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jeudi 10 novembre 2011

Se souvenir des guerres, pour les rejeter


st_barthelemy

Le 11 novembre sera une fois de plus le jour de repenser aux morts et disparus d'il y a bientôt un siècle. Actuellement, beaucoup d'entre nous encore ont connu des témoins directs de ce qui s'est passé là, avec une violence inouïe dont la terre est a jamais marquée comme du côté de Verdun.

Quand ceux qui ont connu les rescapés de cette guerre de 1914-1918 si meurtrière auront disparu, soit dans quarante ou cinquante ans, que deviendra le souvenir de cette boucherie ? Dans notre pays, c’est également le souvenir des guerres d’Indochine et d’Algérie qui sera marginalisé, ainsi bien sûr que la mémoire de l’occupation. Ce seront des cerveaux vierges qui resteront, ouverts à toutes les propagandes faute de repères. Si l’Histoire n’est pas correctement enseignée aux nouvelles générations, toutes les manipulations deviendront possibles.

Or cette matière essentielle est désormais considérée comme un luxe superflu par les ignares au pouvoir, puisque, comme la philosophie, elle entraîne à réfléchir. Le relèvement de la TVA sur la culture n’est pas un fait anodin : devenue trop dispendieuse pour des citoyens de plus en plus appauvris, elle sombrera dans un néant d’où il sera très difficile d’émerger à nouveau.

C’est pourquoi plus que jamais, un jour du souvenir des conflits, de tous les conflits, devra être au contraire renforcé. Le 11 novembre est une bonne date : peu de temps après la commémoration des morts en général le 2 novembre, ce point d’orgue nous rappellera que c’est par dizaines, voire centaines de millions que la folie de quelques hommes ivres de pouvoir et de culte de l’argent aura conduit au trépas nos frères humains. Il faudra que cette commémoration tienne compte de toutes les guerres, les plus fratricides comme les guerres de religions, aussi bien que les plus lointaines comme l’invasion de l’Amérique par l’homme blanc.

5 commentaires:

  1. ce qui serait merveilleux, c'est qu'à la suite d'une prise de conscience de la dégénérescence de la culture globale, on refasse aussi les programmes et les dates commémoratives non plus avec les dates des événements guerriers, mais avec ceux des grandes découvertes scientifiques ou philosophiques de chaque pays.

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  2. Merci Spid.

    Oui, Paul, tant de merveilles méritent qu'on se souvienne de leur apparition ! Celle de l'imprimerie, celle de l'abolition de la peine de mort, celle de la création du système métrique...

    Pour l'esclavage, la fête existe désormais depuis peu. Mais, non chômée, elle passe inaperçue.

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  3. moi je pensais plutôt à des découvertes agronomiques, médicales, géographiques, astronomiques, donc plutôt dans les domaines des sciences de la vie, de l'urbanisme, de l'économie, de l'administration, avant les découvertes plus technologiques. mais aussi les grands pas philosophiques qui permettent les changements scientifiques et leur applications pratiques en technologie.

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  4. en fait, beaucoup de manuels scolaires d'histoire, que j'ai utilisé dans mes emplois d'enseignant, mettent très souvent en avant une chronologie basée sur ces événements non guerriers. et moi je m'en servais pour concentrer toute l'attention des gens sur cette vision du monde. et j'occultais complètement les guerres.

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