Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Tel Aviv. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tel Aviv. Afficher tous les articles

mardi 19 août 2014

Palestine : du PROFIT à la haine de l'humanité

Un père palestinien serre une dernière fois dans ses bras sa fille, avant de la confier à la Terre. Une scène terrible, insoutenable, et pourtant devenue banale à Gaza.  Tout être humain est irremplaçable, s'il s'agit bien d'un humain "normal". Pour un être qui a perdu le sens des réalités et des priorités de la Vie, c'est un peu différent.

Au nom de quelle perversité les attaquants font-ils cela ? A moins, et c'est grave, d'avoir la haine de toute l'humanité. On notera, souvent, les visages déformés par la rage des pro-régime de Tel Aviv même en France. Bien entendu, cette attitude n'a aucun rapport avec des histoires religieuses, ni avec des origines ethniques. C'est une attitude politique avec des buts terriblement inavouables.

On pourra faire le parallèle avec un homme terrible, qui après avoir été le bras droit de Jeanne d'Arc avait "pété les plombs", et perpétré des atrocités sur des enfants. Je parle de Gilles de Rais bien sûr. Mais lui était seul, alors que ce sont aujourd'hui des centaines de personnes, voire des milliers, qui sont atteintes de cette frénésie morbide.

Certes, à l'origine ce sont des anglo-saxons qui ont résolu de faire d'une certaine étendue de terre, une pseudo- "Terre Promise" pour des gens qui n'y avaient aucun droit. Très malin, pour une poignée, pas plus, de financiers, de poser de tels jalons. Ceux-là, et ceux-là seuls, furent les instigateurs primaires de massacres et autres vilenies en de nombreux lieux, qui émaillèrent tout le XXe siècle, et qui se perpétuent aujourd'hui.

De fait, pour faire cesser ce processus de plus en plus sanglant et révoltant, il n'y a sans doute qu'un moyen : contribuer à la chute, le plus tôt possible, de tout le capitalisme. Les guerres ont toutes un fondement économique, et ceci est une guerre, entre des adorateurs du Profit, et les humains. D'où, incidemment, cette panique des "autorités" de Tel Aviv, mais pas qu'elles, face à un BDS qui gagne en efficacité et en ampleur. L'arme du boycott, pour un mondialiste économique, c'est l'horreur, car cela sape le fondement même de sa vie de "profiteur quoiqu'il advienne".


mardi 14 janvier 2014

antisémitisme

J’ai noté que ceux qui manient le mot antisémitisme sont ceux qui ont quelque chose à cacher, et dont c’est une arme pour couper court à toute discussion. Parmi ces gens-là, on notera des journaleux qui ont appris le mot, et le ressortent à toutes les casseroles sans bien savoir à quoi cela correspond réellement. Et puis des philosophes (du moins il paraît que c’en est) qui semblent être les maîtres à penser des susnommés journaleux. Enfin s’essaieront à ce terme des politiciens. Possédant un passeport français, ils agissent complètement et exclusivement comme si leur passeport comportait un autre drapeau. De ces trois catégories, avec plus ou moins de force, tombent les anathèmes sur ceux qui ont l’audace de critiquer la politique d’un seul pays. Ou plus précisément d’un seul gouvernement. Un gouvernement si à l’extrême droite dans sa rectitude cruelle, que ceux en France qui sont considérés comme en étant, paraissent bien "petits joueurs". Que certains nostalgiques étatsuniens, ex-fédérés affublés de cagoules blanches pointues, ne sont que ridicules à côté. Ce qui ne les empêche pas éventuellement de soutenir les personnages de ce gouvernement. C’est beau l’élitisme, tout de même ! Au point que l’une des figures les plus "éminentes" vient d’être portée en terre alors que sa responsabilité dans des massacres atroces le porte au plus haut niveau des tortionnaires.

