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dimanche 10 juin 2012

Les "amis de la Syrie" entravent le règlement de la crise (Moscou)

La politique intérieure n'ayant pas droit de cité aujourd'hui... voyons ailleurs. Des blocages suspects de la situation proviennent... des États-Unis bien sûr, et d'un allié resté fidèle malgré le changement de tête. Intérêts stratégiques, ou suivisme pas vraiment à propos ?


Dossier: Situation politique en Syrie

Situation en Syrie
22:19 09/06/2012
MOSCOU, 9 juin - RIA Novosti
Le délégué permanent de Russie aux Nations unies, Vitali Tchourkine, estime que les démarches des "amis de la Syrie" ne contribuent pas à régler la crise dans ce pays, car au lieu d'appliquer le plan Annan, ce groupe cherche à renverser les autorités syriennes.

Le 6 juillet, les "amis de la Syrie" se réuniront à Paris à l'initiative du président français François Hollande.

"Nous estimons que les « amis de la Syrie » sont une structure nuisible, car leur activité se ramène de fait à différents subterfuges destinés à renverser le gouvernement en place à Damas et non à des démarches visant à appliquer le plan formulé par Kofi Annan", a déclaré M. Tchourkine à la chaîne de télévision Rossia-1.

Selon le diplomate, il n'existe pas de solutions simples pour sortir la Syrie de la crise.

La Russie propose de convoquer une conférence permettant de mettre gouvernement et opposition à la table des négociations afin de réunir les conditions nécessaires pour appliquer le plan Annan.

D'après les autorités russes, cette conférence pourrait réunir une quinzaine de pays, dont tous les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Russie, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Chine), le Qatar et l'Arabie saoudite, ainsi que les voisins de la Syrie: le Liban, la Jordanie, l'Irak, la Turquie et l'Iran. Des structures internationales telles que la Ligue arabe, l'Organisation de la coopération islamique, l'Union européenne et l'ONU doivent également prendre part à ce forum qui se réunirait sous l'égide des Nations unies.

Les Etats-Unis et la France se sont catégoriquement opposés à l'idée d'associer l'Iran au règlement de la crise syrienne.

mercredi 6 juin 2012

Syrie : les USA menacent d'employer la force

19:27 06/06/2012
WASHINGTON, 6 juin - RIA Novosti

Les Etats-Unis inviteront le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter une résolution prévoyant un recours à la force contre la Syrie si le régime de Bachar al-Assad ne se montre pas disposé à régler le conflit par des moyens pacifiques, a déclaré le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner.

"Si la Syrie ne réalise pas de progrès substantiel (dans la mise en œuvre du plan Annan), les Etats-Unis et d'autres pays ne tarderont pas à engager contre le régime syrien des actions appropriées, y compris - si nécessaire - celles prévues par le chapitre 7 de la Charte de l'ONU", a indiqué mercredi M. Geithner lors d'une rencontre des "amis de la Syrie" à Washington.

Ce chapitre intitulé "Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression" autorise le Conseil de sécurité à décréter des sanctions et à décider un recours à la force pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité.

Le secrétaire au Trésor américain a également appelé la communauté internationale à ne pas relâcher sa pression sur Damas et à poursuivre les efforts diplomatiques afin de contraindre les autorités syriennes à appliquer le plan Annan.

La semaine dernière, le président Bachar al-Assad a déclaré dans un message au parlement que son gouvernement mettrait en œuvre tous les moyens pour combattre le terrorisme. Il a dans le même temps souligné que la Syrie était prête à engager un dialogue avec toutes les forces qui n'appellent pas à une intervention militaire étrangère.

Le président a toutefois souligné que le dialogue politique n'a jusqu'à présent pas permis de débarrasser le pays du terrorisme.


Relevons une incohérence : le gouvernement syrien accepte de collaborer afin de permettre l'application du plan Annan. C'est l'opposition basée en Turquie, qui se fait appeler ALS, qui rejette ce plan. Comment résoudre ce dilemme ?

Les députés du Front de Gauche seront les gardiens de la République

Merci Cap2012 pour ce lien très utile vers  un article de Direct Matin, qui rappelle les enjeux de ce second tour.

Extrait :
Comme à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon cible le Front national. S’il appelle à une majorité de gauche, il refuse l’hégémonie socialiste. 
 
Lui-même reconnaît une «provocation». En défiant Marine Le Pen dans son fief d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Jean-Luc Mélenchon rejoue aux législatives le match perdu lors de la présidentielle (11,1 % contre 17,9). Cette fois, les sondages lui sont favorables et le leader du Front de gauche a de bonnes chances de rejoindre l’Assemblée pour y jouer un rôle de «résistant». 
 
 
Ces législatives sont-elles une revanche après la présidentielle ? 
 
Le mot revanche n’est pas le bon. Je ne suis pas dans une bataille personnelle avec Mme Le Pen, je mène un combat politique. Ce combat ouvert avec l’élection présidentielle continue jusqu’à la fin des législatives. Notre objectif reste de battre le FN, de l’éradiquer politiquement ; on y passera le temps qu’il faudra, jusqu’à ce qu’on ait le dernier mot.

