AFP le 08-11-2012 à 20h11
PARIS (AFP) - Jean-Marc Ayrault a reçu jeudi soir des parlementaires
communistes, afin d'apaiser le climat avec le Front de gauche au
lendemain du rejet par le PCF de deux textes importants au Sénat, mais
les élus communistes ont déclaré camper sur leurs positions.
S'exprimant à l'issue de la rencontre, le secrétaire national du PCF
et sénateur, Pierre Laurent, a assuré que les parlementaires communistes
continueraient à défendre leurs points de vue.
"Nous avons participé à la victoire d'une majorité politique au
printemps et nous considérons que nous sommes dans cette majorité
politique", a ajouté M. Laurent.
Les communistes nient ainsi avec vigueur se trouver dans
l'opposition, malgré leurs votes négatifs au Sénat contre une
proposition de loi socialiste sur l'énergie et la programmation
budgétaire 2012-2017, avec les voix de la droite et du centre. Surtout,
ils s'apprêtent à voter en séance contre le projet de budget de la
Sécurité sociale.
La dépêche dans son intégralité est ici
C'est vraiment fatigant. Hollande a été élu par défaut par la gauche (à ne pas confondre avec le PS) qui par solidarité républicaine voulait barrer la route à Sarkozy. La cause a été clairement exprimée avant et après le vote.
Aujourd'hui le premier ministre ose reprocher aux forces de gauche de refuser de voter un budget libéral, un budget d'austérité pour les plus vulnérables, un budget de droite en somme. Un comble, il les accuse de voter avec la droite, alors que c'est celle-ci, par opportunisme, qui s'est rangée derrière le vote Front de Gauche.
Ces accusations sont bien entendu inacceptables, surtout de la part d'un homme qui soutient de toutes ses forces un projet ultra-libéral, celui de l'inutile aéroport de Notre-Dame des Landes. Je suis témoin d'une chose remarquable. Avant-hier je distribuais à Nantes des tracts appelant à une grande manifestation dans quelques jours pour repousser ce projet, dans un quartier pas particulièrement populaire. Au moins les deux tiers des passants approuvaient cette manifestation, peu étaient indifférents, encore moins se sont déclarés pour ce projet ( au maximum dix pour cent, c'est assez net). Chose remarquable, parmi ces derniers certains étaient plutôt agressifs, comme s'ils avaient peur de voir la chose ne pas se faire.
Les Français ont voté clairement pour une nouvelle donne de gauche, après les années de galère sous des équipes particulièrement libérales et pro-atlantistes. La preuve ? Ce sont des socialistes ou d'autres élus plus à gauche qui tiennent à la fois la présidence, le sénat, l'assemblée, la presque totalité des régions, de plus en plus de départements, la plupart des grandes villes... Cela a une signification. Le PS s'est seulement taillé la part du lion parce qu'il était implanté depuis plus longtemps, avec plus de soutiens locaux obligés (employés municipaux par exemple).
Il va falloir que la tête de l'exécutif se pose la question : pourquoi continuer la politique des prédécesseurs, quand les citoyens la refusent, à bon droit d'ailleurs ? Pourquoi accentuer chômage, précarité, misère ?
Challenges.fr - 2012/11/08-13:10:15
En 2011, le Secours Catholique
a rencontré 1.422.000 personnes en situation de pauvreté, dont 668.000
enfants. Ainsi en dix ans, les loyers acquittés par les ménages reçus au Secours catholique ont augmenté de 21% dans le parc HLM et de 26% dans le privé (en euros constants
Tout récemment, ainsi que l'annonce ce titre du Nouvel Obs, le secours catholique disait que la grande pauvreté s'était installée dans la durée pour beaucoup de gens : on ne peut tout de même pas l'accuser de gauchisme ! Cela signifie qu'une nouvelle donne, sur de nouvelles bases vraiment différentes, est nécessaire. Fourguer les milliards engrangés par le travail de nos concitoyens et les richesses de notre sol, à des banques qui les feront suivre à leurs actionnaires, ou qui soutiendront des projets loufoques et inutiles, çà suffit ! Tout le monde attend de ceux qui ne sont pas (encore) considérés comme la droite de renverser la vapeur, de s'interroger sur la pertinence de la Dette par une audit serrée, de refuser de dire amen à toutes les exigences européennes, et en particulier d'un pays trop différent du nôtre, l'Allemagne.
Un problème se pose alors : les Français ont voté pour une majorité quasi absolue à l'Assemblée pour des députés socialistes (le mot dit bien ce qu'il veut dire), et ceux-ci se dépêchent de voter l'austérité à tours de bras. L'ont-ils fait par conviction, ou parce que l'appareil du parti les y a obligés (sous peine d'être exclus sans doute) ? Le doute est important. Cela voudrait dire qu'un aréopage quasi-indéboulonnable déclare depuis la rue de Solférino diriger sans mandat et sans contrôle par les citoyens. On l'a connu au temps où c'est l'UMP qui avait ce sinistre rôle, les Russes l'ont connu sous Staline avec plus de violence encore, mais de toute façon ce n'est absolument pas la démocratie. Eh bien, il faut que cela change.
Comment les citoyens pourront-ils se réapproprier les décisions ? Même ceux qui, par paresse, confient inconsidérément les clefs de leur avenir à des personnages qui ne pensent qu'à leur propre devenir, vont finir par se lasser.
XXXIII
La
résistance à l'oppression est la conséquence des autres
Droits de l'homme.
XXXIV
Il y a oppression
contre le corps social, lorsqu'un seul de ses membres est
opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps
social est opprimé.
XXXV
Quand le gouvernement viole
les droits du peuple, l'insurrection est
pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le
plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.