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jeudi 15 novembre 2012

L’agression israélienne se durcit à Gaza (assawra)

L’agression israélienne se durcit à Gaza

jeudi 15 novembre 2012, par La Rédaction d'Assawra


L’armée israélienne a tué Ahmad Jaabari avec son garde du corps lors d’un raid aérien visant une voiture dans la ville de Gaza mercredi. Il est le plus important chef militaire palestinien à avoir été frappé par une "élimination ciblée" depuis la fin de la dévastatrice offensive israélienne de janvier 2009.

Outre le chef militaire du Hamas, six Palestiniens ont été tués et une soixantaine blessés dans des dizaines de raids aériens sur le territoire palestinien, selon les services de santé du mouvement Hamas, au pouvoir à Gaza.

Les bombardements sur Gaza se poursuivaient dans la soirée tandis qu’au moins 29 roquettes ont atterri en Israël depuis la mort d’Ahmad Jaabari, selon la police locale.
Les frappes israéliennes surviennent au lendemain d’une journée d’accalmie, après trois jours d’affrontements pendant lesquels sept Palestiniens, quatre civils et trois combattants, avaient été tués, et huit Israéliens, dont quatre soldats, blessés. Plus de 120 roquettes avaient été tirées de Gaza contre le sud d’Israël entre samedi et lundi.

La France appelle Israéliens et Palestiniens à éviter l’escalade de la violence", a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères après les raids menés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza en représailles à des tirs de roquettes palestiniens.

"La France est extrêmement préoccupée par la dégradation de la situation à Gaza et dans le sud d’Israël", déclare le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué."Elle appelle les parties à s’abstenir de toute escalade de la violence, dont les populations civiles israélienne et palestinienne paieraient immanquablement le prix", ajoute Philippe Lalliot. Les bombardements sur Gaza se poursuivaient dans la soirée tandis qu’au moins 29 roquettes ont atterri en Israël depuis la mort d’Ahmad Jaabari, selon la police locale.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu mercredi soir dans une déclaration télévisée qu’Israël est prêt à "étendre" son opération à Gaza si nécessaire.
De son côté, la Ligue arabe prépare de son côté une réunion d’urgence, a indiqué une source de la Ligue au Caire, après que le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, et le président Mahmoud Abbas ont tous deux appelé à une telle réunion.

Parallèlement, l’Egypte annonce avoir rappelé son ambassadeur en Israël après les frappes israéliennes qui ont tué le chef militaire du Hamas.
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L’Égypte réclame une réunion d’urgence après les frappes à Gaza
Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni dans la nuit de mercredi à jeudi pour examiner la demande de l’Égypte d’organiser une réunion d’urgence après les frappes israéliennes sur Gaza. La demande égyptienne a été formulée par une lettre de l’ambassadeur Muutaz Khalil.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a indiqué s’être entretenu avec le président égyptien Mohamed Morsi au sujet "de l’inquiétante escalade de la violence entre le sud d’Israël et Gaza, et à propos de la nécessité de prévenir toute nouvelle détérioration de la situation", a-t-il précisé dans des communiqués. Ban Ki-moon s’est aussi entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour lui confier ses inquiétudes face "aux tirs de roquettes lancés à l’aveuglette depuis Gaza sur Israël, et face à l’assassinat par Israël d’un chef des opérations du Hamas à Gaza", a précisé le secrétaire général.

L’Égypte a annoncé mercredi soir avoir rappelé son ambassadeur en Israël après les frappes israéliennes qui ont tué le chef militaire du Hamas. Le parti des Frères musulmans, au pouvoir en Égypte, a également appelé à "une réponse arabe et internationale rapide pour arrêter le massacre du peuple palestinien assiégé dans la Bande de Gaza".

Obama s’entretient avec Netanyahou et Morsi
Le président Barack Obama s’est entretenu dans la nuit de mercredi à jeudi avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou et le président égyptien Mohamed Morsi au sujet de l’escalade de la violence dans la Bande de Gaza, a annoncé la Maison-Blanche.

Mercredi, Israël a mené l’une des plus importantes offensives aériennes dans la Bande de Gaza depuis ces quatre dernières années, tuant ainsi le chef militaire du Hamas à Gaza, Ahmed Jaabari. Selon Israël, ces frappes aériennes sont une riposte aux tirs de roquettes lancés depuis plusieurs jours par Gaza mais elles pourraient aussi être le point de départ d’une opération plus large contre les activistes islamistes.

Selon la Maison-Blanche, le président américain a réaffirmé le droit d’Israël à assurer sa propre défense contre les attaques visant sa population. Mais Barack Obama a aussi demandé à Israël d’éviter que ses contre-attaques ne touchent des civils.

(15 Novembre 2012 - Avec les agences de presse)

Notre-Dame des Landes : une rue devient impasse

Les exemples locaux de résistance et de protestation se multiplient ! Un exemple, m'a été rapporté ce matin, il concerne la ville d'Orvault (44), qui fait partie de la banlieue nantaise.



Communiqué de presse

du Groupe local Europe Ecologie Les Verts Orvault-Sautron

et du Collectif orvaltais des opposants au projet d'aéroport (Coopa)

Une « Impasse Notre-Dame-des-Landes » à Orvault!


     Partout en France, des citoyens se mobilisent pour protester contre le projet de construire un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes et condamner les opérations injustifiées des forces l'ordre pour "nettoyer la zone" alors que des réserves importantes soulevées par la commission d'enquête "loi sur l'eau" restent à lever avant le début des travaux.

         A Orvault, nous organisons le jeudi 15 novembre 2012 à 18h30 une action symbolique visant à rebaptiser la « rue Robert le Ricolais », dans le bourg d'Orvault, en « Impasse Notre-Dame-des-Landes ».

       Nous rebaptisons cette rue « Impasse Notre-Dame-des-Landes » car elle mène à NDDL et que la route qui la prolonge est actuellement barrée par des forces de l'ordre dont la présence massive est démesurée et injustifiée.

      Nous rebaptisons cette rue « Impasse Notre-Dame-des-Landes » car, si ce projet se réalisait, la route qui la prolonge serait définitivement coupée par les pistes de l'aéroport.

     Nous rebaptisons cette rue « Impasse Notre-Dame-des-Landes » car ce projet d'aéroport est une aberration écologique et économique, donc une impasse.

       Nous vous donnons rendez-vous jeudi 15 novembre à 18h30, rue Robert le Ricolais, à hauteur de la place de l'église, en présence de militant(e)s du Groupe local EELV et du Coopa.

       Nous appelons aussi à participer à la manifestation nationale qui aura lieu le samedi 17 novembre 2012 à 11h00 à Notre-Dame-des-Landes.

Le Groupe local Europe Ecologie Les Verts Orvault-Sautron
 et le Collectif orvaltais des opposants au projet d'aéroport (Coopa)

mercredi 14 novembre 2012

La reconnaissance de l’opposition syrienne par la France est immorale (Assawra)

La reconnaissance de l’opposition syrienne par la France est immorale

mercredi 14 novembre 2012, par La Rédaction d'Assawra
Paris et Washington ont reconnu la légitimité de la Coalition syrienne de l’opposition, la France faisant même un pas vers un éventuel armement des rebelles, une position "immorale" pour Damas qui a vu dans l’unification de l’opposition une "déclaration de guerre".

Sur le terrain, les chars du régime pilonnait Damas et sa région, où près d’une centaine de personnes ont péri mardi, la capitale et notamment sa ceinture sud étant désormais au centre des combats après 20 mois d’une révolte populaire devenue conflit armé.
Au lendemain de sa formation, la France a reconnu la Coalition comme "seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique".

Les Etats-Unis, eux, ont affirmé qu’elle était "une représentante légitime du peuple syrien", se gardant d’évoquer un éventuel exécutif provisoire avant que la Coalition ne "fasse la démonstration de sa capacité à représenter les Syriens à l’intérieur de la Syrie".

Réagissant pour la première fois depuis la formation de la Coalition lors d’une réunion à Doha la semaine dernière, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Mekdad a dénoncé une position "immorale" de la France.

Dénonçant une "position arrogante" dictée, selon lui, par "le passé colonialiste de la France", il a estimé que "cette ingérence flagrante dans les affaires intérieures syriennes viole la charte des Nations unies".

Voyant dans la réunion de Doha une "déclaration de guerre", M. Mekdad a en outre accusé l’opposition de ne pas vouloir "résoudre pacifiquement la crise" en refusant "tout dialogue avec le gouvernement".

"Nous sommes prêts à discuter avec l’opposition syrienne qui a sa direction en Syrie et pas avec celle qui a été fabriquée ou dirigée ailleurs", a-t-il poursuivi, alors que Damas et ses alliés ont multiplié les appels aux négociations, rejetés par l’opposition qui exige avant toute chose le départ de M. Assad.

Allié de Damas, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, qui a affirmé ne soutenir "personne" dans le conflit syrien "contrairement à ce que pensent généralement les gens", a critiqué les positions "partiales" des pays soutenant l’opposition.

M. Mekdad a en outre accusé la France, pour qui la question de l’armement des rebelles sera "nécessairement reposée", d’être "responsable de la mort de milliers de Syriens" en apportant "un soutien financier et technique aux terroristes", auxquels Damas assimile les insurgés. Il a encore jugé "inacceptable" un éventuel armement des rebelles par Paris.
Le chef fraîchement élu de l’opposition, Ahmad Moaz al-Khatib, a réclamé à l’étranger des "armes appropriées" pour lutter contre le régime, alors que le conflit a fait plus de 37.000 morts selon une ONG.

