Rechercher dans ce blog

samedi 10 août 2013

De la Guerre Froide à la Paix de Glace

C'était la guerre froide
La "guerre froide" est un concept inventé par Washington à son usage, pour justifier maintes et maintes choses. Elle a obligé l'URSS à se doter de vecteurs d'attaque nucléaire en masse, alors qu'elle avait bien d'autres raisons d'utiliser son argent. C'est à la longue ce qui l'a tuée. Était-ce délibéré dès le départ ? Pas forcément. Je pense que les USA en ont vu l'avantage sur ce point au bout d'un certain temps. Ce ne sont pas des surhommes !



Le Département d'État sème son souk partout sur la planète pour justifier lois, mesures, représailles, guerres "préventives" ou "humanitaires". En fait, et l'État d'Israël l'a copiée là-dessus en allant encore plus loin, l'entité qui se définit comme "Les États-Unis d'Amérique" n'est qu'une armée (avec ses offices de renseignement par douzaines) qui se prend pour un pays. C'est le seul point qui unit les habitants, grâce à une propagande colossale et continuelle. C'est dire combien c'est fragile, en fait. Donc dangereux, car pour rester crédible il faut aux têtes dites "pensantes" de ce machin aller toujours plus loin dans la surenchère.

Après la guerre de 1939-1945 (ou du moins l'arrêt officiel des hostilités) les États-Unis d'Amérique  ont (du moins en apparence) redéfini quels étaient leurs ennemis. D'où cette "guerre froide". En fait, depuis 1918 c'est la Russie devenue trop différente qui était considérée comme une menace. D'où le fait que jusqu'en 1941 les financiers de New York furent les pourvoyeurs d'Adolf Hitler.  Celui-ci devenant trop gênant, les alliances ont paru changer, juste le temps d'éliminer le trublion. C'est pourquoi les affaires ont repris de plus belle avec Bonn (Berlin étant passé sous le contrôle soviétique). Et si deux essais nucléaires "pour de vrai" ont eu lieu il y a 69 ans et un jour, ce n'était pas pour faire tomber un Japon déjà à genoux, mais pour stopper l'avance russe en Mandchourie, et ainsi geler les positions.

Pour rester debout, pour exister, ce pays aberrant qui s'étend du Rio Grande aux Grands Lacs a besoin d'ennemis : ainsi l'ont défini les paranoïaques de Washington. Ce fut donc une problématique "menace de l'Ours" qui fut le prétexte pour la création de l'OTAN. En même temps, pour élargir leur influence économique, les stratèges des Think Tanks ont suscité une Union Européenne à leur botte, par avancées successives depuis 1943-44 (oui, déjà) en mettant sur les rails Jean Monnet et Robert Schuman. L'arrivée de cette OTAN "à ses portes" ou presque a obligé Moscou à proposer ce qui devint le Pacte de Varsovie.

Catastrophe ! La chute du mur de Berlin, puis celle de l'URSS tout entière, rendait la présence de l'OTAN inutile : qu'à cela ne tienne, désormais ce furent les Islamistes qui prirent la relève dans la propagande étatsunienne. Quitte à les armer d'abord comme en Afghanistan. Le rôle de Ben Laden, là-dedans, n'est pas très clair : un seul avion a eu l'autorisation de s'envoler immédiatement à la suite du bizarre évènement du 11 septembre 2001, et c'était celui où avait pris place la famille d'Oussama. Fallait-il la protéger, l'empêcher de parler ? C'est assez probable. Comme est fort probable la fausseté totale de la ridicule version officielle de cet attentat (nous n'y reviendrons pas ici, cela demanderait un ouvrage en plusieurs tomes). Est-ce pour faire oublier ce fiasco (beaucoup de gens refusent cette version, malgré les efforts de propagande et les menaces envers ceux qui la dénient haut et fort, qui expliquent et s'insurgent) que récemment a eu lieu l'attentat de Boston ? Une tentative pour ressortir le danger islamique ?

Détroit de Behring : à gauche l'Ours, à droite le renard, au milieu la mouche
Bien entendu, malgré cet islamisme si commode pour tenter de faire avaler des couleuvres, le "partage du monde" à la Yalta reste plus ou moins de rigueur, donc il faut continuer à discuter avec le voisin d'en face, celui qui n'est qu'à quelques encablures de l'Alaska. Est-ce si facile ?


Aujourd'hui entre le Kremlin et la Maison Blanche, ce n'est pas le beau fixe. Les radars et autres sites de missiles que la seconde s'entête à installer à deux pas de la Russie, soit-disant pour se prémunir contre les islamistes, sont considérés avec raison comme inacceptables par la Place Rouge qui considère qu'être susceptible de viser un pays avec lequel on est théoriquement en paix, cela ne se fait pas. Les accords SALT piétinent joyeusement malgré les belles envolées célébrant leur progrès. Cerise sur le gâteau, l'accueil au nom d'une acceptation provisoire d'asile pour Edward Snowden reste dans la gorge des faucons washingtoniens, soudain pris le doigt et tout le bras dans la confiture par le judicieux et courageux lanceur d'alerte. Ajouté au différend concernant la Syrie, où Moscou considérerait comme un casus belli à son encontre une attaque directe de Damas ou de Téhéran par des troupes de l'OTAN ou assimilées, cela nous amène à une magnifique Paix de Glace. Rien de neuf depuis 1918, en somme. Plus rigolo : les pourparlers continuent....

vendredi 9 août 2013

Mexique - Pour implanter de l'éolien sur des terres communales, une compagnie de gaz tue

Voici un appel reçu grâce à nos vigilants amis de la ZAD, prêts à défendre partout dans le monde la lutte contre les Grands Projets Inutiles Imposés. Au nom d'intérêts financiers, entreprises et parfois politiciens n'hésitent pas à tuer. Il faut que cela se sache.


-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-


Communiqué URGENT : des hommes de main de GAS NATUREL FENOSA ASSASSINENT UN SYMPATHISANT DE L'ASSEMBLE POPULAIRE DU PEUPLE JUCHITECO A JUCHITAN.

Aux organismes des droits de l'homme nationaux et internationaux

Aux moyen de communication

Aux peuples et organisations qui font partie du Conseil National Indigène

Au CCRI CG del EZLN

Hector Regalado Jimenez, qui était pêcheur et sympathisant de l'Assemblée Populaire du Peuple Juchiteco (APPJ), est mort le 1 août de cette année suite à six impacts de balles reçus ce 21 juillet par des hommes de main de l'entreprise GAS NATURAL FENOSA. Ils étaient accompagnés par des éléments de la Police Auxiliaire Bancaire Industrielle et Commerciale (PABIC), institution policière employée par l'entreprise pour surveiller l'avancée du parc éolien ILLEGAL appelé Bii Hioxho. 

