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vendredi 31 août 2012

Anna Ardin, Assange, et la dissidence cubaine : le cercle se referme. (LGS)

Anna Ardin, Assange, et la dissidence cubaine : le cercle se referme.

Félix Población
 
Jeudi 2 Août – J’ai rencontré le nom d’Anita Ardin, la citoyenne suédoise qui accuse Julian Assange de « viol », dans une chronique publiée aujourd’hui par le correspondant du journal Público à La Havane, Fernando Ravsberg, sous le titre Espagnols, Suédois et Mexicains vont à Cuba pour financer la dissidence.

Traduction du passage de l’article de Público qui a retenu l’attention de l’auteur :
« L’envoi d’agent et d’instructions à l’opposition cubaine de la part de la Suède n’est pas quelque chose de nouveau. Le dissident Manuel Cuesta Muroa a dit à Público qu’avant Modig la Suédoise Anita Ardin est venue plusieurs fois à Cuba avec les mêmes objectifs, et c’est la même que celle qui accuse maintenant de viol Julian Assange, le directeur de Wikileaks. Selon l’opposant Cubain, ils sont entrés en conflit parce qu’elle aurait voulu que ses instructions soient suivies au pied de la lettre »
 
Cette Anita est l’associée du Secrétaire Général de la Jeunesse Démocrate-Chrétienne de Suède, Jens Aron Modig, compagnon de voyage du dirigeant de Nouvelle Générations du Parti Populaire [PP, espagnol], Ángel Carromero, détenu en ce moment à Cuba à la suite de l’accident de voiture dans lequel le dissident Cubain Osvaldo Payá a perdu la vie (…)

Selon un autre dissident, Manuel Cuesta Muroa, avant Jens Aron Modig, c’est Anna Ardin elle-même qui est venue, avec des objectifs identiques : encourager et financer les foyers de dissidence qui existent ou bien en créer d’autres dans l’’île. Toutes choses que, selon ces mêmes aveux, sont venus aussi encourager tant le citoyen suédois que l’espagnol. Dans ce cas précis, avec un généreux apport de 4 000 euros qu’ils auraient remis à Payá.

L’information concernant l’identité de Anna Ardin a été diffusée à l’époque
Par The Raw Story en Décembre 2010, quand la jeune femme a accusé le directeur de Wikileaks de délits sexuels qui n’avaient aucune relation avec le viol, mais avec le « sexe par surprise » ou « sexe inattendu », c’est-à-dire le sexe sans usage de préservatifs. [ ou en français sur Le Grand Soir]. Une enquête menée alors par Israël Shamir et Paul Bennett publiée par CounterPunch et dont les éléments furent ignorés par la majorité des médias révélait que Anna était née à Cuba, qu’elle avait travaillé pour l’association dissidente Las Damas de Blanco [Les Dames en Blanc], et a collaboré à la revue Misceláneas Cubanas dans laquelle elle a publié des diatribes contre le régime castriste. Selon le ¨Professeur Michael Seltzer ce groupe était dirigé par Carlos Alberto Montaner, lié à la CIA

(…) En Août 2010, Assange a déclaré à Al Jazeera que les accusations portées contre lui était « clairement une campagne de discrédit ». » On nous a averti que, par exemple, le Pentagone, était en train de prévoir l’utilisation de manigances bien crasseuses pour détruire notre travail », a dit Assange au journal Suédois Aftonbladet. Le Fondateur de Wikileaks a alors observé qu’il avait été mis en garde contre « les pièges du sexe ».. Assange sera-t-il tombé dans un de ces pièges ? (…)

Source : http://www.diariodelaire.com/2012/08/anna-ardin-assange-y-la...

Cet article a été souvent repris, ici ou ,
par la presse hispanophone avec cet ajout en espagnol : « Se cierra el circulo » …

URL de cet article 17583
http://www.legrandsoir.info/anna-ardin-assange-et-la-dissidence-cubaine-le-cercle-se-referme.html

mercredi 29 août 2012

Quand "normal" est synonyme de "traître" (Ariane Walter, LGS)

Quand "normal" est synonyme de "traître"

Ariane WALTER
 
On en apprend tous les jours. Le sens des mots change.
Ainsi, jusqu’à présent, « normal » s’opposait à « fou » et Hollande à Sarkozy, le président agité, bourré de tics, fou des US et de libéralisme. Fou de vouloir livrer notre pays aux US et à Israël.

« Normal », cela pouvait signifier « sain », « réfléchi », « calme » et aussi Français d’une certaine façon.

Non.

Pour ceux qui auront entendu le discours prononcé par Hollande à l’occasion de la commémoration de la libération de Paris, il est clair que ce morceau de bravoure, qui n’est pas sans rappeler, par l’indignation qu’il ne peut manquer de soulever, le discours de Sarkozy à Dakar, est un acte de soumission à l’Empire. Oui, on sait bien qu’il est de ce camp-là, hélas chers amis socialistes, mais le voir clamé en public, d’une manière aussi nette, voilà qui est rude pour le peuple français. J’appelle « peuple français » les citoyens qui lisent et parlent français et utilisent ces deux qualités pour s’informer et savoir ce qui se trame dans la sphère d’un président « normal ».

Remarquez, quand le loup dit au chaperon rouge : « Viens petit chaperon rouge, je vais te donner des galettes » alors qu’il a l’intention de la bouffer, c’est dans le fond un loup « normal ».

Voici le lien de ce discours. Pris sur le site de l’Elysée qui n’est pas un site complotiste. Quoique…
http://www.elysee.fr/president/les-actualites/declarations/2...

Et voici le passage dans lequel, Hollande compare les résistants français à l’armada des agités, payés par l’étranger, que nos medias propagandistes appellent la « résistance syrienne ».

Je pense en cet instant au peuple syrien, opprimé par un régime qui n’est plus animé que par la peur de disparaître. Ce régime disparaîtra parce que — et c’est la leçon que nous pouvons livrer au monde — quand la liberté est en marche, rien ni personne ne peut l’arrêter. La France a pris et prendra les initiatives nécessaires en soutien de la révolution syrienne, sur le plan politique, sur le plan diplomatique, sur le plan humanitaire pour aider au soulèvement.

Hollande nous prend-t-il pour des imbéciles ? Pour des ignorants ? Croit-il que nous ne connaissons pas l’Histoire ? Croit-il que nous ne savons pas que la France et le Royaume-Uni qui, en 1920, étaient, en principe les alliés du roi Fayçal, après la bataille de Maysaloun , l’envoyèrent en exil pour se partager le Moyen-Orient ? Croit-il que nous ne sommes pas capables de faire le rapprochement entre l’invasion de la Tchécoslovaquie, par le Troisième Reich, et celle de la Libye ? Croit-il que nous ne sommes pas capables de comprendre que celle de la Syrie serait semblable à celle de la Pologne qui déclencha la deuxième guerre mondiale ?

Ou M. Hollande, valet de l’Empire, ne connaît rien à l’Histoire. Est-ce cela être normal ? Être ignorant ?

La stratégie de l’Empire est simple. Voyez-là pour ce qu’elle est. Ils avaient pour alliés toute une clique de despotes avec qui ils travaillaient, les Ben Ali, Kadhafi et tutti quanti mais comme ces bougres étaient devenus trop gourmands, dangereux par les secrets qu’ils détenaient, ils ont profité de l’agitation de peuples malheureux pour changer leur petit personnel. Et mettre au pouvoir des intégristes qui sont les kapos de l’Empire. Çà coûte moins cher que d’envoyer des armées comme en Irak. Ce sont les Arabes qui bâillonnent les Arabes. Bien pensé les stratèges zuniens. Et par-dessus le marché, en Europe, on fait naître la frousse du salafiste, de l’intégriste qui coupe des mains. On fait monter l’extrême-droite qui, comme son nom l’indique est extrêmement à droite, c’est à dire, sous des airs populistes, (« sous des airs » étant une formule de stratégie guerrière économe.), soutien du libéralisme et des droites américaines et israéliennes.

Quand le Qatar parle de donner de l’argent aux banlieues, est-ce pour leur donner aussi des armes ? Est-ce pour traiter la France comme la Tunisie, en faisant naître dans notre pays une scission violente entre communautés ? L’Empire aidera-t-il des intégristes sur notre territoire comme il le fait en Syrie ?

En ce qui concerne l’affaire Syrienne c’est une bataille contre la Russie et Poutine. L’affaire des Pussy Riot s’inscrit dans le cadre. Ceux qui clament leur indignation devant le traitement infligé à ces filles feraient mieux de les voir brandir, d’une manière idiote, le drapeau de l’Optor, officine avouée de la CIA. La Russie et Poutine, dictateur, lui aussi sanglant, sont les derniers remparts contre le déferlement de l’Empire.

Mais revenons à notre pays doublement en danger. Menacé par l’Europe austéritaire et une entrée en guerre si Israël frappe l’Iran. Ce qui se prépare, certes, depuis des années, mais plus encore à présent. Quelle est la date butoir ?

Bas les pattes Hollande quand tu parles de la Résistance française !

C’est le Conseil national de la Résistance qui a donné à notre pays des acquits sociaux que tu t’apprêtes à détruire avec le TSCG. Contre l’avis d’un peuple qui réclame un référendum.

Quelle audace d’en appeler aux mânes du Conseil national de la Résistance ! Quelle honte !
Et personne ne relève ?

Nous vivons une guerre larvée obscure, qui nous conduit peu à peu vers ce Traité Européen qui est pour nos défenses sociales une fosse à jeter des corps. C’est vers là qu’on nous mène. Comme ces hommes et ces femmes dans ces forêts où on les mitraille.

Mélenchon a appelé le premier en France à une grande manifestation à Paris contre le TSCG et pour un référendum.

Ce sera le 30 septembre à Paris.

Vous n’aimez pas Mélenchon ?

Peu importe. C’est un citoyen qui appelle les citoyens à s’unir, à réfléchir, à comprendre, à refuser, à résister. Nous devons faire front commun contre le TSCG.

