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mercredi 12 septembre 2012

Frappe contre la Syrie – cible : la Russie (LGS)

Frappe contre la Syrie – cible : la Russie

« Il n’y a qu’une chose qui puisse être pire que l’hostilité avec les Anglo-Saxons : c’est l’amitié avec eux » (Alexej Jedrichin-Wandam)

Interview d’Andrej Iljitsch Fursov

L’entretien ci-après avec le professeur Andrej Fursov, directeur du Centre d’études russes à l’Université des sciences humaines de Moscou et membre de l’Académie internationale des sciences (Munich) a été publié le 9 août 2012 dans KP.ru. Compte tenu de l’orientation des questions au départ, il embrasse un large spectre imprévu de sujets abordés. Partant de la situation actuelle en Syrie et du « Printemps arabe », l’historien russe tente des prévisions et des réflexions sur les développements à venir, allant du concret au global.

Dernière remarque liminaire : en russe, le terme de « régime » n’a pas forcément de connotation négative.

Pourquoi l’Occident est-il si pressé d’enfoncer les clous dans le cercueil du régime d’Assad ?
Andrej Fursov : Ce pays de taille moyenne au Proche-Orient est tout à coup devenu le point le plus névralgique de la planète. L’ONU siège en permanence à son sujet. La Russie et la Chine y adoptent une attitude inflexible. Une flotte russe de bâtiments de guerre avec de l’infanterie de marine à bord a mis le cap sur la Méditerranée et fera aussi escale en Syrie. 

Les USA mettent 15 millions de dollars supplémentaires à disposition des « rebelles ». Est-il possible que ça sente la grande guerre ?

La guerre pour le gaz

En quoi la petite Syrie a-t-elle gâché la soupe au puissant Occident ?
En tout, simplement. Procédons par ordre – allant du plus petit au plus grand, du régional au global. Dans les constellations proche-orientales et en général dans le conflit des Américains et des monarchies sunnites (Arabie saoudite et Qatar) contre l’Iran chiite, ce pays n’est pas seulement un allié de Téhéran, mais le membre d’une chaîne qui relie celui-ci avec les groupements chiites du monde arabe. Sans cet intermédiaire, l’influence de l’Iran dans le monde arabe serait passablement moins importante. Je ne veux même pas parler de l’oléoduc qui, provenant de l’Iran, traverse la Syrie. Sans solution de la question syrienne, les Anglo-Saxons, c’est-à-dire les Britanniques et les Américains, ne pourront pas prendre le risque de s’attaquer à l’Iran.

Le régime syrien est de fait le seul régime fort et laïc du monde arabe. Le fait qu’il soit fort dérange les Atlantistes dans leurs plans de transformation du Proche-Orient et du monde entier. Qu’il soit laïc et en même temps économiquement couronné de succès dérange les dirigeants de l’Arabie saoudite et du Qatar.

Bien des gens disent qu’il s’agit de la première guerre pour le gaz naturel.

On a détecté des gisements de gaz naturel dans le Sud de la Méditerranée – autant en mer que sur terre en Syrie (Kara). C’est difficile de connaître leur dimension, mais ils existent. Le Qatar exporte du gaz naturel liquéfié à l’aide d’une flotte de tankers. Si le régime d’Assad s’effondre, le Qatar aura la possibilité de transporter directement le « combustible bleu » via le territoire syrien sur la côte de la Méditerranée. Cela doublerait au moins son volume d’exportations et gênerait simultanément les exportations de l’Iran. Le renforcement du Qatar sur le marché du gaz naturel affaiblit la position de la Russie. Si les Américains réussissent simultanément à prendre le contrôle du gaz naturel algérien, cela ressemblera bien à un blocage des exportations de gaz naturel pour la Russie. Ce qui signifie que les intérêts économiques du Qatar sont identiques aux intérêts géopolitiques des États-Unis, et à leurs efforts d’affaiblir la Russie autant que possible, car la Russie ne doit pas de nouveau se renforcer.

Les Anglo-Saxons sont des joueurs de billard au niveau mondial. Ils agissent par « chaos orchestré »

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