Ces hommes de mains avaient, la semaine avant l'agression, menacé de tirer sur le campement de la APPJ qui maintient sa résistance depuis le 25 février 2013 pour exiger des autorités municipale, régionale et fédérale l'annulation immédiate du projet illégal sur nos terres communales juchitecas.

La multinationale GAS NATUREL FENOSA a tenté à plusieurs reprises de récupérer Hector Regalado Jimenez qui refusa de faire partie des travailleur de cette entreprise. Sa famille et l'APPJ EXIGENT JUSTICE pour les auteurs intellectuels et matériels de cet assassinat.

Nous tenons pour RESPONSABLES le gouvernement de la région de OAXACA et le procureur général de la justice régionale, de la vague de menaces et agressions que reçoivent constamment les membres et sympathisants de l'ASSEMBLÉE POPULAIRE DU PEUPLE JUCHITECO.


PAS UNE AGRESSION DE PLUS, NOUS AVONS DROIT A LA VIE !!!
LA TERRE, LA MER ET LE VENT NE SE VENDENT PAS, ILS S'AIMENT ET SE DEFENDENT !!!
DEHORS GAS NATUREL FENOSA DE NOS TERRES COMMUNALES !!!
ANNULATION DES PROJETS ÉOLIENS ILLÉGAUX SUR NOS TERRES COMMUNALES ET CONTRE LA VIOLATION
DE L'ACCORD 169 DE LA OIT !!!


FRATERNELLEMENT
ASAMBLEA POPULAIRE DEL PUEBLO JUCHITECO.

Pour plus d'infos
http://tierrayterritorio.wordpress.com/

jeudi 8 août 2013

"Urgence" à Fukushima Daiichi (Pierre Fetet)

C'est un véritable article d'anthologie que nous livre Pierre Fetet cette fois-ci. Tout y est, aussi bien la situation actuelle, que ce qui risque d'arriver dans un délai hélas inconnu.

Une chose est certaine, et prouvée désormais : ce sont au moins trois cents mètres cubes d'eau contaminée gravement qui se déversent bon gré, mal gré, chaque jour dans l'océan Pacifique, avec la conséquence pour la faune marine que l'on devine. Trois cents mètres cubes, que TEPCO ne peut tout simplement pas empêcher de s'écouler actuellement. En cas de nouveau tremblement de terre, le bilan serait bien entendu revu largement à la hausse. De plus, cette situation déjà néfaste ne perdure ainsi que parce que des pompes continuent en permanence à refouler à la fois l'eau contaminée dans des récipients plus ou moins provisoires, et l'eau saine en amont qui est détournée avant d'être trop souillée à son tour. On sent là un dossier fort mal maîtrisé (souvent pour des questions de coût), que la moindre anicroche peut largement alourdir. Ne serait-ce que la simple transformation progressive du sol et du sous-sol de la centrale en un marécage radioactif et inapprochable.


7 août 2013
Que veut dire le mot « urgence » à la centrale de Fukushima Daiichi ? Ce mot a tellement été employé depuis deux ans et demi qu’on a du mal à croire à une urgence alors que Fukushima n’inquiète plus grand monde depuis longtemps. Et pourtant, ce mot vient d’être employé par quelqu’un qui s’occupe de la sécurité nucléaire au Japon : selon l’agence Reuters, le responsable d’un groupe de travail sur Fukushima de la NRA – l’Autorité de régulation nucléaire du Japon –  a annoncé lundi que Fukushima était dans une situation d’« urgence ». Shinji Kinjo n’est pourtant pas du genre à s’inquiéter d’habitude : le 15 mars 2011, après la troisième explosion à la centrale de Fukushima Daiichi, l’expert avait déclaré que l’augmentation de la radioactivité n’aurait pas d’effets immédiats sur la santé. C’est dire si ses propos publics aujourd’hui sont inquiétants. Pour comprendre pourquoi cet homme sort de sa réserve en remettant sévèrement en cause l’opérateur Tepco, il faut revenir sur les évènements qui ont débuté le mois dernier. C’est l’objet de cet article qui va essayer de faire le point de la situation concernant les eaux contaminées à la centrale de Fukushima Daiichi.
Etat de la situation en mars 2013 selon Ken Buesseler

La gestion des eaux de Fukushima Daiichi

Pour bien appréhender la situation, il faut connaître l’état des lieux. En bref, en mars 2011, les sous-sols de la centrale on été entièrement inondés par le tsunami, d’où la présence abondante d’eau salée initialement. Puis elle a subi 3 meltdowns (fonte du cœur) – c’est-à-dire l’accident le plus redouté de l’industrie nucléaire – formant chacun un corium d’environ 70 à 90 tonnes. Mais pire, au moins un des coriums a traversé la cuve d’un réacteur pour s’arrêter et se solidifier en fond d’enceinte de confinement ; ça c’est la version officielle. Mais pour l’instant, Tepco n’a pas été capable de montrer quoi que ce soit prouvant cette version. Car il y a une autre hypothèse : le corium a peut-être traversé le radier de fondation, ce qui l’aurait mené à la couche géologique contenant la nappe phréatique. Personne n’a prouvé cela non plus, car c’est tout simplement impossible en l’état des connaissances étant donné que Tepco pratique la rétention d’une grande partie des données. Mais cette hypothèse est de plus en plus plausible, nous allons voir pourquoi.
A la télévision japonaise (Asahi TV), on n’hésite plus à parler de melt-out (sortie du corium de l’enceinte de confinement).

Arrosage des cœurs fondus

Tepco arrose les cœurs fondus – du moins leur emplacement supposé dans les cuves – pour évacuer leur chaleur résiduelle. Cela nécessite environ 360 m3 d’eau par jour. L’eau, au lieu de rester dans les enceintes de confinement, se répand dans les sous-sols de la centrale, probablement à cause de failles provoquées par le tremblement de terre du 11 mars 2011. On estime que 100 000 tonnes d’eau contaminée stagnent ainsi à la base de la centrale. La contamination de cette eau est très importante : les dernières mesures donnent 5,7 millions de Bq/L pour l’unité un, 36 millions de Bq/L pour l’unité 2, et 46 millions de Bq/L pour l’unité 3.

Nappe phréatique en jeu

Une autre arrivée d’eau, incontrôlable, a été rapidement constatée, c’est celle de la nappe phréatique qui vient de toute part : 400 m3 d’eau par jour, qui se mélange et se contamine à celle utilisée pour le refroidissement.
Pour que le niveau d’eau ne monte pas et que le site ne devienne pas un marécage radioactif, Tepco est obligé de pomper en permanence l’eau des sous-sols. Cette eau est ensuite acheminée à des systèmes complexes de traitement qui supprime la salinité et enlèvent une partie des radionucléides. L’eau est ensuite stockée dans des réservoirs, et une partie est réutilisée pour le refroidissement. En effet, pour éviter de relâcher de l’eau radioactive dans l’océan, on la stocke sur le site. Actuellement, il y a environ 1000 réservoirs contenant quelques 300 000 m3 d’eau contaminée. Au 5 août 2013, Tepco a annoncé avoir encore 60 000 m3 de stockage disponible, ce qui lui permettrait de tenir jusque décembre 2013. Sur le long terme, d’ici deux ans, Tepco prévoit d’augmenter sa capacité de stockage à 700 000 m3.

