Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est balfour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est balfour. Afficher tous les articles

dimanche 6 mai 2018

La catastrophe (15 mai 1948 — 15 mai 2018)

Les Palestiniens la nomment ainsi, la Nakba.



Le 15 mai 1948 marque le basculement. Avant cette date, des hordes de terroristes nommées Hagana, Irgoun, Palmach, Lehi, groupe Stern s'attaquent périodiquement, mais avec une grande violence, aux villages de la Palestine. La Palestine, c'est le nom de ces terres qui s'étendent entre la Méditerranée et le Jourdain.

Ce jour-là, dès minuit passé, certains de ces terroristes s'auto-proclament État, sous la bienveillante compréhension des autorités anglo-saxonnes, reines du coin depuis les accords Sykes-Picot du 16 mai 1916. Aujourd'hui encore ce n'est pas plus : cet "État" n'a ni constitution (juste deux lois d'orientation), ni frontières reconnues par la communauté des nations. C'est d'ailleurs pratique : cela permet de continuer à s'étendre sans autorisation, d'où l'occupation illégale et illégitime du plateau du Golan à partir du 5 juin 1967.

A partir de ce jour-là, les Palestiniens sont pourchassés de toutes les façons possibles, afin de donner un soupçon de vraisemblance à ce slogan choquant "une terre sans peuple pour un peuple sans terre". Beaucoup sont tués par ceux qui étaient des terroristes, et qui deviennent par un coup de baguette magique "l'armée". Beaucoup sont obligés de fuir (on parle de neuf cent mille). Malgré tout, il en reste encore beaucoup, sur leur terre qui désormais, là encore par enchantement, n'est plus la leur. Documents notariés, ou pas.

Qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit aucunement d'une affaire religieuse. Aujourd'hui encore, de nombreux juifs refusent cet état de fait, y compris certains qui vivent depuis très longtemps dans un quartier de Jérusalem, Mea Shearim.  Mais aussi d'autres, qui manifestent souvent à Paris, à Washington...

Il ne s'agit aucunement de "race" comme disaient certains, puisque cette notion n'existe tout simplement pas.  Il est d'ailleurs probable que des recherches d'ADN montreraient (et montrent, parce que quelques recherches ont effectivement eu lieu dans ce sens) que les vrais descendants de ceux qui vivaient là il y a mille, deux mille ans, sont ceux-là même que des intrus ont voulu chasser.

Donc, le 15 mai 1948 est le pivot de cette appropriation par des gens venus d'ailleurs, de la terre mise en valeur avec ferveur par ses habitants séculaires. Il s'agit bien entendu d'une affaire politique, concrétisée dès le 2 novembre 1917 par la déclaration Balfour, une lettre adressée par le ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, à un autre Lord, banquier, qui s'appelle déjà Rothschild. Celui-ci est le descendant de celui qui, en 1815, se fit un joli coup de bourse le 18 juin grâce à la bataille de Waterloo.



Cet « État » imposé aux forceps par les vainqueurs de l'époque est bien entendu sans aucune valeur, hormis la force qui le maintient encore pour le moment.  Il est la simple cristallisation en Asie du Sud-Ouest d'une sorte d'hyper-base turbulente, mais essentielle pour les maîtres de Londres et de Washington. Ceux qui ont le vrai pouvoir, bien entendu, pas les présidents, premiers ministres et autres personnalités au pouvoir très incertain. Et quand ceux-ci veulent apporter du bien, "des forcenés" tout surpris par le geste qu'on leur attribue sont accusés de les avoir retirés du peuple des vivants.



Quand cet état de fait révoltant finira-t-il ? La communauté des nations va-t-elle se réveiller, maintenant que les empires de la mer commencent à devenir moins puissants (qu'ils le veuillent ou non)  ? Les descendants des cruels seigneurs Khazars qui s'étaient convertis au judaïsme par intérêt aux alentours du XVe siècle (souvent convertis – encore une conversion – aujourd'hui en banquiers) vont-ils enfin cesser de nuire au monde entier ?