Tout le monde souffre de ces gens-là. Y compris la plupart de ceux au nom desquels ces personnages disent agir. On a même entendu parler de religions ! Il n’en est rien bien entendu. Il suffit de penser aux Éthiopiens qui ont cru trouver une terre promise, et qui l’ont payé fort cher. Donc ce n’est pas la religion.

Est-ce l’origine géographique ? Bien des colons d’origine russe ont "l’imprimatur", s’ils font leur boulot de colons sur des terres envahies. En revanche "les gens d’ici", ceux qui brandissent leurs actes notariés, sont spoliés de leurs terres, de leurs maisons. Ce n’est pas cela non plus.

Sont-ce les rites ? Les habitants du quartier Méa Shéarim, avec leurs chapeaux (je ne les envie pas vu la chaleur), qui sont parmi les plus pointilleux, sont le plus souvent contre cet état de fait et crient à la manipulation. Eux, et leurs homologues de Paris, de New York et d’ailleurs. Ce n’est donc pas cela non plus.

Ne reste qu’un dessein politique, porté depuis cent cinquante ans environ par des politicards comme Lord Balfour, et d’autres plus hauts personnages encore. Ni juifs au niveau religieux, ni habitants du proche-orient, ce sont eux qui ont inventé le mot honni, à servir chaud à quiconque se met en travers de leurs projets. C’est donc un anathème vide de sens, mais pas vide de conséquences.

Que peut-on dire alors ? Pour moi, athée, je me contenterai de dire à tous mes frères humains "Paix à vous, vous qui professez des idées liées à la divinité, quel que soit le nom que vous lui donnez, ou qui comme moi n’ont pas ce souci". Je leur dirai "Paix à vous, quel que soit le pays où vous vivez, par hasard, ou non, paix à vous, et que personne pour des raisons fumeuses ne vienne vous arracher à vos maisons, vous molester, vous tuer". Je leur dirai "Paix à vous, quelles que soient vos opinions politiques, philosophiques ou autres, aussi longtemps que vous les vivrez sans avoir la prétention de les imposer aux autres humains". En revanche, toute personne qui, se croyant supérieure à d’autres, se livrera à des exactions au nom de mots plus ou moins vides de sens sur les autres humains, devra être châtiée selon les termes de la loi, la même pour tous. Le mot antisémitisme, je viens de le démontrer, est l’un de ces mots vides de sens que certains assènent avec violence, à tort et à travers, à tous ceux qui se dressent sur leur chemin. A la Justice de faire son devoir, dans la plus grande impartialité et la plus grande sérénité.

vendredi 28 juin 2013

Russie-Amérique : la fin du Reset ? (Alexandre Latsa) - ou dit autrement : le fauve ouvre à nouveau la gueule

A nouveau se dessine un conflit mondial larvé (pour le moment) entre les chacals de l'ouest et les représentants d'un monde plus équilibré, à savoir la Russie et la Chine. Je sais que comme d'habitude certains voudront apporter ici leur grain de sel, que je connais, mais ne partage pas.  On peut penser ce qu'on veut de ces pays-là, sans eux les choses seraient encore plus intenables qu'elles ne le sont même si leur politique, comme celle des autres grands et moyens pays du globe, est sujette à caution. Bien entendu l'Axe WLT reste le moteur de la prédation, rejoint qu'il est par Paris, et renforcé par les tyrannies sunnites du Golfe. Damas est à la fois un enjeu et un prétexte de manœuvres bien plus vastes recouvrant tout l'espace entre Washington et la ligne Baltique-Mer Noire-Caspienne-Indus.

C'est dans ce cadre qu'Alexandre Latsa apporte sa compétence et sa plume à un billet important paru chez Ria Novosti. Il rappelle que l'affaire Snowden ne fait rien pour apaiser le différend, surtout que Obama lui-même fait mine, au moins, de craindre d'autres révélations du lanceur d'alerte héroïque. La Maison-Blanche joue là le très mauvais rôle du prédateur tous azimuts, à la quête de chaque goutte de pétrole, ou d'autres ressources naturelles stratégiques, pour son service exclusif ; et soucieux de faire taire toute dénonciation de ses forfaits permanents, ainsi éventuellement que de ceux de ses alliés d'occasion.