Le point sur le stockage et le traitement des eaux contaminées le 30 juillet 2013 (source Tepco)
 
Le combat contre l’arrivée d’eau

Pour éviter de traiter trop d’eau, Tepco a installé 12 puits en amont des réacteurs pour pomper l’eau de la nappe phréatique avant qu’elle n’arrive dans les sous-sols. Cette opération ne permet en fait que de pomper 100 m3/jour. Mais comme le terrain surplombant ces puits a été contaminé par des fuites d’eau très radioactive provenant de réservoirs souterrains que l’opérateur avait creusés à même le sol – pour réduire la facture du stockage en cuves métalliques  – il n’y a pas encore d’autorisation pour relâcher cette eau en mer. En effet, après le tollé provoqué par le relâchement de 11 500 m3 d’eau radioactive dans l’océan en mars 2011, Tepco a promis de ne plus le faire sans l’autorisation des pêcheurs. Mais aujourd’hui, les pêcheurs n’ont plus confiance et ils ont sans doute raison.

Ce poisson, pêché à proximité de la centrale de Fukushima Daiichi en janvier 2013 est très radioactif : 254 000 Bq/kg, soit 2 540 fois la limite de 100 Bq/kg définie pour les produits de la mer par le gouvernement.

Mur étanche et fuites vers la mer

Prévu depuis deux ans, la construction d’un mur étanche en acier et béton entre la centrale et l’océan aurait dû être aujourd’hui terminée. Il n’en est rien. Pour des raisons probablement financières (ça coûte évidemment très cher) et humaines (difficulté de recruter des ouvriers), la construction de cette barrière est loin d’être terminée.
Projet du mur étanche en acier et béton (Tepco et Asahi TV)

Dans la précipitation due aux découvertes du mois de juillet, Tepco a opté pour la réalisation de murs chimiques. Cette technique avait déjà été employée en 2011 : à l’époque, on avait injecté dans le sol du silicate de sodium (Na2SiO3), qui est un composé chimique ayant la particularité de solidifier le sol et le rendre dur comme du verre. Il est possible que ce soit le même procédé. Toujours est-il qu’une raison technique empêche de réaliser cette structure jusqu’au niveau du sol. Le mur chimique de 16 m de profondeur s’arrête à 1,80 m de la surface.

Principe de réalisation du mur chimique par injection (source Tepco)

Or il semble que l’utilisation de cette technique sur une longueur de 100 m ait provoqué la montée du niveau de la nappe phréatique en aval de la centrale au niveau de l’unité 2 : le niveau d'eau dans un des puits a augmenté d'un mètre depuis début juillet. Cela semble assez logique étant donné que l’eau souterraine se déplace de la montagne vers l’océan. Rencontrant un obstacle, cela provoque une élévation de son niveau. Le gros problème, c’est que cette eau est fortement contaminée ; Tepco reconnaissait qu' « il est possible que les eaux aient commencé à passer par dessus le mur souterrain », ce qui signifie en clair qu’elle est déjà en train de rejoindre l’océan.

Schéma de l’Asahi TV : le niveau de l’eau de la tranchée est plus haut que le sommet du mur chimique.

De l’eau contaminée dans l’océan

Les mesures réalisées en mer depuis deux ans et demi montrent que la radioactivité ne baisse pas près de la centrale de Fukushima Daiichi, alors que la décroissance radioactive et la dilution auraient dû provoquer une diminution significative de la pollution. On supposait donc que la centrale relâchait des effluents radioactifs mais Tepco refusait jusqu’à maintenant d’admettre cette réalité. Ce n’est que le 22 juillet 2013 que l’opérateur a reconnu une pollution du Pacifique, puis le 2 août, Tepco a annoncé que la quantité totale de tritium rejeté depuis mai 2011 était comprise entre 20 000 et 40 000 milliards de becquerels (20 et 40 TBq). En fait, suite à la fuite de 2011 qu’ils avaient eu du mal à contenir, Tepco s’était engagé à boucher des conduits, ce qui pourtant n’a jamais été fait durant 2 ans, la situation s’étant soit-disant « stabilisée ».

Localisation des fuites de 2011 (Asahi)

On se rend compte à chaque fois que l’opérateur n’a rien d’un service public – bien que l’état japonais soit l’actionnaire majoritaire – mais est bien une entreprise commerciale qui, recherchant toujours le profit, évite au maximum les dépenses. Finalement le 7 août 2013, le gouvernement, par l’intermédiaire de l’Agence des Ressources Naturelles et de l’Énergie, annonce que 300 m3 d’eau contaminée rejoignent quotidiennement l’océan.

Pomper en urgence

L’ensemble des conduits-tunnels-tranchées en aval de la centrale contiennent environ 15 000 m3 d'eaux contaminées. Devant l’insistance de la NRA, Tepco s’est engagé à commencer à les pomper dès le week-end prochain alors qu’ils programmaient ce nouveau chantier seulement à la fin du mois d’août. Comme le bassin qui devait recueillir cette eau supplémentaire près de l’unité 2 n’a pas encore été construit, cela va réduire mécaniquement les capacités de stockage du site.

Dès le mois de juin 2013, Tepco avait constaté une augmentation de la radioactivité dans l’eau d’un conduit situé près de l’unité 2. Mais en juillet, ça a été un peu la panique : deux prélèvements dans des tranchées qui servent en fait de réservoir d’eau contaminée depuis le début de la catastrophe ont donné des mesures impressionnantes : le premier prélèvement (19 juillet 2013) a mesuré 36 milliards de Bq/m3 de césium 134/137, et le second (26 juillet 2013) 2 350 milliards de Bq/m3. D’où l’état d’urgence décrété par la NRA.


Des tranchées qui débordent

Aujourd’hui, il est avéré que l’eau contaminée passe par-dessus la barrière chimique. On peut penser aussi qu’elle passe par en dessous et sur les côtés, étant donné que ce « mur » chimique est intermittent. On peut également penser que depuis 2 ans toute la communication de Tepco sur la nappe phréatique qui se serait maintenue sagement sous la centrale n’est qu’une vaste fumisterie. Dans une émission récente sur Asahi TV, des experts dénoncent les projets désastreux de l’opérateur.

Sur Asahi TV, on explique que même le mur en acier-béton ne serait pas efficace puisque l’eau de la nappe phréatique contournerait facilement la barrière pour rejoindre l’océan.

