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lundi 24 février 2014

L'Europe, si nous la faisions, enfin ?

Une idée-force me taraude depuis des années. Plus que jamais, il est essentiel de sortir de l'U.E. Unilatéralement, sans finasser, immédiatement, au nom du Peuple français souverain.

- dès le départ ce sont des financiers U.S. qui ont eu l'idée de ce "partenaire", pour deux raison :
  _ * l'Europe est une puissance commerciale en tant que telle, parce que malgré deux guerres mondiales ses infrastructures existent
  _ * en revanche, politiquement elle n'existe pas (même aujourd'hui) donc elle est faible, donc elle peut être circonvenue facilement par des "marchands" dépourvus totalement de scrupules.

- les premiers accords (traité de Rome 1957) étaient déjà seulement commerciaux et n'impliquaient en rien les citoyens européens. C'étaient des agents des puissances financières US, dûment chapitrés dès 1943-1944, comme Jean Monnet ou Robert Schuman, qui avaient lancé cette idée en la présentant sous des jours riants. On avait déjà largement dépassé alors la CECA, simple accord de libre-échange signé pour 50 ans le 23 juillet 1952 entre six pays seulement, ce qui était encore raisonnable malgré la différence de culture du travail entre les membres.

- l'élargissement rapide, et toujours sans concertation avec les citoyens, a accentué encore cette emprise commerciale, puis financière en associant de plus en plus la carpe et le lapin, soit des nations de plus en plus disparates. La logique "européenne" n'était même pas effleurée, malgré de petites touches comme le programme Erasmus.

- la création de l'euro-monnaie unique (le détail a de l'importance) a lié encore plus la plupart des forces vives européennes dans un carcan à la logique seulement financière, l'antithèse même de la démocratie. Il était pourtant évident que chaque pays allait continuer à avancer à sa manière, selon la logique de sa propre culture, de ses propres atouts ou faiblesses, et que la fixation de la monnaie à un instant I de la vie de ces pays rendrait vite insupportables les chemins différents liés à des mentalités différentes, à des préoccupations des citoyens ET de leurs dirigeants de plus en plus disparitaires.

- la perspective proche désormais d'un grand marché transatlantique dont on connaît les dangers (voir l'ALENA) oblige à faire vite désormais pour ne pas y tomber : la différence de vision de l'avenir entre les Européens, et leurs "voisins" de l'autre côté de l'Atlantique, est encore beaucoup plus grande que celle entre pays de l'Europe continentale. La Grande Bretagne, et singulièrement l'Angleterre, est déjà bien plus proche culturellement de ces voisins lointains, ce qui est logique.

Donc:
- un gouvernement de salut public doit se créer au plus vite, pour reprendre les choses en main, en même temps qu'une assemblée constituante où les citoyens ont pleinement leur mot à dire

- ce gouvernement doit immédiatement décréter au nom du Peuple la sortie des traités depuis le départ (1957, avec application en janvier 1958). Plus de contribution aux privilégiés fonctionnaires européens, plus de députés à Strasbourg à rémunérer.

- en même temps il doit bloquer les frontières aux capitaux et à leurs grands possesseurs, quitte à fermer des structures comme SWIFT unilatéralement

- la BdF redevient LE créateur de la monnaie, les banques privées ne pouvant plus accorder de prêts à intérêts, ni aux montants supérieurs à leurs encours de dépôt

- la monnaie française (peu importe son nom) est découplée de l'euro, qui reste le moyen de paiement en Europe (géographique), et chaque semaine un avis BdF fixe la parité. Pour les banques, cela se résume à calculer deux soldes sur les relevés de compte, l'un en monnaie nationale, l'autre pas forcément très différent en euros. Les pièces et billets continuent à avoir cours, en euros bien sûr, donc avec un impact différent sur les comptes clients (qui seront ainsi débités par exemple de 406 "kopecks" pour un retrait au DAB le plus proche ou à Hambourg de 400 euros). La mesure peut se faire à très peu de frais.

 - les banques, moyens d'énergie, de transport, de soins sont (re-)nationalisés.

- la France sort naturellement et complètement de l'OTAN, qui est un moyen de pression des États-Unis, notre seul adversaire "objectif" comme on disait au temps du rideau de fer. En plus cela fait des économies.

Quels personnages politiques, aujourd'hui, préconisent ce genre d'initiative ? Fort peu. Les autres ont des intérêts personnels à voir perdurer cette aberration. J'entends déjà des cris s'élever jusqu'au ciel, "Nationaliste !" voire "Faschiste !" . On connaît la rengaine. 