A priori, il semble que nous soyons plus proches d'un Sarajevo que d'un Yalta. Nul Jaurès n'est là pour tenter de calmer le jeu. Les marchands de mort restent derrière ces enjeux, comme depuis un siècle. Rien n'est changé. Eux et les marchands de fonds restent tapis en attendant une jouissante curée (jouissante pour eux), avec le cynisme qui est leur marque. Seule différence :  cette fois les armes au logo jaune sinistre pourraient parler.


Blog d'Alexandre Latsa: Russie-Amérique: la fin du Reset?

Alexandre Latsa
10:04 26/06/2013
 
Les relations entre Russie et États-Unis n’en finissent pas de se dégrader, cette dégradation semble s’être accélérée ces dernières semaines. Il y a tout d’abord et évidemment le conflit Syrien qui semble de plus en plus se transformer en une guerre indirecte Russie/Amérique.
L’illusion d’une "nouvelle entente" Russo-américaine n’aura donc pas duré. Le dernier sommet du G8 aura été marqué par la fracture Syrienne opposant très clairement la Russie aux autres puissances du groupe, Amérique, Royaume-Uni et France en tête. Le président russe Vladimir Poutine a clairement rappelé durant toute la conférence que "Ce n'est pas le peuple syrien, mais des commandos bien entraînés et armés, y compris de l'étranger (…) par des organisations terroristes, qui combattent contre Assad".

Comme de l’Europe au Qatar, il n’y a plus désormais qu’un pas, il n'est pas surprenant que les "amis de la Syrie" viennent de décider de soutenir encore plus activement l’opposition Syrienne, en optant pour une solution qui apparaît de plus en plus militaire. C’est paradoxalement John Kerry qui y a fait la plus dure déclaration qu’il ait été donné d’entendre à l'égard de la Russie en l’accusant d’être le principal responsable de la poursuite du conflit en Syrie. Cette déclaration traduit sans aucun doute l'interruption de la lune de miel Russo-américaine, pour un certain temps

Réuni à Doha, le club des "amis de la Syrie" a finalement émis un document soulignant que Bachar al-Assad n'aurait aucun rôle à jouer dans la transition en Syrie à l'issue des négociations de paix et surtout que les livraisons d’armes à l'opposition seront désormais dépendantes de la seule volonté de chaque pays. La Russie qui souhaite l’organisation d’une conférence dite Genève-2 afin de trouver une solution politique au conflit se trouve désormais face à une coalition beaucoup plus soudée et décidée regroupant l’Occident, la Turquie et les puissances sunnites du Golfe. Les questions du maintien de Bashar-El-Assad au pouvoir et de la participation de l’Iran (avec son nouveau président pourtant réformateur) à la conférence sont les deux principaux points d’achoppement entre la Russie et la coalition Occidentalo-sunnite qui s'est formée sur ce sujet.

La Russie vient donc d’appeler l’Amérique à clarifier sa position, c'est-à-dire choisir entre : la solution politique Genève 2 et la solution de soutien militaire à une opposition qui a décidé coute que coute de continuer la guerre pour renverser le pouvoir en place en Syrie
La tension diplomatique ne concerne pourtant pas que la Syrie. Les Etats-Unis viennent ce lundi 24 juin de simplement menacer la Russie et la Chine de "conséquences" dans leurs relations bilatérales avec l’Amérique, suite au concours apporté par ces deux pays à l’exfiltration d’Edward Snowden, ex-consultant de la CIA qui a récemment dénoncé le système PRISM. Edward Snowden est accusé par les USA de transfert illégal d'informations relevant de la sécurité nationale et de transfert prémédité de renseignements secrets. Il a quitté Hong-Kong où il résidait ces derniers jours pour se rendre, via un vol Aeroflot, à Moscou d'où il devait s'envoler pour une destination inconnue.