Les Allemands, eux mêmes, ne sont-ils pas en lutte contre ce traité ? Une partie de l’opposition et 12 000 citoyens allemands n’ont-ils pas saisi le tribunal constitutionnel de Karlsruche pour qu’il décide que le pacte budgétaire et le MES violent la démocratie et la constitution allemande ? M. Joachim Gauck, président de la république fédérale allemande, n’a-t-il pas décidé de reporter la ratification du pacte budgétaire et du MES ? La réponse sera donnée le 12 septembre.

Le 12 septembre aussi, les Hollandais vont voter et le PVV , parti populiste d’extrême-droite, s’élève contre la soumission à Bruxelles et ce fameux traité. Que se passera-t-il si ces élections donnent le pouvoir à cette tendance anti-européenne ?

La bataille se joue, en Europe autour de nous. Par des voies légales. Dans les rues avec d’immenses manifestations.

Est-ce pour cela qu’il faut qu’éclate une guerre dans cette « stratégie du choc » que nous ne connaissons que trop ? S’assurer, d’une seule manœuvre, et la domination sur l’Orient et la domination sur l’Europe ? Non pas une domination des maîtres sur leurs alliés mais des maîtres sur leurs esclaves ? Et se gaver de leurs richesses ?

Ne dites pas que tout est perdu. Car si tout est perdu, notre honneur aussi est perdu. Notre honneur de peuple libre qui a une histoire.

Ne dites pas que la plupart des Français sont complètement ignorants de ce problème et ont assez à faire pour simplement survivre.

Nous sommes face à un défi national citoyen que nous devons relever. Vous voulez un pouvoir citoyen ? C’est maintenant que ça va se passer.

Nous aurons donc appris que « normal » est synonyme de traître au Conseil National de la Résistance et à la France, puissance indépendante et souveraine.

Bonne journée !

Et tous unis, à Paris, pour la manifestation du 30 septembre contre le TSCG !
Ariane Walter
URL de cet article 17562
http://www.legrandsoir.info/quand-normal-est-synonyme-de-traitre.html

Condamnation de Kokopelli : René Balme s’adresse à François Hollande (lu sur LGS et approuvé)

A propos du fichage et de la privatisation du vivant. Un maire choisit la désobéissance

Condamnation de Kokopelli : René Balme s’adresse à François Hollande

L’association Kokopelli conserve une collection unique de plus de 2 200 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires, ornementales ...

Elle a été condamnée par le Tribunal de Grande Instance de Nancy et la Cour de Justice de l’Union Européenne, pour concurrence déloyale vis-à-vis de l’entreprise Graines Baumaux.

Le 29 septembre la Ville de Grigny se fera receleuse en achetant des graines interdites à Kokopelli. Elle les distribuera à la population et aux 600 participants du Colloque sur la Désobéissance que le maire, René Balme, co-organise avec Paul Ariès, directeur du Sarkophage.

Pour ce combat, aussi, LGS est avec le maire de Grigny et le Sarkophage.
LGS
A la suite de la double condamnation de l’association Kokopelli, René Balme, s’adresse au Président de la République et aux parlementaires.

Destinataires du courrier en faveur de Kokopelli :
Président de la République

Parlement :
Députés présidents de groupe de gauche et présidents de commissions des Lois et Développement durable (Jean Jacques URVOAS, Jean Paul CHANTEGUET, André CHASSAIGNE, Roger Gérard SCHWARTZENBERG, François de RUGY, Bruno LE ROUX).
Sénateurs présidents de groupe de gauche et présidents commissions des Lois et Développement durable (Raymond VALL, Jean Pierre SUEUR, François REBSAMEN, Nicole BORVO COHEN-SEAT, Jacques MEZARD, Jean Vincent PLACE).

Monsieur le Président de la République,
François HOLLANDE
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg St Honoré
75008 PARIS

Objet : Condamnation de Kokopelli

Grigny, le 27 août 2012


Monsieur le Président de la République,

Par la présence, je souhaite attirer votre attention sur la condamnation inacceptable, par le Tribunal de Grande Instance de Nancy et la Cour de Justice de l’Union Européenne, de l’association Kokopelli pour concurrence déloyale vis-à-vis de l’entreprise Graines Baumaux. Il est nécessaire, en effet, que les lois et règlementations françaises protègent le patrimoine semencier, comme un bien commun de tous, comme l’un des atouts fondamentaux de l’autonomie alimentaire.

Kokopelli est une association à but non lucratif, fondée en 1999 qui a pris le relais de Terre de Semences et du Jardin Botanique de la Mhotte fondés respectivement en 1992 et 1994. Grâce à son réseau de producteurs et avec la participation active de ses adhérents, ses parrains et marraines, Kokopelli maintient une collection planétaire unique, de plus de 2 200 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires, ornementales et une gamme de variétés très peu cultivées, peu connues, voire en voie de disparition. Elle place son action dans l’objectif solidaire de développer des projets d’aide envers les communautés démunies (183 en 2011) : en réponse aux nombreuses demandes d’appui et de fourniture en semences, Kokopelli distribue des centaines de milliers de sachets (109 800 en 2011), des kilos de semences reproductibles et propose des solutions à long terme pour l’autonomie alimentaire des peuples (pour près de deux tiers en Afrique, mais aussi en Europe, en Amérique du nord, centrale et du Sud, en Océanie et en Asie). Pour l’exemple, en 2005, Kokoppeli a participé à la création d’un Centre Agro-écologique de Production de Semences Tropicales au Mali. Ce Centre produit et commercialise aujourd’hui des semences des principales espèces potagères cultivées et consommées en Afrique. Il est devenu le premier producteur malien de semences potagères biologiques et reproductibles et propose des formations à la production de semences potagères et à l’agro-écologie.

Graines Baumaux, pour sa part, grainetier établit depuis 1943, est une Société par actions simplifiée au capital de 1 000 000 d’euros, dont le chiffre d’affaires 2011 s’élève à hauteur de 13 952 923 € et le bénéfice 2010 à hauteur de 2 005 251 €. Elle commercialise 2 835 variétés de graines potagères, florales, aromatiques, médicinales, fourragères et dites engrais verts. Elle a spécifiquement inscrit et est devenue le mainteneur officiel de 106 variétés de 19 types de fruits et légumes. Graine Baumaux se donne l’objectif (commercial) « d’offrir une large gamme de semences potagères en graines sélectionnées dans les variétés que nous pensons les meilleures et les plus adaptées à la réussite de notre clientèle » et estime que ses « spécialités ne sont que très peu ou pas du tout diffusées par nos concurrents et collègues ».
Kokopelli, ne se sentant ni concernée ni concurrencée par Graines Baumaux, demande simplement que les semences anciennes et nouvelles appartenant au domaine public et librement reproductibles sortent du champ d’application de la législation sur le commerce des semences.

Pour ma part, je sollicite également la renonciation au fichage et à la privatisation du vivant. Notre pays détenait un patrimoine agricole certain. Il est inadmissible qu’il soit ainsi soumis, depuis maintenant près d’un siècle, aux règles de l’homogénéité, de la stabilité et aujourd’hui sur le fichage génétique. Elles conduisent au pillage des patrimoines et des savoir-faire, à la détérioration de la biodiversité et de l’environnement, à la production d’une nourriture pour le moins controversée et à la tyrannie alimentaire.

A ce titre, je vous demande de bien vouloir commander au gouvernement la traduction du Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Agriculture et l’Alimentation (TIRPAA) dans notre législation nationale. Ce Traité, voté par la France en 2002 et approuvé nationalement en 2005, reconnaît aux agriculteurs et aux jardiniers le droit de conserver, utiliser, échanger et vendre les semences ou le matériel de multiplication reproduits à la ferme sur son territoire. Il reconnaît la contribution des agriculteurs à la conservation de la biodiversité et stipule que rien ne peut entraver leurs droits de conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences reproduites à la ferme.

A ce titre, je vous demande de faire respecter l’autorisation d’approbation du TIRPAA votée en 2005, en interdisant tout droit de propriété intellectuelle sur le vivant et en limitant les normes commerciales et les droits des obtenteurs là où commencent ceux des agriculteurs. Je vous demande donc de veiller également, entre autres, à l’abrogation de la Loi du 28 novembre 2011 relative aux certificats d’obtention végétale.

Je souhaite donc ardemment que la condamnation de Kokopelli soit annulée et que l’Association ne soit pas contrainte à payer 100 000 € de dommages-intérêts à Graines Baumaux ni à cesser ou modifier ses activités.

Enfin, sachez que pour la 4è année consécutive, la Ville de Grigny a procédé, au printemps dernier, à ce que je nomme des semis désobéissants. Cela a consisté à semer, publiquement, des courges, du maïs et du blé de ferme, non inscrits au catalogue. Le 28 septembre prochain, j’organise la récolte publique de ces semis et l’actualité, objet de mon courrier, me conduira à confirmer ma solidarité avec Kokopelli. La Ville de Grigny se fera une fois de plus receleuse en achetant des graines interdites à Kokopelli et à les distribuer dans la population. J’en offrirai également, le lendemain, à chacun des quelques 600 participants que j’attends pour le Colloque sur la Désobéissance que je co-organise avec mon ami Paul Ariès, directeur du Sarkophage.

Dans l’attente impatiente de votre réponse,

je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, mes salutations respectueuses.

René BALME, Maire

Copie : ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt
URL de cet article 17573
http://www.legrandsoir.info/condamnation-de-kokopelli-rene-balme-s-adresse-a-francois-hollande.html

Notre-Dame des Landes : des opposants se retrouvent au tribunal

Hier nous étions nombreux, déplacés à Saint Nazaire comme moi, ou gens du cru, qui avons organisé un joli charivari devant les grilles du tribunal.

Au mois de juin, une manifestation devant la mairie de Notre-Dame des Landes avait dégénéré par mégarde. Sylvain Fresneau, le président de l'association  ADECA, Association de défense des exploitants concernés par l'aéroport, était là avec son tracteur et sa remorque, et en manœuvrant l'engin un peu maladroitement il avait déclenché l'ire des "forces de l'Ordre" (quel ordre ? celui des riches ?).  Tirs multiples de lacrymogènes, bousculade... Il avait écopé de plus de dix heures de garde à vue, et son matériel avait été séquestré pendant des semaines. La punition était déjà lourde.