Bien entendu, il ne s'agit aucunement de cela. Les Européens, tous les Européens (hormis bien sûr ceux, peu nombreux, qui sont parties prenantes dans £€ $¥$T€M€ actuel) ont intérêt à voir leurs aspirations prises en compte, leurs emplois rester sur place par une refonte en profondeur des échanges de bien et services où la délocalisation (comme on dit pudiquement) est interdite. Dans notre pays, mais chez nos voisins également, un découplement au moins provisoire des flux aberrants de capitaux à l'échelle planétaire est devenu nécessaire. C'est pourquoi, très vite, il sera possible de proposer à ces voisins de renouer avec nous des liens commerciaux, culturels, mais aussi d'amitié qui sont souvent laissés pour compte. Il s'agirait d'une refonte complète d'une union de patries européennes, sur des bases saines et où le PROFIT financier n'est plus LE moteur des relations.

mardi 7 mai 2013

La #République est à nous, bâtissons-la

Avec l'anniversaire de l'élection présidentielle, les polémiques  sur le bilan d'une année de nouvelle donne théorique enflent dans la blogosphère. Encore qu'un twitteur connu (Bruno Masure je crois) ait judicieusement rappelé hier matin que la passation de pouvoir effective n'a eu lieu que le 15 mai 2012.

Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir quoi qu'en disent trop souvent les films de Hollywood. Ainsi depuis l'arrivée de Hollande à l'Élysée, il semble que la pression sur la Justice se soit adoucie. Mitterrand aussi, autrefois, avait souvent avoué à sa femme qu'il ne faisait pas toujours ce qu'il aurait voulu. C'est pourquoi il faut vraiment nuancer. Seul Sarkozy a réussi à sortir après un bilan totalement négatif, volontairement sans doute. C'est pourquoi cela me fait mal, parfois, de voir des blogueurs apparemment intelligents, murés dans leurs certitudes.

Un argument est difficile à admettre. Ces thuriféraires ne cessent d'assurer "Laissez au gouvernement le temps de travailler, il n'y a qu'un an de passé", alors que les reproches adressés au bilan sont précisément à propos de ce qui a déjà été fait. Un exemple, le TSCG, passé en urgence, ou l'ANI qui bénéficie de la même procédure. Je doute que, dans le reste du mandat, ces pierres soient démolies. Il faut être réaliste.

Oui, amis blogueurs, ne soyez pas fermés aux remarques. Moi aussi, il m'arrive de me tromper. On n'aime guère l'avouer généralement, pourtant c'est ainsi que les choses avancent. Et je sais, avec certitude, que les mesures que je préconise sont difficiles à appliquer, même dans la durée. Après tout, même les Grecs, au bord du gouffre, n'ont pas réussi à permettre à Syriza de gouverner, à moins que les dés du scrutin n'aient été pipés, ce qui est vraisemblable.

Pour rappel, sur quelles bases aimerais-je que nous avancions ensemble ? Déjà, parce que c'est la condition pour avoir les coudées franches, un autre, tout autre rapport à l'Europe est indispensable. L'union européenne, qui est à une vraie Europe aussi dissemblable qu'un banquier cupide (ils ne le sont pas tous) l'est d'un groupe de bénévoles au service des clochards, a entortillé avec l'aval de dirigeants français vicelards nos gestes, nos actes et nos aspirations dans un entrelacs de directives et de traités : il faut commencer par rejeter l'ensemble pour repartir sur des bases complètement différentes. 

Un président atlantiste a précipité notre destin dans le giron US, par le truchement de l'OTAN : se séparer du pire ennemi du monde entier est une priorité. D'autres liens d'amitié pourront ainsi se dessiner, avec nos voisins proches, comme avec les amis plus lointains d'Amérique du Sud qui ont érigé une nouvelle façon de vivre ensemble : cette façon n'est pas applicable en l'état dans nos contrées, au contexte différent, mais elle peut apporter des pistes et des idées.

Un rapport à l'argent remis en question doit se discuter et s'appliquer. Des inégalités criantes et grandissantes ne peuvent perdurer ainsi, et les plus fortunés (on parle là de mille, dix mille, cent mille fois plus que les plus démunis) devront composer afin que chacun dispose d'un minimum. Les y contraindre est possible. Il faudra le faire.

De plus en plus de gens de gauche aspirent à une Sixième République. Malheureusement les idées sur ce qu'elle pourrait être divergent encore fortement. Il va être urgent de s'atteler à la rédaction (qui le fera ? là aussi les avis divergent) d'une nouvelle façon de "vivre ensemble" au minimum moins inégalitaire que la pétaudière qu'est devenu notre pays. Cette discussion devra naturellement porter sur tous les aspects sociaux du pays,  sur l'école, sur ceux qui faute d'emploi sont à la fois dans le besoin et dans la détresse psychologique. Cela va souvent de pair. Sera aussi à envisager la culture, accessible à tous malgré des multinationales du chobiz peu regardantes sur la qualité, mais âpres au profit. Aura aussi droit de cité le tissu des besoins essentiels de toute la population en communication, en transports, en énergie, en logement, en éducation, en vêtir tout simplement. C'est tout un ensemble, qu'il convient de remettre à plat.