Ces menaces américaines arrivent curieusement au moment ou Russie et Chine viennent de signer un énorme contrat pétrolier d’une valeur de 270 milliards de dollars sur 25 ans, L’accord a  été signé entre CNPC et Rosneft, dirigée par le proche de Vladimir Poutine Igor Sechin. Rosneft se place donc comme le leader du volet pétrolier dans la coopération énergétique Russo-chinoise.

Cette collaboration entre Chine et Russie est un élément d’une politique plus large de diversification de livraisons énergétiques russes en jouant notamment, et principalement, la carte asiatique afin d’équilibrer la grande dépendance actuelle de la Russie face à une Europe en crise.

Ce partenariat pétrolier conclu avec la Chine, alors que les discussions Russo-chinoises sur la coopération énergétique piétinaient depuis longtemps, est un indicateur supplémentaire de la détermination russe à visiblement ouvrir pour le pays une "fenêtre sur l’Asie", sorte de pendant historique de la "fenêtre sur l’Europe" qui avait été elle ouverte au 18ieme siècle, symbolisée par la construction de la somptueuse Venise du nord, Saint-Pétersbourg.


L’opinion exprimée dans cet article ne coïncide pas forcément avec la position de la rédaction, l'auteur étant extérieur à RIA Novosti.
Alexandre Latsa est un journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un "autre regard sur la Russie".

jeudi 6 juin 2013

Premières impressions (sur la terre géographique nommée Palestine) par Michèle Sibony

Un témoignage est un témoignage. Il en est de poignants. Celui-ci vous serre la gorge. D'autant plus qu'il est malséant d'en faire part, trop souvent. Merci une fois de plus à Cap 2012 qui a répercuté ce billet à lire et faire passer. Il s'agit de ce qui se passe dans un lieu géographique nommé depuis des siècles Palestine.

Sur UJFP

Premières impressions

jeudi 6 juin 2013 par Michèle Sibony
 
Compte rendu 1 – Michèle Sibony

Première période du 20 au 30 mai

Pour qui penserait que la question du sionisme, c’est-à-dire la nature juive de l’Etat, n’est plus d’actualité, masquée ou liquidée par la perspective des 2 Etats ouverte par Oslo, il suffirait de lire la presse israélienne quotidienne afin de découvrir combien cette question est revenue en force avec la fin du fameux processus.
Ainsi le Haaretz de ces jours-ci foisonne d’articles sur cette question. A titre d’exemple, voici le résumé d’un article du 28 mai de Jonathan Lis intitulé « Une proposition de loi du Likoud place le judaïsme au dessus de la démocratie » : Yariv Levin député likoud membre de la coalition gouvernementale vient de proposer une loi qui subordonnerait l’identité démocratique d’Israël à son identité d’Etat juif. (comme si ce n’était pas déjà le cas d’ailleurs ! ndlt) Mais ce faisant il reprend à peu de choses près deux propositions antécédentes déposées par Avi Dichter député Kadima lors de la précédente législature. Bien sûr Levin ajoute à ces projets des recommandations supplémentaires et controversées : légaliser par exemple la notion de « Eretz Israël » (la terre d’Israël de la mer au Jourdain auquel se réfèrent les colons Bible en main ) et affirmer les liens juifs exclusifs à cette terre)
Et la loi propose aussi : le « droit d’autodétermination nationale dans l’Etat d’Israël n’appartient qu’au peuple juif »

Le projet recommande que l’hébreu devienne la seule langue officielle du pays (alors qu’aujourd’hui l’arabe et l’hébreu sont les deux langues officielles) . Mais le parlement pourrait ensuite légiférer pour garantir un statut secondaire à l’arabe et l’anglais.