Cela ne suffisait pas pour les Défenseurs de la Loi. Il avait été assigné au tribunal pour avoir, cela ne s'invente pas, « volontairement commis des violences n'ayant pas entraîné d'incapacité totale de travail sur les Gendarmes avec ou sous la menace d'une arme, en l’espèce un tracteur et sa remorque, et d'avoir participé à un attroupement illicite ». 

Était appelée en jugement une autre personne, un squatteur sur la ZAD (Zone d'Aménagement Différé ou Zone A Défendre, selon les interprétations), arrêté chez lui, placé en garde à vue lui aussi, pour "refus d'obtempérer, violence sans arme et refus de prise d'ADN".  Sur de telles accusations, tout citoyen pourrait bien un jour ou l'autre connaître de tels "désagréments". On notera que, quand il y a désordre, de loin le plus souvent ce sont les bleus, les amis du Grand Capital, qui ont commencé. Mais dans les journaux du Nouvel Ordre, donc à peu près tous, l'affaire se traduira en une diatribe contre les rouges ou les verts qui se seront inquiétés d'un processus tendant à les pressurer toujours un peu plus.

Donc hier, environ 500 personnes "selon les médias" se sont déplacées, soutenues par l'arrivée en fanfare de cent cinquante tracteurs de l'Ouest (au moins : je les ai vus garés pendant la pause déjeuner). S'étaient déplacées des personnalités nationales, comme Martine Billard (co-présidente du Parti de Gauche), Jean-Claude Bossard (maire EELV de Chefresne, il a été mis en garde à vue lors d'un rassemblement contre la ligne THT), José Bové (député européen EELV du Sud-Ouest, vice-président de la commission Agriculture et développement rural au parlement européen et figure de la lutte du Larzac), Annick Coupé (porte parole de l'union syndicale Solidaires), Christophe Dougé (conseiller régional EELV des Pays de la Loire), François Dufour (vice-président EELV du Conseil Régional de Basse Normandie, paysan dans la Manche en lutte contre la ligne THT), Yannick Jadot (député européen EELV de l'Ouest), et des délégués de la Ligue des Droits de l'Homme et de la Confédération Paysanne Nationale.

En soutien aux militants et la lutte contre l'aéroport, la Confédération Paysanne de l'Aveyron organisait au même moment un pique-nique devant le camp militaire du Larzac.

Malgré une présence policière pesante et omniprésente, aucun incident n'a été signalé.  Dommage, sans doute, pour les "autorités", qui auraient pu prendre prétexte de cette manifestation pour fustiger un peu plus encore le mouvement. Rappelons combien il est exemplaire : le plus acharné des défenseurs de cet aéroport inutile, catastrophique pour l'environnement d'une zone bocagère, horriblement coûteux, difficile d'accès par son éloignement de l'agglomération, n'est autre que l'ancien maire de Nantes, désormais premier ministre.

Est-ce un signe du Destin ? Les procès sont mis en délibéré au... onze septembre. Quelle qu'en soit l'issue (Sylvain Fresneau risque tout de même la prison), l'opposition à ce Grand projet Inutile ne faiblira pas. En tout cas, j'aurai pu profiter de l'occasion pour saluer Martine Billard, dépourvue du badge métallique contre l'aéroport. C'est une amie qui lui en a donné un.

Je remercie Jean, le nazairien dont les photos ont permis d'illustrer ce billet.

mardi 28 août 2012

Morsi appelle les alliés de la Syrie à lâcher Bachar al Assad (Reuters)

Reuters  le 27-08-2012 à 23h30

LE CAIRE (Reuters) - Le président égyptien, Mohamed Morsi, qui se prépare à faire ses débuts sur la scène diplomatique, a appelé les pays alliés de la Syrie, tels que la Russie et la Chine, à aider à l'éviction du président syrien Bachar al Assad. _/

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/   Il a répété que "les amis du peuple syrien en Chine et en Russie et dans d'autres États" doivent soutenir les Syriens eux-mêmes. _/


La dépêche complète est ici


Comme si les Syriens eux-mêmes ne devaient pas être aussi débarrassés des bandes de mercenaires qui se déversent en Syrie via la frontière turque avec leurs armes lourdes, et bombardent, massacrent la population civile afin de créer le chaos.

Comme si les Syriens ne savaient pas que, malgré son despotisme cruel, le baassisme est le seul rempart de la laïcité et de l'harmonie entre les communautés et les religions, comme au Liban. Les envahisseurs, salafistes, ou pire wahhabistes, ne sont porteurs que de l'intolérance la plus vicieuse, et massacrent tous ceux qui n'ont pas l'heur d'épouser leur fanatisme.

Plus grave encore, parmi ces porteurs de mort et de discorde se glissent des "instructeurs" européens et étatsuniens, y compris des français. C'est un colonel des service spéciaux de la DCRI qui a été capturé récemment avec une dizaine de soldats français. C'est une information qui fait désordre, et qui occupe rarement la Une des journaux de l'hexagone.  Par la faute de ceux qui les ont envoyés là, notre pays sera bien vite au ban des nations, comme l'axe Washington-Tel Aviv. Qu'en pensez-vous, Messieurs Fabius et Hollande ? Si vous vous retrouvez devant le tribunal de La Haye, rares seront les compatriotes qui viendront vous défendre.

Les plans occidentaux pour la Syrie: les visées, les moyens et les obstacles (R-sistons)

 
Pour compléter le billet précédent, en voici un autre chez R.sistons à l'Intolérable
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Béchir Turki
Mardi 28 Août 2012

Les plans occidentaux pour la Syrie: les visées, les moyens et les obstacles
Subrepticement nos médias signalent l’existence de certains de nos compatriotes faits prisonniers ou morts parmi les combattants de l’Armée de la Syrie libre (Asl).
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Les plans occidentaux pour la Syrie:

les visées, les moyens et les obstacles

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Les violences actuelles en Syrie sont actionnées à distance par les puissances occidentales, les Etats-Unis en tête, qui cherchent à redessiner la carte du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord conformément à leurs intérêts. 


Des mercenaires tunisiens mobilisés par des agents de l’Arabie saoudite

Ces jeunes mercenaires, c’est ainsi qu’il faut les nommer, sont recrutés sur notre territoire parmi une jeunesse désœuvrée et rêvant de trouver des emplois mirobolants. C’est ce que leur promet leurs recruteurs, connus de nos autorités locales et centrales, sinon à quoi servent les «ômdas» et les délégués; ces recruteurs sillonnent nos cafés et nos campagnes en remplissant les poches de leurs recrues de vrai ou de faux billets de dollars. Ces recruteurs agissent, directement ou indirectement, pour le compte du Qatar et de l’Arabie saoudite où le prince Bandar Ben Soltane, réputé pour son génie pour les opérations secrètes, qui est en charge du dossier.

Les recrues sont convoyés en toute légalité vers la Libye, où ils se retrouvent dans des camps de lavage de cerveau et d’entrainement militaire intensif, avant d’être affectés dans zones de combat pour se donner au «jihad» (guerre sainte), porte du paradis, avec d’autres mercenaires de différentes nationalités, anciens combattants arabes de l’Afghanistan ou de Bosnie ou de l’Irak... ou des ex-voyous et des repris de justice appâtés par l’argent facile.

Terminal de base aérienne américano-turque d'Incirlik
Terminal de base aérienne américano-turque d'Incirlik
La salle des opérations est basée en Turquie

Pour ce qui concerne la Syrie, le centre de transit se trouve en Turquie, dans la base aérienne de l’Otan à Incirlik, sous commandement turc, mais en fait aux ordres du Pentagone.

C’est à travers un tronçon de la frontière turco-syrienne qui s’étend sur une longueur de quelques dizaines de km, près de la ville d’Idlib, actuellement contrôlé par l’Asl avec ses postes de douane, que transitent les armements avec toute leur logistique. C’est par cette frontière que transitent les divers spécialistes européens et particulièrement français et les divers conseillers en tout domaine: télécommunications, renseignements, tactiques de combat... ainsi que les mercenaires qui composent la majeure partie des effectifs de cette armée, commandée par des traitres à leur pays et aux ordres de certains pays occidentaux, réunis en un club sous la dénomination des «Amis de la Syrie» afin de pouvoir répartir une grande partie de son territoire, sinon la totalité, aux pays limitrophes: Israël, Turquie, Kurdes de l’Irak... et de jouir de ses richesses dont le gaz qui vient d’être découvert, avec une production prochaine qui placerait la Syrie au quatrième rang mondial.

La Turquie joue un rôle important, soi-disant pour préserver ses intérêts. Non seulement les passages continus de sa frontière se passent sous sa bienveillante protection, mais elle dispose d’un important contingent armé pouvant assurer une intervention militaire immédiate si besoin est. Elle assure également et en permanence un secours immédiat à ceux voulant fuir l’enfer, et aux blessés, par de nombreuses ambulances stationnées à la frontière.

Avec regret, il faut signaler l’adhésion bénévole à ce club malfaisant et agissant en dehors de la charte de l’Onu, du président Moncef Marzouki, une nullité en tout et particulièrement en matière de diplomatie et d’affaires étrangères. Par ce geste pendable inconscient et irréfléchi, il a hypothéqué désavantageusement notre avenir politique.

Fabius-Hollande
Fabius-Hollande
La France dans le bourbier syrien

La France mène une guerre secrète contre l'armée syrienne en fournissant à la légion wahhabite des renseignements satellitaires. Lors de la prise du bastion des insurgés dans le quartier de Baba Âmr à Homs, l’armée syrienne a fait plus de 1.500 prisonniers majoritairement étrangers. Parmi eux, une douzaine de Français ont requis le statut de prisonniers de guerre en faisant connaitre leur grade, leur identité et leur lieu d’affectation. L’un d’entre eux est un colonel des transmissions de la Dgse.
La France a fait appel à la Fédération de Russie pour négocier avec la Syrie leur libération !

En l’absence de traités justifiés, la guerre secrète conduite par le président Sarkozy et son gouvernement est un acte sans précédent dans la Ve République. Il viole l’article 35 de la constitution française et constitue un crime passible de la Haute Cour selon l’article 68.

