui s’opposait à la propriété privée sur les informations et défendait le partage libre des revues scientifiques. Le manifeste de Swartz déclarait, « Il n’y a pas de justice à suivre des lois injustes. Il est temps de prendre la parole et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, de déclarer notre opposition à cet accaparement privé de la culture publique. »

Dans le cadre de cette campagne, Swartz a écrit un programme pour télécharger le contenu d’une base de données de documents judiciaires fédéraux appelée PACER, près de 20 millions de pages en une fois, gratuitement [contre 10 dollars par page sur le système du gouvernement, ndt]. Le gouvernement a interdit ce programme gratuit et enquêté, mais n’a pas lancé de procédure. Les autorités, cependant, ont réagi très différemment en 2011 après le téléchargement de JSTOR au MIT.

Si les problèmes émotionnels d’Aaron Swartz ont pu jouer un rôle dans son suicide, sa mort tragique est la conséquence directe des actions répressives du ministère de la Justice américain.

Au cours de l’année écoulée, il est devenu évident que le procureur fédéral était déterminé à faire un exemple de Swartz. Il était poursuivi d’une manière agressive sans commune mesure avec la gravité du crime qui lui était imputé ou ses conséquences.

Alors qu’aucun représentant du gouvernement ou financier de haut niveau n’a été accusé, et encore moins poursuivi, pour les crimes liés aux guerres illégales de la décennie passée ou à la crise financière de 2008, le ministère de la Justice d’Obama était déterminé à punir un individu pour avoir tenté de rendre des informations accessibles au grand public et a fini par le persécuter jusqu’à sa mort.

Avec ses activités dans le domaine du libre accès aux informations, Swartz représente les couches de plus en plus importantes de la société qui sont écœurées par la corruption, le mensonge et le vol courants parmi les cercles dirigeants aux États-Unis comme partout ailleurs.

L’an dernier, il avait critiqué le programme d’assassinats du gouvernement Obama, écrivant :
« Chaque semaine ou presque, plus de 100 membres de l’équipe de la sécurité nationale américaine se réunissent en téléconférence sécurisée organisée par le Pentagone et passent en revue la biographie de suspects au Yémen, en Somalie et au Pakistan, et “nomment” ceux qui devraient être visés par leurs attaques. »
Comme Julian Assange et le soldat Bradley Manning, la campagne d’Aaron Swartz pour l’accès libre aux informations et, surtout, sa détermination à ne pas plier devant l’intimidation, ont été considérés comme intolérables par l’État.

Article original, WSWS, paru le 15 janvier 2013
https://www.wsws.org/fr/articles/2013/jan2013/aaro-j17.shtml
 
URL de cet article 19017

mercredi 2 janvier 2013

Lutte antiterroriste en France : cherchez l’erreur (Le Grand Soir)

Lutte antiterroriste en France : cherchez l’erreur

En France, on peut appeler à armer les rebelles terroristes en Syrie, diffuser leur propagande, maquiller ou justifier leurs crimes, organiser des collectes pour leur acheter des armes et même leur recruter des combattants. Par contre, l’expression d’une sympathie même la plus symbolique envers des rebelles réfractaires aux ordres du FMI et de l’OTAN peut vous conduire en prison. Quinze sympathisants d’un mouvement rebelle turc de gauche viennent d’être condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à des peines d’une sévérité inouïe. Leurs crimes : distribution de tracts et de journaux, organisation de pique-niques, de concerts et de manifestations.
DHKP-C. Quatre consonnes se suivant dans l’ordre alphabétique, un tiret, puis un « c » qui, en turc, se lit « djé ». L’initiale « c » est celui de Cephe (lire Djép-hé), la forme turquisée du mot arabe « Jabha » qui signifie « Front ».

Le DHKP-C anatolien, c’est un peu le Front populaire des Palestiniens ou le Front sandiniste du Nicaragua : marxiste, laïc, patriotique, internationaliste, résistant.

Né au début des années 1970 dans les métropoles turques au lendemain d’insurrections étudiantes et ouvrières sans précédent, le DHKP-C a survécu à deux coups d’État militaires et à une répression féroce orchestrée par un régime allié de Washington depuis le début de la Guerre froide.