Un autre article du projet prévoit la destination exclusive des fonds à la construction pour les communes juives. Cependant l’État serait autorisé à approuver la construction de communes non juives.

En même temps le projet utilise aussi un vocabulaire démocratique, soulignant que chaque résident d’Israël indépendamment de sa religion ou nationalité est autorisé à agir pour préserver sa culture, son héritage, sa langue, son identité.

Autre sujet dont les journaux s’emparent tous les jours : Le boycott qui suscite une grande inquiétude , et dont la stratégie de défense israélienne est de dire qu’il est « individuel » et donc raciste. Hawkins est un hypocrite proclame ainsi Daniel Abraham (entrepreneur américain fondateur du centre de Washington pour la paix au Proche Orient) dans le Haaretz toujours « Nous pouvons toujours dénoncer S. Hawkins pour son hypocrisie (qu’il détaille abondamment) mais au bout du compte le plus important est que nous réalisions combien il est mauvais d’occuper un peuple dont le leader Mahmoud Abbas veut faire la paix avec nous. » Un sioniste de gauche, sans doute.

13 ans après l’Affaire Muhamad El Dura revient en force dans la société israélienne, par la voix d’un comité spécialement constitué pour réviser toute l’affaire et qui statue que l’enfant tué devant la caméra d’antenne 2 n’est pas mort. Comme s’il s’agissait de laver l’armée israélienne de tous ses crimes en revendiquant son innocence sur celui ci, fondateur il est vrai , puisque survenu au 2e jour de la seconde Intifada.

Le père de l’enfant tué à fini par envoyer le message suivant à travers la presse israélienne, « si mon fils est vivant et que vous ne l’avez pas tué, alors rendez le moi ! »

Nombre de Palestiniens s’expriment sur cette question en rappelant au comité qui étudie avec autant de sérieux l’affaire Al Dura, qu’il pourrait aussi se pencher sur les conditions de la mort de 13 enfants palestiniens dont douze de citoyenneté israélienne, survenue pendant la même période. Sans parler des 951 enfants tués depuis 2000 (chiffres Btselem) . Il faudra plus qu’une lessiveuse pour laver tout ce sang.

Explosion dans le train :
Mes premiers jours ici sont toujours durs à encaisser. Ce que je vois, ce que j’entends, ce que je lis, tout me rappelle l’injustice, l’arrogance et la bêtise profondes du dominant privilégié. Et parfois une étincelle de trop provoque l’explosion incontrôlée. Dommage. Si j’arrivais à garder mon calme au lieu de me mettre à hurler, peut-être serais-je plus convaincante ? J’en doute. La propagande israélienne a cela de très fort qu’elle rencontre des gens qui l’adorent et ne demandent qu’à en être abreuvés afin de mieux justifier leur droit à l’existence contre les autres.. Briser un tel cercle vicieux demande un long travail patient et surtout des contextes sociaux, politiques, internationaux, très différents. En l’état actuel tout concourt à renforcer cette inertie nauséabonde.

Dans le train Tel Aviv à Benyamina où m’attend une amie afin de m’emmener à Kfar Kara dans le Triangle (zone de forme triangulaire demeurée à forte population arabe après la Naqba) dans sa famille palestinienne d’Israël :

En face de moi, une femme assez belle d’une cinquantaine d’année m’intrigue, juive orientale, palestinienne, espagnole peut-être ? Sur les 4 places en carré à ma gauche, deux jeunes soldates, 18-19 ans déjeunent, et près d’elles un couple âgé qui échange en hébreu aussi bien qu’en français, avec pour la femme un clair accent juif égyptien. Arrive une jeune fille qui se présente comme étudiante en psycho et propose à tout le monde de remplir un questionnaire qui alimente son mémoire de fin d’études. La dame à l’accent égyptien accepte « à condition , dit-elle, que ce ne soit pas contre Israël » Je dresse l’oreille.