Pour l’instant, aucune action destinée à retenir l’eau contaminée n’a été efficace. Elles ont été réalisées en dépit du bon sens. Pourtant depuis le début de nombreux experts réclament une enceinte souterraine fermée, une sorte de sarcophage souterrain gigantesque dont la construction prendrait deux années. Si cette décision avait été prise il y a deux ans, le déferlement de l’eau contaminée dans l’océan Pacifique aurait peut-être été contenu aujourd’hui. Peut-être, car on ne sait pas pour l’instant quelle profondeur devrait avoir cette enceinte. La centrale de Fukushima repose sur des couches sédimentaires gréseuses et il est probable que l’eau y circule très facilement à des profondeurs insoupçonnées.

Le corium sorti de l’enceinte ?

Selon l’ACROnique de Fukushima du 1er août, les derniers résultats de mesure de la contamination en césium de l'eau des tranchées incriminées font apparaître des concentrations en centaines de millions de becquerels par litre pour le réacteur n°2. Plus l'eau est prélevée profondément, plus elle est radioactive, relate aussi Gen4 : il y a jusqu'à 950 millions de becquerels par litre. Cela laisse penser que l’eau qui refroidit les coriums sort de l’enceinte de confinement et largue ses radionucléides en continu dans la nappe phréatique. Etant donné que Tepco ment par omission en permanence sur tous les fronts depuis le début de la crise, on peut penser raisonnablement que c’est une des dernières cachoteries de l’opérateur maudit.
Des échantillons ont été prélevés le 31 juillet à une profondeur de 1 mètre, 7 mètres et 13 mètres sur le côté mer de la centrale. (Asahi)

Que faire maintenant ?

Maintenant que le gouvernement a révélé que 300 m3/jour d’eau contaminée s’écoulent en continu dans l’océan, que va-t-il être possible de faire ? Il devient très critique de travailler dans cet environnement de plus en plus radioactif. Les hydrogéologues de la NRA certes travaillent sur le sujet, mais rarement la théorie concorde avec le terrain. L’eau finit toujours par s’infiltrer et s’installer. Il serait dangereux que le sol où est construite la centrale devienne un bourbier radioactif car il pourrait devenir instable. La solution à court terme est donc d’encore pomper et stocker. La solution à long terme n’est pas encore connue. Ou alors, il faut faire comme l’IRSN, rester optimiste quoi qu’il arrive : « Au vu des valeurs observées dans l’eau de nappe, l’apport de radioactivité à l’océan par le site devrait rester limité au regard de cet apport terrestre global, compte tenu des mesures prises, et les éventuels impacts écologiques devraient vraisemblablement rester localisés aux environs immédiats de la centrale du fait de l'importante capacité de dilution de l'océan. » (IRSN, 10 juillet 2013)

Grès de Fukushima (coupe géologique à 300 m de la centrale)

mercredi 7 août 2013

Lait maternel : une alternative mal (!) acceptée par les industriels

Paris (AFP) - Donner ou vendre son lait maternel via internet est illégal et présente des risques pour la santé des nourrissons, ont rappelé mardi des pédiatres et les autorités sanitaires, face à un phénomène encore marginal en France.
Après l'apparition sur un site marchand de la petite annonce d'une mère de 29 ans, se présentant comme une infirmière et offrant de louer ses seins à l'heure (moyennant 20 euros) ou à la journée (100 euros) pour permettre à des couples homosexuels d'allaiter leur enfant, l'Agence du médicament ANSM a réitéré sa mise en garde contre les échanges de lait maternel sur internet.
 -:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-

Ne doit-on pas déceler chez les "gardiens du Temple" un message mercantile sous-jacent ? Si le lait "d'une nourrice" est ainsi rendu illégal (????) sous prétexte de risques de contagion via la nourriture, n'est-ce pas une façon de mettre en garde contre l'allaitement en général ? Les industriels de ce "produit" doivent se frotter les mains. 

Bien sûr, n'est-il pas mieux de disposer d'une offre industrielle antiseptisée, tuée, calibrée selon des critères issus d'études "scientifiques", une offre en vue de créer des Gamma bien portants, efficaces,  mais sans âme comme dans Le Meilleur des Mondes ? Pas plus que le lait de la nourrice, celui de la mère "officiellement reconnue" ne peut être exempt de "tares" comme le tabagisme ou de quelconques virus, c'est l'un des risques de la Nature, de ceux que veulent bannir les vendeurs de contrats d'assurance.

Le risque, répétons-le, c'est celui d'une certaine médecine pétrie de certitudes, de chasse à la diversité,  de standardisation au détriment de la Vie. C'est lui qui ne peut à long terme que tuer l'avenir même des Humains au nom des Normes et des Risques.

Il y a cinquante ans et plus,  les enfants couraient des risques, c'est vrai. Quelques-uns le payaient de leur vie, c'est vrai, par accident, maladie, ou autres causes. Ceux-ci hélas ! partis ailleurs, restaient des gamines et des gamins qui n'avaient pas besoin de multiples vaccins (dangereux la plupart du temps) parce qu'ils avaient été en quelque sorte "mithridatisés" par le contact avec des infections, avec des risques accidentels qu'ils avaient appréhendés et résolus eux-mêmes (la meilleure école). Si tout est planifié au-delà de raison, ne subsisteront que des êtres fragiles, sur-protégés, donc éminemment vulnérables. C'est ce qu'on remarque chez les enfants de la classe aisée US, trop surveillés, donc qui à l'avenir seront confrontés à des conditions qu'ils ne pourront pas surmonter faute d'avoir appris parfois à leurs dépens dans leur jeunesse des conditions similaires, mais généralement moins contraignantes.

Messieurs* les médecins, par votre intransigeance que l'on pourrait qualifier d'obtuse, vous tuez l'avenir.  Et aussi, vous favorisez de façon peu transparente l'hégémonie du lait industriel. Toujours le lobby pharmaceutique aux aguets.




* On notera que de plus en plus, les médecins sont des femmes. En revanche, la Haute Administration, les Gardiens au niveau de l'Ordre des Médecins sont le plus souvent des hommes. Ou des femmes (réglementairement) aussi proches des hommes que certaines de leurs homologues en politique de haut niveau. Des femmes peu femmes en somme.


N.B.
Personnellement j'ai vis-à-vis des médecins une confiance tendant vers zéro. Au point de préférer crever dans mon coin plutôt que de faire appel à eux, tant j'ai pu mesurer avec les années (je suis grand-père plusieurs fois, et j'ai soigné ma conjointe pendant plus de 20 ans atteinte d'une maladie mortelle et sans vrai recours) l'indigence de la Médecine et tous ses artifices pour faire croire qu'elle pouvait guérir quelqu'un. J'irai même plus loin : le risque est que par le biais de vaccins par exemple elle devienne dangereuse pour la Vie, au nom de prétendues précautions.