La suite de l'article est ici

Jean-Luc Mélenchon est très mesuré dans ses paroles. N'ayant pas adhéré, je le serai moins. Le nouveau gouvernement n'est pas le régime d'avant, c'est indéniable. Pour autant, sur certains sujets comme le retrait de l'OTAN (qu'il n'envisage en aucune façon) ou la remise en cause par un audit scrupuleux et public de la Dette française (qu'il n'envisage pas un instant non plus), sujets essentiels à la suite, le clivage est patent. Il sera donc essentiel que les élus de gauche, les vrais, soient le plus nombreux possibles pour contrecarrer tout amollissement de la tête de l'État sous des pressions étrangères.

C'est bien ce scénario que craint le gouvernement : il veut avoir ses coudées franches, non vis-à-vis de l'Europe et des États-Unis, mais face à une Gauche critique et citoyenne.

A ce propos, les partisans du Front de Gauche qui ont cru voter utile à la Présidentielle en mettant le bulletin Hollande au premier tour se sont beaucoup trompés. Ce n'est pourtant pas faute de les avoir mis en garde avant le vote.

En insistant sur le combat contre les idées et postures du FN, Jean-Luc Mélenchon est parfaitement dans son rôle. La discrimination, le rejet, la xénophobie sont une insulte profonde aux principes même de la République. Les combattre est absolument essentiel pour ramener la paix des citoyens dans notre pays. Donc le combat est là, et il faut que ce combat continue à l'Assemblée, où furent récemment adoptées tant de lois liberticides, discriminatoires, anti-républicaines, peut-être même scélérates comme il en fut dans un passé douloureux.

Citoyens, élisez vos représentants, les vrais, ceux qui sourcilleusement vont vraiment vous représenter, représenter les idées de la France républicaine, et empêcher toute dérive atlantiste funeste pour notre avenir à tous. Le Front de Gauche ne sera pas au gouvernement, il sera le juge bienveillant, mais sans concessions, d'un gouvernement qui a déjà démontré une certaine continuité sur certains points avec le passé.

Votez pour les candidats du Front de Gauche !

mardi 5 juin 2012

Fukushima et l’avenir du monde

Il faut encore et toujours tirer la sonnette d'alarme. Plutôt que de  se chamailler pour d'obscures histoires de diffamation, de petites phrases assassines, tous les responsables du monde entier devraient consacrer toute leur énergie à un seul sujet, particulièrement crucial. La piscine de stockage long près du réacteur 4 de Fukushima Daiichi n'est plus alimentée en eau de refroidissement que par des tuyaux de secours posés au hasard sur un sol jonché de débris, tuyaux fragiles bien entendu. Si, avant l'évacuation des barres qui la remplissent (temps envisagé : trois ans à partir de maintenant), elle finit par s'écrouler sous l'effet d'un séisme plus puissant que la moyenne, ou si simplement elle se vide parce que les canalisations provisoires sont déchirées et ne peuvent être réparées très rapidement, l'élévation de température très rapide des barres, avec risque d'explosion, rendra obligatoire l'évacuation de tous les personnels, laissant toute la centrale sans maintenance définitivement. Voilà ce que dénonce cet article de Pierre Fétet, dont j'ai reproduit ici le début.
bab
 
Dimanche 3 juin 2012
coteest4Les inquiétudes au sujet du risque d’effondrement de la piscine de l’unité 4 de la centrale de Fukushima Daiichi sont-elles fondées ? Au Japon, tout le monde parle de ce danger et, pour répondre à cette question, des journalistes d’investigation de l’émission « Hodo Station », sur la chaîne de télévision TV Asahi, ont réalisé une enquête dont les résultats ont été diffusés le 25 mai 2012.
 
Cet article présente les principales informations tirées de cette recherche puis une extrapolation sur ce qui pourrait advenir si Tepco ne réussissait pas son pari de récupérer les barres de combustibles d’ici trois ans.
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Avant toute chose, je tiens à remercier Kna qui nous permet d’avoir accès, par son travail de traduction, de sous-titrage et de diffusion de vidéos, à des informations qui, jusqu’à présent, restent taboues en France dans les grands médias.
 
 
 
Une émission remarquable : une problématique,
des témoignages d’experts, des expériences, des conclusions
 
Comme on aimerait voir ce type d’émission télévisée en France, où des experts et des chercheurs en ingénierie nucléaire parleraient librement de leurs angoisses à propos des risques de l’atome. Pour rappel, l’unité 4 possède une piscine de désactivation contenant 1535 assemblages, soit environ 264 tonnes de combustible. Cette piscine est perchée à 20 mètres au dessus du sol, mais sa structure a subi d’énorme contraintes mécaniques et thermiques lors des explosions et incendies qui ont eu lieu le 15 mars 2011, sources des inquiétudes sur son état.
 
