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jeudi 21 mars 2013

Massacres, politiques, commémorations : des mises au point à faire d'urgence

PARIS (AFP) - François Hollande a fustigé l'antisémitisme qui "n'est pas seulement la haine des juifs" mais aussi "la détestation de la France", participant pour la première fois en qualité de chef de l'Etat au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Prenons acte. Tout aussi bien, quand l'actuel locataire de Bauveau assène ceci



il fait un amalgame difficile à gérer. Les politiques des deux pays n'ont pas vocation à être liées. Ministre de l'Intérieur (rien que cela !) de la République Française, il doit mettre en veilleuse ses convictions, que personne ne cherchera à lui contester, pour faire une politique française indépendante dont les ressorts sont complètement différents de ceux d'un pays tout de même assez lointain.

Quant à Monsieur Hollande, que je sais cultivé, il est déplorable qu'il parle d'antisémitisme (chaque mot compte) quand les Palestiniens sont, par nécessité géographique, de probables descendants de Sem, alors que des Russes descendants de personnes converties n'ont rien de sémite. De redoutables amalgames, là encore, faussent le débat.

Enfin, si perpétuer des massacres afin que nul n'oublie, massacres bien plus violents que les pogroms du temps de la Grande Russie, est légitime, il est important, nécessaire et essentiel d'y associer ceux, encore plus terribles en regard des populations touchées, qui effacèrent de l'existence la moitié des Rroms européens dans l'indifférence presque générale. Sans compter tous les autres, résistants, communistes, homosexuels qui subirent le même sort. Jusqu'à présent, si mes sources sont bonnes, le CRIF a toujours refusé l'association de ces deuils dans la même ferveur et la même perpétuation. Il est dommage que le gouvernement et le président de notre pays, dont la laïcité est l'un des fondements de notre République, répondent à l'invitation, et participent ès qualités au dîner actuel du CRIF, tout aussi bien qu'à des cérémonies religieuses catholiques ou autres. Seule exception logique : il est normal que le gouvernement soit représenté à l'intronisation du chef de l'État du Vatican, comme à la prise de fonction de l'autorité exécutive dans tout autre État dans ce monde. Et même qu'à cette occasion il ait des conversations diplomatiques avec les autorités du lieu.

Liberté, égalité, fraternité, laïcité : hors de cette base, point de cohérence possible. Ajoutons, puisque j'y tiens tout particulièrement, que la bonne logique à mon avis devrait être :

Sur l'égalité de tous, se bâtira la fraternité. A elles deux, elles encadreront la liberté, afin que celle de l'un ne vienne pas empiéter sur celle de l'autre. La laïcité sera la conséquence même de l'égalité.

De telles bases rendent de facto obsolètes frontières, hiérarchies, xénophobies, haines "raciales", machismes, etc..... Nul doute que ce programme ne soit mal accepté par certains, ceux qui veulent diviser pour régner.

Ajoutons ici cette vidéo proposée par Anne-Marie plus bas : une vingtaine de gamins palestiniens à Hébron sont arrêtés à la sortie de l'école. Certains sont relâchés, les autres restent en prison,  parmi eux quelques-uns ont entre 8 et 10 ans....



 La colère est un sentiment humain. La haine tenace, dirions-nous héréditaire ? la haine institutionnalisée, la haine d'État est totalement inacceptable.

dimanche 4 novembre 2012

Zebda, le Crif, la politique, l'argent, le moteur du Monde

Un fait significatif revient à l'esprit. Tout récemment Richard Prasquier, président du CRIF,  a dénoncé "des images de propagande puissante" à propos du clip de Zebda "Une vie de moins", sur des paroles de Jean-Pierre Filiu, professeur d'Histoire à Science Po Paris. Plusieurs dirigeants de ce groupe y sont allés de leurs grands cris, parce que cela risquait sans doute de trop bien renseigner la jeunesse française sur la réalité de Gaza.


J'ai eu l'occasion de lire des extraits du Talmud (qui n'est pas le livre de chevet des juifs en général) : ceux qui ont écrit cela donnent l'impression qu'il existe, en tant qu'être pensants et intelligents, eux... et rien d'autre. Mais peut-être justement les "patrons" de certaines organisations communautaristes se réclamant de la judéité sont-ils de fervents lecteurs de ce livre-là. Il y a des extrémistes partout. C'est valable bien entendu pour toutes les croyances et organisations spirituelles.

Un organisme comme le CRIF s'est autoproclamé "représentatif" de tous ceux qui selon les institutions françaises pratiquent discrètement, ou non, leur religion, ou même ceux qui ne la pratiquent plus, toujours aussi discrètement. Une telle assertion ne résiste guère à l'examen. Et bien entendu, dans ces conditions ceux qui en sont les porte-paroles ne représentent qu'eux-mêmes et quelques disciples proches. Quand, et c'est fréquent, l'UFJP par exemple récuse et dénonce ceux qui prétendent parler en son nom, il y a comme un malaise. Il y a même des Israéliens de religion juive qui affirment hautement leur désaccord. Gênant, non ?

Le judaïsme est une religion de paix. L'Islam également. Le problème vient de ceux qui prétendent s'en prévaloir pour porter la violence et la mort. A croire - c'est une boutade bien entendu - que le CRIF ne représente AUCUN juif français. De même que la prétendue officine de franchising Al Qaida ne représente aucun musulman.