Si plusieurs Etats du Golfe, notamment le Qatar, appellent à armer la rébellion, des pays Occidentaux, Etats-Unis en tête, refusent cette option, redoutant qu’elles ne tombent aux mains d’extrémistes.

Mercredi, les chefs de la diplomatie du Golfe et de la Russie doivent s’entretenir à Ryad de la Syrie.

Le 30 novembre, Tokyo accueillera une réunion des "Amis du peuple syrien" qui évoquera notamment un renforcement des lourdes sanctions déjà mises en place.

Sur le terrain, les raids féroces de l’aviation et les tirs par l’artillerie des troupes ont de nouveau frappé Damas, sa région et le nord-ouest de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au lendemain d’une journée particulièrement meurtrière avec 189 morts à travers le pays.

Face à ces violences, Washington a annoncé 30 millions de dollars supplémentaires d’aide humanitaire, déjà portée à 165 millions de dollars à l’entrée de l’hiver.

(14 Novembre 2012 - Avec les agences de presse)

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Sachant ce qu'est l'opposition syrienne dont parlent les étrangers de "la communauté internationale" (traduisez le noyau dur le l'OTAN, simple pseudopode de la CIA et du Pentagone), qui n'est pas du tout l'opposition que tout pays démocratique possède,  il est facile de mesurer la légitimité de ce fatras de barbouzes payés par l'argent de la drogue afghane, remise en selle par Langley.

Soutenant ce "machin" innommable, le gouvernement français tout entier se discrédite pour des années. Quelle horreur ! Cela signifie aussi que lui désobéir n'est plus un délit, mais une mesure de salut public. Voir l'article 35 de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen.

mardi 13 novembre 2012

Hollande nie tout "virage" dans sa politique (AFP)


PARIS (AFP) - François Hollande a démarré mardi sa première grande conférence de presse du quinquennat au Palais de l'Elysée, en niant tout "virage" dans sa politique et en assurant que "nombre d'engagements ont été tenus" depuis son arrivée au pouvoir il y a six mois.




On peut comprendre qu'il déclare ceci, l'ancien maire de Tulle. Ce qu'il avait dit qu'il ferait ressemblait beaucoup, pour l'essentiel, à la politique du gouvernement précédent. Cela désolait d'ailleurs, par avance, les vrais  socialistes, les vrais gens de gauche.  Ils redoutaient l'instauration de cette nouvelle majorité, semblable presque en tous point à la précédente. Seule différence : le parti au pouvoir est bien mieux implanté partout dans les régions, les départements et les grandes villes. Cela assure une grande cohérence à la politique suivie, puisqu'il n'y a tout simplement pas de vraie opposition possible.

C'est d'autant plus vrai que, malgré des différences sur certains dossiers, les élus désormais dans l'opposition sont souvent d'accord avec ce prolongement de leur vraie politique. Pas d'audit de la Dette prévue, vote sans problème des conditions d'une austérité qui sera catastrophique pour une partie très importante de la Nation, continuation de la politique extérieure avec les mêmes options, y compris les plus regrettables. Seules occupent le terrain quelques options sociétales que la Presse (!) s'empresse de faire mousser au maximum pour donner l'impression d'une différence.

Quand la gauche pourra-t-elle appliquer enfin ses idées, ses recommandations, ses grands principes ? C'est pourtant l'intérêt de la très grande majorité des citoyennes et des citoyens. Mais bien entendu, abusés par une propagande de tous les instants, ils n'en ont pas conscience. Trompés, floués, escroqués, ils continuent à soutenir le système libéral.

Pour résumer : oui, François Hollande ne se trompe pas, et ne nous trompe pas quand il affirme tenir ses promesses. C'est effectivement ce qu'il annonçait. Et c'est effectivement complètement différent du programme du parti soumis, pourtant déjà pauvre en vraies innovations de gauche.  C'est pourquoi ceux de la gauche qui ont voté pour lui au second tour de la présidentielle, ne l'ont strictement fait que pour éviter que le précédent président ne remette le couvert, selon le pacte républicain. Il est d'ailleurs remarquable que, malgré leur effort pénible, le nouveau président n'ait pas eu une belle majorité de votants.

Nos compatriotes aiment subir.

Rapport indépendant sur Fukushima - les éléments ? Non, les humains !

Le Blog de Fukushima avait, il y a quelque temps, résolu de traduire le rapport qu'une commission vraiment indépendante avait diligenté, à propos de la catastrophe de Fukushima, de ses causes, des erreurs humaines qui avaient pu la rendre possible, des conséquences qu'elle impliquait, et de ce qui aurait pu advenir si les humains avaient réagi d'une autre façon.

Ce rapport,  ou plus exactement le résumé de celui-ci (c'était un travail colossal) a été traduit donc, à l'initiative du Blog de Fukushima, et de huit bénévoles qui se sont partagé le travail et ont fait consciencieusement des vérifications croisées à partir de la version anglaise. Je ne reproduirai ici que le mot du président de la commission, qui est déjà très parlant. Merci à tous ces humains, au meilleur sens du terme, qui ont accompli cette tâche ingrate, mais essentielle.

Dernier point : dans un souci de transparence, il est bien précisé que seule a valeur officielle la version japonaise. On trouvera ici le lien vers le rapport intégral en japonais. 


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Message du président

LE SÉISME ET LE TSUNAMI du 11 mars 2011 sont des catastrophes naturelles dont l‘ampleur a choqué le monde entier. Quoiqu‘il ait été déclenché par ces cataclysmes, l‘accident de Fukushima Daiichi qui s‘en est suivi ne peut pas être considéré comme une catastrophe naturelle. Ce fut un désastre d'origine spécifiquement humaine ‒ qui aurait pu et aurait dû être prévu et empêché. De plus, ses effets auraient pu être atténués par une réponse plus efficace.

Comment un tel accident a-t-il pu  se  produire au Japon, une nation qui a une telle préoccupation de sa réputation d'excellence en ingénierie et en technologie? Cette Commission est d'avis que le peuple japonais ‒ et la communauté mondiale ‒ méritent une réponse complète, honnête et transparente à cette question. Nos rapports listent une multitude d'erreurs et de négligences délibérées qui ont laissé la centrale de Fukushima démunie devant les événements du 11 mars. Ils examinent également de graves lacunes dans la gestion de l'accident par TEPCO, les régulateurs et le gouvernement.

Malgré tous les détails qu‘il fournit, ce rapport ne peut pas réellement faire comprendre, surtout à une audience internationale, l‘état d‘esprit qui a nourri la négligence à la source de cette catastrophe. Ce qu‘il faut admettre, aussi douloureux soit-il, c‘est que nous avons à faire à un désastre « made in Japan ».  Les raisons fondamentales sont à chercher dans le souci des convenances qui fait partie intégrante de la culture japonaise : notre obéissance automatique, notre réticence à remettre en cause l‘autorité, notre attachement au « respect du programme », notre dépendance au groupe et notre insularité. Si d‘autres Japonais s‘étaient trouvés à la place de ceux qui sont responsables de l‘accident, le résultat aurait fort bien pu être le même.
Après les « chocs pétroliers » des années 1970, le Japon a accéléré le développement de l‘énergie nucléaire pour s‘efforcer d‘assurer la sécurité énergétique nationale. C‘est ainsi que ce développement  est devenu un objectif politique pour le gouvernement comme pour l‘industrie et qu‘il a été poursuivi avec cette détermination farouche qui a permis le miracle économique d‘après guerre au Japon.

Forte d‘un tel mandat, l‘énergie nucléaire est devenue une force échappant au contrôle de la société civile. Sa régulation a été confiée à une bureaucratie gouvernementale engagée dans sa promotion. À une époque où le Japon avait une grande confiance en soi, une petite élite soudée bénéficiant d'énormes ressources financières avait peu d‘égards pour ce qui n‘était « pas inventé ici ». Cette arrogance a été renforcée par la mentalité collective de la bureaucratie japonaise, pour laquelle le premier devoir de tout bureaucrate est de défendre les intérêts de  son organisation. Poussée à l'extrême, cette mentalité a conduit les bureaucrates à placer les intérêts de l'organisation avant leur devoir primordial, qui est de
protéger la population.

C‘est seulement en l‘abordant ainsi que l‘on peut comprendre comment l'industrie nucléaire japonaise est passée à côté des leçons de Three Mile Island et de Tchernobyl, et comment il est devenu habituel de résister à la pression réglementaire et de dissimuler les petits accidents. C'est cette mentalité qui a conduit à la catastrophe de Fukushima Daiichi.

Ce rapport critique sévèrement de nombreux individus et organisations, mais l'objectif n'est pas ‒ et ne devrait pas être ‒ la réprobation. L'objectif doit être de tirer les leçons de cette catastrophe, et de réfléchir profondément sur ses causes fondamentales, afin de s'assurer qu'elle ne se répète jamais. 

Parmi les leçons à tirer, beaucoup ont trait aux politiques et aux procédures, mais la leçon principale devrait inciter chaque citoyen japonais à se livrer à une profonde réflexion. Les conséquences de la négligence de Fukushima se sont révélées catastrophiques mais la mentalité sous-jacente se retrouve d‘un bout à l‘autre du Japon. En admettant ce fait, chacun d‘entre nous se doit de s‘interroger sur notre responsabilité en tant qu‘individus dans une société démocratique. 