 
 
Masashi GotoMasashi Goto, ex-ingénieur Toshiba expert en conception de centrales nucléaires résistantes aux séismes, a conçu le confinement des réacteurs nucléaires. Voici ce qu’il pense de la solidité du bâtiment réacteur n°4 :
 
 
« Même si les murs existent, il n’y a pas de manière simple d’en connaître la stabilité. A quel point la stabilité a-t-elle été compromise par la haute température de l’incendie ? Il est essentiel d’avoir toutes les données quand vous travaillez sur un calcul structurel. Chaque fois que Tepco publie des données, ils disent toujours « Nous avons calculé ceci, voici le résultat de ce que nous avons fait donc il n’y a pas de danger ». Mais ils n’ont jamais publié une donnée que quelqu’un de l’extérieur pourrait utiliser pour vérifier leurs conclusions. »
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Yukiteru NakaYukiteru Naka, directeur de Tohoku Entreprise, travaillait à l’origine comme ingénieur chez General Electric. Spécialisé dans les systèmes de tuyauterie, il a été fortement impliqué dans la construction de la centrale de Fukushima Daiichi (réacteur 1, 2 et 6). Il est maintenant engagé dans les travaux de démantèlement. Connaissant l’état réel du bâtiment réacteur 4, il fait des aveux sur la dangerosité d’une possible fuite d’eau de la piscine de refroidissement de combustible :
 
« Je dois dire qu’il y a un risque concernant l’unité 4. La piscine est actuellement refroidie par un système temporaire. Mais les conduits s’étendent sur des dizaines de kilomètres et étant donné que c’est une construction provisoire, ce n’est pas censé résister aux secousses sismiques. Il n’y a pas assez de maintenance. Les tuyaux courent à travers les décombres. J’estime qu’il faudrait peu de temps pour vider la piscine si les tuyaux étaient endommagés et causaient une fuite. Les émissions de matières radioactives seraient si élevées que personne ne pourrait s’approcher. (…) J’aimerais que le gouvernement et Tepco se préparent avec une notion de crise imminente à l’esprit. (…) Si la piscine se vide, aucun travailleur ne pourra s’approcher du bâtiment réacteur 4, ni des bâtiments 1, 2 et 3. »
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koideHiroaki Koide, professeur à l’Institut de Recherche Nucléaire Universitaire de Kyoto, est particulièrement inquiet de l’état de l’unité 4 :
 
« Si la piscine devait s’effondrer à cause d’un nouveau gros séisme, les émissions de matière radioactives seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5000 fois la bombe nucléaire d’Hiroshima. »
 
 
Selon un institut de recherche de l’Agence de l’Energie Atomique du Japon, en cas d’entassement des barres de combustible, celles-ci peuvent s’échauffer car l’air ne peut pas circuler. Si la température dépasse 700 °C, les gaines peuvent se briser et laisser s’échapper les pastilles de carburant composées d’uranium et de plutonium.
 
Sans refroidissement par l'air, la destruction des barres par échauffement et la libération des matières radioactives signeraient probablement le début de la fin pour le Japon, et peut-être pour le monde.
 
gaines 
 
 
Gaines de combustibles
éclatées entre 700 et 900 °C
 
 
  Conclusion sibylline du présentateur pour qui n’a pas suivi entièrement l’émission : « Nous avons découvert l’importance de ce que nous devons envisager ».
 
 

lundi 4 juin 2012

Syrie: les rebelles décident de boycotter le plan Annan



Dossier: Situation politique en Syrie

Syrie
20:39 04/06/2012
MOSCOU, 4 juin - RIA Novosti

L'Armée syrienne libre (ASL), basée en Turquie, a décidé de boycotter le plan de paix formulé par l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, ont annoncé lundi les médias internationaux, citant une déclaration de l'ASL.
"Nous avons décidé de suspendre nos engagements (dans le cadre du plan Annan) et de défendre notre peuple dès aujourd'hui", a annoncé le porte-parole de l'ASL Sami al Kourdi.
Les rebelles invitent la communauté internationale ou la mission de supervision du Conseil de sécurité de l'ONU à mettre en place une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Syrie. Ils réclament également la création d'une zone tampon autour du pays.



Changement de stratégie des assaillants étrangers. Cela signifie qu'ils ont perdu la partie, et que désormais ils veulent que les Puissances du Nord  s'acheminent vers un scénario type Libye, avec intervention "officielle" de l'OTAN. Les résultats, on peut les deviner : une destruction de toutes les structures de ce pays qui leur résiste.

Mais cette fois, ce pays-là est si stratégique pour la Russie, la Chine, et d'autres encore sans doute, que l'opposition à une telle intervention sera particulièrement déterminée au Conseil de Sécurité.

Victoria Grant, canadienne de 12 ans, nous explique l'escroquerie bancaire de l'argent-dette

Pour les commentaires.... ne pas hésiter.

http://www.youtube.com/watch?v=Wkv9ZYfk7fs&feature=colike

Nucléaire : le jeu trouble de l’Allemagne avec Israël

Rappelons immédiatement l'information diffusée par Assawra, car elle est très importante. Chacun jugera.

Nucléaire : le jeu trouble de l’Allemagne avec Israël

lundi 4 juin 2012, par La Rédaction d'Assawra


Peut-on demander à l’Iran d’abandonner son programme nucléaire et en même temps vendre à Israël des sous-marins qui seront dotés d’armes atomiques ? C’est l’épineuse question soulevée ce lundi par une enquête du magazine allemand Der Spiegel. 

L’hebdomadaire affirme en effet que l’Allemagne, membre du groupe des grandes puissances (cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne) chargées de négocier avec Téhéran l’arrêt de son programme nucléaire, a vendu en 2005 à l’État hébreu six sous-marins de type Dolphin, dont trois ont déjà été livrés. Or, d’après Der Spiegel, Israël aurait déjà commencé à équiper ces appareils avec des missiles de croisière à têtes nucléaires.