On peut penser ce que l’on veut du président Bachar El Assad. Il défend son pays avec courage et abnégation contre une coalition dont le but est la destruction de la Syrie conformément aux injonctions d’Israël. Il est certain qu’il fait l’objet d’une campagne féroce fondée sur de gros mensonges. Cet acharnement des médias occidentaux a pour but de nous faire accepter une agression criminelle contre un pays souverain en transgressant les lois internationales.

Ce scénario déjà testé en Irak, en Libye... manque de légitimité et n’obéit qu’à une volonté aveugle des pays qui croient pouvoir dominer le monde et écraser ceux qui osent lever la tête et s'opposer à leur dictature.

L’Asl est présentée par la presse occidentale comme une organisation révolutionnaire pacifiste, alors qu’il s’agit au contraire d’une formation contre-révolutionnaire armée par des parties étrangers à la Syrie, passée progressivement des mains des monarchies réactionnaires du Golfe à celle de la Turquie agissant pour l’Otan.

Pour les Etats occidentaux et leurs presses, le peuple syrien, assoiffé de démocratie, s’est soulevé selon le modèle tunisien pour reverser leur dictateur Bachar El Assad. Celui-ci aurait tué et torturé des manifestants pacifiques. Ce prétexte leur permet de penser sérieusement à une intervention militaire sous le parapluie des Nations unies, comme ils l’ont fait pour la Libye. C’est manquer d’éthique, et contre le droit. Mais voilà, les Russes et les Chinois s’y seraient opposés, et ainsi leur funeste plan est déjoué.


Obama au parlement turc (avec Erdogan), en
Obama au parlement turc (avec Erdogan), en
La main très visible des Américains

La réalité pour tous les Etats qui ne se sont pas vassalisé par les Usa et Israël, les Etats-Unis aurait lancé une opération contre la Syrie et ce, selon un plan préétabli de longues dates.


Rappelons quelques faits pour l’histoire.


Le 15 septembre 2001, juste après les attentats de New-York et de Washington, perpétrés par les Marines de l’armée américaine et non par Al-Qaïda(1) G. W. Bush, lors d’une réunion à Camp David avait prévu d’intervenir en Syrie et simultanément en Libye pour montrer sa capacité d’action sur un double théâtre d’opération. Cette décision est attestée par le témoignage du général Wesley Clark, ex-commandant de l’Otan, qui y a été opposé.

En 2003, le Congrès a adopté deux lois donnant instruction au président des Usa de préparer une guerre contre la Syrie et la Libye.

En 2004, la Syrie est accusée par Washington de cacher des armes de destruction massive que l’on ne parvenait pas à trouver en Irak. Cette accusation a fait long feu, faute de preuve.

En 2005, après l’attentat contre Rafik Hariri, les Usa ont tenter d4entrer en guerre contre la Syrie, mais n’y sont pas parvenuS car ils ont retiré leur armée du Liban. Par contre, ils ont fabriqué des témoignages contre le président El Assad pour l’accuser d’avoir commandité l’attentat. Il ont créé un tribunal international d’exception pour le juger, mais finalement ils étaient contraints de se retirer après que leurs manipulations aient été mises à jour.

En 2006, les Usa ont préparé un plan dénommé «révolution syrienne». Il s’agissait du Syria Democracy Program portant sur des groupes d’opposition qu’il y a lieu de créer et de financer par le Département d’Etat et par la Cia via une association californienne la Democracy Concil.

En 2006, lors de la guerre d’Israël contre le Liban, les Etats-Unis avaient tenté d’impliquer la Syrie pour pouvoir y intervenir, mais la victoire du Hezbollah a fait échouer ce plan.

En 2009, la Cia a mis en place des stations de propagande anti-syrienne, comme la chaine Barada TV basée à Londres et Orient TV basée à Dubaï.

En février 2011 s’est tenu une réunion autour de John Mc Cain, Joe Lieberman et Bernard-Henry Lévy avec des Libyens comme Mahmoud Jibril et des Syriens comme Malik al-Abdeh et Ammar Qurabi. De cette réunion est parti le feu vert aux opérations secrètes, soit le 15 février à Bengahazi et le 17 février à Damas.

En janvier 2012, le département d’Etat et le ministère de la Défense US mettent en place le groupe de travail «The day after, Supporting a democratic transition in Syria» qui rédigea une nouvelle constitution et un programme pour le futur gouvernement.

En mai 2012 est mis en place le «Working Group on economic Recovery and Development of the Friends of the Syrian people» par l’Otan et le Conseil de coopération du Golfe (Ccg) sous une présidence allemande et émiratie. Ossen el-Kadi, un économiste syro-britannique y élabora un partage des richesses syriennes entre les Etats membres de la coalition à appliquer après le renversement du régime par l’Otan.

Quelle éthique! C’est ce qu’on appelle vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Les plans occidentaux pour la Syrie: les visées, les moyens et les obstacles
Le président Obama, en rendant une visite surprise au siège de la Cia au début de cette année, déclara qu’il ne ferait plus les fautes commises par ses prédécesseurs quant à l’emploi de l’armée US sur les prochains théâtres d’opération, car cela coûte cher au budget, en armement et en logistique, en vies humaines américaines et en prestige! Il préconise l’emploi de mercenaires étrangers en provoquant par ses services spécialisés les tensions inter-ethniques ou inter-religieuses.

Aujourd’hui, la propagande est actionnée depuis la Maison-Blanche par le conseiller de la sécurité nationale Ben Rhodes, chargé des communications stratégiques. En collaboration avec le M16 britannique, Rhodes a imposé comme principale source d’information des agences de presse occidentales une structure fantôme: l’Observatoire syrien des droits de l’homme (Osdh).Cette structure fantôme, qui n’a ni locaux ni personnel, est devenue la source d’information des chancelleries européennes depuis que la Maison-Blanche les a convaincues de retirer leur personnel diplomatique de Syrie.

La situation aujourd’hui est grave non seulement pour la Syrie, mais pour le reste du monde. Il est difficile de prévoir la fin des violences dans ce pays. Si le club de la voyoucratie sort vainqueur, d’autres pays seront leurs prochaines cibles tel que l’Iran, et même les Etats de la péninsule arabique, leurs alliés d’aujourd’hui.

Note :

1- Pour ceux que cette révélation étonne, différentes enquêtes scientifiques ont démontré que les tours jumelles et le building de la Cia se sont effondrés suite à l’explosion des grandes charges d’explosif placées à leurs bases, et non par l’impact d’un avion.
On peut se reporter à divers ouvrages parus récemment aux USA, notamment la traduction en français d’un livre ‘‘La route vers le nouveau désordre mondial’’ de Peter Dale Scott (éd. Demi Lune, août 2011), qui décrit la façon dont les choix de politiques étrangères des Etats-Unis ont conduit à la mise en œuvre d’activités criminelles et leur dissimilation.



http://www.alterinfo.net/Les-plans-occidentaux-pour-la-Syrie-les-visees-les-moyens-et-les-obstacles_a80704.html

Syrie : La guerre secrète (le petit Blanquiste)

Merci à Jean-Pierre : c'est clair, c'est étoffé, c'est  argumenté, c'est documenté, et c'est une saloperie de guerre de plus.

24 août 2012

Syrie : La guerre secrète

syrieDans l’indifférence générale, le 23 novembre 2011, Le Canard enchaîné révélait que des agents de la DGSE interféraient dans les évènements de Syrie afin de déstabiliser le régime de Bachar Al Assad.

Un mois plus tard, le député François Loncle interrogeait le gouvernement sur le rôle exact joué par le service action de la DGSE et le Commandement des opérations spéciales (COS) dépêchés en Turquie et au Liban. Mutisme du gouvernement et de la presse. [1]

Il faut donc attendre le 6 août dernier pour qu’un grand quotidien national confirme que le service action de la DGSE menait des opérations de formation et de soutien aux groupes terroristes au plan des transmissions et de l’artillerie (mortiers, missiles antichars et canons de 105 mm). [2]

Bien sûr, la DGSE n’est pas la seule à organiser la subversion contre la Syrie.

La CIA opère également dans le sud de la Turquie où elle est impliquée dans l’acheminement d’armes aux terroristes opérant en Syrie, armes financées par la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar. [3]

syrieQuant au BND - le service secret allemand - on vient d’apprendre qu’il usait d’une frégate-espion actuellement positionnée dans l’Est de la Méditerranée. [4]

Le matériel électromagnétique très perfectionné dont est doté le navire lui permet de détecter tous les mouvements des troupes sur le sol syrien. Les données ainsi recueillies sont transmises aux services américains et britanniques qui, eux-mêmes, les ventilent aux terroristes.

Les services britanniques procèdent à la même collecte et à la même diffusion de renseignements mais à partir d’une station implantée à Chypre.

syrie
Frégate allemande d'espionnage

Cette guerre secrète menée contre la Syrie, en plus de contrevenir aux lois internationales, est responsable de la prolongation du conflit et du bain de sang qui en résulte.
●●●

[1] François Loncle est député de l'Eure (PS) et membre de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
[2] Le Parisien, 6/08/2012, Richard Labévière, http://www.leparisien.fr/crise-egypte/l-option-diplomatiq...
[3] Le Figaro, 21/06/2012, La CIA aiderait l'opposition syrienne depuis la Turquie, http://www.lefigaro.fr/international/2012/06/21/01003-201...
[4] Le Figaro, 22/08/2012, La navire espion Oker fait des vagues en Allemagne, http://www.lefigaro.fr/international/2012/08/22/01003-201...
JPD
 
 
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En aparté, et afin de couper à certains amis l'idée de commenter au point de désamorcer l'indignation : oui, le gouvernement bassiste de Damas est tout, sauf la crème.
 