Conclusion, il y a du boulot, et il faudra s'y mettre tous ensemble. Le Capital est un ennemi formidable, d'autant plus qu'il donne l'illusion à beaucoup de les en faire profiter, ce qui est un leurre bien entendu.

dimanche 20 janvier 2013

USA - Un activiste du libre accès aux données, mort à 26 ans (Le Grand Soir)

La famille accuse les États-Unis d’avoir contribué au suicide d’Aaron Swartz

Un activiste du libre accès aux données, mort à 26 ans

 
 
Aaron Swartz, pionnier de l’internet, militant en faveur de l’accès libre aux données sur internet et de la justice sociale, a été retrouvé mort vendredi 11 janvier, à Brooklyn, New York, apparemment par suicide. Bien que les détails précis sur sa mort à l’âge de 26 ans soient encore en train d’émerger, il est clair que Swartz était victime d’une procédure de mise en examen retorse et agressive de la part des autorités fédérales.

En juillet 2011, Swartz a été mis en examen pour des délits fédéraux d’accès illégal au service payant JSTOR en 2010 en passant par l’intermédiaire du réseau du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Les autorités ont déclaré qu’il avait téléchargé illégalement 4,8 millions d’articles universitaires scientifiques et littéraires et s’apprêtait à distribuer ces textes protégés par le droit d’auteur gratuitement sur des sites de partages de données.
Swartz était confronté à des accusations fédérales de fraude informatique qui pouvaient le condamner au maximum à 35 ans de prison et 1 million de dollars d’amendes. Il était également accusé par le district du Middlesex d’être entré par effraction dans un local du MIT.

Swartz et ses défenseurs ont maintenu une position ferme en plaidant non coupable tout au long des deux dernières années, la bataille judiciaire se déroulant jusqu’au dernier jour de sa vie. D’après son principal avocat, Elliot Peters, Swartz avait récemment refusé une offre d’accord faite par la procureur Carmen Ortiz qui aurait évité un procès mais l’aurait mis derrière les barreaux pour six mois en échange d’une reconnaissance de culpabilité sur 13 chefs d’accusation fédéraux.

D’après une déclaration du bureau de la Médecine légale de New York, Swartz s’est pendu lui-même vendredi soir dans son appartement sur Crown Heights à Brooklyn. Le New York Times a indiqué qu’un oncle, Michael Wolf, avait confirmé que Swartz est apparemment mort par suicide et qu’un ami a découvert le corps.

M. Wolf a dit que son neveu, qui avait lutté contre la dépression et les pensées suicidaires par le passé et les avait même mises par écrit, « regardait le monde et avait une certaine logique dans son cerveau, et le monde ne correspondait pas nécessairement à cette logique, et c’était parfois difficile. »

Dans une déclaration publique, la famille de Swartz a dit, « la mort d’Aaron n’est pas simplement une tragédie personnelle. Elle est le produit d’un système judiciaire criminel qui suinte l’intimidation et les excès de pouvoir des procureurs. » Ils ont ajouté que, si JSTOR avait refusé de porter plainte contre Aaron, « des décisions prises par des responsables du bureau du procureur fédéral du Massachusetts et au MIT ont contribué à sa mort. »
Swartz avait 14 ans lorsqu’il avait co-écrit RSS (Really Simple Syndication) qui permet aux lecteurs de s’abonner à des journaux et autres sources d’information en ligne. Il était aussi le fondateur d’Infogami qui a ensuite fusionné avec le site d’information Reddit bien connu, qui classe les informations données par les membres d’après les recommandations des lecteurs.

Aaron a quitté Reddit en 2006, après que l’éditeur Condé Nast l’a racheté, et s’est consacré au libre accès aux informations sur internet et à l’opposition à la censure sur internet. Peu après, il a co-fondé Demand Progress, un groupe qui fait la promotion des campagnes sur internet contre les injustices sociales.