Quand une tribune de ce genre tonne contre "ses ennemis" au nom d'une religion, soyons certains, l'Histoire est là pour en témoigner, qu'il s'agit de politique, et rien que de cela. Comme cette politique n'est jamais présente au grand jour, il est difficile d'en déceler les buts aussi longtemps qu'ils ne sont pas presque atteints. Tout au plus pourra-t-on en démonter les cheminements. La déclaration Balfour, par delà les raisons avancées, était surtout un moyen pour des anglo-saxons de garder un pied solide dans la région de Méditerranée orientale. Entre-temps, et progressivement, c'est Washington plutôt que Londres qui est devenu l'interlocuteur "privilégié" du régime de Tel Aviv, mais cela ne change pas grand-chose.

Une seule chose est certaine, pour les nombreux lobbies plus ou moins directement impliqués dans la bonne santé de Tel Aviv, il est toujours interdit de porter la moindre critique à ce gouvernement, car il est le garant de LEURS intérêts. Intérêts qui peuvent paraître contradictoires, superficiellement, mais qui pour eux ont une logique même si elle paraît tortueuse.



C'est pourquoi Zebda est montré du doigt, comme le fut Shlomo Sand, comme le furent bien d'autres. Seul rappel : ce n'est pas une question religieuse, c'est un intérêt strictement politique. Et même souvent financier, comme pour la dissolution sanglante des Templiers dont Philippe le Bel voulait confisquer (en vain) le trésor.

samedi 3 novembre 2012

Une chanson pour Gaza : le Crif pour la censure ? (LGS)

Il y a de ces informations, qu'il est indispensable de relayer, relayer, relayer, parce que les médias "officiels" feront tout pour les cacher ou les modifier à l'avantage de leurs sponsors. Ainsi de cet article du Grand Soir.

Une chanson pour Gaza : le Crif pour la censure ?

La liberté d’expression a des limites, tout le monde vous le dira. Il est bien sûr légitime de publier des caricatures du Prophète de l’islam, de conspuer l’islam à longueur de colonnes, de considérer les musulmans comme des « ennemis de l’intérieur » qu’il nous faut dénoncer, en revanche, critiquer Israël devient de plus en plus risqué.

Dans un article publié le 15 octobre sur le site du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) intitulé «  Une chanson qui risque de promouvoir la haine d’Israël chez les jeunes », l’auteur prend à partie la chanson « Une vie de moins », du groupe Zebda, dont les paroles ont été écrites par Jean-Pierre Filiu. Il écrit :
«  Le premier symbole auquel s’attaque la chanson est la valeur supérieure de la vie dans le judaïsme avec le titre, “Une vie de moins”, qui suggère le peu de cas que les Israéliens feraient de la vie des Palestiniens (comme si une vie de plus ou de moins ne changeait pas véritablement la donne). Ce titre désacralise ainsi l’un des principes fondamentaux du judaïsme en vertu duquel “Celui qui tue un homme tue toute l’humanité”. »

Ainsi donc, [selon le CRIF] les auteurs de la chanson ne sont pas seulement des anti-israéliens, mais des antijuifs, soit des antisémites. Accusation qui devient habituelle contre tous ceux qui critiquent la politique de l’entité sioniste. L’auteur de ce texte ne réalise pas (ou peut-être, au contraire, le fait-il délibérément) le danger qu’il y a à assimiler Israël aux principes du judaïsme. L’armée israélienne, qui envahit le Liban en juin 1982, qui réprime par la force les Intifadas, qui attaque encore le Liban en 2006, défend-elle les valeurs du judaïsme ? L’Etat qui a utilisé la torture à grande échelle défend-il la valeur supérieure de la vie humaine ? En le prétendant, l’auteur favorise tous les amalgames entre Israël, le judaïsme et les juifs du monde, pris en otage par une politique dont ils ne portent pas la responsabilité.

Dans l’introduction de l’article, il est précisé que « Richard Prasquier a adressé une lettre à Rémy Pfimlin, président de France Télévisions, à propos de la nouvelle chanson du groupe Zelda “Une vie de moins”. Nous publierons cette lettre dans une prochaine newsletter. » Et le site du CRIF a publié «  Incitations à la haine » de son inénarrable président. Ce n’est pas une lettre à France Télévisions ; en revanche dans cet éditorial, l’auteur reproche à la chaîne d’avoir diffusé la chanson. « On pourrait penser, dans le contexte actuel, que chacun dans son domaine prendrait garde à ne pas ajouter de l’huile sur le feu qui flambe de l’antisémitisme. Que non ! Au contraire peut-être. Il convient avant tout de montrer que cet antisémitisme –- pardon cet antisionisme, vous demanderez la différence à ceux qui hurlent contre les “yahoud” –- est au fond justifié. Et France Télévisions se prête au jeu. Vous avez dit “irresponsable ?”… » Donc, il faut interdire la chanson...

Cette campagne contre Zebda et Jean-Pïerre Filiu s’est intensifiée sur toute une série de sites pro-israéliens. Le comble de l’ignominie allant à Sylvie Bensaid de Tribune juive (24 octobre) qui résume la chanson : « Traduisons : Israël, l’occupant qui prend plaisir à piétiner le peuple arabe de Gaza, est un tueur d’enfants. L’accusation des Juifs d’assassiner les enfants trouve ses racines pluriséculaires dans le vieux discours antisémite chrétien, avant de faire les beaux jours du nazisme et d’imprégner aujourd’hui l’islamisme radical. Le martyr Merah, saisissant par les cheveux la petite Myriam Monsonégo, 8 ans, et lui collant le canon de son arme sur le front, rétablit enfin l’injustice faite aux enfants palestiniens. »

Elle ne déshonore que ses auteurs.

Une seule réponse, écouter cette chanson et la diffuser.
Alain Gresh



http://blog.mondediplo.net/2012-11-02-Une-chanson-pour-Gaza-...
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