Parce que nous sommes la première commission d‘enquête indépendante de la bureaucratie et disposant de l‘aval de la législature, nous espérons que cette initiative pourra contribuer au développement de la société civile japonaise.
Et surtout, nous avons entrepris de produire un rapport qui satisfasse aux plus hautes exigences de la transparence. Les habitants de Fukushima, la population du Japon et la communauté internationale ne peuvent se contenter de moins.

Le Président :

Kiyoshi Kurokawa

lundi 12 novembre 2012

Notre-Dame des Landes tient toujours, et vous accueille

la Vache Rit
Bonjour ! Oui, Notre-Dame des Landes tient toujours, plus que jamais. Il le fait, il le dit, il le chante.

Faute de code d'intégration, petits chanceux, voici malgré tout la dernière chanson. Elle rappelle à tous que samedi 17 novembre, tout le monde est chaudement invité à participer à la manifestation-reconstruction qui se tiendra à 11 heures, regroupement près de l'église du village même de Notre-Dame des Landes.

Nous serons très nombreux : des cars viendront d'un peu partout en France. Ce sera une grande fête. On nous annonce même que Jean-Luc Mélenchon sera présent, ainsi que Corinne Morel-Darleux, l'élue du Vercors (conseillère régionale) chargée des dossiers écologie au Front de Gauche. Et d'autres sans doute.

Entre un (abus de) Pouvoir obtus et buté, prisonnier de la catastrophe internationale Vinci, et une Bretagne à qui il ne faut pas en conter, il ne peut y avoir qu'une solide inimitié. A nous tous de montrer que cette inimitié n'est pas seulement le fait de quelques paysans attachés à leurs terrains, à leurs maisons, à leur vie ; elle n'est pas seulement le fait de volontaires européens (oui, l'Europe, elle est là, où les fonctionnaires de Bruxelles ne la voient pas, et ne veulent pas la voir)  venus défendre cette terre en vivant de ses bienfaits en toute modestie et en la respectant ; elle n'est même pas seulement le fait de nombreux citoyens et élus locaux de la région conscients de la gravité de l'enjeu : elle est désormais une affaire internationale ! 

Non, ce ne sont pas des diplomates bardés de diplômes qui viennent palabrer gravement et inutilement autour d'un buffet hors de prix. Des citoyens européens de toutes conditions, y compris parmi ceux que les politiciens ignorent (chômeurs par exemple) se mobilisent, soit sur place à Londres, Francfort ou ailleurs, soit en faisant le chemin jusqu'ici. Les dossiers brûlants concernent tous les Européens, ces Grands Projets Inutiles rejetés par tous, hors de prix, qui veulent bousculer tout l'environnement pour simplement imprimer la marque de quelque politicien voulant entrer dans l'Histoire. Quoi de plus aberrant, en pleine crise, en plein automne, que de venir détruire des maisons alors qu'il en manque cruellement partout ! Quoi de plus aberrant que de penser que ces maisons, leurs potagers, leurs vaches et leurs habitants ne demandant rien à personne, seront remplacées par des étendues imbuvables de béton, où décolleront des sources ambulantes de pollution ne pouvant intéresser que quelques riches nantis !

Messieurs les politiciens, ne pensez vous pas que soutenir de toutes vos forces de pareilles aberrations est quelque part criminel (et avec préméditation !!!) ? Il va falloir vous le répéter avec force, avec constance, avec toute la détermination que donne le bon droit (celui que vous avez biaisé).


dimanche 11 novembre 2012

Qu'est-ce qu'être humain ?

Récemment, sur un autre blog un intervenant posait cette simple question.
 c'est quoi être humain?
 Il m'a fallu plusieurs jours pour méditer ces quatre mots.

Être humain, cela a deux sens.

Il y a deux jours, j'ai participé à une causerie aux Utopiales, le festival annuel de science-fiction de Nantes. Le thème était axé sur les robots, et leur interaction avec les êtres vivants. A propos des trois Lois de la robotique, énoncées par Isaac Asimov, un intervenant (Gérard Klein) faisait dire à un robot "Et comment est-ce que je reconnais un humain ?"

L'humain partage avec les robots imaginés par Asimov une intelligence à la fois cognitive et sensitive. Pour autant, il a été conçu biologiquement, ce qui n'est pas le cas du robot le plus parfait.

Seconde définition d'un humain, qui soit humain justement. Il doit être doué d'empathie, c'est-à-dire ressentir de façon empirique les réactions intérieures d'un autre humain, les partager, les comprendre. Certains en sont incapables, soit parce qu'ils sont autistes, effrayés et repliés sur eux-mêmes pour se protéger, soit parce que, sociopathes ou psychopathes, pour eux tout ce qui n'est pas eux-mêmes n'est qu'objet, et non sujet. Ceux-là sont totalement insensibles aux signaux physiques de l'être en face d'eux, et le traiteront avec autant d'égards qu'une pierre.

Cela n'est pas suffisant, car certains humains doués d'empathie sont malgré tout des monstres : ressentant au plus haut point les réactions de la personne (ou de l'animal) tombé dans leurs griffes, ils se repaissent de ses réactions, les provoquent, les titillent à un degré insupportable. Ce sont les pervers.

L'humain vraiment humain doit vraiment ressentir de l'empathie, mais dans un sens positif, et faire tout ce qu'il peut pour aider l'être qu'il observe. La chose peut aller plus loin : des personnes "demeurées", comme on dit, peuvent être douées d'empathie (c'est souvent le cas précisément) mais par ignorance au lieu d'aider, embarrasser la personne qu'ils voudraient soulager, voire la blesser.

N'est pas humain qui veut. Je recommanderai à ce sujet la lecture d'un ouvrage d'Isaac Asimov, précisément, qui évolue dans ce concept d'une façon magistrale : L'homme bicentenaire. Je n'en dis pas plus, pour préserver la fraîcheur de la lecture.

11 novembre, un bilan insuffisant pour Bilderberg, et renouvelable ?

En ce 11 novembre, et ce quatre-vingt-dix-huitième anniversaire du déclenchement d'un conflit funeste, je ne peux m'empêcher de penser à ces "élites" terriblement autoproclamées, qui se sentent tellement au-dessus des autres humains qu'elles souhaiteraient en voir supprimés un nombre horrifiant, et osent le soutenir même si c'est "en petit comité"comme on dit.

«Dans l’éventualité où je serais réincarné, je voudrais revenir sous forme d’un virus mortel, afin de contribuer en quelque chose à résoudre le problème de la surpopulation.»
Prince Philip, Duc d’Edinburgh, époux de la reine d’Angleterre

C'est parce qu'un membre "mineur" de cette congrégation  fut éliminé par un étudiant serbe que se déclencha "la Grande Guerre", sans doute pour faire payer à l'humanité entière la disparition violente d'un seul exemplaire de l'élite. L'archiduc François-Ferdinand n'était pourtant pas bien considéré à la cour de Vienne. Quand celle-ci déclara la guerre à la Serbie, ce n'était qu'un prétexte pour régler des salades internes à un Empire fatigué.  Le jeu des alliances fit que les rebondissements causèrent huit millions de victimes.

Sans aucun doute, dans de secrets cabinets on se félicita d'une telle opportunité. Toute cette piétaille qui allait disparaître dans la gueule du Moloch ferait de la place sur cette terre. Cela explique sans doute, plus récemment, qu'un membre du club Bilderberg ait lâché la phrase citée plus haut. C'est pourquoi sans doute l'hypothèse de l'arme climatique est-elle maintenant avancée, bien que les preuves manquent encore de son existence opérationnelle. Les soupçons se portent bien entendu sur le projet HAARP, en Alaska. Ceux qui en parlent le plus sont peut-être ceux qui en savent le moins. Simple remarque, ce genre d'installation, par la puissance développée, pourrait bien jouer le rôle de l'apprenti sorcier qui ne sait pas quelles conséquences auront ses actes : c'est encore là le plus grand danger.

Il est estimé que soixante millions de personnes, cette fois, furent victimes de la seconde guerre mondiale, Union Soviétique largement en tête. Ce lourd tribu, que les États-Unis partagèrent avec parcimonie avec les autres pays, ne paraît pas suffisant encore pour les malthusianistes forcenés de Bilderberg. Quand, et où, se se situera la prochaine saignée ? Les multiples conflits africains y contribuent insidieusement, tant en Somalie que, moins récemment, au Rwanda ; tant au Mali qu'en Côte d'Ivoire, en Angola, au Liberia ou ailleurs. Les pays à la démographie galopante, où la jeunesse forme la moitié de la population comme en Algérie ou dans le territoire de Gaza, doivent faire peur aux coincés.  L'Inde, la Chine, le Bangla Desh, sont des réservoirs énormes dont justement les barbons de Londres doivent particulièrement se défier.

Que sera la suite ? Où les prétentieux, candidats à la maîtrise du monde, poseront-ils leur doigt mortifère la prochaine fois, sur notre petit globe ?

vendredi 9 novembre 2012

UN AÉROPORT EN VERT ET CONTRE TOUT : 40 ANS DE LUTTE À NOTRE-DAME-DES-LANDES (Jacinte Grenier)

Je remercie Rem*, qui m'a retransmis ce document assez long mais exemplaire de la lutte bientôt cinquantenaire contre ce *#$£&¤* projet d'aéroport.

On ne lâche rien !

De :
Jacinte Grenier
Journalisme/Reportage-Photos
06 34 95 04 84

à partager sans modération !