L’étudiante lui répond : qu’est ce que tu veux dire par là, ce sont tes réponses libres qui m’intéressent... je repasserai dans un moment ramasser les questionnaires.

Et la dame commence la lecture à haute voix. Des statistiques sur l’état des hôpitaux en Cisjordanie sont présentées et le questionnaire demande de choisir entre les sentiments qu’elles éveillent chez le lecteur. -Ah ! Vous voyez ! J’avais raison, c’est contre Israël. Qu’est ce qu’on en a à faire des hôpitaux palestiniens, comme si on avait pas nos propres problèmes de santé ! C’est contre Israël . Je ne veux pas répondre ! Une jeune soldate intervient : C’est sûr : tu n’as qu’à répondre à l’envers , le contraire de ce que tu penses, pour fausser ses résultats et bousiller son enquête ...

La femme placée en face de moi prend alors la parole , avec un accent yéménite ou oriental aux gutturales très marquées :- Pourquoi ne pas répondre ? C’est pour ses études, quel est le problème de dire ce que cela éveille chez vous. Cela ne vous menace pas...

Et l’analyse détaillée du questionnaire de continuer, émaillée de rires de connivences entre la jeune soldate l’égyptienne et son époux. Rires sur ces Palestiniens qui nous emmerdent et qui n’ont qu’à se débrouiller, et qui ne sont pas humains ils n’ont qu’à aller ailleurs ici c’est chez nous...

J’explose : c’est vous qui n’êtes pas humains, où est passée votre humanité ? Et votre judaïsme alors, n’en parlons pas ! Vous êtes des brutes ignares et sans conscience. Vous êtes cruels et hermétiques aux autres. Et vous vous permettez de les juger en plus !

La femme à l’accent oriental renchérit : mais enfin avec qui voulez vous faire la paix ou discuter ! Avec les Russes ou les Américains ? C’est avec vos voisins qu’il faut parler quand même.

L’Égyptienne me jette un regard noir et m’interpelle : on voit bien que tu n’as pas grandi dans un pays arabe et que tu ne sais pas comment ils traitent les gens là bas.

- Je suis née et j’ai grandi au Maroc, cherchez l’erreur. Mais en quoi cela justifierait-il ta propre cruauté ? La soldate, très brune, ricane : ah ! elle est marocaine celle là ? (j’ai bien envie de la gifler) Je continue, - mais pourquoi regarder dans les pays arabes, regarde ici ce que vous faites, quelle société dégueulasse raciste et haineuse vous fabriquez, vous devriez avoir honte. La juive orientale opine du chef satisfaite de mes propos, mais avec un regard de reproche sur mon ton et ma rage que je contrôle de moins en moins.

La soldate continue de ricaner : je lui suggère de la fermer et de continuer à tirer sans état d’âme sur les enfants palestiniens..la soldate imite alors le bruit d’une carabine qui tire en visant de petits enfants imaginaires. Elle se moque de moi. Une agitation s’est éveillée dans tout le wagon derrière moi... attention, j’ai été trop loin. L’orientale me le signifie clairement : Alors ce coup ci c’est toi qui exagères.

Malheureusement je sais que je n’exagère pas.

Mais je suis obligée de me calmer. Mâchoires serrées pour réprimer mon tremblement, je suis au bord des larmes. Le couple âgé me regarde avec stupéfaction, et la dame me reprend presque gentiment sur le mode de la démocratie : Pourquoi t’énerves tu comme çà ? On n’est pas obligé d’avoir les mêmes opinions mais on peut parler calmement, tu peux même dire ce que tu dis sans problème, c’est çà la démocratie. Je lui propose de ne pas parler de ce qu’elle ne connaît pas ce dont elle n’a pas la moindre idée : La démocratie c’est l’égalité.

Le train arrive à Benyamina. Dans la famille de Manal un festin nous attend à l’ombre du mûrier dans la cour. Les rires et la gentillesse de sa mère, ses tantes, ses sœurs, auront raison de ma colère et de mon tremblement.