Discret et quasi méconnu à l’échelle internationale, le DHKP-C est parfois confondu avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement nationaliste kurde vaguement marxiste qui dispose d’une assise populaire et d’une puissance de feu autrement plus conséquentes.

Alliés brièvement au milieu des années 90, DHKP-C et PKK ne partagent pas pour autant la même conception du monde, de la Turquie et de la cause kurde, ni la même stratégie politique et militaire.

Que l’on apprécie ou pas ses idées et ses méthodes, de l’aveu même de la police turque, le DHKP-C ne s’attaque jamais à la population. Les rares fois où ce mouvement commet des bavures, il ne manque pas d’exprimer publiquement ses excuses aux éventuelles victimes collatérales.

Ses actions violentes ne prennent pour cible que les piliers du pouvoir ou les tortionnaires notoires.

En revanche, les soldats de l’armée régulière formée de conscrits ne sont jamais visés sauf en situation d’autodéfense.

La raison en est que les soldats sont considérés par le DHKP-C comme des « enfants du peuple » susceptibles de retourner leurs armes contre leurs chefs et d’adhérer à la révolution.

Si pour ce mouvement, la victoire est au bout du fusil, la lutte pour la démocratisation de la Turquie passe aussi par la voie pacifique. Les sympathisants du DHKP-C sont ainsi actifs sur divers fronts de lutte : syndical, culturel, juridique, associatif, médical, informatique, étudiant etc.

La méticulosité de ce mouvement rebelle dans le choix de ses cibles et l’importance qu’il accorde aux moyens démocratiques expliquent en partie le faible nombre de victimes dans le combat qui l’oppose aux forces gouvernementales.

En 43 ans de lutte armée, on dénombre en effet à peine quelques dizaines d’agents du régime tués pour 650 militants du DHKP-C morts au combat.

On ne peut en dire autant pour les rebelles syriens qui, mutatis mutandis, combattent eux aussi un régime sécuritaire.

En l’espace de quelques mois à peine, par leur discours sectaire et « alterophobe », les groupes rebelles armés, toutes tendances confondues, ont clivé la société syrienne sur une base ethnique et confessionnelle.

Cette polarisation sectaire est un fléau que le régime baassiste a âprement combattu, certes, pas toujours avec les moyens les plus adéquats.

Par ailleurs, aujourd’hui, on ne compte plus le nombre d’actes de sauvagerie commis par les rebelles : égorgements et décapitation rituels, dépeçages, tirs sur des quartiers résidentiels, attentats contre des civils, destructions de lieux saints, notamment des mosquées sunnites, chiites et des églises, actes de sabotage contre des lignes d’approvisionnement d’eau et d’électricité, pillages de récoltes, de bâtiments publics et d’habitations privées, démontages d’usines, enlèvement de civils moyennant rançons...

Dans la vidéo ci-dessous, on voit des rebelles incendier un Hussayniyah, c’est-à-dire un sanctuaire chiite consacré à l’imam Hussein (martyrisé à Karbala). Cette vidéo a été tournée dans le village de Zarzour en province d’Idleb à une jetée de pierre de la Turquie. L’un des terroristes insulte les chiites et les alaouites :
http://www.dailymotion.com/video/xvwf2p_yyyyyy-yyyyy-yyyy-yy...

En principe, aucun crime commis par l’État syrien ne devrait excuser de telles offenses qui indignent toutes les communautés, en premier lieu les sunnites syriens pris en otage par des terroristes incultes agissant en leur nom.

Pourtant, chez nous, on trouve ça et là, de vaillants pourfendeurs de dictatures, intarissables en leçons de morale, qui n’ont cesse de caresser le terrorisme anti-syrien dans le sens du poil de la barbe wahabo-fasciste.

Au lieu de favoriser le dialogue et la réconciliation pour limiter la casse, ils appellent à armer des barbares donc à augmenter la souffrance du peuple syrien et à détruire toujours plus ce pays, cela, au nom d’une « révolution » dont ils font mine d’ignorer la nature sectaire et sur laquelle ils n’ont pas la moindre influence politique.

En réalité, nos plumitifs attitrés ne font rien de moins que de l’apologie du terrorisme et de l’incitation au terrorisme.