Citoyens de toute la Terre, n'oublions pas cette date funeste : le 15 mai 1948. C'était il y a septante ans, c'était hier, c'est encore aujourd'hui. Car aujourd'hui encore, des Palestiniens tout ordinaires sont chassés de leurs maisons (aussitôt détruites le plus souvent) pour laisser la place à d'autres venus d'ailleurs. D'autres dates furent tout aussi funestes, ailleurs : le 11 septembre 1974 au Chili, le 20 mars 2003 en Irak, le 13 février 2011 en Libye... toutes initiée par les mêmes : des banquiers aux dents hypertrophiées de morses.

On se souviendra que souvent, au plus jeune de la famille ainsi privée de sa demeure séculaire est remise la clef de celle-ci, à transmettre à ses enfants.




Un jour, ces familles reviendront, quand l'Empire anglo-saxon du Grand Capital se sera écroulé sous sa suffisance, sa morgue et sa violence. Dans vingt ans ? Probablement guère plus. Peut-être moins.


dimanche 4 novembre 2012

Zebda, le Crif, la politique, l'argent, le moteur du Monde

Un fait significatif revient à l'esprit. Tout récemment Richard Prasquier, président du CRIF,  a dénoncé "des images de propagande puissante" à propos du clip de Zebda "Une vie de moins", sur des paroles de Jean-Pierre Filiu, professeur d'Histoire à Science Po Paris. Plusieurs dirigeants de ce groupe y sont allés de leurs grands cris, parce que cela risquait sans doute de trop bien renseigner la jeunesse française sur la réalité de Gaza.


J'ai eu l'occasion de lire des extraits du Talmud (qui n'est pas le livre de chevet des juifs en général) : ceux qui ont écrit cela donnent l'impression qu'il existe, en tant qu'être pensants et intelligents, eux... et rien d'autre. Mais peut-être justement les "patrons" de certaines organisations communautaristes se réclamant de la judéité sont-ils de fervents lecteurs de ce livre-là. Il y a des extrémistes partout. C'est valable bien entendu pour toutes les croyances et organisations spirituelles.

Un organisme comme le CRIF s'est autoproclamé "représentatif" de tous ceux qui selon les institutions françaises pratiquent discrètement, ou non, leur religion, ou même ceux qui ne la pratiquent plus, toujours aussi discrètement. Une telle assertion ne résiste guère à l'examen. Et bien entendu, dans ces conditions ceux qui en sont les porte-paroles ne représentent qu'eux-mêmes et quelques disciples proches. Quand, et c'est fréquent, l'UFJP par exemple récuse et dénonce ceux qui prétendent parler en son nom, il y a comme un malaise. Il y a même des Israéliens de religion juive qui affirment hautement leur désaccord. Gênant, non ?

Le judaïsme est une religion de paix. L'Islam également. Le problème vient de ceux qui prétendent s'en prévaloir pour porter la violence et la mort. A croire - c'est une boutade bien entendu - que le CRIF ne représente AUCUN juif français. De même que la prétendue officine de franchising Al Qaida ne représente aucun musulman.

Quand une tribune de ce genre tonne contre "ses ennemis" au nom d'une religion, soyons certains, l'Histoire est là pour en témoigner, qu'il s'agit de politique, et rien que de cela. Comme cette politique n'est jamais présente au grand jour, il est difficile d'en déceler les buts aussi longtemps qu'ils ne sont pas presque atteints. Tout au plus pourra-t-on en démonter les cheminements. La déclaration Balfour, par delà les raisons avancées, était surtout un moyen pour des anglo-saxons de garder un pied solide dans la région de Méditerranée orientale. Entre-temps, et progressivement, c'est Washington plutôt que Londres qui est devenu l'interlocuteur "privilégié" du régime de Tel Aviv, mais cela ne change pas grand-chose.

Une seule chose est certaine, pour les nombreux lobbies plus ou moins directement impliqués dans la bonne santé de Tel Aviv, il est toujours interdit de porter la moindre critique à ce gouvernement, car il est le garant de LEURS intérêts. Intérêts qui peuvent paraître contradictoires, superficiellement, mais qui pour eux ont une logique même si elle paraît tortueuse.



