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mercredi 18 avril 2012

Les 10 questions de Mediapart à Nicolas Sarkozy

Sur l'aimable invitation de Gauche de Combat, je reproduis ici son billet de ce matin, où Médiapart interpelle Nicolas Sarkozy sur dix questions : jusqu'à présent celui-ci n'y a pas répondu.

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J’ai reçu hier un mail de Médiapart me faisant savoir que cet article serait publié en accès libre et qu’il s’agissait d’en faire bon usage… C’est ce que je fais donc ici, en le faisant savoir haut et fort. Et en vous invitant à faire de même sur tous les médias, réseaux sociaux et blogs auxquels vous avez accès. Pour qu’enfin nous advienne un véritable journalisme, non pas de connivence,  ou partisan, de manière larvée ou plus explicite, comme celui que nous avons connu pendant ces 5 trop longues années. Mais comme un élément essentiel constitutif d’une démocratie saine et équilibrée, où toutes les sensibilités politiques démocratiques peuvent s’exprimer avec la même possibilité de visibilité. Un journalisme qui respecte en outre, enfin,  les règles de sa profession… Qui doit renouer plus fortement avec sa déontologie pour retrouver sa crédibilité, et son attractivité auprès du grand public. Celui à qui je parle se reconnaitra.

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Les 10 questions de Mediapart à Nicolas Sarkozy