Mais, on l'a déjà découvert en Irak et en Syrie, ce qui est à l'œuvre là est encore bien pire, et notre nouveau gouvernement en est une cheville maîtresse, comme en Libye le précédent (avec les mêmes, en partie). J'ai dit.
bab

lundi 27 août 2012

Les réformateurs birmans promus dans un remaniement ministériel (Reuters)

Reuters  le 27-08-2012 à 19h45

RANGOUN (Reuters) - Le président birman Thein Sein a annoncé lundi un remaniement ministériel très attendu qui promeut les partisans des réformes et renvoie à des postes subalternes les tenants de l'ordre militaire ancien.
Ce remaniement, qui concerne neuf ministres, a été annoncé à la télévision publique. Anticipé depuis des mois, il est considéré comme un message fort du président Thein Sein, ancien poids lourd de la junte militaire. L'ex-Premier ministre a surpris le monde avec la libération de plus de 650 prisonniers politiques, la suppression de la censure et la mise en place de mesures de libéralisation de l'économie.



Apparemment c'est là une très bonne nouvelle. Qu'en sera-t-il dans les faits ? Un pays à suivre de près, sans pour autant cesser d'observer les autres qui, eux, le plus souvent s'enfoncent sous les coups de "la communauté internationale" et de son besoin d'énergie, de pognon (oui) et de pouvoir.

dimanche 26 août 2012

Conspiration ? Non. Conspirations, alliances, coups fourrés ? Oui.

Jocelyne cite Pensez Bibi à propos de Lordon, et celui-ci cite à son tour Spinoza (1632-1677) en son "Traité Politique".

 «Il n’est pas étonnant que la plèbe n’ait ni vérité ni jugement, puisque les affaires de l’Etat sont traitées à son insu, et qu’elle ne se forge un avis qu’à partir du peu qu’il est impossible de lui dissimuler. La suspension du jugement est en effet une vertu rare. Donc pouvoir tout traiter en cachette des citoyens, et vouloir qu’à partir de là ils ne portent pas de jugement, c’est le comble de la stupidité. Si la plèbe en effet pouvait se tempérer, suspendre son jugement sur ce qu’elle connaît mal, et juger correctement à partir du peu d’éléments dont elle dispose, elle serait plus digne de gouverner que d’être gouvernée».

J'aime bien cette façon de désarçonner l'accusation de "conspirationnisme". Oui, sous les ors de la République, comme dans les brain drains des ministères ou de leurs officines d'application, se prennent des décisions dont le public n'a pas la teneur. Qu'on se rassure, c'est normal : tant de petit choix, voire de choix importants, doivent se prendre sur l'heure, dans l'urgence ou avec un délai court, que rendre compte de tous ces actes prendrait tout le temps des décideurs, et et celui qui devraient en lire les rapports. Ce serait absolument invivable, et c'est même pourquoi le peuple délègue ses pouvoirs à des fonctionnaires qui, en principe en leur âme et conscience, doivent gérer, gérer, gérer. Et à des Représentants du Peuple qui doivent décider de quelle façon telle ou telle chose doit être gérée. Chose plus remarquable, toutes leurs décisions sont publiées, et leurs débats parfois télévisés en direct.

En revanche, ne sont bien entendu pas mises au grand jour les tractations d'avant décision, prises autour d'un verre entre politiciens, ou entre ceux-ci et des représentants de forces pressions (l'anglicisme à la mode est lobby, institutionnel dans les pays anglo-saxons où il n'a pas la même forme, honteux chez nous où le climat culturel et légal est différent).

conspiration des nounours
Ce contexte particulier alimente les accusations de conspiration.  Elles sont à la fois justifiées, et pas justifiées. Pas justifiées ? Un métallurgiste est normalement plus compétent à parler de son cœur de métier qu'un dentiste. Justifiées ? Il peut apporter des arguments fallacieux pour l'avantager, lui, au détriment de la communauté. Il peut aussi inciter le parlementaire avec lequel il dialogue à partager son point de vue en lui faisant miroiter des avantages personnels, ce qui constitue une forme de corruption. Il y a tout cela.

Si les métallurgistes (restons dans le milieu, très puissant même aujourd'hui, des Maîtres de Forges) réussissent à s'entendre pour parler d'une seule voix à de multiples décideurs, il y a bien d'une certaine façon conspiration. Est-ce pour autant illégal ? Non. Souhaitable ? Bien moins.

Quand les intérêts économiques s'allient à des intérêts philosophiques, voire religieux, en revanche, la situation peut devenir très délicate. Alors la raison peut se retrouver sous la dépendance de pulsions violentes. Des considérations totalitaires, comme le malthusianisme ou le goût du Pouvoir, ou des concepts s'apparentant de près ou de loin au racisme, peuvent prendre le pas sur le désir de gérer au mieux les affaires de tous. Sans être une conspiration, cela peut être une convergence, provisoire ou non, d'intérêts.

Après, ce qu'on appelle la Trilatérale, le club Bilderberg ou le dîner du Siècle, ne sont que des occasions pour ces gens qui ont de telles ambitions de se retrouver, de discuter, d'échanger des idées, et parfois de s'entendre pour des actions communes. C'est à la fois beaucoup, et en même temps bien moins que ce qu'en peuvent dire des illuminés qui en font le Mal absolu. Pourquoi ne pas se dire que les intérêts des Grands (ceux qui se prennent pour tels) sont nécessairement en partie contradictoires ?  Il ne peut y avoir entre eux que des alliances de circonstances, entrecoupées (ou l'inverse)  de conflits sanglants.

Des conspirations ? oui. LA conspiration ? Non.

samedi 25 août 2012

"Promenades d'un économiste solitaire" par Jacques Sapir (Ria Novosti)

"Promenades d'un économiste solitaire" par Jacques Sapir*
Une dissolution potentielle de la zone Euro, solution désormais défendue par un nombre croissant d’économistes, pose le problème des monnaies de réserve qui seraient utilisées tant par les Banques Centrales que par des agents privés. Le système monétaire international est passé d’une situation d’oligopole dominé par le Dollar à une situation de quasi-duopole, ici encore dominé par le Dollar avec l’introduction de l’Euro. C’est cette situation qui est en train de s’effondrer.
L’introduction de l’Euro, en 1999, s’est accompagnée initialement d’une forte montée de la part du Dollar dans les réserves des Banques Centrale et de l’effondrement de la part des « autres monnaies ». Cet effondrement est dû pour l’essentiel à la chute du Yen japonais et des autres monnaies européennes servant de monnaies de réserve (Franc Suisse, Livre Sterling). Ce sont ces monnaies qui ont le plus souffert de l’introduction de l’Euro.

Tableau 1. Part des différentes devises dans les réserves de changes des Banques Centrales (%)

Dollar américain Euro Deutsche Mark Franc français Autres (dont Livre et Yen)
1995  59.0    15.80  2.40  22.50
1996  62.1    14.70  1.80  21.10
1997  65.2    14.50  1.40  18.60
1998  69.3    13.80  1.60  15.00
1999  71.0  17.90      10.90
2000  70.5  18.80      10.50
2001  70.7  19.80      9.10
2002  66.5  24.20      8.80
2003  65.8  25.30      8.60
2004  66.0  24.90      9.00
2005  66.4  24.30      9.20
2006  65.7  25.20      8.90
2007  64.1  25.80      9.80
2008  64.1  26.40      9.90
2009  62.1  27.60      10.40
2010  61.8  26.00      12.10
2011  62.1  25.00      12.80
Source : FMI, Currency Composition of Official Foreign Exchange Reserves, Washington DC, 2012

La situation créée par l’établissement de l’Euro s’est donc caractérisée à la fois par la montée en puissance de cette dernière monnaie et par le renforcement du Dollar. Ce sont les « autres monnaies » qui ont fait le frais de la création de l’Euro. En 2007, à la veille de la crise, la part du Dollar dans les réserves des Banques Centrales était encore égale à 65,7% alors qu’elle n’était que de 59% en 1995. La création de l’Euro a donc abouti à la création d’un duopole asymétrique Dollar-Euro.
Depuis 2007, à la suite de la crise des « subprimes », la part du Dollar s’est mise à baisser régulièrement. Mais, cette baisse n’a que faiblement profité à l’Euro, jusqu’en 2010. À la suite de la « révélation » de la crise au sein de la zone Euro par l’enchaînement de la crise grecque, puis irlandaise, puis portugaise et enfin espagnole, l’Euro qui avait atteint une part de 27,6% a régressé jusqu’à 25%.
En fait, l’aspect le plus intéressant de l’évolution actuelle est que la chute de l’Euro depuis 2010 ne se fait pas tant en faveur du Dollar, comme on aurait pu s’y attendre et peut-être le craindre, que des « autres monnaies ». Mais, la composition de ce groupe a radicalement changé.

La fin de cet article se trouve ici.

vendredi 24 août 2012

Fukushima : et si le pire était à venir ? (NouvelObs)

Parce qu'il faut répéter, répéter, répéter, pour que les choses soient claires... et que chacun, partout, en prenne conscience.

Je redonne cette info, qui avait été reprise il y a plus de six mois déjà du blog Fukushima sous une autre forme, et que le Nouvel Obs découvre soudain.
 (l'illustration est communiquée par le blog Fukushima)



 Nouvel Obs le 22-08-2012 à 16h41 - Mis à jour le 23-08-2012 à 11h12 (par Vincent Jauvert)


C'est une petite piscine - et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d'eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de "désactivation" repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n'est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.

L'article est ici dans son intégralité.


On peut envisager les pires scénarios à partir de cela. Mais remarquons que les autorités savent, et continuent à faire confiance au nucléaire. Ce simple laxisme envers les lobbies de l'énergie ne serait-il pas déjà en soi un crime contre l'humanité ?

De la liberté d’expression à la censure élevée au rang de vertu, ou comment la gauche se suicide. (LGS)

La liberté d'expression est essentielle : la chose est soulignée en tête de ce blog. C'est pourquoi un article comme celui qui suit est une excellente piqûre de rappel. Merci au Grand Soir, et merci à l'auteur, Jacques Richaud

DE VOLTAIRE A TORQUEMADA

De la liberté d’expression à la censure élevée au rang de vertu, ou comment la gauche se suicide.