"Je confirme que nous avons des sous-marins allemands, ce n’est pas un secret, a déclaré à l’AFP Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères. Pour le reste, je ne suis pas tenu de me prononcer sur leurs capacités." Interrogé par l’hebdomadaire, le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, s’est contenté de déclarer que les Allemands devaient être "fiers" d’avoir assuré la sécurité de l’État d’Israël "pendant des années". La nouvelle a néanmoins provoqué des remous au sein de l’opposition sociale-démocrate (SPD), qui a sommé le gouvernement de s’expliquer.

"Jusqu’à présent, ces livraisons avaient été, entre autres, justifiées par le fait que ces sous-marins faisaient partie d’un arsenal de dissuasion conventionnel", a fait remarquer Rolf Mützenich, porte-parole du groupe parlementaire du SPD, sur les questions de politique extérieure. En réponse, Berlin a simplement nié que ces sous-marins puissent faire partie de l’arsenal nucléaire israélien. "La livraison s’est faite sans armement", a expliqué le porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert. "Le gouvernement fédéral ne participe pas aux spéculations sur son armement ultérieur", a-t-il ajouté à Der Spiegel.

Pourtant, l’hebdomadaire affirme que l’Allemagne connaîtrait "depuis des décennies" le sort réservé à ces sous-marins. D’après le magazine, d’anciens hauts responsables du ministère de la Défense allemand - dont l’ancien secrétaire d’État Lothar Rühl - ont toujours pensé qu’Israël équiperait de munitions atomiques ses submersibles. Interrogé par Le Point.fr, François Géré, directeur de l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas), indique que l’unique armement atomique dont Israël pourrait équiper les sous-marins serait un missile de croisière léger avec une tête nucléaire d’une centaine de kilogrammes.

"Lorsque l’on dote un sous-marin d’un missile balistique de grande taille, explique-t-il, il est nécessaire de disposer d’une capacité de stabilisation au démarrage, sous peine de voir le bâtiment tourner sur lui-même." Mais le spécialiste note toutefois : "La robustesse et la bonne stabilité des sous-marins diesel allemands permettent de supporter le lancement d’un missile d’une tonne, dégageant cinq kilotonnes d’énergie." Une arme susceptible de provoquer autant de dégâts que la moitié de la bombe américaine qui a frappé Hiroshima en août 1945. D’après Der Spiegel, les missiles pourront être lancés à l’aide d’un système d’éjection hydraulique.

S’il n’a jamais reconnu être détenteur de l’arsenal atomique, Israël posséderait, d’après les spécialistes, entre 100 et 200 ogives nucléaires, sans pour autant avoir signé le traité de non-prolifération (TNP). Cette politique, qualifiée officiellement d’"ambiguïté délibérée", repose sur une seule phrase, répétée à souhait par les dirigeants israéliens : Israël ne sera pas le "premier pays à introduire l’armement nucléaire au Moyen-Orient". L’État hébreu a conclu en 1969 une "entente" avec les États-Unis aux termes de laquelle les dirigeants israéliens s’abstiennent de toute déclaration publique sur le potentiel nucléaire de leur pays et ne procèdent à aucun essai. En échange, Washington renonce à exercer des pressions liées à ce dossier.

Quant à l’Allemagne, elle a refondé en 1955 son armée nationale (Bundeswehr). Mais celle-ci demeure entièrement intégrée à l’Otan. Berlin a néanmoins considérablement réduit ses forces depuis 2011 et le passage d’une armée de conscrits à des militaires professionnels. "La part du PIB consacrée à la défense en Allemagne (1,5 %) est aujourd’hui significativement inférieure à celle en France et en Grande-Bretagne (2 %)", note François Géré. Le pays continue néanmoins à vendre du matériel militaire. D’après Der Spiegel, trois nouveaux sous-marins pourraient être vendus à Israël.

Il faut dire que la chancelière allemande a consenti à des concessions particulièrement importantes sur ce contrat. D’après l’hebdomadaire, Berlin a non seulement financé le tiers du coût du sous-marin (135 millions d’euros), mais il a autorisé l’État hébreu à ne payer qu’en 2015. En contrepartie, Angela Merkel a demandé à Israël de permettre la construction d’une usine de traitement des eaux usées dans la bande de Gaza, et surtout de suspendre la colonisation de Cisjordanie, ce que Benyamin Netanyahou a pour l’heure exclu.

Pour Hans Stark, chercheur à l’Institut français des relations internationales, ce contrat relève de la logique de dissuasion afin qu’Israël puisse assurer seul sa propre défense. "La sécurité d’Israël relève pour l’État allemand de la raison d’État", explique le chercheur au Point. "Pour des raisons historiques, l’Allemagne est plus proche d’Israël que ne l’est la France. Avec le vécu qui est le sien, elle pourrait facilement être traitée d’antisémitisme si elle critiquait le gouvernement israélien."

C’est ce qui est arrivé en avril dernier au Prix Nobel allemand de littérature, Günter Grass, après qu’il a vivement dénoncé l’accord militaire conclu entre les deux pays. En publiant le poème en prose Ce qui doit être dit, l’écrivain a provoqué une vaste polémique en accusant Israël et son arme atomique de "menacer la paix mondiale".