Gideon Lévy dans la rue en plein Tel Aviv, s’est fait insulter et cracher dessus ainsi que sa compagne. Parce qu’il fait partie de « ceux qui haïssent » Israël. Il a la triste charge en effet de rapporter chaque semaine à cette société les actes commis pour la « protéger « dans les territoires occupés. Et en effet c’est insupportable. Une famille dans un village de Cisjordanie, le fils tué de plusieurs balles dans le dos, en s’enfuyant après avoir jeté des pierres contre le mur : l’armée elle même reconnaît que l’incident était problématique. Quelques jours plus tard l’armée intervient en pleine nuit, avec des dizaines de soldats, des chiens et des hurlements, dans la maison familiale endeuillée. Ils viennent arrêter le second fils. Dans la maison les parents, huit filles, tous battus, frappés, la mère huit points de suture, et deux des filles à l’hôpital, la terreur à l’état pur. L’officier qui a dirigé l’opération a indiqué à ses soldats : dans cette maison là pas de pitié...

Tout ceci mérite bien un crachat sur celui qui le relate..

Des colons ont mis le feu aux champs de leurs voisins palestiniens. Le feu a trop bien pris et fini par menacer la colonie elle même. Ils ont alors appelé l’armée au secours pour qu’elle vienne éteindre les flammes. Aujourd’hui ils prétendent que les Palestiniens ont provoqué un 2e feu...

En tous cas dans la schizophrénie ambiante, si l’on ne voit ni n’entend ni ne parle de ce que l’on fait subir aux Palestiniens, tout le monde est secoué par l’attaque d’une banque qui a fait 4 morts. Or il s’avère que le meurtrier avait été renvoyé de l’armée pour comportement violent et brutalités injustifiées (c’était çà ou la décoration) . Mais l’armée n’avait pas jugé utile de donner ses raisons ou de signaler ce cas. Ainsi l’homme a continué dans le civil. De même c’est le fait divers de Qiriat Ata où un jeune homme a tué sa mère et envoyé à l’hôpital sa petite amie ainsi que deux passants, qui occupe les esprits. Mais pourquoi tant de violence ? Bonne question.

300 000 permis de ports d’armes en Israël et dans les colonies ; on peut peut-être imaginer qu’ils ne s’en serviront pas ?

Nathan Blanc :
Jeune homme de bonne famille , comme on dit, n’est pas le premier refusnik en Israël. Mais il vient de gagner son bras de fer contre l’armée : après 170 jours de rétention en prison militaire,reconduite toutes les 3 semaines, il a été libéré du service militaire pour objection de conscience et rien d’autre. Il a refusé tout compromis avec ses convictions et son refus de porter les armes. L’armée lui a proposé une baisse de profil pour raisons psychiatriques, des arrangements multiples pour éviter d’avoir à créer un précédent sur l’objection de conscience. Elle a surtout peur de l’usage que pourraient en faire les religieux que l’on veut obliger à « partager la charge » du pays en faisant l’armée. Nathan Blanc indique dans tous ses interviews qu’il lui semble très important pour tous ceux qui le suivront, de ne pas accepter le déguisement de leur refus et d’en d’assumer les vraies raisons. En effet l’armée a très peur des refus frontaux elle préfère négocier des raisons qui ne la remettent pas en cause, et masquent finalement la réalité du nombre important des refusniks.

Jérusalem :
Je prends un taxi collectif et non le bus pour aller à Tel Aviv. Cela m’évite l’enfer de la gare routière centrale et de ses contrôles. C’est ce que font beaucoup de palestiniens aussi. Le chauffeur est palestinien et une grande partie des voyageurs. Ils discutent en arabe parlent au téléphone, tranquillement.