C'est pourquoi Zebda est montré du doigt, comme le fut Shlomo Sand, comme le furent bien d'autres. Seul rappel : ce n'est pas une question religieuse, c'est un intérêt strictement politique. Et même souvent financier, comme pour la dissolution sanglante des Templiers dont Philippe le Bel voulait confisquer (en vain) le trésor.

samedi 3 novembre 2012

Reconnaître l'entité sioniste est pire que la déclaration balfour (sur Assawra)

Reconnaître l’entité sioniste est pire que la déclaration Balfour

samedi 3 novembre 2012, par Fadwa Nassar

95 années sont passées depuis cette déclaration, où le ministre britannique Balfour a promis aux « Juifs » une « patrie » en Palestine, alors que ce pays ne lui appartient pas et que les « Juifs » ne le méritent pas. La « déclaration Balfour » fut unique dans l’histoire humaine : aucun impérialisme n’a jamais osé dépouillé un peuple de sa terre pour la livrer à autrui. L’impérialisme français a essayé de reproduire ce crime dans les années 70 du siècle passé pour installer des minorités vietnamiennes dans le territoire de la Guyane « française », mais le contexte stratégique reste incomparable et fait de cette déclaration, comble de l’injustice et de l’arrogance coloniale, un fait unique dans l’histoire de l’humanité.

La victime de cette déclaration criminelle est le peuple palestinien d’abord, qui fut dépossédé « légalement » (puissances impériales puis ONU) de sa patrie, et les peuples arabes qui durent subir un accord impérial, l’accord Sykes-Picot, qui a démembré leur région et tenté de démembrer leurs esprits pour les empêcher de tenir tête aux sionistes. Mais ni la déclaration Balfour, ni l’accord de Sykes-Picot, ne sont légitimes. Ils sont le produit d’un rapport de forces qui a écrasé les peuples arabes et martyrisé le peuple palestinien.

95 ans après cette déclaration, le peuple palestinien n’a pas abandonné la lutte. Il se bat et résiste, malgré tous les abandons, toutes les défaites et les compromissions faites à ses dépens, par les uns et les autres. Dès 1916, bien qu’il n’avait pas les moyens matériels de résister à ce complot international, il a pris les armes, il s’est organisé, et a refusé d’accorder même un brin de légitimité à ce projet colonial, puis à cette entité composée de colons. La révolution organisée par Ezzdine al-Qassam dans les années 30 contre les troupes britanniques et les colons sionistes fut la réponse adéquate à tous ceux qui ont essayé de ménager les britanniques, pour ne dénoncer que la colonisation sioniste, pensant que la « communauté internationale » comprendrait leurs doléances. La compromission envers l’impérialisme entraîna l’occupation de la Palestine et l’installation de cette entité coloniale qu’est l’Etat sioniste.

Aujourd’hui, 95 ans après cette sinistre déclaration et le démembrement de la région arabe, et parce que le peuple palestinien a refusé d’abandonner sa lutte, parce que des dizaines de milliers de matryrs sont tombés pour que vive la Palestine, dans le cœur des Palestiniens, puis dans le cœur des peuples arabo-musulmans et des peuples du monde solidaires de cette cause, l’Etat sioniste connaît les moments les plus tourmentés de sa fragile existence.
95 ans après la déclaration Balfour, malgré les tentatives de l’équipe d’Oslo (les accords d’Oslo signés par l’OLP et l’Etat sioniste sous l’égide américaine en 1993), et malgré les récentes déclarations du président palestinien Mahmoud Abbas, le peuple palestinien et les peuples arabes refusent de reconnaître la légitimité de l’entité sioniste en Palestine. C’est le sens des déclarations des principales organisations combattantes du peuple palestinien, le Hamas et le mouvement du Jihad islamique en Palestine, qui ont aussitot réagi aux paroles de Mahmoud Abbas, disant qu’il ne réclamait pas son droit au retour dans sa ville natale, Safad, et qu’il se contentait de vivre à Ramallah, et que pour lui, la Palestine n’était que les territoires occupés en 1967 (Cisjordanie, Gaza et la partie orientale d’al-Qods). Le dirigeant dans le mouvement du Jihad islamique, Daoud Shehab, a déclaré que son mouvement accordait autant d’importance, sinon plus, aux villes de Yafa, Safad, Akka et al-Majdal, que la Cisjordanie ou Gaza, et qu’il poursuivra son combat jusqu’à la libération de toute la terre de Palestine. Quant à Izzat Rashq, responsable au mouvement Hamas, il a refusé les déclarations de Mahmoud Abbas, affirmant que ce dernier ne représentait que lui-même, et que le peuple palestinien reste attaché à toute sa terre et qu’il poursuivra son combat jusqu’à la libération. Les deux dirigeants ont exprimé la volonté de leurs mouvements et du peuple palestinien de se battre pour le retour de tous les réfugiés dans leur patrie libérée.