(04 juin 2012 - Avec les agences de presse)

Copé dira à Hollande que la France ne doit pas être en contradiction avec les grandes économies

AFP  le 04-06-2012 à 10h11

Jean-François Copé (UMP), qui devait être reçu dans l'après-midi par le président François Hollande dans le cadre de la préparation du G20, lui dira que la France ne doit pas être en contradiction avec les autres grandes économies.
Interrogé par France Inter sur ce rendez-vous, le secrétaire général de l'UMP a indiqué qu'il lui exprimerait son souhait "que nous soyons capables de dépasser, de transgresser" les "clivages partisans sur les grandes questions internationales".

Voir ici la suite de la dépêche

Monsieur Copé, je souhaite (sans trop y croire) que Monsieur Hollande vous rétorquera :

. Ne sont-ce pas les grandes puissances "occidentales" qui ont tort, en privilégiant les banques et la finance triomphante aux peuples ?

. Ne s'agit-il pas, au contraire, de déceler dans la Dette (mot sacro-saint) les sommes réellement dues, et celles, souvent bien plus importantes, qui découlent des intérêts pharamineux exigés par le $¥$T€M bancaire privé ?

. Ne seriez-vous pas personnellement intéressé à voir une France mal en point, prête à vous tomber dans les bras dans cinq ans ?

. Est-il sain de "vivre en Politique" si longtemps, loin des vrais citoyens, de leurs travaux astreignants et journaliers, de leur précarité de plus en plus partagée, sans aller comme les autres faire la queue à Pôle Emploi pour toucher au plus près à leur condition ?

. Vous savez que TOUS les pays sont touchés, plus ou moins, mais de plus en plus, par une dégradation des condition de vie, de logement, d'éducation, de santé : ne concluriez-vous pas aux méfaits du $¥$T€M, plutôt que de tenter de le voir perdurer chez nous, et ne tenteriez-vous pas de proposer à tous les chefs de grands États de prendre exemple sur des réussites comme le Venezuela ou l'Argentine qui ont tourné le dos aux sirènes du FMI, pour le proposer à tous ?

. Quant aux grandes banques, à moins de manquer d'intelligence et de jugement, ce qui n'est certainement pas votre cas, ne serait-il pas judicieux de les laisser s'écrouler sous le poids de leurs méfaits et de la lourdeur de leurs effectifs inutiles ? Elles paient très cher des personnels chargés de leur procurer toujours plus de bénéfices, aux dépens des terriens, de leur environnement et de leur avenir. Si elles dégraissent, et ne gardent plus que leur personnel de fonctionnement normal, elles pourront bien plus facilement revenir à leur cœur de métier : le prêt aux PME à un taux très bas. L'économie pourra être relancée, sans pour autant emballer une inutile CROISSANCE basée sur le PROFIT le plus insensé. L'important n'est pas que les plus riches se gavent, mais que les plus pauvres mangent. C'est tellement vrai qu'actuellement c'est l'inverse qui se produit.

Voilà, Monsieur Copé, ce que Monsieur Hollande pourrait vous dire, et sans doute bien d'autres choses encore dans la même veine. Et ce qu'il pourrait dire à ses "amis" du G quelque chose.

samedi 2 juin 2012

"Entre nous, tout est possible!"

C'est une belle leçon d'histoire que nous donne Jean-Dominique Merchet ici.  Tapageuses et changeantes, les relations entre Moscou et Paris n'ont jamais manqué de sel. Pour rappel, les révolutionnaires russes de 1905 chantaient parfois la Marseillaise, aussi bien que l'Internationale.

Entre nous, tout est possible!