Jacques RICHAUD
 
La liberté d’expression a été une revendication et une conquête de toutes les luttes d’émancipation. La gauche a été porteuse depuis ses origines de cette valeur essentielle et personne n’ose ouvertement nier qu’elle soit une condition qui autorise un régime à se revendiquer démocratique.
Pourtant, si les ennemis principaux de cette liberté sont depuis longtemps identifiés, est apparue une nouvelle "gauche" pervertie par la conviction que la censure et des interdits sont nécessaires. L’intolérance et surtout la dissimulation ou caricature des faits et propos que l’on prétend combattre sont élevées au rang de vertu lorsqu’il s’agit, selon certains qui en ont acquis la conviction, de combattre les idées de l’extrême droite, du racisme et de l’intégrisme. Chacun peut constater pourtant que ces idées se propagent et que les barrières morales ou législatives sont impuissantes à leur faire barrage.

Il est une "gauche" qui ne prenant pas la mesure de l’absurdité et du caractère contre-productif de cette attitude qui vise à ‘refuser d’en débattre’, contribue au suicide de la pensée de gauche par une régression qui semble hélas noyée au sein d’autres reniements, sociaux, économiques, politiques, qui sont plus apparents.

Comment des groupes ou communautés ont-ils pu pervertir l’usage de cette liberté, revendiquer le droit aux indignations sélectives, parfois au service de causes indéfendables que l’exercice de cette liberté fragiliserait effectivement… ?

Le site Le Grand Soir n’est pas la seule victime de cette moderne inquisition, l’autre plus récente victime a été le site ‘Oulala’ et un de ses administrateurs René Balme au travers duquel était visé Jean-Luc Mélenchon, avec ce raccourci tragique et pitoyable qui faisait de chacun une façade rouge brun à l’antisémitisme larvé… Mensonger, infamant, pitoyable mais efficace ! A qui a profité "le crime" ? Chacun peut s’interroger …

Pour LGS, Viktor Dedaj, Maxime Vivas et, le 17 août 2012, Théophraste R. ont dit l’essentiel de cette lâche entreprise déstabilisatrice, je n’y reviendrai pas.

Après Article 11, Rue 89 et les sites perroquets reprenant l’infamie, c’est Charlie Hebdo qui est monté un peu vite au front contre Le Grand Soir…Une nuance vient d’être introduite que l’on peut prendre pour gage de sincérité : « La porosité qui existe entre les sites fachos et les sites de gauche » motive une "petite mise au point" après l’article d’Eric Simon dans Charlie Hebdo reprenant les accusations insensées et non vérifiées semble-t-il de la minable inquisitrice Guyet contre Le Grand Soir.(Mise au point du 22 août 2012, page 3 du numéro 1053). Mais que ne s’appliquent-ils à eux-mêmes une précaution identique, ces ’humoristes’ engagés pour que ne puisse jamais s’écrire : « La porosité qui existe entre les sites fachos et la presse satirique en terme de racisme, d’islamophobie, d’antisémitisme, de relais des thèses néo-conservatrices ou identitaires » Cette presse qui dégaine plus vite que son ombre pour flinguer ses amis autant que ses adversaires désignés, se vend bien, c’est même sa raison d’être. Dans le même numéro de Charlie Hebdo c’est Jean Yves Camus qui décrit (page 5) « La droite à la conquête de l’hégémonie culturelle » et la pertinence du propos ouvre une interrogation de circonstance : la même équipe du journal satirique s’est-elle interrogée au temps de la toute puissance de Philippe Val sur les éditoriaux et le contenu idéologique de "son" journal ? Le sulfureux promu par le président Nicolas S à la tête de la radio publique était-il de gauche alors ? Les donneurs de leçon d’aujourd’hui mesuraient-ils la dérive et les ravages du couple Val – Fourest qui reprenaient à leur compte une large part de l’idéologie néo-conservatrice et islamophobe pour légitimer des entreprises guerrières jamais désavouées par ceux-là ? S’interrogeaient-ils lorsque l’inquisition s’exerçait au sein même de l’équipe du journal avec chasse ouverte aux prétendus antisémites et rouge bruns qui s’écartaient simplement du discours conforme à la volonté du chef sarko-compatible et sarko-protégé ?

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Et d’autres aussi auraient pu être cités, les ‘Conspis hors de nos villes’ , les nouveaux inquisiteurs héritiers des évêques, rabbins, imams et autres pasteurs bénisseurs de canons et de bombardiers pulvérisant l’axe du mal et dont le message principal affirme « Guantanamo, Ground zéro, Kaboul, Gaza, Tripoli…etc. Circulez il n’y a rien à voir »… Ceux-là ont la méthode de Beria et font sur chacun de nous une "fiche" archivée dans les armoires du KGB nouveau et disponible pour tous les abrutis qui voudraient "casser la gueule" aux diabolisés de la nouvelle inquisition.

La génération nouvelle de ces singuliers Croisés de l’Ordre Nouveau remplace la génération de ceux de "Touche pas à mon pote" par la génération "Pas touche aux intérêts de l’Empire et de ses alliés". Une génération "engagée" nouvelle a fait le choix fondamental et peu périlleux d’être du côté du manche et de l’autorité ; l’impunité et la protection sont assurés pour les valets de l’Ordre planétaire nouveau ! La chasse aux sorcières est leur métier… Le Maccarthysme n’était qu’une tentative avortée trop rendue publique pour être durablement efficace ;"l’anticonspi nouveau" avance masqué, le web offre un champ de délation illimité, la rumeur se substitue au procès et à toute forme de débat contradictoire, la sentence est première et irrévocable ! Les fatwa ne viennent pas toutes d’où l’on pense ; pour un Salman Rushdie scandaleusement menacé et méritant protection, cent militants de la vraie gauche sont poursuivis de la même haine irrationnelle et mensongère. L’ordre nouveau est celui de l’intimidation et de la peur. Sus à ceux qui les défendent, sus aux empêcheurs de penser conforme et docile !


Que s’est-il passé ? Quel phénomène est-il en train de s’amplifier ?
Que cette confusion qui élève la censure au rang de vertu résulte d’un auto-aveuglement, d’une mutilation ou incapacité de la pensée, ou qu’elle provienne d’une habile infiltration et subversion mentale venue des vrais ennemis de la liberté de pensée, est une question qui doit être posée.

Probablement la conjonction de tout ceci, aveuglement et infiltration, existe-t-elle. Il en résulte une double implication :
- La première est de prendre en compte la "sincérité" de certains esprits qui se croient encore de gauche mais font le jeu de leurs pires adversaires. Ils deviennent les mercenaires inconscients de la destruction programmée de la liberté d’expression, par une gradation des interdits successifs qui échappera demain au contrôle des prédicateurs d’intolérances sélectives d’aujourd’hui.
- La seconde est de ne jamais oublier que ces adversaires de nos libertés sont à l’œuvre. Ils ne cessent d’attiser cette régression et de saisir l’aubaine d’une gauche acquise à certaines de leurs intolérances.
Au terme de ce processus si nous le laissions triompher, il en serait fini demain de la liberté d’expression pour beaucoup et, après demain, aussi de la liberté de penser pour le plus grand nombre, pour la masse de ceux qui refusent toutes les servitudes.
Le propre des inquisiteurs prophètes de tous les obscurantismes, religieux ou profanes, est de pourchasser, au-delà de tous ceux qu’ils jugent déjà "coupables, même les "innocents" qui pourraient demain rejoindre leurs rangs… Amis ou lecteurs de ceux désignés "conspis" ou "rouge brun", vous êtes déjà dans le collimateur !

Une gauche suicidaire ?

Dans ce contexte nous devons percevoir les enjeux et réagir sans nous laisser intimider par ceux qui brandissent Voltaire mais se comportent comme Torquemada !
- Percevoir en effet qu’une gauche qui s’entre déchire reproduit ses plus vieux démons du temps des dogmatismes les plus rigides aux pires conséquences qui ont contribué a ses effondrements.
- Réagir surtout avant que, sur ce terreau favorable, ne triomphent les vrais ennemis de nos libertés qui maîtrisent désormais mieux que nous la dialectique abandonnée par d’autres, qui sèment la confusion dans nos rangs par les imprécations et favorisent les divisions les plus aberrantes.

Cette confusion atteint beaucoup d’humanistes, de démocrates sincères, de progressistes, militants de terrain parfois exemplaires, de marxistes même qui se laissent convaincre que pour éviter le retour de la "bête immonde", celle de Bertold Brecht, il faudrait voir le "ventre fécond" là où il n’est pas, dans leur propre camp parfois. Les "rouge bruns" existent, ils sont dangereux et nous ne cessons de les dénoncer, mais le confusionnisme entretenu par certains neutralise cette tâche et ne sert que le vrai fascisme ! Le risque est de s’aveugler sur des périls bien plus évidents, tels que la recomposition des droites et la poussée identitaire. Le résultat est de contribuer parfois a encourager les dénonciations, les diffamations et les insinuations qui nous divisent et fragilisent les plus résistants d’entre nous, placés en posture défensive dans cette désintégration de la pensée progressiste.

Ceux-là qui se laissent subvertir ne voient pas d’où provient l’ombre du discours qui les encourage pour professer la nécessité de nouvelles censures, y compris dans nos rangs. Et ceux qui le disent sont suspects de collusion avec "le mal", ou d’angélisme. Il n’en est rien pourtant. Ceux qui sont le plus stigmatisés sont ceux qui savent que la presse et l’idéologie d’extrême droite sont une menace mortelle pour le plus grand nombre, mais qui se refusent à en dénier l’existence et la dangerosité. Leur conviction est justement la nécessité d’aborder les sujets "torrides" que d’autres évitent. Il est une pratique du "négationnisme" (inversé) qui reproduirait le même asservissement de la pensée que son "modèle" d’extrême droite ; certains s’y refusent.