A l’arrivée, l’un d’eux l’air gêné demande discrètement au chauffeur en arabe, puis dans un hébreu hésitant, puis en arabe à nouveau : dis moi comment je fais pour aller à la mer ? L’autre : quelle mer ? Je ne sais pas... la mer, Bahr.. Haïfa ? Quel taxi prendre ? Le chauffeur lui lance un numéro de ligne...

Traduction : il vient sans doute des territoires occupés, et n’a pas vu la mer depuis longtemps... envie de pleurer.

Michèle Sibony

Articles de cet auteur

Conditions de copie : Creative Commons.
 

mercredi 22 mai 2013

Les " #Occidentaux " vont-ils cesser de chatouiller la queue de l'Ours en #Syrie ?

Assawra nous rappelle ce que rabâchent les médias et les chefs d'États "occidentaux" : Pour
faire cesser le conflit de Syrie, il faut que Assad s'en aille.

Cette fois c'est William Hague, le ministre des Affaires Étrangères britannique qui se prête à cet exercice. Une autre fois ce sera l'administration US qui lancera l’admonestation. La pression est continuelle. D'ailleurs, plus loin dans le texte, on relève ce paragraphe symptomatique :
Le Premier ministre du Qatar cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani a estimé à l’instar de M. Hague, qu’un règlement "politique" du conflit était tributaire du départ du président Assad.

Allons-y. Réfléchissons. Supposons que Bachar el Assad parte. Que se passera-t-il ? La situation sera-t-elle assainie pour autant ?

Déjà, tous les mercenaires et autres "volontaires", parmi lesquels des français, vont-ils disparaître comme par un coup de baguette magique ? Bien simplet serait celui qui croirait à cette fable. Resteront en présence des hommes armés contre d'autres hommes armés. La situation risque même de se durcir.

L'exemple libyen est là pour donner des pistes. Les "spécialistes" étrangers vont être bien plus hardis, ce sont de véritables commandos US, français, britanniques qui s'efforceront d'investir, conquérir ou détruire les points clefs du pays. La porosité de la frontière turque, les conditions bien moins malaisées de circulation feront que c'est une marée qui va se précipiter.

Les droits des habitants seront-ils reconnus et défendus ? Là encore, la Libye démontre que ce sera le chaos. Une chape de plomb rendra toute information entrante ou sortante parfaitement aléatoire. La désinformation, la propagande vont s'en donner à cœur joie. L’État plus au sud en profitera pour gagner du terrain dans le Golan, en misant sur la débandade de l'armée.

Vulnérabilisé, l'Iran va appeler au secours la Russie, qui déjà voit d'un mauvais œil "les Occidentaux" lorgner sur son hinterland avec pour but de la fragiliser. De fortes mises en gardes émaneront de Moscou, avec raison. Seront-elles entendues ? Les précédentes ont pourtant été assez claires, à maintes reprises.

Il est assez clair que cette invasion - car il n'y a pas d'autre terme pour désigner cette ingérence dans un État souverain, même si celui-ci est contesté par... ceux qui ont intérêt à le déstabiliser - va aboutir à une situation encore plus explosive que l'affaire des missiles de Cuba, il y a cinquante ans.  Les (ir)responsables du 1600 Pennsylvania Ave et du 10 Downing St. se rendent-ils compte du danger, ou le minimisent-ils au point de continuer à avancer leurs pions ? C'est probablement Londres qui est le plus en pointe, comme pour l'invasion de l'Irak. La tentation de dominer n'est pas éteinte au cœur d'Albion.

Bachar el Assad n'est pas un saint. Ses adversaires ne le sont pas plus.  Ils n'ont aucune leçon à lui donner. La torture, ils connaissent au point d'en avoir fait un art. Pendant qu'il en est encore temps, il faudrait que les humains de bonne volonté leur enjoignent d'arrêter les frais avant que le monde entier ne disparaisse dans une apocalypse finale, celle qui plus que jamais n'a pas de vainqueur. Mieux vaut Assad ET des réformes, que la fin de toute vie.