Et lorsqu’ils s’embarquent dans le camp rebelle pour nous rapporter leurs faits d’armes, ils participent concrètement et sciemment à une « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » comme dirait Thierry Fragnoli, le juge en charge du dossier DHKP-C.

Pourtant, au lieu d’être condamnés, ce que je ne leur souhaite pas, les amis français des terroristes syriens sont applaudis et parfois même récompensés, par leurs maîtres, entendons bien.

Pendant ce temps, la justice française s’acharne sur des communistes turcs dans l’indifférence générale.

Dame Thémis vient en effet de condamner quinze sympathisants du DHKP-C à des peines qui vont de 18 mois à 7 ans de prison ferme.

La morale de l’histoire est que dans la patrie des droits de l’homme, de la Commune et de la Résistance antifasciste, mieux vaut sympathiser avec les terroristes syriens qu’avec les communistes turcs.

Cherchez l’erreur.

L’un des condamnés, Nezif Eski, un militant souffrant d’une maladie grave appelée « algie vasculaire de la face » (AVF), m’a écrit après le verdict.

Absent à l’audience finale pour des raisons de santé, il attend ses geôliers, digne, résolu et serein, un peu à la manière de Boris Vian dans Le Déserteur lorsqu’il écrit :
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer

Nezif Eski est un prisonnier politique franco-turc et paradoxalement d’origine syrienne. Il est comme moi, originaire de la région d’Antioche, cette province syrienne chargée d’histoire et offerte par la France coloniale à la Turquie kémaliste en 1938 pour éviter qu’Ankara ne s’allie à l’Allemagne hitlérienne.

Nezif ne demande rien si ce n’est un acte de solidarité avec sa co-inculpée Zehra Kurtay, une ex-prisonnière politique exilée en France et désormais captive en France.

Zehra souffre du syndrome de Wernicke-Korsakoff, depuis qu’elle a été alimentée de force par les tortionnaires turcs pendant la longue grève de la faim de 2000-2007 contre l’ouverture des prisons de type F.

Voici le message de Nezif :

Bonjour,

Ce jeudi 20 décembre, le Tribunal correctionnel de Paris a prononcé son verdict dans l’affaire du DHKP-C.

Trois personnes ont été condamnées à 7 ans de prison ferme. Deux personnes dont moi-même, avons eu 5 ans de prison dont 4 ans ferme.

Les inculpés présents à l’audience se sont retrouvés directement entre les mains des gendarmes.

Le verdict a été prononcé à huit clos.
Zehra Kurtay atteinte de la maladie Wernicke Korsakoff, se trouve actuellement derrière les barreaux. Elle va purger une peine de 5 ans.

En ce qui me concerne, je n’ai pas pu, pour des raisons de santé, me rendre au tribunal. Je suis donc pour le moment toujours en « liberté ».

Un mandat d’arrêt a été lancé à mon encontre et contre ceux qui ne se sont pas présentés à l’audience.

Nous avons été condamnés pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Le souci est qu’aucune preuve matérielle n’a été présentée justifiant ces accusations.

Les seules « preuves » sont notre idéologie. Nous sommes anti-impérialistes, anticapitalistes et antifascistes. Nous défendons les droits et les libertés de chacun.

J’ai usé de ma liberté d’expression et d’opinion pour dire que j’ai de la sympathie pour le DHKP-C (Parti-Front Révolutionnaire de Libération du Peuple) une organisation militante de Turquie qui n’exporte sa lutte en aucun cas.

Ce procès est purement politique. Il avait pour but de faire plaisir au régime d’Ankara.

Je vous demande, cher(e)s ami(e)s d’envoyer des mails, des fax, des courriers, de téléphoner à la ministre de la justice Christiane TAUBIRA afin non seulement de protester contre ces condamnations mais surtout de demander la libération immédiate de ZEHRA KURTAY atteinte de la maladie Wernicke Korsakoff.

Ci-dessous les coordonnés de la Garde des Sceaux.
En vous remerciant d’avance.
Nezif ESKI

Ministre de la justice, Garde des Sceaux
Christiane TAUBIRA
13, place Vendôme
75042 Paris Cedex
Téléphone :
+33 1 44 77 0160 60

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