Entre nous, tout est possible!
12:44 01/06/2012
"Guerre et Paix" par Jean-Dominique Merchet *
C’est l’ironie de l’histoire des relations militaires franco-russes : le deuxième porte-hélicoptères (BPC Mistral) que la France livrera à la Russie en 2015 s’appellera le Sébastopol (1). Or, s’il existe à Paris un grand boulevard portant le nom de cette ville de Crimée, c’est en souvenir des combats bien oubliés qui y opposèrent, en 1854 et 1855, les armées françaises et russes. L’affaire fît plusieurs dizaines de milliers de victimes…
A l’heure de la visite du président Vladimir Poutine à Paris, ce vendredi 1er juin, il y a là matière à réflexion sur les relations compliquées qu’entretiennent nos deux pays au plan militaire. La France est aujourd’hui le seul pays membre de l’Alliance atlantique qui  accepte de vendre un équipement important à la Russie, suscitant la colère de nombreux pays de l’Otan, notamment en Europe de l’Est, mais aussi des milieux néo-conservateurs des deux rives de l’Atlantique.  Le contrat, qui bénéficie à l’industrie française (DCNS, STX), ne sera pas remis en cause par le nouveau pouvoir socialiste.
L’année 2012 est celle d’un double anniversaire. C’est d’abord le bicentenaire de 1812 – c’est-à-dire de la grande guerre franco-russe déclenchée par Napoléon 1er.  Personne, en France, n’a très envie de la commémorer, car il n’y a vraiment pas de quoi être fier!  Un conflit déclenché par la seule hubris - ce sentiment de toute puissance que dénonçaient les anciens grecs - d’un homme, fût-il Empereur. Cette guerre se termina, deux ans plus tard, lorsque les Cosaques vinrent camper sur les Champs-Elysées ! 
Mais 2012 est également le soixante-dixième anniversaire de 1942, la date de la création du groupe de chasse Normandie, qui deviendra le glorieux régiment de chasse Normandie-Niémen. Son grand historien, Yves Courrière, vient de mourir, mais le 25 juin, cette unité de l’armée de l’air (qui avait été mise en sommeil dans le cadre des récentes restructurations) sera officiellement réactivée sur la base de Mont-de-Marsan (Landes). Le Neu-Neu, comme le surnomme affectueusement les aviateurs, volera sur le fer de lance des ailes françaises, le Rafale.
Histoire longue et tumultueuse : n’oublions pas ces dizaines de milliers de Russes qui vinrent, au sein de deux brigades, combattre dans les tranchées françaises en 1916.  Des soldats, qui se mutinèrent, en 1917, dans le camp de La Courtine (Creuse), écrivant ainsi une modeste page de l’histoire de la Révolution russe dans les collines du Limousin !  S’ils étaient là, c’est parce que nos deux pays étaient alliés depuis 1892. Dans une Europe déchirée par les rivalités nationalistes, la Russie fût même le premier allié d’une France diplomatiquement isolée, douze ans avant que Paris et Londres ne signe à leur tour leur « Entente cordiale ».
Etranges va-et-vient  de notre histoire militaire : en 1920, le capitaine Charles De Gaulle est à Varsovie, pour aider la nouvelle armée polonaise à combattre l’Armée rouge. Face à lui, un noble devenu communiste, Mikhaïl Toukhatchevski. Les deux hommes, qui connurent des destins extraordinaires, avaient été, ensemble, prisonniers de guerre des Allemands dans le camp d’Inglostadt.
Nouvel épisode, avec la guerre froide (1947-1991). Nos deux pays étaient alors ennemis : les missiles stratégiques français étaient tournés vers les grandes villes soviétiques : Moscou, Leningrad et Kiev. Dans les camps de manœuvre, dont celui de la Courtine, l’armée de terre s’entrainait à combatte les « carmins » - on ne disait pas « rouges » afin de ne pas froisser l’ambassade soviétique. Sur les bases aériennes, on craignait l’arrivée des Spestnaz… oubliant que les premiers parachutistes français avaient été formés en URSS dès 1935, autour du capitaine Geille !  Pourtant, dans le même temps, le général De Gaulle annonçait, en 1966, que la France quittait l’organisation militaire intégrée de l’Alliance atlantique et exigeait la fermeture des bases américaines en France. Sous les protestations des socialistes et les applaudissements des communistes … Le monde est parfois compliqué.
S’il y a une leçon à tirer de ce passé commun, c’est que, tout est possible entre la France et la Russie. Le pire comme le meilleur. 
Sur le plan militaire et stratégique, quelle est la situation d’aujourd’hui ?  Les aspects positifs prévalent assurément. Les plus jeunes ne doivent pas l’oublier, mais l’essentiel est d’abord la paix. Un quart de siècle en arrière, nous nous préparions encore les uns et les autres à nous faire la guerre. Ce que la France et l’Allemagne ont réussi, cette réconciliation qui fait que l’on franchit le Rhin sans s’arrêter à la douane, nous pouvons le parachever avec la Russie.
Au sein de l’Otan, la posture prudente, voire réservée, de Paris, vis-à-vis du bouclier antimissile, ne peut que satisfaire Moscou. Le départ annoncé des troupes françaises d’Afghanistan pourrait se faire via l’Asie centrale et la Russie, une route plus sûre que le Pakistan et moins couteuse que la location d’avions gros porteurs à des sociétés privées ukrainiennes ou… russes !  En matière spatiale, les fusées Soyouz sont désormais lancées depuis un département français d’Amérique, la Guyane.  Voilà qui rapprochent les deux Etats.
Il y a, certes, des zones d’ombre. La visite du président Poutine sera évidemment dominée par la question syrienne.  Le nouveau président François Hollande a répété qu’une option militaire ne pouvait pas être exclue contre le régime du président Assad, mais personne - et surtout pas les militaires -  n’a envie de s’embarquer dans une telle aventure. Non sans hypocrisie, la menace d’un veto russe au Conseil de sécurité des Nations Unies arrange beaucoup de monde à Paris comme ailleurs.

(1) Le premier sera le Vladivostok et le nom des troisième et quatrième, qui seront construits en Russie, n’a pas encore été fixé par la marine russe.

* Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé dans les affaires de Défense. Auteur du blog français le plus lu sur ces questions, créé en 2007. Ancien de l’Institut des hautes études de défense nationale. Auteur de nombreux ouvrages dont : « Mourir pour l’Afghanistan » (2008), « Défense européenne : la grande illusion » (2009), « Une histoire des forces spéciales » (2010), « La mort de Ben Laden » (2012).

Irlande: 60,3% de "oui" au pacte budgétaire européen

Associated Press  le 01-06-2012 à 16h50 - Mis à jour à 18h10

DUBLIN (AP) — Les Irlandais ont dit "oui" à 60,3% à la ratification du pacte européen d'austérité budgétaire lors du référendum de jeudi, a annoncé vendredi un haut responsable.
C'est une victoire pour le gouvernement du Premier ministre Enda Kenny, qui avait mis en garde contre un "non", qui aurait conduit à des mesures d'austérité encore plus sévères parce que Dublin ne pourrait plus emprunter à l'Union européenne.