UN AÉROPORT EN VERT ET CONTRE TOUT : 40 ANS DE LUTTE À NOTRE-DAME-DES-LANDES
On ne peut réellement comprendre ce qui se passe actuellement à Notre-Dame-des-Landes (tant au niveau du projet que des résistances qu’il suscite) sans plonger dans l’histoire mouvementée de ce méga-projet, lancé dans les années 1970. Les aminches de la revue Z s’y étaient attelés dans leur numéro de l’automne 2010. Leur reportage sur place reste plus que jamais d’actualité.
Le texte suivant a été publié dans la revue Z n°4 parue en automne 20101. Le numéro de 176 pages, consacré à Nantes, aux impostures du développement durable et à l’écologie politique est toujours disponible sur commande en envoyant un mail à : contact@zite.fr.
«  Le dossier de l’Aéroport international Ouest-Atlantique “Rotterdam aérien”, projeté sur le territoire de la commune de Notre-Dame-des-Landes, mérite d’être ouvert, parce qu’à travers lui, se trouvent mis en évidence le circuit habituel des décisions qui nous aménagent, la légèreté avec laquelle on programme notre avenir, la brutalité, consciente ou inconsciente, d’une Administration qui descend “sur le tas” pour dire en substance  : “Dégage, on aménage.” Raconter comment naît un projet d’équipement et comment on l’impose aux populations locales, c’est voir à l’œuvre le fonctionnement de notre démocratie.  » (J. De Legge et R. Le Guen, Dégage  !... On aménage, Le Cercle d’Or, 1976)


À une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes, sur la départementale qui mène au bourg de Notre-Dame-des-Landes, en bordure de route, dans les arbres et devant les maisons, des panneaux de bois affichent tous un simple et ferme «  Non à l’aéroport  !   ». Ce message en rappelle d’autres, aperçus ici et là, aux quatre coins de la France  : «  Non à la THT 2  » dans les Pyrénées Orientales, «  Stop L’EPR 3  !  » aux abords de Cherbourg, «  Stop ITER 4   » en Provence ou encore «  Non à l’enfouissement des déchets radioactifs  » à Fougères, à Bar-le-Duc, ou à Saint-Dizier. C’est à chaque fois le même mélange de stupeur et de colère  : un projet conçu dans de lointains bureaux vient bouleverser un monde, ses habitants, leur mode de vie, leurs liens et défigurer un territoire pour un développement dont on ne sait plus très bien à qui il profite.
Ici, dans ce pays de bocages encore préservé de l’urbanisation galopante de la région, c’est un projet d’aéroport international, vieux de quarante ans, qui vient chasser des dizaines d’habitants, une centaine de paysans, et offrir près de 2000 hectares de terres agricoles au tarmac. Il faut un certain effort d’imagination pour se représenter un aéroport, ses dessertes routières, ses ronds-points, ses hôtels et toutes les infrastructures qui l’accompagnent, à la place des petites parcelles de terre séparées de talus arborés, des langues de landes restées en friche et des troupeaux de vaches laitières. Le bon sens est encore davantage heurté lorsqu’on apprend que la ville de Nantes, administrée par Jean-Marc Ayrault, maire et député PS, dispose déjà d’un aéroport. Comment alors justifier un tel projet  ?
En fait, les arguments ont changé avec le temps  : sécurité, environnement, coût, besoin face à l’affluence, standing, tourisme… Certains disparaissent, d’autres apparaissent selon la période politique ou la mode du moment. «  Au début, il fallait absolument construire cet aéroport pour pouvoir accueillir le Concorde. Puis pour délester les aéroports parisiens. Puis parce que l’aéroport de Nantes était saturé. Et aujourd’hui pour d’impératives raisons de sécurité  !   », explique Claude Colas de l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport).
Face au travail de contre-expertise des opposants au projet, les promoteurs ont dû adapter leur discours. Aujourd’hui, deux arguments principaux sont mis en avant. Nantes-Atlantique, situé au sud de la ville, serait proche de la saturation. Une justification étonnante lorsqu’on apprend que l’aéroport de Genève, par exemple, qui dispose d’une seule piste de 340 hectares, accueille chaque année 10 millions de passagers. Alors que seulement 2,8 millions de personnes utilisent l’aéroport de Nantes-Atlantique... Autre argument  : le survol de l’agglomération, en plus de générer des nuisances sonores, serait un véritable danger. À ce problème, les associations opposées au projet proposent un remède  : une piste perpendiculaire à la précédente. Mais cela n’est pas assez beau, pas assez grand, pas assez puissant pour une élite locale gagnée par le même enthousiasme bétonneur. Son rêve  ? Un nouvel aéroport, garantit HQE (Haute Qualité environnementale), qui permettrait de redessiner une grande mégalopole Rennes-Nantes-Saint-Nazaire, attirer de nouveaux emplois, de nouveaux investisseurs et permettre ainsi le développement de la région.
Loin de se laisser séduire par les sirènes du développement, à Notre-Dame-des-Landes et ses alentours on se sent plutôt agressé par ce grand projet que tentent d’imposer, depuis les années 1970, quelques experts de l’aménagement. C’est en achetant le journal au café-tabac que les habitants des communes concernées, voient, un beau matin de mai 1970, un gros titre annoncer  : «  La métropole Nantes – Saint-Nazaire pourrait devenir le Rotterdam aérien de l’Europe par la création d’un aéroport international de fret au nord de la Loire.   » Loin des petits clochers du pays nantais, au cœur d’un nouvel organisme au nom prometteur, la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) 5, fleurissent des spécialistes qui pensent l’avenir du territoire.


1972  : LES MAIRES VOTENT EN FAVEUR DU PROJET
À Notre-Dame-des-Landes, comme sur l’ensemble du territoire, chacun se voit transformer en pion à déplacer, et chaque prairie en objet à aménager ou à organiser. L’enjeu affiché, sur fond de la «  politique de décentralisation  », est de développer les villes de province pour endiguer les migrations vers la capitale. Des tensions sociales commencent à poindre depuis les années 1960 avec «  l’accumulation des hommes et des choses 6  » à Paris. Pour les entreprises, l’augmentation du nombre d’habitants et les tensions qui s’ensuivent se traduisent «  par l’élévation des coûts de fonctionnement et des coûts de production et de commercialisation... 7   » La nécessité de créer «  des grandes métropoles d’équilibre8   » offrant des coûts de production plus bas et des infrastructures efficaces prend un caractère impérieux face aux attentes des entreprises. À ce titre, le transfert de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes apparaît comme un projet d’avenir. Développement industriel et commercial, création d’emploi, prestige  : avec ce nouvel aéroport, Nantes a tout pour devenir une de ces grandes métropoles.
Sur place, ne pressentant rien de bon dans ces plans mirifiques, les paysans s’organisent. En 1972, ils fondent l’Adeca (Association des exploitants concernés par l’aéroport). «  On ne voyait pas pourquoi faire un aéroport, rappelle Michel Tarin, paysan retraité installé à Vigneux, une des cinq communes visées par le projet. On le refusait en tant que tel, comme projet d’aménagement et de développement, mais aussi parce qu’il s’imposait à nous sans que notre avis n’ait jamais été sollicité,et qu’il menaçait notre outil de travail  : la terre. On nous a traités d’arriérés, mais c’est une insulte dont on a l’habitude lorsqu’on est paysan...  » Les arriérés en question ont alors une certaine idée de leur métier et, au-delà, de la société à laquelle ils aspirent.
Forts d’une tradition de lutte syndicale ouvrière et paysanne en Loire-Atlantique, les paysans de Notre-Dame-des-Landes et des autres communes ne comptent pas se laisser «  aménager  » si facilement. «  Dès mes 14 ans, comme tous les jeunes d’ici, j’étais à la JAC (Jeunesse agricole chrétienne) du canton, puis j’ai participé à la création de “Paysans en lutte”, après avoir rencontré Bernard Lambert 9. Un peu plus tard, en 1967, en parallèle des réflexions qu’on menait sur le monde paysan, on est allé soutenir les ouvriers grévistes de la navale en leur apportant du lait et des patates. On était très actif en 1968, et autant dire que quand il a fallu s’organiser contre l’aéroport, on était prêt  !   » N’en déplaise aux habitants bien remontés, les élus des cinq communes concernées (Notre-Dame-des-Landes, Héric, Vigneux, Grandchamps et Trellières), convaincus du bien-fondé de l’aéroport et de ses retombées pour leurs localités, votent, en septembre 1972, la poursuite du projet. «  Les maires s’imaginaient ce qu’on leur disait  : tout le monde allait avoir du travail, on pourrait aller à New York sans problème, de nouveaux habitants s’installeraient, et puis, à l’époque, on sortait de cette période d’après-guerre où les gens avaient besoin de rêver, se souvient avec indulgence Michel Tarin. On venait d’avoir l’eau courante dans les maisons, les gens n’avaient pas encore de frigo... L’aéroport, c’était le summum. Mais le problème, c’était les paysans. On avait bien compris que l’aéroport signifiait notre mort, et les créateurs de ce projet n’avaient pas pensé qu’on s’opposerait.  » [Voir ci-dessous, encadré 1  : «  Une tradition de luttes paysannes  ».]