Le lobby pharmaceutique est l'un des plus actifs, et sans doute le plus efficace.

mardi 6 août 2013

Les habitants d'Okinawa protestent contre le déploiement additionnel des Osprey (NHK)

NHK, le 6 août 2013 à 8h 02 temps universel (10h02 en France)

Les protestations s'intensifient sur Okinawa, contre l'intensification du déploiement d'avions de transport étatsuniens Osprey, à la suite de l'écrasement d'un hélicoptère militaire US dans la préfecture. Plus de cent personnes se sont rassemblées ce mardi à l'extérieur  de la base aérienne Futenma, à Ginowa. Ils chantaient et agitaient des panneaux de protestation contre le déploiement des Osprey.

Un vieil homme de soixante-et-onze ans prenait part à la manifestation, il assurait que la venue des dangereux Ospreys dans cette préfecture est une insulte à Okinawa. Il ajoutait craindre fort que d'autres écrasements comme celui de lundi n'interviennent bientôt.

Les maires de toutes les municipalités de la préfecture d'Okinawa ont exigé que les militaires US arrêtent d'intensifier la venue d'Ospreys, et retirent ceux déjà présents à la base de Futenma. Le corps des Marines a déjà fait parvenir deux de ces avions à décollage vertical, en tant que précurseurs d'un déploiement supplémentaire. Il a prévu d'en amener encore dix, ce qui porterait le total à vingt-quatre.

Après l'accident de lundi, les militaires étatsuniens ont annoncé qu'ils vont reporter l'arrivée des Ospreys restants, sans dire combien de temps durera ce report.

L'opposition aux Ospreys s'est enracinée dans la préfecture, les protestataires citant les différents abus vis-à-vis de la sécurité. L'accident de lundi a fait encore grandir la colère contre l'arrivée de nouveaux Ospreys. 


(avec les coquilles habituelles, note du traducteur)


-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-


Voilà longtemps déjà que les Japonais d'Okinawa sont excédés de la présence des aviateurs étatsuniens sur leur sol.  Les appareils qu'ils utilisent, ces hybrides entre l'avion et l'hélicoptère (ils décollent à la verticale par pivotement des réacteurs), sont d'une fiabilité "modérée", et occasionnent assez régulièrement des accidents. Les militaires qui en sont chargés défraient la chronique locale assez régulièrement, également, par leur comportement peu "civil" quand ils sortent de leur base, au point que les viols sont assez fréquents (sans doute à la suite de soirées "un peu arrosées".

C'est pourquoi aussi bien les habitants que les maires de toute l'île d'Okinawa s'opposent de plus en plus fort à la présence de ces hommes et de leurs machines, qui sont par leurs exagérations et les risques qu'il font courir à la population, de fait, des occupants.

Comme le signalent assez régulièrement les dépêches de la NHK, ce sentiment partagé par la population entière est régulièrement signalé à Tokyo, qui apparemment n'a jusqu'à présent pas fait grand-chose pour y remédier : soit tout simplement fermer cette base. Sans doute y a-t-il des accords  que le plus fort entend bien voir respectés, comme à Diego Garcia et dans mille autres endroits dans le monde.

vendredi 2 août 2013

Notre Dame des Landes : à propos de la campagne de forage de juin 2013


Demain samedi 3 août commence le forum 2013 de Notre Dame des Landes. Ne pas l'oublier.

A ce propos, voici une esquisse de bilan concernant les forages que des techniciens ont effectués à des profondeurs de 10 et 80 mètres du côté de la Noé Verte, sous la "protection" de gendarmes mobiles. Jusqu'au bout les promoteurs du projet vont tenter de biaiser les résultats de ce qu'ils ont dû faire effectuer en fait de recherches de faisabilité.  Le côté géologique et hydrologique a bien entendu une très grande importance, importance nettement sous-estimée par les partisans du transfert d'aéroport, de peur sans doute de se trouver confrontés à un facteur rédhibitoire.


Accueil > Nouvelles du front > à propos de la campagne de forage de juin 2013
Les porteurs du projet ont fait écrire dans les différents dossiers d’enquête que le sous-sol de la ZAD n’était pas de nature à représenter un potentiel hydrogéologique, en argumentant par des critères purement théoriques. Ils récidivent en affirmant que le réseau hydrographique n’est alimenté que par une nappe d’eau dite perchée, contenue dans les altérites, déconnectée de la nappe phréatique profonde. Bien évidement la commission scientifique n’a pu retenir cette affirmation basée sur aucun élément concret.

C’est pour répondre à ce besoin de données que la campagne de forages de juin 2013 semble répondre : Comment se répartit la flotte dans le sol ? Y a-t-il un ou plusieurs aquifères (nappes phréatiques) ? Sont-ils connectés, et comment ? Les variations de la ou des nappes en fonction des saisons ? Mais il n’est pas question d’évaluer les volumes ni la perméabilité de la ressource en eau puisque selon les porteurs de projet il n’y a de l’eau qu’en quantité négligeable. Il serait fâcheux de découvrir que ce projet risque de dégrader une énorme éponge gorgée d’eau, qui plus est, situé en position altimétrique haute ; en bref dégrader un énorme château d’eau. Cela pourrait être mal perçu par la population qui serait capable de ne pas comprendre les priorités économiques, tellement plus nécessaire à une ressource en eau haute perchée et propre pour les générations avenirs.

 Les logs de principe des forages sont disponibles, mais pas les coupes géologiques ni les piézomètres. Il me semble que les logs géologiques des forages de 2011 ne sont toujours pas accessibles, alors qu’il y a obligation de rendre publique les données des forages de plus de 10 mètres. Sur le terrain, un point regrettable, 2 puits réalisés à la Noé Verte l’ont été à une distance de moins de 35 m d’un tas de fumier de plus d’un an baignant dans son jus noir. L’éthique du forage comprend notamment de ne pas polluer la nappe phréatique et surtout pas avec des germes fécaux. Ceci constitue une véritable faute professionnelle.

 Pour finir je n’ai pu trouver dans les différents dossiers d’enquêtes mis à disposition au publique, les points techniques abordant l’ancrage des tarmacs sur un sol principalement composé d’argile dépassant souvent 50m d’épaisseur. Seul un descriptif de principe est présenté. Ceci peut pourtant être un souci technique entraînant un gonflement important de la facture global.

 Mais l’idée maîtresse n’est-elle pas de déplacer Nantes Atlantique plus que de construire Aéroport du Grand Ouest ?

Julien M, géologue.
 