La suite de la dépêche est ici


Voilà. Un coup de semonce aurait pu être tiré par le peuple irlandais. Il n'en a rien fait, bien au contraire. Mis au défi par le gouvernement Charest, les Québécois avaient persisté à descendre dans la rue malgré les menaces de sévères sanctions. Les habitants de la verte contrée ont massivement approuvé d'être plumés. Ce n'est pas un bon jour pour l'avenir de la démocratie en Europe.

vendredi 1 juin 2012

LE TEMPS DE LA DEMERDE ….

Une amie vient de partir. Une amie exemplaire. Elle a connu la fin de la guerre, et puis vingt métiers, des plus émouvants aux plus saugrenus. La période la plus difficile se situa en Algérie, où elle était civile, mais avec des rapports avec l'armée qui devait savoir où elle était, ne serait-ce que pour ne pas lui tirer dessus par erreur. Pour rendre hommage au courage avec lequel elle a toujours affronté la vie, je reprends ici l'un de ses derniers posts, racontant son enfance. A bientôt, La Pecnaude !


LE TEMPS DE LA DEMERDE ….

Posté par lapecnaude le 5 janvier 2012



            En ces nouveaux temps où l’on voit se profiler à l’horizon de notre avenir la disette et les jours de « vaches maigres », il vaut mieux se préparer à apprendre ou réapprendre le « système démerde » que nous pratiquions allègrement dans ma jeunesse.

« La dèche », les fins de mois difficiles, de celles où il fallait soigneusement explorer tous les tiroirs de la maison afin de trouver de quoi acheter le paquet de Celtique du père, j’ai connu cela durant presque toute mon enfance, ambiance de fin de guerre, de « réfugiés » dans son propre pays …
Très tôt, vers mes 8, 10 ans j’ai compris qu’il me fallait faire quelque chose et j’ai exploité les possibilités de mon entourage, le commerce, activité intéressante et vivante m’a attirée, je me suis créé mes jobs et ma foi les clients sont venus presque par obligation. Çà ne rapportait pas gros, mais j’arrivais à me payer mon « Tarzan » chaque semaine (double page, illustration de Burroughs ?) et mettre « à compte » chez mes employeurs de quoi acheter le tissu nécessaire pour faire la « robe du dimanche » de l’année et des fois, une paire de chaussures avec. On ne me payait pas lourd, c’était normal.
Au départ, mon travail consistait à arroser les plantes grasses de la fleuriste d’en face, la Marie-Louise, puis lorsqu’il y avait de la presse, à monter les fleurs au fil de fer sur des clous pour les piquer sur les formes en paille pressée, ce qui donnait les « coussins fleuris » du 14 juillet et autres fêtes, les enterrements aussi. Pour aller plus vite dans les arrosages, tant pis si cela piquait, je mettais les cactus dans un panier à salade et hop 10 d’un coup, moins fatigant quoi.
Plus tard, je suis passée à l’étalage extérieur, exposer les plantes, les soigner, les vendre. Gros rapport à la Toussaint, en ai-je vendu des chrysanthèmes à grosses tête et des cinéraires bleu intense. On s’étonnait de voir rester les cyclamens roses tendre, si fragiles que c’était une misère d’aller les faire geler sur les tombes. J’argumentais, je choisissais presque pour les clients (qu’est-ce que çà peut chipoter une mémé qui ne s’occupe de la tombe familiale qu’une fois par an !), puis je les accompagnais à la caisse. Vite fait, bien fait, là j’étais « au pourcentage », 5% s’il vous plait, plus tard j’ai réclamé plus.
Avant le cimetière, il y avait les enterrements. Faut dire qu’en ces années, j’ai vu beaucoup plus de personnes agées disparaître que de jeunes, il y avait eu la précédente et il y avait l’Indochine, alors pas souvent de jeunes, moins de voitures peut-être. Pour moi, plus le client était socialement important, plus il était intéressant. Les sentiments … je n’en avais guère à force d’entendre  » ben, c’est un bon âge pour mourir », il m’était évident que quand on enterrait un ancien Maire ou un médecin retraité, la population émue l’accompagnait avec … des fleurs. J’y ai appris le cynisme en prenant les commande  » avec beaucoup de vert, surtout », le coussin étant compté au nombre de fleurs, le feuillage consistant en verdure arrachée au lierre des ruines du chateau ou aux cyprès du jardin ne comptait pas, mais les clients voulaient bien compatir, mais pas pour trop cher quand même !
Pour moi, je gagnais sur deux tableaux, à monter les fleurs et les feuillages au temps passé, et aussi, là c’était plus intéressant, en effectuant le portage des produits. Je m’arrangeais pour les amener une par une au fur et à mesure de leur création et là commençait un autre boulot. Fallait avoir la manière, se frotter les yeux avant d’arriver afin d’avoir un « air de circonstance » (les yeux rougis, c’est mieux), murmurer le nom du donateur même s’il y avait une carte, histoire de dire « je suis au courant, je participe … » et ne pas oublier le pourboire à chaque fois. Certains enterrements ont été de belles affaires pour moi.