DES PAYSANS EN LUTTE CONTRE L’AÉROPORT
En janvier 1974, le préfet de Loire-Atlantique publie un arrêté transformant champs et maisons en zone d’aménagement différé (ZAD). Commence alors le lent grignotage du Conseil général, qui préempte dès que l’occasion se présente. Dégagés par le mouvement Paysans-Travailleurs, une émanation de Paysans en lutte, trois objectifs mobilisent alors les syndicalistes  : placer le droit d’exploiter avant le droit de propriété, installer des jeunes paysans, promouvoir le contrôle et la gestion collective des terres. À Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, les paysans doivent résister aux pressions croissantes de l’urbanisation, de la course à la productivité et à l’endettement. Sur la ZAD, la détermination à occuper le terrain porte ses fruits  : la moyenne d’âge des exploitants est la plus jeune de tout le département et l’organisation collective se concrétise, notamment à travers la mise en place de plusieurs GAEC (Groupements agricoles d’exploitation en commun). Une première victoire.
Plus conjoncturelle, une seconde victoire se dessine  : dès 1974, les répercussions du premier choc pétrolier éprouvent l’économie nationale et font battre de l’aile aux grands projets d’aménagements. Le décret de ZAD est renouvelé une fois pour sept ans, en 1981, mais, avec le second choc pétrolier de 1979, la menace se fait de plus en plus lointaine. «  À l’échéance du deuxième décret de ZAD, en 1988, plus personne ne croit à cet aéroport, se souvient Julien Durand, retraité agricole, ancien Paysan-Travailleur et militant de la Confédération paysanne. On aurait dû, à ce moment-là, demander aux maires des cinq communes de retirer leur accord, mais on pensait être définitivement débarrassé de ce projet.  »
Une décennie s’écoule tranquillement, sans la menace du nouvel aéroport. Mais en 2000, le Premier ministre, Lionel Jospin, invoque de nouveau la nécessité d’un troisième aéroport d’envergure internationale en France, et, tout particulièrement, d’une infrastructure permettant de relier Paris à New York. Pas question ceci dit de l’implanter à proximité de la capitale... Jean-Marc Ayrault voit alors l’opportunité qui s’offre à lui  : c’est le moment de déterrer le projet de Notre-Dame-des-Landes et de relier la Loire-Atlantique au Nouveau Monde.


2000  : RELANCE DU PROJET
Il ne faudra pas longtemps aux habitants des communes concernées pour réagir. Mais le monde paysan des années 1970 a changé. On ne parle plus de Paysans-Travailleurs, mais d’exploitants agricoles  ; on ne pense plus en termes de convergence des luttes, mais de débat citoyen. Pourtant, le refus de se laisser chasser pour un projet d’aéroport reste bien ancré. L’Adeca, seule association jusque-là, ne suffit plus  : «  Beaucoup de paysans sont partis en retraite sans être remplacés et des nouveaux habitants se sont installés, explique Julien Durand. La première association créée en 1972 ne regroupait que des exploitants, mais la lutte ne pouvait plus se faire seulement autour du monde agricole, elle devait aussi accueillir le débat citoyen. On a donc fondé l’Acipa.  » Soucieuse de rallier les nouveaux arrivants et misant sur le dialogue, l’Acipa, appuyée par d’autres associations d’opposition, sollicite un débat public. Son vœu est exaucé en 2003.
À grand renfort d’experts, de chiffres, de graphiques et de fascicules bien ficelés, la Commission nationale du débat public (CNDP 10) descend sur le terrain. Les invités  : des représentants de la Chambre de commerce et de l’industrie, de l’Aviation civile, de la Chambre d’agriculture, et du Conseil général. Malgré ces hôtes de marque clairement favorables, pour ne pas dire moteurs du projet, une bonne partie des habitants et des associations pense pouvoir faire remonter ses contre-arguments en haut lieu et ainsi infléchir la décision de créer un nouvel aéroport. «  Comme tout un chacun ici, on a participé au débat public pour faire entendre notre opposition, raconte Sylvie Thébault, éleveuse installée à Notre-Dame-des-Landes depuis 1999. J’ai fait une contribution au nom de mon syndicat agricole — je suis à la Confédération paysanne, seul syndicat agricole à s’être prononcé contre l’aéroport. Après coup, on a vécu ce débat comme une grosse entourloupe. C’était un des premiers débats publics nationaux... Maintenant, on voit que c’était une vraie mascarade. C’est honteux de laisser croire au citoyen qu’il a un droit de parole alors que tout est déjà décidé.   » Effectivement, en matière d’entourloupe, la CNDP sait y faire. À l’issue de six mois de consultation dans tout le Grand-Ouest, où de nombreuses interventions hostiles au projet n’ont pas manqué de se manifester, la conclusion publiée est sans appel  : il faut un aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
Après le débat public de 2003 s’ouvre une phase d’études qui conduit à une enquête publique à l’automne 2006. Les maires ne fermeront pas leurs bureaux aux commissaires comme l’avait fait quelques années auparavant celui de Plogoff, Jean-Marie Kerloc’h. 35 permanences tenues par la commission  ; 16 550 observations, lettres et pétitions recueillies, dont deux tiers sont clairement défavorables. Indifférente à ces signaux et fidèle à sa fonction, la Commission d’enquête émet un avis favorable le 13 avril 2007 et le Conseil d’État reconnait le caractère d’utilité publique du projet le 9 février 2008. Le Grenelle de l’environnement, qui avait pourtant annoncé le gel de toute nouvelle construction aéroportuaire, n’hésite pas à confirmer de son côté la compatibilité du transfert de l’aéroport de Nantes vers Notre-Dames-des-Landes avec les objectifs de développement durable puisque celui-ci sera garanti HQE  !
La disparition de 2000 hectares de bocage, l’épuisement des énergies fossiles, la baisse de 4% du trafic de l’aéroport de Nantes-Atlantique l’an dernier, rien ne fait rougir les nouveaux chantres du développement durable. Interrogé par un journaliste de Ouest-France sur le pic de production pétrolière et la pertinence de construire de nouveaux aéroports dans ces conditions, Philippe Ayoun, sous-directeur des études, des statistiques et de la prospective à la Direction générale de l’aviation civile répondait  : «  Je ne suis pas un spécialiste du pétrole, mais l’Agence internationale de l’énergie ne voit pas de pic pétrolier avant 2040 grâce au développement de nouveaux gisements. Les prix vont se renchérir, ce qui va forcer les compagnies à faire des économies et à recourir davantage aux carburants de substitution, ceux de la deuxième génération fabriqués à partir de biomasse. Ils pourraient représenter au moins 10 % du carburant utilisé.   » Le pétrole s’épuise  ? Les agrocarburants sont là pour assurer l’avenir des low-costs et autres déplacements de haute nécessité. Les défenseurs du projet n’éprouvent aucun scrupule à condamner des régions entières à la monoculture d’agrocarburants.
Pour Françoise Verchère, ancienne maire de Bouguenais et militante du Front de Gauche, à qui l’opposition au transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes a coûté sa place au Conseil général  : «  L’insistance des politiques à vouloir donner jour à ce projet relève de l’incantation au développement. C’est cette idée que l’organe crée la fonction  : en créant une infrastructure, le développement va suivre. Les politiques sont aujourd’hui encore sur le modèle de croissance des Trente Glorieuses sans prendre en compte la finitude de la planète, la finitude des matières fossiles, à une époque où on ne paie pas les ressources premières à leur coût réel de matière non-renouvelable, sans compter qu’on les pique aux autres  ! Ils sont non seulement dans le culte du progrès, mais aussi dans l’idée qu’il y aura toujours une solution technique à tout. Il n’y a plus de kérosène  ? Il y aura des agro-carburants  ! C’est pour ça que le capitalisme vert a de très beaux jours devant lui. Il y a beaucoup de gens qui pensent qu’en achetant des yaourts bio et en faisant du bio-carburants, on va continuer à vivre selon modèle dominant d’aujourd’hui, et qu’on s’en sortira.   » À Notre-Dame-des-Landes, l’écologie de façade ne trompe personne. Ce n’est pas qu’on soit particulièrement partisan d’une écologie radicale (sur la ZAD, tous les paysans fonctionnent en agriculture conventionnelle, seul un est en bio), mais on perçoit l’escroquerie d’un discours qui ne fait que s’adapter à l’air du temps.