- Cette presse et cette idéologie existent, et nous devrions feindre de l’ignorer pour laisser se répandre son venin mortel ? Nous devrions, si nous en condamnons le contenu, nous contenter d’une incantation réprobatrice globale et d’une diabolisation sans argumentation ?
- Nous devrions laisser ceux que la dialectique mensongère et manipulatoire adverse ébranle et influence livrés à des interrogations sans réponse ?
- Au prétexte de ne jamais accepter la controverse avec ceux-là dont nous combattons les idées, nous devrions les aider à dérouler le tapis brun sur lequel s’étale sans entrave leur propagande ? Nous aurions dû ne pas accepter comme cela a été fait sur ce site Le Grand Soir que soient rappelés les faits et discours observés dans les "villes du Front National" avant les dernières élections ? Ne pas accepter de citer abondamment dans une série d’articles consacrés à la pensée d’Alain Soral, les éléments de la dialectique qui ramène vers lui des citoyens ou militants abusés ? Ne pas dénoncer en son temps aussi la duplicité de l’ancien dirigeant de Reporters sans frontière qui a, depuis, comme d’autres, comme Philippe Val, tombé son masque ? Nous aurions dû nous priver aussi de citer les textes de la Nouvelle Droite qui théorisent depuis longtemps le nécessaire processus de la recomposition de la droite autour de sa composante la plus extrême ? Nous aurions dû affirmer cela sans utiliser la source même de nos informations et de nos inquiétudes ? Nous aurions dû considérer les lecteurs comme des moutons obéissants, devant croire sur parole l’affirmation des périls, sans les illustrer des citations nécessaires, y compris celles de la Nouvelle Droite et des courants Identitaires, au risque de se voir accusé d’une collusion ou contamination pour avoir simplement engagé le combat ? C’est un comble de découvrir que ceux qui dénoncent sur le site Le Grand Soir des faits et propos initiés par les pires ennemis de la gauche, et le font de façon approfondie, sont suspectés de compromission et stigmatisés par les porteurs d’une pensée automatique bien peu argumentée souvent, autrement que par les clichés des haines réciproques qui ne font que renforcer les extrêmes.

C’est une gauche suicidaire qui se trompe de combat lorsqu’elle dénigre ceux qui mènent de la façon la plus approfondie possible cette bataille, pour qu’elle soit une bataille de conviction et pas seulement un choc des subjectivités et des irrationalités.

Nos inquisiteurs n’ont qu’une stratégie "haine contre haine", il est heureusement des intellectuels de toute origine qui font un autre choix : celui de l’intelligence et du discernement de leurs concitoyens.

Cette prétention suffit pour que certains dégainent leur révolver et trempent leur plume dans l’encre du fascisme éternel, celui qui fait du mensonge et de l’intimidation à la fois méthode et programme… C’est la pensée elle-même qui est leur adversaire.

Ne voyons-nous pas que cette régression tragique nous désarme et nous condamne à la fois ?
- Elle nous désarme idéologiquement, philosophiquement, en nous mutilant de nos propres valeurs. En nous interdisant à nous-mêmes de considérer, pour l’écouter et la combattre, la pensée de nos adversaires , au prétextes que certains nous accuseraient alors de collusion ou complicité ou pire, nous accréditons l’idée, fausse, que nos idées seraient trop "faibles" pour subir le "choc" de la confrontation !
- De ce dérobement nos adversaires se réjouissent qui peuvent stigmatiser nos lâchetés et nos intolérances. Nous leur offrons une "victoire par forfait" dans les débats intellectuels de notre temps dont pourrait dépendre l’avenir de l’humanité dont les matins bruns se succèdent sous nos yeux incrédules. La gauche ne se défend plus, elle n’attaque plus, sa posture est "morale" et elle ne parle pas avec ses diables, son "éthique" lui fait vertu d’ignorer les altérités dérangeantes, parfois issues de ses propres rangs… La gauche n’a plus à offrir que des incantations sans argumentation dont se moquent bien les populistes et les véritables fascistes qui gagnent le terrain que nous leur concédons, par nos hontes ou nos médiocrités. Face à ce qu’il reste de la gauche, se distillent impunément et sournoisement les pensées qui légitiment les discriminations, les haines, les intolérances, la supériorité non négociable d’une partie du genre humain sur une autre partie…Et ainsi, la gauche aussi alimente le "choc des civilisations"…

Et nous n’aurions pas le droit d’écouter , de décrypter, de déconstruire mot par mot, concept par concept , mensonge par mensonge, le discours de ceux-là sans risquer d’être traités nous-mêmes de néo-fascistes, de rouges bruns, d’antisémites ou simplement d’arriérés ou de salauds au double discours ?
Ces invectives qui viennent de ce que nous pensions, à tort parfois, être notre propre camp, révèlent la faillite intellectuelle, la duplicité et parfois la complicité de certains de nos faux-amis avec nos pires adversaires. Noam Chomsky, Michel Collon, Jean Bricmont par exemple, sont de ceux que nos inquisiteurs détestent ; ils attirent les foudres des doctrinaires simplificateurs qui se contenteraient bien en terme de débat politique d’incantations et de slogans simplistes. Ce sont parfois ceux qui sont inaptes ou non désireux de mener ce combat difficile pour la sauvegarde de ce fondamental qu’est la liberté d’expression, qui prétendent faire taire les expressions de la pensée complexe ou nuancée qu’ils assimilent à une pensée de compromission. Cette liberté d’expression vaut pour nos adversaires autant que pour nous-mêmes ; une liberté double et réelle que la droite elle n’a jamais défendue. La force de la gauche est de croire à ses idées, nous taire c’est capituler ! Prétendre museler l’adversaire c’est renoncer à mobiliser sa propre intelligence pour gagner une bataille idéologique en concédant à l’adversaire l’avantage de notre dérobement.

Les conditions de cette bataille, la simplification et la pensée binaire.
L’argument de nos adversaires et de leurs alliés contaminés par leurs méthodes est hélas efficace :
- Efficace premièrement car il est basé sur la "simplification" de tout débat. La gauche porte ce lourd passif d’avoir longtemps résumé le dilemme en "choisi ton camp camarade", même lorsque le sien cachait des pratiques bien peu compatibles avec ses idéaux annoncés. La droite libérale a pour un de ses principaux ennemis la pensée complexe, et le ‘There is no alternative’ de Margaret Thatcher ne résonne pas qu’en économie, il se prolonge dans le credo impérial de l’axe du bien contre l’axe du mal et ses implications que sont le choc des civilisations et les guerres préventives.
- Efficace encore car la pensée binaire est devenue aussi le mode de pensée d’une partie de la gauche qui combat dans ses propres rangs ceux qui introduisent de la nuance ou refusent de rallier certaines intolérances. Pour ceux-là, qui adoptent la pensée binaire, le seul horizon est la haine et la confrontation sanglante. Ils ont oublié Jaurès et tous les débats de la pensée des Lumières ; Georges Bush est devenu leur apôtre, égal dans ses intolérances avec ses adversaires désignés. Il est des fatwa venues d’Orient, d’autres d’Occident lorsque est niée l’humanité de nos adversaires, rejoignant un des fondamentaux du racisme et du totalitarisme. L’hégémonie défendue est ici occidentale, judéo chrétienne et capitaliste. On mesure mal peut-être l’imprégnation de la rigidité "calviniste" dans la pensée de l’Empire qui trouve ses défenseurs aussi dans nos frontières. Le Patriot Act s’est décliné aussi chez nous pour définir le renoncement à des libertés fondamentales, aussi la préférence nationale ethnique ou religieuse qui fonde les politiques nouvelles comme autant de réhabilitations des barbaries, au nom même de la lutte contre la barbarie. Une évolution planétaire qui aurait été considérée comme impensable il y a seulement deux ou trois décennies…

Un enjeu majeur :
La question est de savoir si nous accepterons d’être condamnés à nous taire, témoins de l’étouffement de nos valeurs et devrons nous résigner à renoncer a la pensée émancipatrice dont nous avions cru être porteurs, pour nous autant que pour d’autres peuples auxquels nous attribuions les même capacités qui avaient été les nôtres.

La question est de savoir si la gauche acceptera de voir se produire une inversion ou un abandon de toutes ses valeurs, et d’une, fondamentale, qui est la liberté d’expression. Percevrons-nous avant qu’il ne soit trop tard le risque de nous trouver tous bâillonnés durablement, définitivement, par les inquisiteurs nouveaux de la bien pensance de gauche , avant qu’eux-mêmes soient également neutralisés lorsque leurs mentor ou alliés objectifs auront considéré leur mission remplie… ? Plus rien ni personne alors ne s’opposera à un ordre planétaire de servitude globale.

Que faire ? Comme disait le camarade… Dans « Une lente impatience » (2004), Daniel Bensaïd écrivait « Quand les lignes stratégiques se brouillent ou s’effacent, il faut en revenir à l’essentiel : ce qui rend inacceptable le monde tel qu’il va et interdit de se résigner à la force aveugle des choses ».

Il serait temps que ceux qui usent, et ils en ont le droit, de la liberté d’expression dont ils bénéficient encore, ne l’utilisent pas pour réclamer que d’autres en soient privés et des censures nouvelles, des interdits, des fermetures de sites, des discours imprécateurs et mensongers contre des personnes au passé et au présent exemplaires qui s’exposent pour défendre justement ces libertés !

Ces attaques indignes font le régal de nos ennemis communs, ceux qui voudraient nous faire taire tous, mais sont prêts à recruter quelques mercenaires dans nos rangs pour cette basse besogne. Certains de ces derniers, complices volontaires ou pas des droites obscurantistes, trouvent plus facile de jouer le rôle du kapo ou du délateur que de réfléchir à la motivation réelle de leurs donneurs d’ordre ou de ceux qui les influencent. Ils se croient parfois libres de leurs actes pourtant dictés par la pensée dominante de l’ère des nouvelles intolérances. Cette pensée qui élève la censure au rang de vertu est distillée par quelques personnages médiatiques à visage découvert et infiltrée aussi sournoisement dans nos réseaux sociaux, partis ou associations ; la vigilance doit être constante pour en dépister l’emprise.