   Ce qui m’embêtait parfois, c’était dans le cas des femmes. Ma mère étant la couturière du pays, je les avais pratiquement toutes vues en petite tenue lors des essayages … J’étais bien compatissante, surtout quand on me disait « Tu l’as bien connue, viens lui dire au revoir … », là je la revoyait avec son corset armé de baleines et de jarretières à boutons et une combinaison en indémaillable -toujours rose saumon -- essayant de cacher les bourrelets qui tentaient de s’échapper de partout Je sentais presque cette odeur de suri agrémenté d’un zeste de sueur et d’un halo d’Eau de Cologne … Le pire du pire, c’est quand un jour on m’a dit « elle t’aimait bien, tu sais, viens lui donner un dernier baiser … » Ils l’ont vraiment bien payé le bisou !
Puis il y a eu Madame Lambert, elle devait approcher les 90, 92 ans, elle était vieille, c’est rien de le dire, mais elle ne voulait pas vivre avec sa fille,  La Marigadigue. Chaque jour vers 13 heures je lui portais ses repas dans ces sortes de gamelles à étages en aluminium et chaque jour elle me donnait un sous, un de ces sous troués qui n’avaient plus cours depuis longtemps et Marigadigue me les échangeait contre des francs, au cours bien sûr. Cela faisait vraiment une trotte d’environ deux kilomètres aller-retour et je n’avais pas le temps de trainer pour être à l’heure au Collège. La dernière fois, c’était pendant les vacances, au mois d’août, en pleine chaleur, trois aller-retour parce que Marigadigue partait 3 jours chez son fils. Quand elle est revenue, j’ai repris la navette et suis restée devant la porte … elle habitait une petite maison entourée d’un jardin au bord de La Blaise. J’ai demandé aux voisins et l’un a senti comme une odeur de gaz, tout le monde s’est esbigné en vitesse et l’un d’eux a sauté sur son vélo pour prévenir les gendarmes … Madame Lambert avait oublié de fermer le gaz.
Pour moi, ce fut le pire des enterrements, non seulement je l’ai fait gratis, j’aimais bien Marigadigue, mais comme récompense celle-ci m’a demandé -insigne honneur- de porter la croix derrière le corbillard !!!  D’ordinaire c’était la charge d’un des enfants de choeur, mais j’ai supposé là une certaine malignité du curé qui avait, certes, quelques broutilles à me reprocher … Non seulement cet engin pesait autant qu’un âne mort, mais le chemin jusqu’au cimetière en passant par l’église était d’une longueur ! Qui plus est, tenant la croix à deux mains je n’avais pas la possibilité, comme l’ensemble des gens formant le cortège, de porter sous mes narines un mouchoir bien imbibé d’eau de senteur !! 
En dehors des mois les plus froids, chaque mercredi soir je préparais des bouquets de fleurs coupées que je chargeais sur un chariot-banc d’étalage pour aller « aux Halles » les vendre le lendemain martin, jeudi jour de marché. J’étais « au pourcentage » à 10%. C’est là que j’ai commencé à vraiment vendre et à apprendre les ficelles du métier de camelot.
J’ai eu d’autres ressources, bien sûr, mais j’étais heureuse car j’étais libre et çà, çà n’avait pas de prix pour moi.

Adrien Gontier, chimiste blogueur en guerre contre l'huile de palme

Rubriques : écologie et nutrition, et économie

AFP  le 01-06-2012 à 10h55 - Mis à jour à 11h06

Depuis sa cuisine, Adrien Gontier, jeune chimiste strasbourgeois, s'est lancé un défi plus complexe qu'il n'y paraît: vivre un an sans consommer d'huile de palme, un ingrédient omniprésent dans notre alimentation et dont la production à outrance est dénoncée par les écologistes.
Sur son blog ( http://vivresanshuiledepalme.blogspot.fr/ ), ce chercheur de 26 ans chronique au quotidien, avec autant de rigueur scientifique que de pédagogie et d'humour, ses efforts pour dénicher ce composé honni dans les biscottes, les pâtes à tartiner, mais aussi les dentifrices ou les déodorants.

Vous trouverez ici la suite de la dépêche


L'huile de palme est un exemple type des effets pervers du mondialisme financier. Pour se faire plein d'argent, des multinationales comme Cargill obligent des paysans des pays tropicaux à cultiver à outrance ces arbres, quitte à abattre des forêts primaires pour leur faire place. Souvent ils n'ont plus de place pour leurs propres cultures vivrières, mais qu'importe !

Ce juteux (financièrement) produit est ensuite stocké, car il le supporte très bien. Les grands groupes créent ainsi des pénuries artificielles pour faire grimper les cours, et revendre au plus haut ce qu'ils ont payé trois fois rien localement.

Comme le signale la dépêche, cette huile "tout usage" est en fait très mauvaise pour la santé, mais qu'importe là aussi : elle sera insérée partout, l'essentiel n'étant-il pas d'en vendre le plus possible !

Sans aller à la précaution extrême d'Adrien Gontier, il conviendra le plus possible de rejeter les produits qui risquent d'en contenir. Ce sera tant mieux pour votre santé, et peut-être aussi tant mieux pour l'écologie, car les abattages d'arbres pour faire place aux palmiers se raréfieront, et peut-être les habitants tropicaux pourront-ils retrouver leurs cultures vivrières afin de vivre mieux.