ÉLARGIR LA RÉSISTANCE
Avec le coup de théâtre du Grenelle de l’environnement, un des derniers remparts institutionnels contre le projet s’effondre. Devant l’urgence de la situation, les associations montent au créneau. Si la majorité des opposants à l’aéroport, rejointe depuis peu par un «  collectif d’élus qui doutent de la pertinence du projet  », reste avant tout soucieuse de respecter la loi et de ne pas prendre trop de risques, elle a le mérite de rester tenace  : présence pacifique aux moments des forages, réunions régulières et fabrication de matériel d’information au lieu-dit «  La Vache rit  », un bâtiment mis à disposition par un paysan de Notre-Dame-des-Landes  ; tenue d’une «  vigie  » qui consiste à interpeller silencieusement les conseillers généraux et les habitants de Nantes, pique-nique estival pour rassembler les différents soutiens, etc. De son côté, s’écartant des méthodes classiques de protestation, l’Acipa, qui compte parmi ses rangs quelques anciens Paysans-Travailleurs, lance un appel à occuper les maisons. Mais c’est justement dans les milieux où l’on serait susceptible de répondre à un tel appel que l’Acipa est la moins influente. «  Les informations ne circulaient pas très bien à Nantes. Pour nous, c’était surtout une lutte de riverains qui voulaient préserver leur environnement et rien de plus, se souvient Yann habitant sur la ZAD depuis plus de deux ans. Jusqu’à ce qu’on en entende un peu plus parler au jardin collectif de Couëron. On a su qu’il y avait un appel à venir occuper des maisons vides, mais qu’il n’y avait pas de candidat. On est venu au pique-nique du mois de juillet et on a rencontré des gens proches de l’Acipa qui nous ont indiqué les maisons vides et on a décidé de rester.  » L’information a beau circuler, les nouveaux arrivants se font attendre.
C’est avec les premiers travaux de forage que la résistance à l’aéroport prend une nouvelle dimension. Jusque-là, les opposants étaient surtout des habitants concernés par l’aéroport. Avec les premiers forages, début 2009, la lutte s’élargit et reçoit de nouveaux soutiens. Rodolphe fait partie de ceux-là  : «  La manière dont ce projet est mené, en l’absence totale d’une prise en considération des premiers concernés, m’a donné envie de mener cette lutte avec les habitants directement touchés par l’aéroport, explique-t-il. Si j’ai eu envie de lutter contre ce projet, c’est aussi pour tout ce qu’il représente. Ce n’est pas juste un aéroport qui est en jeu, mais la politique du capitalisme qui est à l’œuvre, ici, avec sa façon de diviser les gens dans leurs vies, de cloisonner tout le social que peut générer une vie dans le monde rural au profit de quelques-uns... La parole des gens est oblitérée, malgré les débats publics et les protestations. Pourtant, les gens sont capables de raisonner, de décider pour leur vie, d’avoir des projets d’avenir pour leurs territoires, et on ne peut pas décider pour eux.   »
En janvier 2009, ils sont une bonne centaine à vouloir empêcher la foreuse d’effectuer les premiers sondages. Face à eux, au moins autant de gardes mobiles et de camions de l’armée protégeant la foreuse, des barrages routiers pour contrôler les automobilistes et un hélicoptère pour quadriller la zone. Marie Jarnoux, habitante de Notre-Dame-des-Landes et membre du collectif des «  Habitants qui résistent  », n’avait jamais vu un tel déploiement de forces  : «  Ma maison fait partie de celles qui sont visées par le projet. On compte rester, résister le plus possible, mais on a beau s’opposer à ce projet, c’est dur de se confronter à l’armée...  » D’autres, plus enclins à l’action directe, tentent de s’interposer physiquement  : «  On ne peut pas se contenter d’une présence symbolique, proteste une nouvelle habitante de la ZAD. Laisser les forages se faire, c’est laisser le projet d’aéroport se concrétiser  ! Il ne faut pas attendre les premières coulées de béton pour s’opposer.   » En avril 2009, convaincus de la nécessité d’agir, un paysan et un manifestant sont arrêtés pour «  vol de terre   », «  bris de matériel  » et «  refus de prélèvement ADN  ». Ils ont dispersé et mélangé les échantillons de terre prélevés par la foreuse. Deux mois de prison avec sursis pour les faits et deux mois avec sursis pour refus d’ADN… Face à la répression, le fossé aurait pu se creuser entre les partisans des différentes stratégies, mais les associations ont alors soutenu les deux inculpés, notamment en prenant en charge les frais de justice.
Pour tenter d’élargir encore la mobilisation, une «  Semaine des résistances  » est organisée, en août 2009, sur la commune de Notre-Dame-des-Landes. Parallèlement se tient aussi le premier Camp Action Climat français. Une semaine de discussion, de fonctionnement en autogestion et d’actions à l’issue de laquelle un appel à venir occuper les terres et les maisons est lancé. Suivi par plusieurs personnes, il donnera lieu à la réouverture de maisons inhabitées depuis la préemption du Conseil général. Des bouts de terrain commencent à être défrichés et des potagers prospèrent çà et là
APPEL À OCCUPER LES MAISONS
Au cœur de la ZAD, dans une des maisons récemment ouvertes, deux jeunes habitants grattent la terre avec Marie-Thérèse, leur voisine septuagénaire. Elle qui regardait d’un œil inquiet l’installation de squatters dans la maison mitoyenne à la sienne, la voici finalement charmée par de nouveaux voisins qui ne manquent pas une occasion de lui rendre service. Un échange de bons procédés parmi d’autres  : ils binent son potager tandis qu’elle sème des graines, en leur expliquant comment tel ou tel légume se cultive. Un peu plus loin, d’autres occupants ont lancé un potager avec des habitants qui résistent. «  On fait aussi un élevage de poulets en commun et, une fois par an, on tue trois cochons pour en faire du pâté. On est quasiment autonomes en terme de consommation de viande et avec le potager, on n’achète jamais de légumes  », explique Agathe. À quelques prairies de là, un paysan a concédé un bout de ses terres pour que soient plantées des pommes de terre qui serviront pour l’hiver prochain. Au-delà de permettre de subvenir à des besoins élémentaires, toutes ces activités créent un commun qui n’est pas toujours imaginé au départ. «  Il y a du plaisir à savoir qu’on va se nourrir en partie de ce qu’on cultive, mais le potager ou les autres activités “alimentaires” créent d’autres choses que l’autonomie  : des rencontres qui ne seraient pas forcément faites sans ça, des relations d’affection et aussi un attachement à la terre   », poursuit Yann.
Petit à petit, c’est tout un réseau de solidarité qui se tisse. Mais la rencontre de ces deux mondes ne se fait pas sans heurts. Dans le bourg de Notre-Dame-des-Landes, les jugements à l’emporte-pièce vont bon train. Il faut une certaine persévérance pour se faire sa place. «  Ce qui se joue ici, c’est le coup de main pratique sur les chantiers, reconnaît Yann. À ce moment-là, tu discutes de choses techniques, comme des travaux de la maison, des trucs autour du jardin. On n’est pas dans des grandes idées, mais on fait des choses ensemble. On s’est fait respecter parce qu’on a beaucoup participé aux chantiers comme couper du bois ou déblayer un accès à un champ, et parce qu’on a fait nos preuves avec le jardin. C’est pas étonnant qu’il y ait de la méfiance vis-à-vis des nouveaux arrivants, ils en ont tellement vu, des gens, depuis les années 1970 qui disaient vouloir s’installer et qui sont repartis  ! Mais c’est quand même triste tous ces préjugés, et c’est vraiment pénible de sentir qu’il faut “mériter” d’habiter sur la ZAD pour être bien vu des gens du coin.   » Comme au Larzac, à Plogoff où dans d’autres luttes mettant en présence des habitants ancrés de longue date et des nouveaux considérés comme «  hors-sol  », la rencontre prend du temps. D’autant plus lorsque les nouveaux arrivants critiquent ouvertement l’agriculture conventionnelle, pour ne pas dire intensive, aspirent à une vie en dehors du salariat et rejettent les formes d’organisation hiérarchisées. Mais comme le dit Julien Durand, un paysan retraité de la ZAD qui tente de créer des ponts entre ces deux mondes  : «  Avec un peu de patience, les choses vont se faire. Il faut du temps pour qu’on s’apprivoise, et c’est à chacun de faire un pas vers l’autre. Sans ça, on ne gagnera pas  !   » Au-delà des différences culturelles, les uns et les autres sentent bien que l’issue de cette lutte dépend aussi de la capacité de chacun à nouer des relations, sachant que la confiance mutuelle est la condition sine qua non de pratiques solidaires pour faire front à ce projet qui, ici comme ailleurs, s’inscrit dans un modèle de développement qui n’en finit plus de démontrer sa capacité de nuisance.


ENCADRÉ 1 /// UNE TRADITION DE LUTTES PAYSANNES
Dans ce coin de Loire-Atlantique comme dans l’ensemble du pays, le monde paysan est mis à mal par de profonds changements. Le mouvement contre l’extension du camp militaire du Larzac qui débute alors témoigne des mutations en cours. En août 1973, devant près de 80 000 personnes réunies sur le plateau, Bernard Lambert, leader des Paysans-Travailleurs venu de Loire-Atlantique, s’écrie  : «  Jamais plus les paysans ne seront des Versaillais. C’est pourquoi nous sommes ici pour fêter le mariage des Lip11 et du Larzac.  » Ce premier grand rassemblement de soutien aux paysans du Larzac avait été appelé par le tout petit et nouveau mouvement des Paysans-Travailleurs. Constitué en opposition à la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), syndicat «  unique  » dont les principaux dirigeants ont été actifs au sein de la Corporation paysanne sous le régime de Vichy, ainsi qu’à sa section «  jeunes  », le CNJA (Centre national des jeunes agriculteurs), Paysans-Travailleurs affirma d’emblée son ambition de replacer les questions agricoles et rurales dans le contexte plus large des luttes sociales de l’ensemble de la société. Face au projet d’aéroport, les mêmes convictions se font jour. Plusieurs paysans installés à Notre-Dame-des-Landes, mais aussi dans d’autres communes plus lointaines comme celle de Couëron, ont participé à Mai-68, à la création de «  Paysans en lutte  », puis à celle de Paysans-Travailleurs, et continuent à soutenir les ouvriers grévistes des usines nantaises dans les années qui suivent. Au-delà du refus d’abandonner les terres aux promoteurs de l’aéroport qui misent sur la désertification progressive de la zone, ces jeunes paysans croient alors à la possibilité d’une profonde transformation sociale, qui passerait par une collectivisation des terres et une unité entre monde ouvrier et monde agricole.