 

jeudi 1 août 2013

Imbroglio juridique : un géniteur s'immisce dans un couple de lesbiennes

Tout est à recommencer ? Pour pouponner, deux lesbiennes en couple demandent "un petit service" à un ami : catastrophe, celui-ci change d'avis des mois plus tard. Légalement, il en a le droit. Pratiquement, il perturbe gravement un foyer.


Nantes (AFP) - Un couple de lesbiennes s'est vu contraint par la justice de reconnaître les droits de visite et d'hébergement du père de son enfant, "simple géniteur" lors de la conception mais qui a reconnu le bébé, un dossier qui pose la question du statut de la compagne de la mère, selon l'avocate de cette dernière.
 
Lundi, le juge des affaires familiales de Nantes a "organisé les droits du père et des rencontres progressives avec l'enfant pour s'orienter vers un droit de visite et d'hébergement classique", a indiqué à l'AFP l'avocate de la mère, Me Anne Bouillon. Les deux femmes ne feront pas appel de cette décision qui, "comme des milliers d'autres, est conforme à l'état du droit", a précisé l'avocate en soirée dans un communiqué.


Comment réagir désormais ? Une législation tenant compte d'un pareil cas précis n'existe pas. La loi dit le droit. La pratique dit : abus de confiance. Comment résoudre ce vrai dilemme ? Il est à craindre que l'enfant n'en subisse les conséquences, chose qui ne serait pas arrivée dans le cas de la PMA où le don de sperme est anonyme. Il y a bien abus de confiance, selon le robuste bon sens.

La loi dite "du mariage pour tous" n'a rien résolu : même si ces femmes se marient, comme elles en ont désormais officiellement le droit, un homme va continuer jusqu'au bout à avoir droit à s'immiscer dans la vie de leur enfant, donc dans la leur. La seconde maman ne pourra pas le reconnaître, puisqu'un homme l'a fait auparavant, et qu'un enfant ne peut pas avoir trois parents. C'est dès le départ une source d'ennuis comparable à ce qui se passe dans des familles recomposées. Ce qu'a fait ce Monsieur est légal, mais c'est dommage. En a-t-il mesuré les conséquences pour sa progéniture (je ne dirai pas son enfant) ? Peut-être un jour cet enfant ne lui dira pas merci.

Les Mapuche soutenus par l'ONU, "terroristes" pour Santiago de Chili

Pensons non seulement à notre pays, mais à d'autres contrées où souffrent des humains maltraités par des gouvernements autoritaires. Ainsi, à l'instar de leurs cousins Dakotah ou Cheyennes, les Mapuche du sud-Chili subissent toujours de graves désagréments comme à l'époque de Pinochet. Ainsi ce dernier épisode évoqué par une dépêche (extrait).


Santiago du Chili (AFP) - Le Chili a jugé mercredi comme "non fondées" les remarques faites la veille par un responsable onusien demandant aux autorités de ne plus invoquer la loi anti-terroriste, un lourd arsenal pénal datant de la dictature, à l'encontre de la communauté Mapuche.
"Il ne nous paraît pas approprié qu'un observateur des Nations unies, qui n'a aucune responsabilité sur la sécurité du pays, émette un avis qui manque de fondement et d'information", a annoncé le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité Andres Chadwick.
"J'ai l'impression que les opinions qu'il a émises l'ont été par manque d''information", a-t-il répété devant la presse.


Il semble fort que, malgré la chute du dictateur, puis son décès en 2006, depuis 40 ans le Chili n'a pas réussi à sortir des années sombres. Le onze septembre fut une date horrible pour l'humanité : il s'agit naturellement du coup d'État qui vit la mort de Salvador Allende, pas de la manipulation qui a tenté de lui voler "la vedette" 30 plus tard. Seule certitude : les services spéciaux US y ont été pour beaucoup dans les deux cas.

En tout cas, les Mapuche attendent toujours que leur pays prenne en compte leurs justes revendications, malgré plusieurs promulgations par l'ONU de documents concernant l'eau,  la pêche, les minéraux.... Ils sont toujours considérés comme des terroristes : c'est facile !


"Je suis Indien, je n'existe pas."





mercredi 31 juillet 2013

États-Unis : la répression remplace la solidarité (La militarisation de l'Amérique, sur le GS)

Bien souvent, j'ai dénoncé ici le terrorisme de Washington, terrorisme d'État assumé mais non déclaré :  en voici un panorama plus précis encore, et plus récent grâce au Grand Soir. Il est terrible de constater que le Pouvoir préfère acheter des armes, tout en démantelant tout le tissu existant d'aides sociales, et il compte bien agir avec la même violence sur son sol qu'à l'extérieur. On notera que très insidieusement, le même processus est en train de s'instaurer dans l'heureuse Europe du traité de Lisbonne. C'est logique, n'est-elle pas une simple extension molle de la dictature d'outre-Atlantique, savamment camouflée grâce aux experts en communication d'Uncle Sam ?

N'est-il pas particulièrement habile d'avoir placé aux postes de commande officiels en Europe des personnalités qui paraissent molles ou effacées comme le célèbre Herman Van Rompuy, l'éclatante baronne Catherine Ashton, le Super-normal François Hollande, l'incontournable Philippe Ier de Belgique ? "La réalité est ailleurs" comme aurait dit la série X-Files.

-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-


La militarisation de l’Amérique

Le déploiement d’hélicoptères Blackhawk à Chicago cette semaine n’est que le dernier d’une série d’exercices d’« entraînement au combat en zone urbaine » qui sont devenus un élément familier de la vie américaine.
Comme ailleurs, cet exercice a été lancé devant une population civile ébahie et sans avoir été annoncé. Conduits en secret, apparemment avec l’accord des services de police locaux et des élus, démocrates comme républicains, l’objectif évident de ces exercices est de donner aux troupes américaines de l’expérience dans ce que le Pentagone appelle « des opérations militaires en terrain urbain. »

Ce type d’opération est sans conteste d’une importance cruciale pour l’armée américaine. Au cours de la décennie écoulée, sa mission principale, comme l’ont prouvé l’Afghanistan et l’Irak, a été l’invasion et l’occupation de pays relativement faibles militairement et la soumission de leur population qui résistait à l’occupation, souvent dans des combats maison par maison dans les centres urbains.

L’armée dispose d’un Centre d’entraînement urbain de 4 kilomètres carrés au centre-sud de l’Indiana qui se targue de plus de 1500 « structures d’entraînement » conçues pour simuler des maisons, des écoles, des hôpitaux et des usines. Le site web du centre affirme qu’il « peut être adapté pour reproduire des situations étrangères tout comme nationales. »

Qu’est-ce que cela peut apporter de faire voler des Blackhawks à faible altitude au-dessus des immeubles de logements de Chicago ou de faire rouler des convois militaires blindés dans les rues de St Louis qu’il ne serait pas possible d’obtenir avec les simulations du centre d’entraînement ? Rien que l’année dernière, il y a eu au moins sept exercices de ce type, à Los Angeles, Chicago, Miami, Tampa, St Louis, Minneapolis et Creeds en Virginie.