Dans son communiqué à l’occasion de cette sinistre commémoration, le mouvement du Jihad islamique en Palestine a refusé de reconnaître toute légitimité issue de la déclaration Balfour, et tout règlement basé sur la reconnaissance de l’entité coloniale. Il a également mis en garde les peuples arabes qui peuvent voir l’illusion de gagner la bataille du développement et de la réforme, tant que cette entité coloniale poignarde notre nation. « le maintien de cette entité criminelle sur notre terre menace tous les projets de renouveau et de développement dans nos pays », d’où l’importance « d’unir nos forces et nos énergies pour lever cette menace ».

95 ans après la déclaration arrogante de Lord Balfour qui a promis la terre de la Palestine aux colons juifs, afin d’instaurer une entité devant assurer les intérêts impérialistes dans la région, nous assistons à la décomposition lente mais sûre de cette colonie, et une accentuation de plus en plus aigue de la lutte dans notre région. Comme le corps humain, notre nation n’a pu s’habituer à ce microbe, elle s’enfièvre et risque d’enfiévrer le monde entier, en vue de le détruire, car toute pseudo-coexistence signifie tout simplement notre disparition.

Des paroles aussi insultantes que celles proférées par Mahmoud Abbas contre le peuple palestinien, son histoire et sa lutte actuelle, ne peuvent que l’entraîner vers le sort de Moubarak et Ben Ali. Si les sionistes et les impérialistes de tout bord, l’ont applaudi, ils savent pertinemment qu’il n’a aucune prise sur son peuple et que pour sortir de son réduit territorial en Cisjordanie, il lui faut l’accord du dernier colon débarqué d’Ethiopie. Si lui a abandonné Safad aux colons sionistes, tous les réfugiés de Safad n’attendent que l’instant propice pour y retourner et le monde sera ébahi de voir avec quelle rapidité nous prendrons possession de notre pays.

Fadwa Nassar
Samedi, 03 novembre 2012

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

Rappelons les termes de cette déclaration Balfour.   Pour en préciser la portée, voyons ce qu'en disait un lecteur du Monde Diplomatique, dans une réaction bien documentée à un autre article sur la question.

Lou :
2 novembre 2009 @14h59   « »
merci, Monsieur Gresh de ce rappel, vous écrivez :
La lettre de Balfour est adressée à lord Walter Rothschild, un des représentants du judaïsme britannique, proche des sionistes. (...)
Alors que la guerre s’intensifie sur le continent, il s’agit de se gagner la sympathie des juifs du monde entier, perçus comme disposant d’un pouvoir considérable, souvent occulte. Cette vision, ironie de l’histoire, n’est pas éloignée de celle des pires antisémites qui détectent, partout, « la main des juifs ».
Tom Segev écrit souvent que Chaïm Weizmann qui a "arraché" la déclaration de Balfour instrumentalisait cette perception du grand pouvoir des juifs du monde et que ce n’était qu’un mythe.
Pourtant, lorsque Edwin Montagu (neveu d’Herbert Samuel, premier commissaire britannique en Palestine), opposé au sionisme veut que l’on consulte le président des États-Unis Thomas Woodrow Wilson au sujet de cette déclaration de Balfour :
" Ce fut une initiative avisée. La Maison -Blanche préconisa l’annulation de la déclaration et l’affaire faillit être enterrée. Weizmann s’en alla quérir Brandeis [juge américain] . Celui-ci parla au conseiller de Wilson et la Maison-Blanche changea alors d’avis ;
(...)
Cet épisode conforta Lloyd George [ premier ministre britannique que Weizmann rencontre quand il veut] dans sa conviction que les juifs régnaient également à Washington"
page 63-64 de C’était en Palestine au temps des coquelicots"
C’était un mythe drôlement agissant !