Si la liberté d’expression n’est pas négociable, sauf à consentir à un nouveau totalitarisme, elle possède un corollaire qui est l’exercice plein de son droit de penser. Deux penseurs non issus de la gauche révolutionnaire disaient comme pour appuyer le propos de Lénine "Seule la vérité est révolutionnaire" que l’acte de pensée n’est pas aliénable à quelque police de la pensée que ce soit : le philosophe Alain avait écrit « La fonction de penser ne se délègue point » ce qui suppose que nul n’ait la prétention de formater nos jugements ; Georges Bernanos,qui s’éloigna tard de la droite au terme d’un long parcours qui le rendit témoin des faits et gestes du fascisme franquiste, avait formulé ce bel hommage à la pensée dissidente « Il faut beaucoup de gens indisciplinés pour faire un peuple libre »…

Des gens indisciplinés, nous en sommes !
Tous les indisciplinés ne se ressemblent pas : certains se revendiquent de la révolution, de la pensée libertaire, de la libre pensée ou de quelque philosophie que ce soit…

Mais nous vivons aussi un temps de bouleversement des pratiques politiques dans lequel les "alter" divers et autres "indignés", issus de la "multitude", se donnent le droit de hurler, chacun à leur manière, contre les injustices du monde, ou de "leur" monde. Et ils ont raison ! Mais que ceux-là ne se trompent pas de combat :
- On n’est pas antifasciste en réclamant que la pensée de l’autre soit muselée, on le devient !
- On est pas laïque en devenant anticlérical ou judéophobe ou islamophobe, on devient la caricature de ce que l’on dénonce !
- On n’est pas internationaliste en prétendant dicter à des peuples dont on ignore tout la seule ligne de conduite qui serait de nous ressembler ; on est seulement mal repenti du colonialisme et de l’impérialisme !
- On est pas voltairien en prétendant museler la parole de l’autre avec des critères de tolérance ou d’intolérance énoncés par nous, on est voltairien lorsqu’on met toutes ses forces et son esprit à dénoncer ce que nous pouvons trouver inacceptable et injuste dans le discours libre de l’autre, cet adversaire qui n’est que renforcé par nos tentatives de le museler, comme nous le serions nous-mêmes soumis aux censures ou intolérances !
- Oui, osons dire qu’il est une forme d’antiracisme qui s’est transformée en une idéologie marquée par l’ambiguïté de ses indignations sélectives et l’évidence du service rendu à un occidentalo-centrisme qui a besoin d’une "police de la pensée" pour taire les questionnements dérangeants sur ses propres pratiques, dont l’ingérence humanitaire est devenue le prolongement des causes les mieux intentionnées…
- Oui, osons dire que ceux qui voudraient nous interdire par avance toute réflexion sur les pires idéologies qui ont dévasté le siècle écoulé, contribuent à leurs résurgences plus qu’ils n’entravent leur diffusion, déjà évidente sous nos yeux.
- Oui, osons dire qu’il est des batailles menées qui se croient intellectuelles, morales ou éthiques, qui ne sont que des substituts à un anticapitalisme et aux luttes de classes que l’on a tenté de nous convaincre être dépassés depuis l’effondrement du bloc de l’Est. Une guérilla sur le web sera toujours moins dangereuse que dans la jungle Bolivienne et ils sont nombreux à s’inscrire au club de la révolution de clavier …
- Oui, osons dire que si notre seul programme devrait être que l’autre" nous ressemble" et, quoi qu’il en pense lui-même, nous reproduirions la matrice même du racisme le plus fondamental qui passe par la négation de "l’autre". Un antiracisme qui nie ces différences ou, pire, qui valide une hiérarchie des cultures et des civilisations, sera demain le socle d’autres guerres préventives et peut-être d’autres formes d’eugénisme.
- Oui, osons dire que notre héritage issu de la pensée des Lumières a pu contribuer à nos aveuglements et à l’énonciation d’un universalisme occidental qui n’est qu’une construction mythique, irrecevable sur une large part de la planète. La pensée unipolaire est fille d’un humanisme dévoyé qui fait l’économie de l’écoute de toutes les cultures.
- Oui, osons dire que sous l’influence de l’antiterrorisme, la paranoïa a contaminé la pensée commune, jusqu’à percevoir ceux qui chez nous prennent en compte la complexité du monde et refusent la pensée binaire du choc des civilisations, comme des "ennemis" et parfois des complices du pire. Dans ces amalgames, l’analyste devient un islamiste masqué, le lanceur d’alerte contre la montée identitaire devient un rouge brun, l’observateur des ravages du sionisme devient un antisémite, celui que la cause des femmes pousse à n’en mépriser aucune de quelque culture qu’elle soit issue se voit protecteur de la charia, celui que la géostratégie a instruit des pires abominations de l’Empire se voit traité de complotiste…etc. Et toujours une part de la gauche croit faire œuvre utile de véhiculer et parfois conforter la diffamation…

Défendre la liberté d’expression ? Est-ce bien raisonnable ? Oui, toute !
Qui aurait songé en ce début de XXI siècle que ce combat devrait encore être mené chez nous ? Ne voyons-nous pas les ravages de cette entrave, là où elle persiste ? Voulons-nous entretenir l’illusion d’un ordre mondial plus paisible par l’acceptation de "vérités" seules autorisées ?
Avons-nous oublié que la pensée "qui dérange" est la seule qui nous oblige à considérer "l’autre" pour ce qu’il est, un "humain" aussi ! Elle est la seule qui permette, après les réflexions croisées et les échanges, la symbiose d’un vivre ensemble meilleur demain qu’hier.
Ce travail symbiotique des pensées croisées n’est pas porteur de la faiblesse que certains lui prêtent qui postulerait toute pensée "égale" ; il n’est pas non plus porteur de la soumission à la pensée du plus fort. Il est au contraire le seul mode par lequel une pensée, même minoritaire, peut influencer les préjugés communs et parfois changer le monde ! Le seul mode qui puisse contrarier l’influence des idéologies des dogmes et des croyances ; car replaçant l’homme, le sujet, au centre de sa propre pensée qui le fait libre !
C’est ainsi, ce n’est qu’ainsi, que progresse l’idée de l’émancipation, en rupture parfois douloureuse avec la pensée dominante et toutes formes d’autorités religieuses ou profanes. C’est à chacun d’énoncer après l’avoir découvert ce qui est pour lui et ses proches inacceptable, pas à un prédicateur de vérité, quel qu’il soit, qui voudrait aussi faire taire certains ! Si la gauche ne fait plus cette confiance aux hommes et aux peuples elle n’a plus aucune raison d’être ! Ce sont les tyrans qui ne font pas confiance aux peuples mais eux, au moins, ont une raison pour cela.

Si nous devions démissionner dans cette bataille, qui est celle de la civilisation face à la barbarie, elle serait déjà perdue. Ceux qui veulent museler la pensée ne sont pas dans notre camp. C’est à ce péril que nous exposent les imprécateurs et les inquisiteurs nouveaux.

Ils avancent souvent masqués, derrière des identités multiples ou des pseudo qui sont leur burqua mentale, ils se croient Don Quichotte ou justicier ou cavalier de l’axe du bien, ils ne sont que les snipers mercenaires recrutés pour flinguer la pensée adverse.

Certains sont issus de nos rangs, convertis à l’adversaire ou cherchant leur "quart d’heure de célébrité", comme disait Andy Warhol, par un éclat, un crachat calomnieux qui lancera une rumeur nauséabonde… D’autres ne sont que des aigris d’un long passé militant pour des causes sources de bien des désenchantements ; il est des enfants de Staline qui abondent la cause néo-conservatrice ou sioniste avec la même vigueur qui leur faisait pourchasser le trotskiste ou le titiste. On ne sort pas toujours indemne de certaines compromissions et la haine de l’autre est plus confortable que la haine de soi…Elle peut remplacer la thérapie ou le retrait que l’on se refuse pour continuer à vivre dans sa peau meurtrie … D’autres, nouveaux venus qui ont fait l’économie, bien moderne, de l’apprentissage de tout ce que l’histoire et la philosophie ont pu nous enseigner rentrent dans la "politique autrement" comme dans un club informel sans doctrine ni ligne de conduite éprouvée… Ceux-là se retrouvent armés souvent d’un clavier sans avoir jamais soulevé un pavé ni dressé une barricade. Ce ne sont pas les moins redoutables qui confondent la touche "envoi", sous pseudo anonyme souvent, avec une rafale de kalachnikov. Ces guérilleros du web découvrent ce que disait déjà Maïakovski : « Les mots sont des balles »… Ils tirent, jusqu’à épuisement de leur chargeur alimenté par les lieux communs, les poncifs, les préjugés et les peurs ; munitions distribuées gratuitement chaque jour dans nos médias de l’ordre dominant, brassées de balles jetées aux chasseurs nouveaux. Un ordre dominant qui sait, lui, ce qu’il veut, qui il désire protéger et qui il doit neutraliser pour que son règne perdure. Il est aussi une presse qui se veut impertinente et se croit libre, la vente du papier est son seul maître. En période creuse on ressort un "marronnier" pour fustiger, un jour les Roms, un autre jour les francs-maçons, les riches, les banquiers les pauvres, les islamistes, les socialistes. Le Grand Soir est jeté en pâture au lectorat bronzant de l’été 2012… Ce serait pathétique si ce n’était politiquement si dangereux.

C’est bien de cela qu’il s’agit. La bataille pour la liberté d’expression que mènent certains sites exemplaires, suffit à faire d’eux des "cibles". Les attaques menées sont infatigables car leurs sources disposent de moyens illimités. Nous pouvons au moins espérer que s’interrompe le recrutement des snipers dans les rangs du camp "progressiste" ou se revendiquant comme tel ; mais il faudrait pour cela que certains renoncent à la tentation de vendre du papier et d’autres de vendre leur âme.
Pour nous, qui subissons cette inversion des valeurs de la gauche qui la fait nous vouloir museler, l’attitude ne peut être passive ou seulement défensive. Nous devons réaffirmer l’importance centrale de la liberté d’expression, de toutes les libertés d’expression, y compris celle de nos pires adversaires qui nous offrent l’occasion de déconstruire et neutraliser leurs discours… Redisons-le, mot par mot, phrase par phrase, mensonge par mensonge, pour rendre enfin muette ou inaudible la "bête immonde" qui n’a rien d’autre à nous dire que de nous taire et trouve des voix complices.

Jacques Richaud.
21 août 2012
URL de cet article 17513
http://www.legrandsoir.info/de-la-liberte-d-expression-a-la-censure-elevee-au-rang-de-vertu-ou-comment-la-gauche-se-suicide.html