ENCADRÉ 2 /// PLOGOFF  : UNE VICTOIRE POPULAIRE
Plogoff, février 1980  : toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à quelques encablures de la Pointe du Raz, face à l’île de Sein. La Bretagne, mazoutée deux années plus tôt par l’Amoco Cadiz, refuse ce projet de centrale nucléaire. Les Bretons avaient déjà démontré leur détermination contre l’implantation d’une centrale à Erdeven, à Saint Jean-du-Doigt et à Ploumoguer à la fin des années 1970. «  À Plogoff, EDF et l’État s’attendaient à ce que les gens acceptent la centrale, car il y avait beaucoup de retraités, d’anciens militaires, des marins de commerce et des femmes  », explique Nicole Le Garrec, réalisatrice du film documentaire Des pierres contre des fusils. C’était sans compter l’attachement à un mode de vie, à une terre et sans la volonté des habitants de décider eux-mêmes de leur avenir. En 1976 déjà, les ingénieurs d’EDF sont empêchés de sonder des terrains qui pourraient accueillir une centrale sur la commune de Plogoff. Dans les années qui suivent, les CLIN, les comités locaux d’information nucléaire qui se sont montés un peu partout dans le pays, sont de plus en plus fréquentés et, pour sauver le Cap, on invite les militants à acquérir des parcelles afin d’y implanter une bergerie. Le 30 janvier 1980, à la veille du démarrage de l’enquête publique, Jean-Marie Kerloc’h et Pierre Guével, maires de la petite commune de Plogoff et de celle de Primelin, prennent les devants. Estimant que les autorités ne tiendront de toute manière pas compte des avis de la population, ils décident de brûler le dossier de synthèse que le préfet leur avait adressé courant décembre, et de fermer la mairie à l’enquête publique. Commence alors une «  occupation militaire  » de Plogoff et du Cap Sizun qui se confronte à une résistance spontanée mais tenace de la population soutenue par la multitude des comités antinucléaires bretons.
«  À Plogoff, on n’avait pas une culture militante, mais on n’avait pas l’habitude de courber l’échine, se souvient Nicole Le Garrec. On aimait la vie qu’on avait, parce qu’on avait une certaine autonomie, ce qui n’était pas le cas des régions plus industrialisées, on avait des potagers et des formes d’échanges très liés à un mode de vie rural. On n’était pas riches, mais on n’était pas pauvres non plus. On avait suffisamment la tête hors de l’eau pour faire des choix.   »
Sans hésitation, le choix est fait de tout faire pour repousser ce projet. Dès lors, les habitants s’organisent  : des barricades de carcasses de voitures, de pierres et d’ordures ménagères se dressent un peu partout sur les routes contre les gardes mobiles arrivés en nombre. Mais la résistance prend aussi la forme du harcèlement moral. Les femmes se relaient pour tenir tête aux gendarmes, aux CRS et aux Paras tout juste revenus du Liban... Pendant quarante-cinq jours, les commissaires-enquêteurs doivent assumer leur fonction dans des camionnettes rebaptisées «  mairies annexes  ». Les arrestations se succèdent. Plusieurs manifestants sont traduits devant le tribunal de Quimper. L’un des avocats, Maître Choucq, est même condamné à dix jours de suspension.
Mais ni le déploiement militaire ni la répression ne font taire les femmes et les hommes de Plogoff, qui restent déterminés à ne pas abandonner leurs terres au projet de centrale nucléaire. Devenue très populaire, leur lutte reçoit des soutiens de toute la France. Le 16 mars 1980, 50 000 personnes manifestent à l’occasion de la clôture de l’enquête d’utilité publique. Quelques semaines plus tard, la mobilisation n’a pas faibli. Plus de 100 000 manifestants fêtent la fin de la procédure, le 24 mai 1980. Un an plus tard, le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République et le nouveau gouvernement socialiste décide l’abandon du projet. Plogoff a gagné.


ENCADRÉ 3 /// ATENCO, PISTE DE RÉSISTANCE
Pendant son itinérance à Nantes, Z a participé à l’organisation d’une soirée discussion-projection sur la place de l’église de Notre-Dame-des-Landes. À la nuit tombée, un film a retracé l’histoire de la lutte à Atenco.
Le 22 octobre 2001, le gouvernement fédéral mexicain décrète l’expropriation de 11 500 hectares à San Salvador d’Atenco pour la construction du nouvel aéroport international, violant ainsi les droits naturels et sociaux des communautés vivant sur les berges de l’ancienne lagune de Texcoco, à 40 kilomètres à l’est de la capitale. Les peuples indigènes concernés, semi-ruraux, s’organisent rapidement en Front des peuples en défense de la terre (FPDT). Ils revendiquent des racines plus anciennes que la constitution de l’État mexicain  : «  Nos ancêtres furent vaincus, soumis à l’esclavage et dépossédés de nos territoires lors de la conquête coloniale espagnole. Jusqu’en 1910, où la révolution mexicaine, impulsée par Emiliano Zapata, vit le soulèvement des communes sous les bannières de “Terre et liberté” et “La terre à ceux qui la travaillent ”. Le triomphe de la Révolution permit de récupérer ces territoires. C’est alors que fut réalisée la distribution de terre aux peuples indigènes sous la forme agraire d’“ejido” – qui établit que les terres sont communautaires, servent exclusivement à l’agriculture, qu’elles sont invendables et qu’on peut les enlever à ceux qui ne les travaillent pas.   »
Le FPDT rejette «  un progrès qui n’apporte que pauvreté au plus grand nombre, qui nie notre identité, qui se nourrit de l’expulsion et de la subordination du peuple  ». Pour les habitants, construire un aéroport sur l’ancien réservoir d’eau de Texcoco ne ferait qu’augmenter dramatiquement les déséquilibres écologiques de cette zone. L’aéroport détruirait les quelques lacs servant de refuge à une population d’oiseaux estimée entre 100 000 à 300 000 spécimens selon la saison. Ce projet ne bénéficierait qu’à des entreprises nationales ou multinationales qui suivent un plan d’intégration économique dans toute l’Amérique Centrale (Plan Puebla Panama), ainsi qu’aux intérêts du capital financier (FMI, Banque mondiale, etc.).
Le Front refuse l’aéroport, qui «  n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme de conquête, une nouvelle invasion qui se cache derrière les noms de progrès et de modernité   ». Pendant plus de dix mois, la lutte est acharnée, machette «  pacifique  » en main. La répression est sévère. Le 24 juillet, un manifestant, José Enrique Espinoza Juarez, meurt de ses blessures causées par les violences policières.
Le 2 août 2002, le gouvernement abroge finalement le décret d’expropriation et annule le projet d’aéroport. Durant les quatre années qui suivent cette victoire, le FPDT reste mobilisé et solidaire d’autres luttes. En mai 2006, le Front soutient des fleuristes en lutte à Texcoco. Le 4 mai, 3500 éléments des forces de police et militaires encerclent le village d’Atenco et bloquent les accès au village. Commence une répression sanglante. Environ deux cents personnes sont arrêtées ce jour-là, de nombreuses personnes blessées dont certaines gravement, et une trentaine de femmes violées. La police fait un nouveau mort  : Alexis Benhumea, un jeune de 21 ans tué par une grenade lacrymogène. Quatre ans plus tard, douze personnes sont toujours incarcérées, avec des peines de 31 à 112 ans de prison, et une personne reste sous la menace d’un mandat d’arrêt. Été 2010, à l’issue d’une campagne de solidarité internationale, la Cour suprême de justice statue. À l’encontre des douze personnes encore emprisonnées, des preuves illégales ont été employées pour essayer de les accuser d’un délit qu’elles n’ont pas commis. Elles sont aujourd’hui libres.

Reproches d'Ayrault au Front de Gauche ? - Sénat: Ayrault reçoit des parlementaires communistes, qui campent sur leurs positions (AFP)

AFP  le 08-11-2012 à 20h11

PARIS (AFP) - Jean-Marc Ayrault a reçu jeudi soir des parlementaires communistes, afin d'apaiser le climat avec le Front de gauche au lendemain du rejet par le PCF de deux textes importants au Sénat, mais les élus communistes ont déclaré camper sur leurs positions.
S'exprimant à l'issue de la rencontre, le secrétaire national du PCF et sénateur, Pierre Laurent, a assuré que les parlementaires communistes continueraient à défendre leurs points de vue.

"Nous avons participé à la victoire d'une majorité politique au printemps et nous considérons que nous sommes dans cette majorité politique", a ajouté M. Laurent.

Les communistes nient ainsi avec vigueur se trouver dans l'opposition, malgré leurs votes négatifs au Sénat contre une proposition de loi socialiste sur l'énergie et la programmation budgétaire 2012-2017, avec les voix de la droite et du centre. Surtout, ils s'apprêtent à voter en séance contre le projet de budget de la Sécurité sociale.

La dépêche dans son intégralité est ici


C'est vraiment fatigant. Hollande a été élu par défaut par la gauche (à ne pas confondre avec le PS) qui par solidarité républicaine voulait barrer la route à Sarkozy. La cause a été clairement exprimée avant et après le vote.

Aujourd'hui le premier ministre ose reprocher aux forces de gauche de refuser de voter un budget libéral, un budget d'austérité pour les plus vulnérables, un budget de droite en somme. Un comble, il les accuse de voter avec la droite, alors que c'est celle-ci, par opportunisme, qui s'est rangée derrière le vote Front de Gauche.