La réponse la plus évidente est que ces exercices habituent les troupes à opérer dans les villes américaines, tout en désensibilisant la population américaine au déploiement de la puissance militaire américaine à l’intérieur du pays.

Les préparatifs pour ce genre de déploiement sont déjà très avancés. Au cours de la décennie passée, sous le prétexte de la « guerre mondiale contre le terrorisme, » Washington a promulgué une série de lois répressives et créé une vaste nouvelle bureaucratie de contrôle d’Etat sous l’autorité du département de la sécurité intérieure. Sous le gouvernement Obama, la Maison Blanche s’est arrogé le pouvoir de mettre les ennemis de l’Etat en détention militaire pour une durée indéfinie, ou même de les assassiner sur le sol américain par des frappes de drones, tout en développant fortement l’espionnage électronique de la population américaine.

Une partie de ce processus est l’augmentation incessante du pouvoir de l’armée américaine et son intervention croissante dans les affaires intérieures. En 2002, la création de l’US Northern Command a attribué pour la première fois un commandement militaire pour les opérations à l’intérieur des États-Unis eux-mêmes.

Encore en mai dernier, le Pentagone a annoncé l’application de nouvelles règles d’engagement pour les forces militaires américaines opérant sur le sol américain pour apporter un « soutien » aux autorités civiles chargées de faire respecter la loi, y compris pour faire face aux « troubles civils. »

Ce document déclare des pouvoirs militaires très larges et sans précédent dans une section intitulée « Autorité d’urgence. » Elle affirme l’autorité d’un « commandant militaire » dans « des circonstances d’urgence extraordinaire où une autorisation préalable par le président est impossible et où les autorités locales régulières sont incapables de contrôler la situation, de s’engager temporairement dans des activités qui sont nécessaires pour contenir des troubles civils inattendus de grande ampleur. » En d’autres termes, les huiles du Pentagone s’arrogent l’autorité unilatérale d’imposer la loi martiale.

Ces pouvoirs ne sont pas pris dans le but de défendre la population des États-Unis contre le terrorisme ou pour contrer une urgence hypothétique. Le commandement militaire américain est tout à fait conscient d’où se trouve le danger.

Dans un récent article, un instructeur de haut niveau au Commandement de Fort Leavenworth et au General Staff College [qui forme les hauts gradés de l’armée américaine, ndt] et ex-directeur de l’École militaire des études militaires avancées a présenté un scénario révélateur pour une situation dans laquelle l’armée pourrait intervenir.

« La grande récession du début du vingt-et-unième siècle dure plus longtemps qu’on ne l’avait anticipé. Après un changement de pouvoir à la Maison Blanche et au Congrès en 2012, le parti au pouvoir coupe tous les financements qui étaient attribués à la relance de l’économie et à l’aide sociale. L’économie des États-Unis se trouve en stagnation, comme le Japon dans les années 1990, pour la majeure partie de la décennie. En 2016, l’économie montre des signes de reprise, mais les classes moyennes et les classes moyennes inférieures n’en ressentent presque pas les effets en matière d’emploi ou d’augmentation des salaires. Le chômage continue à osciller périlleusement près d’un pourcentage à deux chiffres … »
En d’autres termes, le Pentagone voit que de telles conditions – qui diffèrent très peu de celles en cours aux États-Unis aujourd’hui – pourraient produire des soulèvements sociaux qui ne pourraient être contenus que par le recours à la force militaire.

Ce qui est mis au rebut, en coulisses et pratiquement sans aucune couverture médiatique, et encore moins de débat public, ce sont les principes constitutionnels qui remontent à des siècles et qui interdisent l’utilisation de l’armée pour maintenir l’ordre public contre des civils. Dans la déclaration d’indépendance elle-même, la justification de la révolution contre le roi George comprenait l’accusation qu’il avait « décidé de rendre l’armée indépendante du pouvoir civil et supérieure à ce dernier. »

Allant de pair avec l’accroissement des pouvoirs de l’armée à l’intérieur du pays, la police censée être civile a été militarisée. Un article publié par le Wall Street Journal le week-end dernier et intitulé « l’avènement du policier guerrier » décrivait très clairement ce processus :
« Poussées par une rhétorique martiale et la disponibilité d’équipements de type militaire, des baïonnettes et des fusils M-16 jusqu’aux transports de troupes blindés, les forces de police américaines adoptent souvent un état d’esprit qui était, par le passé, réservé au champ de bataille. La guerre contre la drogue et, plus récemment, les actions anti-terroristes qui ont suivi le 11 septembre ont créé une nouvelle figure sur la scène américaine : le policier guerrier – armé jusqu’aux dents, prêt à traiter durement les malfaiteurs, et une menace croissante contre les libertés américaines ordinaires. »

Cet article décrit la vaste prolifération des unités SWAT (Special Weapons and Tactics) dans pratiquement chaque ville d’Amérique, grâce aux 35 milliards de dollars alloués par le ministère de l’Intérieur, « avec l’essentiel de l’argent allant à l’achat de matériel militaire comme les transports de troupes blindés. »

Cette force armée a été étalée à la vue de tous en avril durant ce qui revenait à être l’imposition d’un état de siège sur la ville de Boston, apparemment pour ne capturer qu’un adolescent suspect. Toute la population d’une grande ville américaine a été enfermée chez elle pendant que des policiers équipés pour le combat, pratiquement impossible à distinguer des militaires, ont occupé les rues et mené des fouilles maison par maison sans mandat.

Ce qui sous-tend cette militarisation sans précédent de la société américaine ce sont deux processus parallèles. L’immense élargissement du gouffre social qui sépare les milliardaires et multimillionnaires qui contrôlent la vie politique et économique de la classe ouvrière américaine qui constitue la grande majorité de la population, est fondamentalement incompatible avec la démocratie et exige d’autres formes de pouvoir. En même temps, le passage au militarisme comme principal instrument de politique étrangère américaine a largement augmenté le pouvoir de l’armée au sein de l’appareil d’Etat américain.

L’oligarchie dirigeante américaine et le Pentagone reconnaissent tous deux qu’une polarisation sociale profonde et une crise économique qui s’aggrave ne peuvent qu’aboutir à des soulèvements sociaux. Ils s’y préparent en conséquence.

La classe ouvrière doit tirer les conclusions appropriées et faire ses propres préparatifs politiques pour les confrontations inévitables à venir.

(Article original paru le 25 juillet 2013)
* http://www.wsws.org/fr/articles/2013/jul2013/pers-j27.shtml
 
URL de cet article 21611

mardi 30 juillet 2013

"La France n'est pas hostile à l'huile de palme", assure Ayrault - les Français, si.