publié le 17 Avril 2012 Par La rédaction de Mediapart
Mediapart avait invité Nicolas Sarkozy à une émission exceptionnelle, en direct et en vidéo-streaming sur notre site, à la date de son choix avant le premier tour de l’élection. Le président-candidat a refusé. Pourtant, parmi les nombreuses questions que nous souhaitions lui poser, il en est 10 que nous estimons particulièrement importantes pour que les citoyens puissent voter correctement informés. Nous nous permettons donc d’insister en posant publiquement ces questions et en publiant nos échanges de courriels avec l’équipe du candidat UMP.<--break->
1. Vous avez déclaré avoir acquis un appartement sur l’île de la Jatte en 1997 grâce à des prêts contractés auprès de l’Assemblée nationale. Selon votre présentation du montage financier, ils se seraient élevés à 3.530.000 francs. Or l’Assemblée nationale affirme que vous n’avez pris qu’un seul emprunt immobilier à cette époque, de 1.680.000 francs. Avez-vous réellement payés le 1,85 million de francs manquant ? Si oui, comment ?
2. Dans son journal intime, à la date du 26 avril 2007, le photographe François-Marie Banier prête ses propos à Liliane Bettencourt : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ». Le même jour, 400.000 euros sont retirés en espèces des comptes suisses cachés de la milliardaire. Avez-vous demandé de l’argent aux époux Bettencourt dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007 ?
3. L’enquête judiciaire menée à Bordeaux dans le cadre de l’affaire Bettencourt a permis d’établir que le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune M. de Maistre a reçu 150.000 euros en liquide, la veille d’une rencontre avec Eric Woerth, le trésorier de votre campagne présidentielle de 2007. Le 5 février de la même année, 400.000 euros ont été débités en liquide de l’un des comptes suisses des époux Bettencourt, deux jours avant une nouvelle rencontre entre MM. Woerth et de Maistre près de votre siège de campagne. M. Woerth, mis en examen dans ce dossier, a-t-il pu financer à votre insu par des fonds en espèces votre campagne présidentielle ?
4. Les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt font apparaître que l’héritière de L’Oréal a signé, le 4 mars 2010, un chèque à votre ordre. Quel est le montant et l’objet de cette contribution, qui ne peut être un financement politique puisque vous êtes à cette date président de la République depuis presque trois ans ?
5. Votre ancien collaborateur Thierry Gaubert, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Takieddine, a-t-il pris en charge durant les années 1990 vos vacances à Venise et à Miami, comme l’indiquent des témoignages recueillis par la justice ?
6. Votre directeur de cabinet Claude Guéant a noué d’importantes relations à partir de 2003 avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, en le mandatant auprès de dirigeants libyens, syriens et saoudiens pour des opérations de diplomatie parallèle et des ventes de matériels de sécurité, alors que vous étiez ministre de l’intérieur. Avez-vous cautionné ces contacts occultes, généralement prohibés par l’administration ?
7. Selon les notes de Ziad Takieddine saisies par la justice, une réunion s’est tenue le 16 mai 2009 à l’Elysée en présence de Claude Guéant et de votre avocat personnel, Thierry Herzog, afin de « mettre de côté » le mandat d’arrêt visant M. Abdallah Senoussi, l’un des patrons des services de renseignement libyens, condamné en France à une peine de perpétuité par contumace, dans l’attentat terroriste du DC10 UTA, en 1989. Vous êtes-vous engagé auprès du colonel Kadhafi à blanchir judiciairement M. Senoussi, aujourd’hui réclamé par la Cour pénale internationale ?
8. Selon des documents saisis en France et au Luxembourg, vous avez autorisé, alors que vous étiez ministre du budget, la création de la société Heine, par où ont transité, le 7 février 1995, 20,3 millions d’euros. Cette société basée au Luxembourg était chargée de distribuer, pour le compte de l’entreprise d’Etat DCN, des commissions occultes à deux hommes d’affaires (MM. Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir) actuellement mis en examen dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement français au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Vous avez également validé, au sein de l’organisme de garantie d’Etat Coface, le montant de ces commissions accordées, tant par la DCN que la Sofresa, à ces intermédiaires. Pouvez-vous soutenir n’être pas impliqué personnellement dans cette affaire ?
9. Au lendemain de la sentence arbitrale, le 7 juillet 2008, qui a octroyé 403 millions d’euros d’argent public à Bernard Tapie, l’Etat aurait pu faire annuler cette décision prise par cette justice privée. En novembre 2008, la ministre des finances, Christine Lagarde a été informée que l’un des trois arbitres n’avait pas respecté l’obligation de « révélations étendues » à laquelle il était astreint, et n’avait pas déclaré qu’il avait déjà participé par trois fois à des arbitrages auxquels était partie Me Maurice Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Christine Lagarde pouvait donc suspendre le versement de cette somme. Pourquoi ne lui avez-vous pas donné des instructions en ce sens ? Pourquoi, au contraire, ce fait a-t-il été caché au Parlement ?
10. Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart, des sommes importantes – jusqu’à 50 millions d’euros – auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi, ce que l’ancien dirigeant de la Libye, son fils Saïf al-Islam et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services secrets libyens, avaient affirmé publiquement. Seriez-vous favorable à l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur ces soupçons ? 
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Après avoir reçu dans le cadre de notre émission “Mediapart 2012” quatre candidats à la présidentielle (François Bayrou, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande), Mediapart a proposé à Nicolas Sarkozy un grand entretien diffusé en direct et en vidéo-streaming sur notre site. Edwy Plenel en a fait la demande, dès le 6 mars, auprès du conseiller presse de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier. Voici le verbatim de cette demande :
Le jour même, Franck Louvrier accusait réception en ces termes : « Merci pour votre invitation. Je prends en compte votre demande et vous tiens au courant.
Bien cordialement »
Après trois semaines d’attente, Edwy Plenel relancait Franck Louvrier, le 30 mars :
Franck Louvrier répondait le jour même : « À ce jour, je ne vois pas d’opportunité pour faire un entretien. Je vous tiens au courant,
Merci »
L’opportunité ne signifie pas l’occasion, en français, mais ce qui apparaît opportun. Tout était donc dit… À défaut d’un Nicolas Sarkozy faisant le choix de s’expliquer en direct devant une presse indépendante, nous venons d’adresser par écrit à son équipe nos dix questions. Il nous semble impératif que le président sortant daigne s’expliquer sur ces affaires révélées durant son quinquennat mais dont on s’aperçoit qu’elles ont accompagné une bonne partie de sa vie politique.
Il est ma foi certainement un peu tard pour répondre à autant de questions, si affilées, en si peu de temps. Aussi, il vous appartient, à tous et toutes (mais je sais que je peux avoir confiance en vous sans quoi vous ne seriez pas ici), de faire en sorte que si l’actuel Président/candidat ne veut pas répondre devant des journalistes, ou devant le peuple, il y réponde devant la justice qui ne manquera pas de l’interpeller, dès que cela sera possible… A moins qu’il ne choisisse de s’exiler dans un pays avec lequel il n’y a aucun accord d’extradition ? Je dis ça, je dis rien…
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2 commentaires:

  1. Comme par hasard, il va se sentir tout catarrheux, soudain.... un émir saurait le soigner, je pense...

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