Ces accusations sont bien entendu inacceptables, surtout de la part d'un homme qui soutient de toutes ses forces un projet ultra-libéral, celui de l'inutile aéroport de Notre-Dame des Landes. Je suis témoin d'une chose remarquable. Avant-hier je distribuais à Nantes des tracts appelant à une grande manifestation dans quelques jours pour repousser ce projet, dans un quartier pas particulièrement populaire. Au moins les deux tiers des passants approuvaient cette manifestation, peu étaient indifférents, encore moins se sont déclarés pour ce projet ( au maximum dix pour cent, c'est assez net). Chose remarquable, parmi ces derniers certains étaient plutôt agressifs, comme s'ils avaient peur de voir la chose ne pas se faire.

Les Français ont voté clairement pour une nouvelle donne de gauche, après les années de galère sous des équipes particulièrement libérales et pro-atlantistes. La preuve ? Ce sont des socialistes ou d'autres élus plus à gauche qui tiennent à la fois la présidence, le sénat, l'assemblée, la presque totalité des régions, de plus en plus de départements, la plupart des grandes villes... Cela a une signification. Le PS s'est seulement taillé la part du lion parce qu'il était implanté depuis plus longtemps, avec plus de soutiens locaux obligés (employés municipaux par exemple).

Il va falloir que la tête de l'exécutif se pose la question : pourquoi continuer la politique des prédécesseurs, quand les citoyens la refusent, à bon droit d'ailleurs ? Pourquoi accentuer chômage, précarité, misère ?

La pauvreté s'est "ancrée" en France, signale le Secours catholique

Challenges.fr - 2012/11/08-13:10:15
En 2011, le Secours Catholique a rencontré 1.422.000 personnes en situation de pauvreté, dont 668.000 enfants. Ainsi en dix ans, les loyers acquittés par les ménages reçus au Secours catholique ont augmenté de 21% dans le parc HLM et de 26% dans le privé (en euros constants
 

 Tout récemment, ainsi que l'annonce ce titre du Nouvel Obs, le secours catholique disait que la grande pauvreté s'était installée dans la durée pour beaucoup de gens : on ne peut tout de même pas l'accuser de gauchisme ! Cela signifie qu'une nouvelle donne, sur de nouvelles bases vraiment différentes, est nécessaire. Fourguer les milliards engrangés par le travail de nos concitoyens et les richesses de notre sol, à des banques qui les feront suivre à leurs actionnaires, ou qui soutiendront des projets loufoques et inutiles, çà suffit ! Tout le monde attend de ceux qui ne sont pas (encore) considérés comme la droite de renverser la vapeur, de s'interroger sur la pertinence de la Dette par une audit serrée, de refuser de dire amen à toutes les exigences européennes, et en particulier d'un pays trop différent du nôtre, l'Allemagne.

Un problème se pose alors : les Français ont voté pour une majorité quasi absolue à l'Assemblée pour des députés socialistes (le mot dit bien ce qu'il veut dire), et ceux-ci se dépêchent de voter l'austérité à tours de bras. L'ont-ils fait par conviction, ou parce que l'appareil du parti les y a obligés (sous peine d'être exclus sans doute) ? Le doute est important. Cela voudrait dire qu'un aréopage quasi-indéboulonnable déclare depuis la rue de Solférino diriger sans mandat et sans contrôle par les citoyens. On l'a connu au temps où c'est l'UMP qui avait ce sinistre rôle, les Russes l'ont connu sous Staline avec plus de violence encore, mais de toute façon ce n'est absolument pas la démocratie.  Eh bien, il faut que cela change.

Comment les citoyens pourront-ils se réapproprier les décisions ? Même ceux qui, par paresse, confient inconsidérément les clefs de leur avenir à des personnages qui ne pensent qu'à leur propre devenir, vont finir par se lasser.

 
XXXIII
La résistance à l'oppression est la conséquence des autres Droits de l'homme.
XXXIV
Il y a oppression contre le corps social, lorsqu'un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.
XXXV
Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.


jeudi 8 novembre 2012

Croassance or not croissance ?

Aujourd'hui notre ami Des Pas Perdus nous relatait le contenu de l'ouvrage "Le choc de la décroissance", écrit par Vincent Cheynet. Cela m'a inspiré quelques lignes.


Actuellement la "croissance" n'est qu'une compensation, comme on dit en psychologie, d'une immense frustration : dominés par le Travail avec un grand T, trop de gens en oublient de vivre, tout simplement. Ils s'isolent, et la seule façon pour eux d'avoir l'impression de continuer une vie sociale, est de la vivre "par procuration", via les téléphones mobiles, la télévision, les transports auxquels ils sont accros en raison des distances à parcourir pour rejoindre le Travail... Se côtoyant sans fin, ils s'ignorent, et dès qu'ils ont un peu de temps ils vont s'isoler plus encore en allant "en vacances" quelque part tout en continuant à ignorer leurs voisins.

La découverte, ce n'est pas à des milliers de kilomètres qu'elle peut s'opérer : parfois il suffit de quelques mètres.

La déclaration des droits de l'homme et du citoyen a fait une grosse faute en plaçant parmi ses principes de base la propriété. C'est la même terre pour tous. C'est au point que ce principe est devenu sous-jacent, implicite : il ne l'est pas. Par nécessité vitale, nous avons tous un droit d'usage sur les richesses de la planète, mais selon le principe, transcendant, d'égalité, nul ne peut solliciter exagérément ces richesses au détriment de tous les autres, au présent et ceux qui en auront besoin dans le futur.

La décroissance, c'est retrouver une vie en commun avec toute la planète et ses habitants. C'est prendre non son dû, mais ce dont on a vraiment besoin : la différence est immense.

Israël en posture délicate après le soutien de Netanyahu à Romney (Assawra)

jeudi 8 novembre 2012, par La Rédaction d'Assawra

Le gouvernement israélien se retrouvait jeudi sur la défensive, l’opposition et les commentateurs évoquant l’hypothèse d’une "vengeance" du président Barack Obama en raison des sympathies affichées par Benjamin Netanyahu en faveur du candidat républicain perdant Mitt Romney.

Le ministre des Finances Youval Steinitz, un proche de M. Netanyahu, a tenté de réfuter les accusations d’ingérence du Premier ministre israélien dans la campagne présidentielle américaine.

"Nous ne nous sommes pas immiscés dans les élections américaines, nous avons été très prudents", a affirmé M. Steinitz à la radio publique.

"Ceux qui colportent de fausses informations sur une intervention israélienne dans le scrutin portent atteinte aux intérêts d’Israël", a-t-il accusé en visant notamment l’ancien Premier ministre centriste Ehud Olmert.

M. Olmert, qui envisage un retour en politique pour les élections législatives du 22 janvier, a estimé qu’en prenant parti, M. Netanyahu a "violé les règles de base qui régissent les relations entre Etats", selon des propos tenus devant la communauté juive de New-York rapporté par des médias israéliens.

La dirigeante du Meretz, un parti d’opposition de gauche, Zehava Galon, a renchéri en fustigeant "l’intervention grossière de Benjamin Netanyahu dans les élections américaines", parlant d’un "pari irresponsable".

M. Netanyahu, cité par la radio, a dû s’expliquer : "Certaines voix parmi nous tentent de provoquer un conflit avec les Etats-Unis, mais elles n’y parviendront pas. Je continuerai à travailler étroitement avec le président Obama pour défendre les intérêts d’Israël", a-t-il assuré.

MM. Netanyahu et Romney, des conservateurs libéraux, partagent des affinités idéologiques encore renforcées par l’appartenance du républicain à l’Eglise mormone, traditionnelle soutien de la droite nationaliste israélienne.

L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, s’est efforcé d’apaiser la polémique en qualifiant de "ridicule" l’idée d’un "désir de vengeance" du président réélu.

Les analystes israéliens s’interrogent néanmoins sur le "prix" que Barack Obama pourrait faire payer à M. Netanyahu à un peu plus de deux mois d’un scrutin crucial.

"Netanyahu a parié et nous allons payer", résume le tabloïd Yédiot Aharonot.

Même son de cloche à gauche, au Haaretz : "Obama a maintenant quatre ans pour régler ses comptes avec Netanyahu, pour le soutien ouvert à Mitt Romney, pour ses dépréciations (d’Obama) devant le Congrès, pour le gel des négociations avec les Palestiniens, pour la colonisation et pour avoir tenté de lui faire la leçon sur le dossier iranien".

Le premier test de l’humeur entre l’Américain et l’Israélien pourrait avoir lieu très prochainement, à l’occasion de la demande de rehaussement du statut de la Palestine au rang d’Etat non-membre à l’ONU.

"Netanyahu espère que les Américains vont presser Mahmoud Abbas de renoncer à ce projet, mais le président américain demandera en échange que le Premier ministre fassent preuve de souplesse envers les Palestiniens", a pronostiqué le commentateur politique de la radio publique.

La deuxième test devrait porter sur le programme nucléaire iranien controversé.
Selon plusieurs commentateurs, Barack Obama pourrait tenter de négocier un accord avec Téhéran sans fixer de limite de temps tandis que M. Netanyahu ne cesse d’accuser l’Iran de procrastination.

En septembre, M. Netanyahu a réclamé à hauts cris mais en vain à la Maison Blanche d’imposer à l’Iran "des lignes rouges claires" à ne pas dépasser dans son programme nucléaire, en menaçant de frapper préventivement les installations atomiques iraniennes.
Mais il s’est heurté à une fin de non-recevoir —au propre comme au figuré— du président américain qui, comme le reste de la communauté internationale, privilégie à ce stade un durcissement des sanctions contre l’Iran.

(08 Novembre 2012 - Avec les agences de presse)