Encore un titre qui fait sursauter. Combien de temps encore des membres du gouvernement, et singulièrement le chef de celui-ci, vont-ils proférer des affirmations contraires à ce que veulent nos compatriotes ?

Bandar Sri Sendayan (Malaisie) (AFP) - Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a rassuré lundi sur le dossier sensible de l'huile de palme, dont la Malaisie est le deuxième producteur mondial, rappelant que la "taxe Nutella" n'avait pas été adoptée ni soutenue par son gouvernement.
"Il faut éviter les malentendus: la France n'est pas hostile à l'huile de palme", a affirmé Jean-Marc Ayrault lors d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre malaisien Najib Razak. Il a rappelé que "c'était d'ailleurs un Français" qui avait diffusé le palmier à huile en Malaisie.


Le même genre de décalage se rencontre à propos de beaucoup de sujets, ceux qui fâchent en particulier.  Ainsi des Grands Projets Inutiles Imposés comme la liaison LGV Lyon-Turin, évidemment inutile parce que la liaison actuelle est fort loin de la saturation, et que le coût s'annonce colossal : on ne parle même pas de l'impact environnemental. Même problématique pour le vieux projet de Notre-Dame des Landes, devenu obsolète depuis sa naissance il y a pratiquement cinquante ans, volontairement sous-estimé au niveau de la facture, de l'impact écologique et agricole, et surestimé au niveau de son utilité réelle quand le terrain actuel remplit largement son rôle, et ne sera jamais saturé tant le transport aérien s'achemine vers une réduction nette dans un futur proche. La problématique est similaire avec celle de la LGV Bordeaux-Espagne. Rappelons que dans ce pays, le réseau rapide est six fois moins utilisé encore qu'en France, ce qui en dit long sur son utilité, donc sa rentabilité pour ceux qui s'intéressent à ce détail.

En fait le chef de gouvernement semble se complaire dans les dossiers dont ne veulent pas ses concitoyens, et qui tombent très mal avec une période où la plus grande partie de ceux-ci s'appauvrit de mois en mois. N'oublions pas que, au bout du compte, c'est le citoyen qui paie grâce à l'impôt. Alors que le HLM est sinistré, que le réseau ferré secondaire peine à être entretenu correctement, que les banquiers s'enrichissent et que les PME tirent la langue, soutenir de tels projets est une très mauvaise idée, voire plus.

Pour en revenir à ce contentieux sur l'huile de palme, dont on connaît les effets sur les forêts arrachées en vue de la spéculation, mais aussi les effets pervers sur la santé humaine, il est caractéristique de voir que les représentants du peuple ont bien travaillé en lançant la proposition sur la "taxe Nutella", mais que bizarrement le gouvernement y est hostile. Le lobbyisme a-t-il accompli son œuvre ? On peut le craindre.

Un gouvernement qui œuvre contre le peuple doit démissionner. C'est tout simple.

lundi 29 juillet 2013

La parole d'un candidat...

Vu parmi les dépêches ce matin celle-ci provenant de l'AFP (extraits)

Rennes (AFP) - La cour d'appel de Rennes a rejeté le recours déposé par une famille tchetchène placée en centre de rétention (CRA) avec deux jeunes enfants, a-t-on appris dimanche auprès de RESF (Réseau éducation sans frontières).

....................

La France a été condamnée, début 2012, par la Cour européenne des droits de l'Homme pour placer des enfants en centre de rétention.
RESF vient d'adresser à ce sujet une lettre au président François Hollande dans laquelle l'association considère que ces deux enfants "sont les emblèmes d'une politique hypocrite et inhumaine".
RESF cite en particulier un courrier du candidat Hollande, en date du 20 février 2012, dans lequel ce dernier lui assurait: "Je serai (...) particulièrement attentif au sort des enfants. Sur ce point, je prends un engagement: celui de refuser la rétention des enfants (...) L'intérêt supérieur de l'enfant doit primer". "Il a manqué à sa parole", a commenté RESF.





Ce n'est pas la première fois que des associations et des ONG regrettent à propos de François Hollande, désormais président de la république, qu'il ne tienne pas les promesses explicites faites au moment où il était encore candidat. Cela ne rend pas facile la confiance qui est la base du consensus social dans un pays, si les attentes mises en quelqu'un se révèlent vaines, voire  gravement bafouées la plupart du temps.

On notera qu'à part de minuscules progrès dans le sociétal, c'est à peu près dans tous les domaines qu'on a constaté ce genre de phénomène : il suffit de repenser au MES qui devait "être renégocié" alors qu'il n'en fut rien. Il suffit de repenser à ce que l'état se prépare à faire dans deux jours : mettre à la disposition des banques l'argent récolté en vue de la construction de HLM, via les livrets A.   Pour mémoire, ces HLM, il en manque cruellement, précisément.

Quant aux prêts que ces banques sont censées accorder à des entreprises, on voit bien depuis longtemps à quoi elles destinent ces fonds : sûrement pas pour aider le tissu des PME à sortir la tête de l'eau.  En revanche, les "placements productifs" dans les paradis fiscaux fleurissent. C'est cela qu'il faut renverser. Mais sans volonté politique, tout continuera comme avant.

jeudi 25 juillet 2013

Renvoi d'as censure ? Effet râteau ?

Bonjour.

Soyons brefs, par civisme comme Rue89, Le Courrier, quotidien de Genève, Infolibre, site espagnol d’information, The World press freedom committee, Marianne, L’Express, lexpress.fr, Libération, L’Humanité, Politis, Les Inrockuptibles, Charlie Hebdo, Regards, Polka Magazine, Causette, Mediapart, ArteRadio, Marsactu, Electron Libre, Reflets, Le Courrier des Balkans, Radio Nova, Le Nouvel Observateur, La Quadrature du Net, L’Association de la presse judiciaire, Reporters sans frontières, Ligue des droits de l’Homme, Syndicat national des journalistes SNJ, SNJ CGT, SPIIL, Attac, Syndicat de la magistrature, Arrêtsurimages, RSF,, lesoir.be (Belgique), j’accorde l’asile au « dossier Mediapart ». Trouvé chez SèteIci, mais sans doute présent chez plein d'autres sites et blogs responsables.

Je fais suivre le dossier Bettencourt complet, celui qui fut censuré de claironnante façon par la cour d'appel de Versailles chez Médiapart.

http://datalove.reflets.info/mediapart_bettencourt_clean_pack.tar.gz

Contenu
  • 95 HTML (articles)
  • 77 MP3s (deduplication)
  • 79 Images
  • 14 Pages de PDF / JPG
  • 253 Articles en format PDF

Faites passer !

 Je pense que nous allons assister à un bel effet Streisand. Certaines personnalités y compris politiques pourraient en être gênées, si les soupçons qui ont pu se faire jour se révèlent confirmés par la Justice.