En 2008, il a publié « le manifeste de la guérilla de l’accès libre, » qui s’opposait à la propriété privée sur les informations et défendait le partage libre des revues scientifiques. Le manifeste de Swartz déclarait, « Il n’y a pas de justice à suivre des lois injustes. Il est temps de prendre la parole et, dans la grande tradition de la désobéissance civile, de déclarer notre opposition à cet accaparement privé de la culture publique. »

Dans le cadre de cette campagne, Swartz a écrit un programme pour télécharger le contenu d’une base de données de documents judiciaires fédéraux appelée PACER, près de 20 millions de pages en une fois, gratuitement [contre 10 dollars par page sur le système du gouvernement, ndt]. Le gouvernement a interdit ce programme gratuit et enquêté, mais n’a pas lancé de procédure. Les autorités, cependant, ont réagi très différemment en 2011 après le téléchargement de JSTOR au MIT.

Si les problèmes émotionnels d’Aaron Swartz ont pu jouer un rôle dans son suicide, sa mort tragique est la conséquence directe des actions répressives du ministère de la Justice américain.

Au cours de l’année écoulée, il est devenu évident que le procureur fédéral était déterminé à faire un exemple de Swartz. Il était poursuivi d’une manière agressive sans commune mesure avec la gravité du crime qui lui était imputé ou ses conséquences.

Alors qu’aucun représentant du gouvernement ou financier de haut niveau n’a été accusé, et encore moins poursuivi, pour les crimes liés aux guerres illégales de la décennie passée ou à la crise financière de 2008, le ministère de la Justice d’Obama était déterminé à punir un individu pour avoir tenté de rendre des informations accessibles au grand public et a fini par le persécuter jusqu’à sa mort.

Avec ses activités dans le domaine du libre accès aux informations, Swartz représente les couches de plus en plus importantes de la société qui sont écœurées par la corruption, le mensonge et le vol courants parmi les cercles dirigeants aux États-Unis comme partout ailleurs.

L’an dernier, il avait critiqué le programme d’assassinats du gouvernement Obama, écrivant :
« Chaque semaine ou presque, plus de 100 membres de l’équipe de la sécurité nationale américaine se réunissent en téléconférence sécurisée organisée par le Pentagone et passent en revue la biographie de suspects au Yémen, en Somalie et au Pakistan, et “nomment” ceux qui devraient être visés par leurs attaques. »
Comme Julian Assange et le soldat Bradley Manning, la campagne d’Aaron Swartz pour l’accès libre aux informations et, surtout, sa détermination à ne pas plier devant l’intimidation, ont été considérés comme intolérables par l’État.

Article original, WSWS, paru le 15 janvier 2013
https://www.wsws.org/fr/articles/2013/jan2013/aaro-j17.shtml
 
URL de cet article 19017

lundi 29 octobre 2012

La ville de Ginowan adopte une résolution de protestation


NHK, le 29 octobre à 4h46 TU (13h46 au Japon) soit 5h46 en France, heure d'hiver.

La ville japonaise qui accueille la base aérienne US de Futenma a adopté une résolution pour protester à la suite de l'arrestation de deux militaires US pour avoir violé une femme.

La municipalité de Ginowan, sur l'île d'Okinawa, a approuvé à l'unanimité la résolution de ce lundi. La session d'urgence s'était réunie à la suite de l'arrestation de deux marins US le 16 octobre. La résolution exprime  que l'exigence du renforcement d'une discipline et de mesures de  prévention à la suite d'incidents criminels et d'accidents passés mettant en cause du personnel militaire US, a échoué à produire des résultats.

Cette résolution précise que le dernier en date de ces incidents est survenu alors que les résidents étaient déjà très en colère contre le déploiement de transports de troupes Osprey à Futenma. Elle ajoute que la colère et la défiance des gens d'Okinawa envers les militaires US a atteint un pic ; qu'Okinawa supporte encore un fardeau disproportionné de l'occupation par des installations militaires US au Japon, 67 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Elle presse les gouvernements des deux pays pour qu'ils s'excusent auprès des victimes, pour qu'ils prennent des mesures préventives sévères, et qu'ils restituent rapidement à Okinawa la base de Futenma.

L'assemblée déclare qu'elle va soumettre la résolution au Consulat Général des États-Unis à Okinawa, et au Ministère de la Défense japonais.


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Il semble bien que même les Japonais, et en particulier ceux d'Okinawa, supportent de plus en plus mal cette occupation par des troupes US de bases sur leur sol. Il faut se souvenir que des bases US de différentes tailles au nombre d'un millier sont disséminées ainsi sur le monde entier. En termes militaires, on appelle cela un quadrillage. La Terre entière est en otage ainsi. Si ce n'est pas une occupation, une invasion tous azimuts, cela y ressemble bien. Est-ce cynisme ? Est-ce une volonté délibérée ? Le Pentagone considère cette occupation comme parfaitement normale, et correspondant à "sa mission" auto-appliquée de gendarme du monde faisant régner "sa" loi.

(traduction avec les éventuelles coquilles habituelles)